9 Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm car je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis le Saint, et je ne viendrai pas avec fureur. |
En quoi la réaction de Dieu se distingue de la réaction de l’homme ? Avant tout, probablement, tout juste notamment par le fait qu’en agissant dans une situation concrète, conditionné par le péché humain, Il ne prend jamais des décisions spontanées. Certes, il est sans doute un peu étrange de lire de la fureur de Dieu à un homme orienté de manière purement spiritualiste. En effet : est-ce que toutes les émotions humaines sont propres à Dieu ? Mais il ne faut tout de même pas oublier que derrière les émotions humaines il y a souvent une relation tout à fait concrète envers n'importe quelle personne ou événement, une intention concrète et assez souvent tout à fait consciente. Et la relation et l’intention, à la différence des émotions, sont propres non seulement à l’homme, mais aussi à Dieu, comme ils sont propres en général à toute personnalité. Et alors la fureur de Dieu devient tout à fait compréhensible : comme on voit, il s'agit de quelque chose qui aurait mis l’homme en fureur, s'il pouvait voir la situation avec les yeux du Dieu et l'évaluer comme Dieu évalue cette situation. Et voici après commencent les différences : car à la différence de Dieu, Qui retient Sa fureur, il n’est pas aussi facile à l’homme déchu de la retenir. Pourquoi ainsi ? Est-ce seulement à cause de l’incapacité de l’homme à contrôler ses propres émotions? Probablement, pas seulement tout de même. Le problème est encore apparemment dans la relation de l’homme déchu envers une situation concrète et envers les gens, participant à cette relation.
Comme on voit, la réaction de l’homme déchu à la situation est notamment une réaction spontanée et directe. L’homme voit d'habitude seulement la perspective la plus proche, les conséquences les plus proches de la situation qui s’est posée et leur évalue principalement ou exceptionnellement. Dieu regarde les choses autrement : il voit non seulement toute la perspective liée à la situation qui s’est formée, du plus proche au plus éloignée, mais aussi ces potentiels, qui lui sont liés (il s'agit avant tout, bien sûr des potentiels spirituels). Il voit toutes les possibilités qui s’ouvrent, même aussi les plus improbables, les possibilités d’une résolution réussie et de la sortie de la situation difficile qui s’est formée, et est prêt à les utiliser. Et, bien sûr à la différence de l’homme, Il ne va pas utiliser envers celui qui a commis la faute la sanction pour le bien des sanctions, punir pour le bien de la punition, quoique la punition consistât seulement à faire sentir aux pécheurs les conséquences du péché commis par eux.
Si Dieu fait quelque chose de semblable, alors ce n’est que lorsqu’Il connaît que cela permettra par la suite de faire participer n'importe la quelle des possibilités vues par Lui pour la sortie de la difficile situation, dans laquelle Son peuple s'est coincé par ses péchés. Et vraiment il n’est pas question de rompre l'union-testament une fois conclue : que du peuple il y aura seulement un reste fidèle, Dieu gardera la fidélité au testament même pour ce reste. Au propre, un tel regard et une telle relation s’appellent chez Osée la miséricorde. Cette miséricorde, sur laquelle il ne reste au peuple qu’à espérer après tous les péchés commis par eux.
9 Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm car je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis le Saint, et je ne viendrai pas avec fureur. |
En quoi la réaction de Dieu diffère-t-elle de celle de l’homme ? Avant tout, sans doute, précisément en ceci : lorsqu’Il agit dans une situation concrète, conditionnée par le péché humain, Il ne prend jamais de décisions spontanées. Bien sûr, lire au sujet de la colère de Dieu peut paraître assez étrange à quelqu’un de strictement spiritualiste.
En effet : Dieu aurait-Il vraiment toutes les émotions humaines ? Pourtant, il ne faut sans doute pas oublier que derrière les émotions humaines se tient souvent une attitude très concrète envers telle personne ou tel événement, une intention concrète et souvent tout à fait consciente. Or l’attitude et les intentions, à la différence des émotions, appartiennent non seulement à l’homme, mais aussi à Dieu, comme elles appartiennent à toute personne. Alors la colère de Dieu devient parfaitement compréhensible : manifestement, il s’agit de quelque chose qui mettrait l’homme en colère s’il pouvait voir la situation avec les yeux de Dieu et l’évaluer comme Dieu l’évalue. Mais c’est ensuite que commencent les différences : car, à la différence de Dieu, qui retient Sa colère, l’homme déchu a souvent beaucoup de mal à retenir la sienne. Pourquoi donc ? Est-ce seulement parce que l’homme ne sait pas maîtriser ses propres émotions ? Sans doute pas seulement.
Il s’agit aussi, apparemment, de l’attitude de l’homme déchu envers la situation concrète et envers les personnes qui y participent. Manifestement, la réaction de l’homme déchu à une situation est précisément une réaction, spontanée et immédiate. L’homme ne voit d’ordinaire que la perspective la plus proche, les conséquences les plus immédiates de la situation donnée, et il les évalue principalement ou exclusivement. Dieu regarde l’affaire autrement : Il voit non seulement toute la perspective liée à cette situation, de la plus proche à la plus lointaine, mais aussi les potentialités qui lui sont liées (avant tout, bien sûr, les potentialités spirituelles).
Il voit toutes les possibilités qui s’ouvrent, même les plus improbables, d’un heureux dénouement et d’une sortie de la lourde situation présente, et Il est prêt à les utiliser. Et, bien sûr, à la différence de l’homme, Il n’a pas l’intention d’appliquer des sanctions aux coupables pour les sanctions elles-mêmes, de punir pour le seul fait de punir, quand bien même la punition consisterait seulement à laisser les pécheurs ressentir les conséquences du péché qu’ils ont commis.
Si Dieu fait quelque chose de semblable, ce n’est que lorsqu’Il sait que cela permettra ensuite de mettre en œuvre telle ou telle des possibilités qu’Il voit pour sortir de la lourde situation dans laquelle Son peuple s’est enfermé par ses péchés. Quant à rompre l’alliance conclue une fois pour toutes, il ne peut en être question : même s’il ne reste du peuple qu’un reste fidèle, Dieu gardera fidélité à l’alliance, ne serait-ce que pour ce reste. À proprement parler, c’est ce regard et cette attitude qu’Osée appelle miséricorde. Cette miséricorde sur laquelle le peuple ne peut plus qu’espérer après tous les péchés qu’il a commis.
1 Quand Israël était jeune, je l’aimai, et d’Égypte j’appelai mon fils. |
2 Mais plus on les appelait, plus ils s’écartaient ; aux Baals ils sacrifiaient, aux idoles ils brûlaient de l’encens. |
3 Et moi j’avais appris à marcher à Éphraïm, je le prenais par les bras, et ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux ! |
4 Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour ; j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m’inclinais vers lui et le faisais manger. |
5 Il ne reviendra pas au pays d’Égypte, mais Assur sera son roi. Puisqu’il a refusé de revenir à moi, |
6 l’épée sévira dans ses villes, elle anéantira ses verrous, elle dévorera à cause de leurs desseins. |
7 Mon peuple est cramponné à son infidélité. On les appelle en haut, pas un qui se relève ! |
8 Comment t’abandonnerais-je, Éphraïm, te livrerais-je, Israël ? Comment te traiterais-je comme Adma, te rendrais-je semblable à Çeboyim ? Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent. |
9 Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm car je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis le Saint, et je ne viendrai pas avec fureur. |
10 Derrière Yahvé ils marcheront, comme un lion il rugira ; et quand il rugira, les fils viendront, tremblants, de l’Occident ; |
11 comme un passereau ils viendront en tremblant de l’Égypte, comme une colombe, du pays d’Assur, et je les ferai habiter dans leurs maisons, oracle de Yahvé. |
Tout le péché et toute l’infidélité d’Israël n’abolissent ni l’amour ni la fidélité de Dieu. Il est propre aux hommes de se venger des offenses, et de surcroît sans toujours respecter la juste mesure du châtiment. Mais Dieu n’est pas un homme. Ses voies ne sont pas nos voies. Il ne vient pas pour nous anéantir ; Il envoie dans ce monde Son Fils, un Enfant, afin que notre péché soit anéanti sur la croix et que notre cœur passe de l’endurcissement à la miséricorde, car c’est ainsi qu’agit notre Dieu (v. 8).
1 Quand Israël était jeune, je l’aimai, et d’Égypte j’appelai mon fils. |
2 Mais plus on les appelait, plus ils s’écartaient ; aux Baals ils sacrifiaient, aux idoles ils brûlaient de l’encens. |
3 Et moi j’avais appris à marcher à Éphraïm, je le prenais par les bras, et ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux ! |
4 Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour ; j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m’inclinais vers lui et le faisais manger. |
5 Il ne reviendra pas au pays d’Égypte, mais Assur sera son roi. Puisqu’il a refusé de revenir à moi, |
6 l’épée sévira dans ses villes, elle anéantira ses verrous, elle dévorera à cause de leurs desseins. |
7 Mon peuple est cramponné à son infidélité. On les appelle en haut, pas un qui se relève ! |
8 Comment t’abandonnerais-je, Éphraïm, te livrerais-je, Israël ? Comment te traiterais-je comme Adma, te rendrais-je semblable à Çeboyim ? Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent. |
9 Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm car je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis le Saint, et je ne viendrai pas avec fureur. |
10 Derrière Yahvé ils marcheront, comme un lion il rugira ; et quand il rugira, les fils viendront, tremblants, de l’Occident ; |
11 comme un passereau ils viendront en tremblant de l’Égypte, comme une colombe, du pays d’Assur, et je les ferai habiter dans leurs maisons, oracle de Yahvé. |
Une fois encore, ceux qui écoutent la parole prophétique reçoivent le rappel de l'ingratitude du peuple envers Dieu qui l'a aimé. Il est même impossible d'énumérer tout ce que le peuple a reçu de Lui au cours de tant de siècles, et pourtant les enfants bien-aimés se détournent encore et encore de leur Seigneur. Et voici que semble venu le moment où Sa patience est épuisée et où Il a acquis le droit d'exterminer les apostats.
Voilà comment on pourrait raisonner en se laissant guider par les conceptions humaines de la justice. Et comment pourrait-on comprendre autrement, semble-t-il à une lecture superficielle, Ses sévères réprimandes ? Mais remarquons que le Seigneur Lui-même n'a pas l'intention d'exterminer les désobéissants. Oui, un tel châtiment serait juste, mais la notion de justice comporte aussi un sens caché, qui n'est pas immédiatement accessible et que seul voit Celui qui connaît toutes les circonstances qui nous sont cachées sur terre.
La conséquence des péchés et de l'apostasie ne sera pas la mort, mais l'asservissement par l'Assyrie. Et ce sera la réalisation des rêves d'Israël, car ceux qui voulaient le triomphe des principes païens recevront la domination païenne. Mais le Seigneur n'abandonnera pas Son peuple dans ses épreuves et, en fin de compte, les malheurs que le peuple devra traverser pourront être tournés à son avantage.
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