6 et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. |
Quelles relations, liens existent entre le baptême et l’infusion du Saint Esprit? Dans le chapitre deux du livre des Actes des apôtres le baptême est accompagné par la manifestation des dons de l'Esprit (2:38), dans le chapitre huit le baptême au nom de Jésus n'a pas amené à l'émanation de l'Esprit (8:16), dans le chapitre dix l'infusion de l'Esprit précède le baptême (10:44-48), maintenant au dix-neuvième chapitre il a fallu pour Ephese le baptême de Jean, le baptême au nom du Seigneur et encore l’imposition des mains de Paul. En vérité, le vent (dans certaines traductions c’est l’Esprit) souffle, où il veut (Jn 3:8)! Deuxièmement, quel lien existe entre les dons de l'Esprit et le salut? Si le salut est donné selon la foi et le baptême (Matt. 16 :16), alors à quoi sert l'émanation de l'Esprit Saint? Peut-être, l'Esprit Saint donne au sauvé de la force pour le témoignage?
Troisièmement, pourquoi le livre des Actes des apôtres insiste ainsi surtout sur ces dons de l'Esprit Saint - les langues et la prophétie? Paul écrit en effet et de plusieurs autres dons de l'Esprit, se manifestant dans l'Église (1Cor. 12). Il s’agit probablement du fait qu’ici on raconte des dons qui se sont manifestés dans les gens directement après la conversion, ces dons sont directement remarquables, mais les autres, tels que le don de la guérison, de l’enseignement, de la puissance d’opérer des miracles - se manifestent plus tard.
6 et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. |
Quels rapports, quels liens y a-t-il entre le baptême et la descente de l'Esprit Saint? Au deuxième chapitre des Actes, le baptême s'accompagne de la manifestation des dons de l'Esprit (2:38), au huitième chapitre le baptême au nom du Seigneur Jésus n'a pas entraîné l'effusion de l'Esprit (8:16), au dixième chapitre la descente de l'Esprit précède le baptême (10:44-48), et maintenant, au dix-neuvième chapitre, les Éphésiens ont eu besoin du baptême de Jean, du baptême au nom du Seigneur et encore de l'imposition des mains de Paul. Vraiment, l'Esprit souffle où Il veut (Jn 3:8)!
Deuxièmement, quel lien existe-t-il entre les dons de l'Esprit et le salut? Si le salut est donné par la foi et le baptême (Mc 16:16), pourquoi l'effusion de l'Esprit Saint? Peut-être l'Esprit Saint donne-t-il aux sauvés la force de témoigner?
Troisièmement, pourquoi le livre des Actes insiste-t-il précisément sur ces dons de l'Esprit Saint, les langues et la prophétie? Paul écrit pourtant sur beaucoup d'autres dons de l'Esprit qui se manifestent dans l'Église (1 Co 12). Peut-être parce qu'il est ici question de dons qui apparaissent chez les personnes aussitôt après leur conversion: ces dons sont visibles tout de suite, tandis que d'autres, comme le don de guérison, d'enseignement ou de miracles, se manifestent plus tard.
24 Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, était arrivé à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures. |
25 Il avait été instruit de la Voie du Seigneur, et, dans la ferveur de son âme, il prêchait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il connût seulement le baptême de Jean. |
26 Il se mit donc à parler avec assurance dans la synagogue. Priscille et Aquila, qui l’avaient entendu, le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la Voie. |
27 Comme il voulait partir pour l’Achaïe, les frères l’y encouragèrent et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Arrivé là, il fut, par l’effet de la grâce, d’un grand secours aux croyants : |
28 car il réfutait vigoureusement les Juifs en public, démontrant par les Écritures que Jésus est le Christ. |
1 Tandis qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir traversé le haut-pays, arriva à Éphèse. Il y trouva quelques disciples |
2 et leur dit : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint quand vous êtes devenus croyants ? » Ils lui répondirent : « Mais nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » |
3 Et lui : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » — « Le baptême de Jean », répondirent-ils. |
4 Paul dit alors : « Jean a baptisé d’un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire en Jésus. » |
5 À ces mots, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus ; |
6 et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. |
7 Ces hommes étaient en tout une douzaine. |
8 Paul se rendit à la synagogue et, pendant trois mois, y parla avec assurance. Il discourait et cherchait à persuader ses auditeurs au sujet du Royaume de Dieu. |
9 Certains cependant, endurcis et incrédules, décriaient la Voie devant l’assistance. Il rompit alors avec eux et prit à part les disciples. Chaque jour, il les entretenait dans l’école de Tyrannos. |
10 Il en fut ainsi deux années durant, en sorte que tous les habitants de l’Asie, Juifs et Grecs, purent entendre la parole du Seigneur. |
11 Dieu opérait par les mains de Paul des miracles peu banals, |
12 à tel point qu’il suffisait d’appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps : alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais s’en allaient. |
13 Or quelques exorcistes juifs ambulants s’essayèrent à prononcer, eux aussi, le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits mauvais. Ils disaient : « Je vous adjure par ce Jésus que Paul proclame. » |
14 Il y avait sept fils de Scéva, un grand prêtre juif, qui agissaient de la sorte. |
15 Mais l’esprit mauvais leur répliqua : « Jésus, je le connais, et Paul, je sais qui c’est. Mais vous autres, qui êtes-vous ? » |
16 Et se jetant sur eux, l’homme possédé de l’esprit mauvais les maîtrisa les uns et les autres et les malmena si bien que c’est nus et couverts de blessures qu’ils s’échappèrent de cette maison. |
17 Tous les habitants d’Éphèse, Juifs et Grecs, surent la chose. La crainte alors s’empara de tous et le nom du Seigneur Jésus fut magnifié. |
18 Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient faire leurs aveux et dévoiler leurs pratiques. |
19 Bon nombre de ceux qui s’étaient adonnés à la magie apportaient leurs livres et les brûlaient en présence de tous. On en estima la valeur : cela faisait cinquante mille pièces d’argent. |
20 Ainsi la parole du Seigneur croissait et s’affermissait puissamment. |
21 Après ces événements, Paul forma le projet de traverser la Macédoine et l’Achaïe pour gagner Jérusalem. « Après avoir été là, disait-il, il me faut voir également Rome. » |
22 Il envoya alors en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste ; pour lui, il resta quelque temps encore en Asie. |
Aujourd'hui, nous lisons le récit du ministère de l'apôtre Paul et de ses compagnons dans la grande ville portuaire d'Éphèse, capitale de la province romaine d'Asie. Dans plusieurs épisodes décrits par Luc, nous pouvons voir des événements très semblables à ce qui se produit encore de nos jours.
Alors comme maintenant, il se trouve des hommes brûlants d'esprit, aspirant de tout leur coeur à connaître la vérité, à comprendre ce qui est le plus important dans la vie. L'un de ces hommes est Apollos, prêt à prêcher et à porter aux autres tout ce qu'il a appris du salut, et en même temps ouvert à une connaissance plus grande, prêt à entendre de la part des disciples de Paul, Aquilas et sa femme Priscille, la bonne nouvelle du Christ et du don de l'Esprit. Ce n'est pas par hasard qu'Apollos devient par la suite l'un des plus proches collaborateurs et amis de Paul, car l'alliance de la disponibilité à enseigner et de la disponibilité à apprendre est un grand et rare don.
Or c'est précisément ainsi qu'agit et se transmet la vivante nouvelle du Christ ; et si nous avions toujours soif d'approfondir notre foi et notre connaissance de Lui, en étant toujours prêts à partager cette foi et cette connaissance avec d'autres, nous pourrions nous aussi contribuer à l'oeuvre de l'évangélisation.
24 Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, était arrivé à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures. |
25 Il avait été instruit de la Voie du Seigneur, et, dans la ferveur de son âme, il prêchait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il connût seulement le baptême de Jean. |
26 Il se mit donc à parler avec assurance dans la synagogue. Priscille et Aquila, qui l’avaient entendu, le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la Voie. |
27 Comme il voulait partir pour l’Achaïe, les frères l’y encouragèrent et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Arrivé là, il fut, par l’effet de la grâce, d’un grand secours aux croyants : |
28 car il réfutait vigoureusement les Juifs en public, démontrant par les Écritures que Jésus est le Christ. |
1 Tandis qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir traversé le haut-pays, arriva à Éphèse. Il y trouva quelques disciples |
2 et leur dit : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint quand vous êtes devenus croyants ? » Ils lui répondirent : « Mais nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » |
3 Et lui : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » — « Le baptême de Jean », répondirent-ils. |
4 Paul dit alors : « Jean a baptisé d’un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire en Jésus. » |
5 À ces mots, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus ; |
6 et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. |
7 Ces hommes étaient en tout une douzaine. |
8 Paul se rendit à la synagogue et, pendant trois mois, y parla avec assurance. Il discourait et cherchait à persuader ses auditeurs au sujet du Royaume de Dieu. |
9 Certains cependant, endurcis et incrédules, décriaient la Voie devant l’assistance. Il rompit alors avec eux et prit à part les disciples. Chaque jour, il les entretenait dans l’école de Tyrannos. |
10 Il en fut ainsi deux années durant, en sorte que tous les habitants de l’Asie, Juifs et Grecs, purent entendre la parole du Seigneur. |
11 Dieu opérait par les mains de Paul des miracles peu banals, |
12 à tel point qu’il suffisait d’appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps : alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais s’en allaient. |
13 Or quelques exorcistes juifs ambulants s’essayèrent à prononcer, eux aussi, le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits mauvais. Ils disaient : « Je vous adjure par ce Jésus que Paul proclame. » |
14 Il y avait sept fils de Scéva, un grand prêtre juif, qui agissaient de la sorte. |
15 Mais l’esprit mauvais leur répliqua : « Jésus, je le connais, et Paul, je sais qui c’est. Mais vous autres, qui êtes-vous ? » |
16 Et se jetant sur eux, l’homme possédé de l’esprit mauvais les maîtrisa les uns et les autres et les malmena si bien que c’est nus et couverts de blessures qu’ils s’échappèrent de cette maison. |
17 Tous les habitants d’Éphèse, Juifs et Grecs, surent la chose. La crainte alors s’empara de tous et le nom du Seigneur Jésus fut magnifié. |
18 Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient faire leurs aveux et dévoiler leurs pratiques. |
19 Bon nombre de ceux qui s’étaient adonnés à la magie apportaient leurs livres et les brûlaient en présence de tous. On en estima la valeur : cela faisait cinquante mille pièces d’argent. |
20 Ainsi la parole du Seigneur croissait et s’affermissait puissamment. |
21 Après ces événements, Paul forma le projet de traverser la Macédoine et l’Achaïe pour gagner Jérusalem. « Après avoir été là, disait-il, il me faut voir également Rome. » |
22 Il envoya alors en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste ; pour lui, il resta quelque temps encore en Asie. |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de voir plus clairement un autre aspect de la vie spirituelle, extrêmement important pour nous. Il s'agit de l'incident avec certains exorcistes juifs (19:13-16). Bien sûr, la situation dans laquelle ces personnes se sont retrouvées était loin d'être ordinaire. Mais en elle, comme dans une goutte d'eau, s'est reflété ce qui concerne tout un chacun, qu'il ait ou non affaire à des possédés. Comme on le voit, les exorcistes mentionnés par Luc ont décidé d'utiliser le nom de « Jésus, que Paul prêche ». Très probablement, ils n'avaient qu'entendu parler et de Paul et de Jésus, ne connaissant personnellement ni l'un ni l'autre. Mais ils avaient peut-être vu de leurs propres yeux que, pour parler en termes modernes, la méthode fonctionne. Et, apparemment, ils ont décidé de reproduire ce que faisait Paul. Le résultat, à en juger par le témoignage de l'évangéliste, s'est avéré triste et, semble-t-il, inattendu pour les expérimentateurs eux-mêmes. Ils comptaient probablement sur le fait que la seule mention du nom de Jésus allait fonctionner, mais, de toute évidence, rien de tel ne s'est produit.
À première vue, il pourrait sembler qu'il s'agisse d'une tentative d'utiliser le nom de Jésus comme la plus ordinaire des incantations magiques. Mais les choses n'étaient guère aussi simples, car il s'agissait tout de même de Juifs croyants, de Judéens qui connaissaient trop bien l'interdiction imposée par la Torah sur tout ce qui est lié d'une manière ou d'une autre à la magie et aux pratiques correspondantes. Peut-être serait-il plus exact de voir dans ce qui s'est passé une pratique assez répandue à l'époque évangélique dans le milieu juif, consistant à chasser les démons par l'invocation du nom de Dieu. Il existait également certaines formules de prière qui permettaient, croyait-on, d'obtenir le résultat souhaité avec un plus grand degré de probabilité. Très probablement, les exorcistes mentionnés dans le récit ont pensé que Paul utilisait lui aussi des prières spéciales et secrètes pour chasser les démons des possédés, lui permettant de réussir là où d'autres subissent des échecs.
Ne connaissant pas l'essence du christianisme en tant qu'enseignement sur le Messie ressuscité et sur le Royaume messianique entrant dans le monde, il semble qu'ils l'aient pris pour une nouvelle méthode d'exorcisme. Et ils ont été cruellement confondus : car la délivrance des possédés de l'emprise des forces des ténèbres par les prières de Paul ne se produisait pas parce que ses prières étaient d'une quelconque manière spéciales, mais parce que lui-même vivait de la vie du Royaume, à laquelle d'autres s'associaient également par ses prières.
Le christianisme n'est pas une pratique spirituelle ou de prière qui donne à ses adeptes des capacités spéciales ou qui leur révèle certains secrets de l'univers inaccessibles aux non-initiés. C'est simplement la vie dans le Royaume. Une vie qui peut et doit être acceptée, et, une fois acceptée, partagée avec les autres.
5 À ces mots, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus ; |
6 et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. |
L'entrée du Royaume dans le monde commence le jour de la Pentecôte par la descente de l'Esprit Saint. Le souffle de Dieu pénètre le Royaume, formant sa nature (ou plutôt ce qui remplace la nature dans le Royaume). Et ensuite l'expansion du Royaume dans le monde se poursuit de la même manière: il devient une Pentecôte continue, qui se répète encore et encore.
Non pas une autre, nouvelle, mais toujours la même, qui se manifeste tantôt ici, tantôt là, partout où il y a des chercheurs du Royaume et des personnes qui désirent y entrer. Le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, entre dans le monde, mais toujours à travers des hommes. Il ne peut en être autrement: le Royaume est en effet composé de personnes qui ont avec Dieu et avec le Christ des relations fermes, stables et absolument réelles. Ces relations forment la structure du Royaume (si l'on peut même les appeler structure). Mais malgré toute sa dépendance apparente à l'égard de l'homme et de son choix, la force du Royaume est pleinement réelle. Si réelle que, lorsqu'il est déjà entré dans le monde, tous ressentent l'action de cette force.
Bien sûr, chacun la ressent différemment: car si l'on peut éprouver sur soi la force du Royaume n'importe quand et n'importe où, on ne peut sentir son souffle, plein de l'amour de Dieu, qu'en lui ouvrant son coeur et en y entrant. Ce n'est pas par hasard que le livre des Actes mentionne si souvent des mages qui ont senti la force du Royaume et abandonné leur ancien chemin: eux, justement, sentaient très bien la force du Royaume, mais ils ne pouvaient sentir le souffle de l'amour de Dieu qui se tenait derrière elle tant qu'ils n'en étaient pas devenus eux-mêmes des habitants, c'est-à-dire des chrétiens.
Autrement, c'est impossible: on ne peut pas simplement se servir du Royaume. Il y eut pourtant des candidats, comme ces «exorcistes» qui essayaient d'utiliser le nom de Jésus pour atteindre leurs propres buts. Ils avaient sans doute entendu les paroles sur le nom de Jésus par lequel on peut être sauvé, et ils décidèrent qu'il possédait une force à peu près au même sens que les noms qu'ils utilisaient dans leur pratique magique. Le résultat fut désastreux, et les nouveaux exorcistes réussirent à grand-peine à s'enfuir.
La force du nom de Jésus ne se manifeste que lorsque l'on devient soi-même habitant du Royaume, et seulement dans la mesure où on l'est devenu. Il ne peut en être autrement: car la force de Dieu change toujours l'homme de l'intérieur, et Dieu veut toujours non pas simplement faire de l'homme son instrument en le dotant de quelque capacité particulière, mais le renouveler, le transformant en habitant de son Royaume. C'est cela l'essentiel. Tout le reste n'est que formes et moyens qui, en eux-mêmes, ne donnent rien à l'homme.
1 Tandis qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir traversé le haut-pays, arriva à Éphèse. Il y trouva quelques disciples |
2 et leur dit : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint quand vous êtes devenus croyants ? » Ils lui répondirent : « Mais nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » |
3 Et lui : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » — « Le baptême de Jean », répondirent-ils. |
4 Paul dit alors : « Jean a baptisé d’un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire en Jésus. » |
5 À ces mots, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus ; |
6 et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser. |
7 Ces hommes étaient en tout une douzaine. |
8 Paul se rendit à la synagogue et, pendant trois mois, y parla avec assurance. Il discourait et cherchait à persuader ses auditeurs au sujet du Royaume de Dieu. |
9 Certains cependant, endurcis et incrédules, décriaient la Voie devant l’assistance. Il rompit alors avec eux et prit à part les disciples. Chaque jour, il les entretenait dans l’école de Tyrannos. |
10 Il en fut ainsi deux années durant, en sorte que tous les habitants de l’Asie, Juifs et Grecs, purent entendre la parole du Seigneur. |
11 Dieu opérait par les mains de Paul des miracles peu banals, |
12 à tel point qu’il suffisait d’appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps : alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais s’en allaient. |
13 Or quelques exorcistes juifs ambulants s’essayèrent à prononcer, eux aussi, le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits mauvais. Ils disaient : « Je vous adjure par ce Jésus que Paul proclame. » |
14 Il y avait sept fils de Scéva, un grand prêtre juif, qui agissaient de la sorte. |
15 Mais l’esprit mauvais leur répliqua : « Jésus, je le connais, et Paul, je sais qui c’est. Mais vous autres, qui êtes-vous ? » |
16 Et se jetant sur eux, l’homme possédé de l’esprit mauvais les maîtrisa les uns et les autres et les malmena si bien que c’est nus et couverts de blessures qu’ils s’échappèrent de cette maison. |
17 Tous les habitants d’Éphèse, Juifs et Grecs, surent la chose. La crainte alors s’empara de tous et le nom du Seigneur Jésus fut magnifié. |
18 Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient faire leurs aveux et dévoiler leurs pratiques. |
19 Bon nombre de ceux qui s’étaient adonnés à la magie apportaient leurs livres et les brûlaient en présence de tous. On en estima la valeur : cela faisait cinquante mille pièces d’argent. |
20 Ainsi la parole du Seigneur croissait et s’affermissait puissamment. |
21 Après ces événements, Paul forma le projet de traverser la Macédoine et l’Achaïe pour gagner Jérusalem. « Après avoir été là, disait-il, il me faut voir également Rome. » |
22 Il envoya alors en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste ; pour lui, il resta quelque temps encore en Asie. |
Comment comprendre le baptême administré par Paul à Éphèse au nom du Seigneur Jésus : faut-il y voir un second baptême, ou l'achèvement et l'accomplissement du baptême de Jean ? Depuis des siècles, les chrétiens de différentes confessions discutent de la manière de comprendre le baptême, et l'on ne voit toujours pas la fin de ces débats. Dans l'interprétation de nombreux chrétiens, le baptême qui fait entrer dans l'Église ressemble plutôt au baptême de repentance prescrit par Jean. Or nous voyons que, pour Paul, le baptême au nom du Seigneur Jésus ne se réduit pas à laver les péchés : il est quelque chose de plus, même s'il comprend la libération des péchés auxquels on renonce.
Remarquons cependant qu'il n'est question nulle part ailleurs dans les Actes d'un second baptême. Pourtant, alors que l'Esprit Saint est descendu sur Corneille et ses proches avant le baptême, ici un second baptême s'est avéré nécessaire à Sa descente. Mais n'oublions pas que Corneille, sans être encore baptisé, avait déjà accueilli le Christ. Il est difficile de savoir si les disciples qui ne connaissaient que le baptême de Jean avaient pleinement accueilli le Christ ; mais qu'ils L'aient accueilli après leur rencontre avec Paul ne fait aucun doute.
Nous voyons ensuite une nouvelle tentative d'utiliser le Nom de Jésus à des fins pratiques, en dehors de la foi, qui se termine lamentablement pour les exorcistes. Ils ne reconnaissaient pas Jésus comme Seigneur et ne se demandaient même pas qui Il était, Celui que Paul prêche. Mais l'absence de foi prive de protection contre les forces des ténèbres spirituelles, avec lesquelles les fils de Scéva, comme les nombreux sorciers d'aujourd'hui qui pratiquent la magie avec des bougies et des icônes sans avoir une foi véritable dans le Sauveur, tentent imprudemment d'entrer en rapport. Ils semblent s'opposer aux forces démoniaques, mais, sans le Christ, un tel affrontement se révèle être un « simulacre de combat ».
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