Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Nb 17:16-28

16 Yahvé parla à Moïse et dit :
17 « Parle aux Israélites. Qu’ils te remettent, pour chaque famille, un rameau ; que tous leurs chefs, pour leurs familles, te remettent douze rameaux. Tu écriras le nom de chacun sur son rameau ;
18 et sur le rameau de Lévi tu écriras le nom d’Aaron, car il y aura un rameau pour le chef des familles de Lévi.
19 Tu les déposeras ensuite dans la Tente du Rendez-vous, devant le Témoignage où je vous donne rendez-vous.
20 L’homme dont le rameau bourgeonnera sera celui que je choisis ; ainsi je ne laisserai pas monter jusqu’à moi les murmures que les Israélites profèrent contre vous. »
21 Moïse parla aux Israélites, et tous leurs princes lui remirent chacun un rameau, douze rameaux pour l’ensemble de leurs familles patriarcales ; parmi eux était le rameau d’Aaron.
22 Moïse les déposa devant Yahvé dans la Tente du Témoignage.
23 Le lendemain, quand Moïse vint à la Tente du Témoignage, le rameau d’Aaron, pour la maison de Lévi, avait bourgeonné : des bourgeons avaient éclos, des fleurs s’étaient épanouies et des amandes avaient mûri.
24 Moïse reprit tous les rameaux de devant Yahvé et les apporta à tous les Israélites ; ils constatèrent, et chacun reprit son rameau.
25 Yahvé dit alors à Moïse : « Remets le rameau d’Aaron devant le Témoignage où il aura sa place rituelle, comme un signe pour ces rebelles. Il réduira à néant leurs murmures qui ne monteront plus jusqu’à moi, et eux ne mourront pas. »
26 Moïse fit comme Yahvé le lui avait ordonné. Il fit ainsi.
27 Les Israélites dirent à Moïse : « Nous voici perdus ! Nous périssons ! Nous périssons tous !
28 Quiconque s’approche de la Demeure de Yahvé pour une offrande meurt. Allons-nous à notre perte jusqu’au dernier ? »
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Le témoignage le plus sûr de la justesse ou de l’erreur d’un homme est un signe de Dieu. Comme pour ces bâtons (« verges »), dont l’un fleurit. Le bâton de l’ancien d’une tribu symbolise son autorité. Sa puissance. En ce temps-là, en effet, la puissance était inséparable de l’autorité, comme aujourd’hui, sauf qu’alors elle n’était pas seulement physique, mais aussi d’une autre nature : supranaturelle, surnaturelle. Sans une telle puissance, on ne pouvait être ni un véritable chef, ni un véritable ancien, ni un véritable guerrier. On ne pouvait pas non plus être prêtre, cela va de soi, car celui qui avait affaire au monde des dieux et des esprits devait être avant tout un homme de puissance. Bien sûr, le sacerdoce lévitique n’est pas un sacerdoce païen traditionnel.

À l’origine, la communauté de Moïse était une communauté davantage prophétique que sacerdotale. Les sacrifices et tout ce qui touchait au culte étaient, pour Moïse comme pour son entourage immédiat, plutôt un complément à l’essentiel. L’essentiel était la communion avec Dieu elle-même, ces rencontres avec Dieu face à face dont le Pentateuque parle tant. Dans une telle communion avec Dieu, la puissance n’était pas l’essentiel : la conscience que l’homme avait de la volonté de Dieu, telle qu’elle se révélait à lui dans son expérience intérieure, et de l’amour de Dieu jouait un rôle bien plus important. Pour connaître Dieu et communier avec Lui, une telle révélation signifie davantage que l’expérience du contact avec la puissance divine.

Il arrivait pourtant que ce fût précisément la manifestation de la puissance de Dieu qui pût trancher la question. Bien entendu, on ne pouvait contraindre Dieu ; les bâtons sont donc simplement laissés dans la Demeure, et l’on remet à Dieu le soin de faire ce qu’Il juge nécessaire. Si un homme possède une puissance et si Dieu Lui-même la lui accorde, elle ne peut manquer de se manifester dans sa vie. Dans son entourage. À travers ses objets : sans être le prolongement direct du corps humain, ils sont néanmoins en contact immédiat avec lui.

Le bâton est quelque chose de très personnel ; il symbolise l’homme. En ce temps-là, on disait que l’âme de l’homme était dans son bâton, comme les samouraïs disent que l’âme du guerrier est dans son sabre. Chez l’homme qui possède une puissance, celle-ci ne peut manquer de se manifester aussi dans son bâton. Il en va de même dans le récit : à qui Dieu donnera-t-Il la puissance ? Le bâton de chacun des douze anciens se trouve devant Dieu ; c’est à Lui de choisir. Le bâton fleuri est un signe manifeste, un miracle indubitable. Aucun homme n’a assez de puissance pour faire fleurir un morceau de bois ; Dieu seul le peut. La réponse est évidente : Dieu donne Sa puissance à Aaron, la querelle est terminée.

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