1 Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, |
2 mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. |
3 Que si notre Évangile demeure voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé, |
4 pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’entendement afin qu’ils ne voient pas briller l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu. |
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
8 Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés ; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés ; |
9 harcelés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non vaincus. |
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
11 Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. |
12 Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. |
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l’action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
16 C’est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
17 Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. |
Que signifie être un chrétien parfait ? Dans le chapitre précédent, Paul parle de la relation nouvelle et vivifiante de l’homme avec Dieu. Que devient donc celui dont le voile est tombé du cœur, qui, en connaissant le Christ, reçoit la liberté et une grande assurance et se transforme à son image ? Peut-être devient-il un modèle que beaucoup imitent et jouit-il de l’admiration et de la confiance universelles ? Peut-être acquiert-il une grande vitalité, réussit-il en tout, se développe-t-il et se réalise-t-il pleinement ? Peut-être avance-t-il avec assurance sur le chemin de la vie, où des cadeaux sont disposés ici et là...
1 Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, |
2 mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. |
3 Que si notre Évangile demeure voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé, |
4 pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’entendement afin qu’ils ne voient pas briller l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu. |
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
Aujourd'hui les lectures de l’Évangile et de l'épître sont très proches. Dans l’Évangile le Seigneur nous dit : « Comme l'éclair part de l'orient et se montre jusqu'en occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme« Mt 24:27). Et l’Apôtre Paul dans l'épître aux Corinthiens écrit que : « Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face du Christ » (2Cor 4:6). L’Évangile ce n'est pas une doctrine sacrée qui ne peut être approchée que par les élus. Le Nouveau Testament ce n'est pas un clan fermé qui exclue les étrangers. Ce n'est pas une idéologie pour former les âmes et les intelligences de ses adeptes. L’Évangile n'est pas une liste d'interrogations qui donne une échelle du Bien et du Mal en fonction de la profondeur de la chute humain. Ce n'est pas une raison d'être. C'est la lumière qui brille comme l'éclair d'une extrémité du ciel à l'autre. Lumière qui éclaire tout — la vérité et le mensonge, le Bien et le Mal, la vie et la mort. Lumière qui viens du visage du Christ. On ne dit pas que vivre dans les ténèbres c'est le pire parce que c’est sombre, méchant et froid. La vie nous montre que en dehors de cette Lumière la vie n'est plus possible et elle n'existe plus.
1 Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, |
2 mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. |
3 Que si notre Évangile demeure voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé, |
4 pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’entendement afin qu’ils ne voient pas briller l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu. |
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
Les paroles de Paul sur le service du témoin rappellent les instructions du Sauveur aux apôtres qu'Il envoyait au service, auxquels Il conseille d'être « prudents comme les serpents et simples comme les colombes ». Par « simplicité », Jésus entendait visiblement cette intégrité spirituelle que l'apôtre considère comme une qualité nécessaire du témoin. Il est évident pour Paul qu'aucun témoin ne peut témoigner du Royaume si son âme est alourdie par quelque péché secret ou impureté (v. 1–2). Il ne s'agit pas seulement, bien sûr, du fait qu'un tel témoignage serait une véritable hypocrisie. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre parle de l'ouverture du témoin à ceux auprès de qui il témoigne. Car le témoignage suppose non seulement des paroles, mais avant tout l'expérience du Royaume, qui doit devenir accessible aux auditeurs. Et le péché non repenti du témoin peut facilement l'empêcher.
Bien sûr, une personne sans préjugés pardonnera très probablement au témoin son état de pécheur, car, à raisonner objectivement, il n'existe pas de personnes sans péché, et la simple justice ne permet pas d'exiger l'absence de péché d'un témoin qui accomplit son service consciencieusement et de toute son âme. Mais objectivement, la tâche du témoin, dans ce cas, peut ne pas être accomplie : car il ne pourra pas montrer à ceux auprès de qui il témoigne l'essentiel même, le Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. C'est pourquoi il est demandé au témoin, en un certain sens, plus qu'à une personne ordinaire : il lui est demandé la plénitude de la justice.
Bien sûr, cela ne signifie pas que le témoin soit capable d'atteindre par lui-même une telle hauteur spirituelle ; mais le témoignage, selon les paroles de Paul, n'est pleinement réel que lorsqu'il se déroule en présence de Dieu, et à Dieu, bien sûr, il est tout à fait possible de corriger ce que l'homme n'est pas en mesure de changer. Mais pour cela, le témoin lui-même doit être parfaitement transparent à l'action de Dieu, et pas seulement lorsqu'il témoigne, mais aussi à tout autre moment. Alors seulement le témoin témoignera réellement non de lui-même, non de sa religiosité ni de son expérience spirituelle, mais du Christ et de Son Royaume (v. 5–6). Et alors il n'aura pas à recourir aux moyens auxquels les gens recourent d'ordinaire pour convaincre leur entourage qu'ils ont raison : car il n'est que témoin du Royaume, et ce n'est pas à lui de décider qui y entrera et qui n'y entrera pas (v. 3–4). C'est en cela que consiste la véritable sagesse, qui ne s'impose pas et ne contraint personne à suivre ses appels et ses conseils. Seule une telle prédication peut témoigner du Christ et du Royaume, et non du témoin lui-même.
1 Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, |
2 mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. |
3 Que si notre Évangile demeure voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé, |
4 pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’entendement afin qu’ils ne voient pas briller l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu. |
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
Paul rejette résolument toute connaissance «secrète» particulière, toute tradition «cachée». Plus encore: il ne prétend même pas à une interprétation chrétienne particulière, il ne se présente pas comme le fondateur d’une nouvelle école spéciale d’exégèse chrétienne. Il faut noter qu’aux temps évangéliques, en Judée comme dans le monde juif en général, il existait de nombreuses écoles et académies consacrées à l’étude de la Torah et de la tradition qui lui était liée, et certaines de ces écoles prétendaient, sinon à l’ésotérisme, du moins à une forme d’élitisme intellectuel.
Leurs représentants étaient persuadés que, s’ils ne possédaient pas une connaissance secrète particulière, ils maîtrisaient du moins une méthode unique d’interprétation des textes sacrés, leur permettant de les comprendre comme personne d’autre. Paul, lui, ne revendique précisément rien de tel.
Il reste fidèle aux meilleures traditions du service rabbinique: aucun élitisme, et encore moins aucun ésotérisme; la connaissance de la Torah doit être ouverte à quiconque désire la connaître et la suivre. Mais pour l’apôtre, la connaissance de la Torah et son observance sont inséparables de ses relations personnelles avec le Christ, de son christianisme. Et il précise aussitôt: il ne s’agit pas d’une nouvelle école rabbinique, de nouvelles interprétations de textes connus réservées «aux élus». Ce qu’enseigne Paul est accessible et compréhensible à chacun; et si cela demeure incompréhensible à quelqu’un, ce n’est qu’à celui qui ne veut pas voir, entendre ni comprendre.
Pour Paul, la Torah est le chemin vers le Christ, le chemin à la suite du Christ et le chemin dans le Christ, et il ne le cache pas. Mais il n’y a là rien d’«ésotérique» ni d’élitiste. L’apôtre appelle chacun à suivre ce chemin, et il le fait tout à fait ouvertement. En dehors du Christ et de la compréhension de la Torah comme chemin dans le Christ, il n’a rien. Il n’est pas un rabbin savant, ni le fondateur d’une nouvelle école, ni un maître de justice. Il est témoin du Christ, et cela lui suffit.
1 Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, |
2 mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. |
3 Que si notre Évangile demeure voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé, |
4 pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l’entendement afin qu’ils ne voient pas briller l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu. |
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
Dans l’Évangile, le Seigneur dit : « comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi en sera-t-il de l’avènement du Fils de l’homme » (Mt 24,27). Et l’apôtre Paul dit dans sa lettre aux Corinthiens : « Dieu, qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu sur la face du Christ » (2 Co 4,6). Le Nouveau Testament n’est pas un enseignement secret auquel seuls les élus pourraient accéder. Il n’est pas non plus un clan fermé qui rejette les étrangers. La Nouvelle Alliance n’est pas une liste d’exigences établissant une échelle du bien et du mal d’après la profondeur de la chute humaine. Le Nouveau Testament n’est pas une idéologie qui façonne l’âme et l’esprit de ses adeptes. Il n’est même pas un mode de vie proposant certains fruits en échange du renoncement à d’autres. C’est une lumière qui a resplendi comme l’éclair d’une extrémité du ciel à l’autre. Une lumière dans laquelle tout est visible : la vérité et le mensonge, le bien et le mal, la vie et la mort. Une lumière qui a resplendi sur la face de Jésus-Christ. Ce n’est pas seulement que la vie dans les ténèbres est plus mauvaise — obscure, effrayante et froide. L’expérience montre qu’en dehors de cette lumière, la vie est tout simplement impossible.
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
6 En effet le Dieu qui a dit : Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. |
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
Ces paroles de l'apôtre Paul, poursuivant ce qui est dit dans les Évangiles sur la Lumière du Christ, nous révèlent l'essence et le sens de la Nouvelle Alliance. C'est pourquoi elle est si Nouvelle, si inattendue et étonnante pour les hommes.
La Nouvelle Alliance n'est pas un enseignement secret, dans lequel seuls les élus pourraient pénétrer. Elle n'est pas non plus un clan fermé qui rejette les étrangers. La Nouvelle Alliance n'est pas une liste d'exigences établissant une échelle du bien et du mal à partir de la profondeur de la chute humaine. La Nouvelle Alliance n'est pas une idéologie qui façonne l'âme et l'esprit de ses adeptes. Elle n'est même pas un mode de vie proposant de recevoir certains fruits en échange du renoncement à d'autres.
C'est la lumière qui a resplendi comme l'éclair d'un bout du ciel à l'autre. La lumière dans laquelle tout est visible: la vérité et le mensonge, le bien et le mal, la vie et la mort. La lumière qui a resplendi sur le visage de Jésus-Christ. Non pas qu'il soit seulement plus pénible de vivre dans les ténèbres, parce qu'il y fait sombre, effrayant et froid. L'expérience montre qu'en dehors de cette lumière, la vie est tout simplement impossible.
5 Car ce n’est pas nous que nous proclamons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. |
Toute l'histoire chrétienne est, à bien des égards, sinon principalement, l'histoire de la prédication. Mais il faut reconnaître que cette prédication n'a pas toujours été couronnée de succès. Pourquoi donc ? Beaucoup ont tenté de répondre à cette question, et les réponses contenaient souvent une analyse théologique assez profonde du problème, qui pourtant ne conduisait pas toujours les auteurs de ce genre d'études à une réponse univoque. Or il ne serait pas du tout difficile de trouver la réponse si seulement nous réfléchissions sérieusement à qui et à quoi nous prêchons, à propos de quoi et de Qui nous témoignons. Que prêchait Jésus Lui-même pendant Son ministère terrestre ? Une nouvelle religion ? Une nouvelle morale ? Une nouvelle théologie ? Non. Il ne prêchait qu'une seule chose : le Royaume qui, selon Ses propres paroles, « s'est approché ». Et sur terre, Il n'a pas laissé une communauté de prédicateurs d'une nouvelle religion, d'une nouvelle morale ou d'une nouvelle théologie, mais une communauté de personnes qui, demeurant avec Lui dans une communion constante, deviendraient habitants de ce Royaume dont Il témoignait de la proximité, afin de porter ensuite ce Royaume plus loin dans le monde. Les chrétiens sont les témoins du Royaume dans lequel ils vivent, et de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Bien sûr, les chrétiens peuvent témoigner d'autre chose ; ils peuvent très bien raconter au monde, par exemple, leurs découvertes en théologie, leurs réflexions sur la morale, ou leurs idées politiques inspirées par la lecture de la Torah ou de l'Évangile. Ils peuvent aussi raconter au monde cette nouvelle religiosité qui a grandi sur le sol chrétien au cours des deux derniers millénaires. Mais en racontant tout cela, il importe de se rendre compte qu'un tel témoignage n'est pas un témoignage proprement chrétien, non parce qu'il contredirait l'Évangile (un chrétien ne peut ni ne doit permettre une telle contradiction par définition), mais parce qu'il n'a pas de rapport direct avec le Christ ni avec ce Royaume dont Il disait la proximité. Or aujourd'hui les hommes, pour la plupart, n'ont pas besoin de nouvelles idées ni de nouveaux concepts. Ils ont besoin du Christ vivant et ressuscité. Et du Royaume qu'Il a apporté dans le monde.
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
8 Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés ; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés ; |
9 harcelés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non vaincus. |
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
11 Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. |
12 Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. |
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l’action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
16 C’est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
17 Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. |
Poursuivant son propos sur le ministère du témoin, Paul souligne tout particulièrement la nécessité de déplacer le centre de l'attention des auditeurs de la personne du témoin vers Dieu et vers le Christ, afin que personne n'attribue au témoin lui-même, comme à un homme, la force de Dieu et le souffle du Royaume (v. 7). C'est précisément de ce point de vue que l'apôtre considère les persécutions et les oppressions qui s'abattaient souvent sur lui-même comme sur ses compagnons (v. 8–9). Bien sûr, le témoignage d'un véritable témoin ne deviendrait pas faux ni moins significatif, même s'il était entouré d'honneur et de respect. Mais dans ce cas il existerait toujours le danger que ce qui agit sur les esprits et les coeurs des auditeurs ne soit pas tant le témoignage lui-même que des facteurs accessoires : l'influence de la personnalité du témoin, le respect général qui lui est accordé, la force de l'opinion publique.
Évidemment, cette influence n'est pas dangereuse en elle-même, du moins tant qu'elle oriente l'homme dans la bonne direction. Mais dans un tel état des choses, une certaine forme d'illusion sur soi reste toujours possible, lorsque l'homme se considère (parfois très sincèrement) comme chrétien non parce qu'il cherche le Royaume et est prêt à suivre le Christ, mais parce qu'il s'est trouvé sous le charme de la personnalité d'un leader spirituel connu, respecté et peut-être réellement remarquable. Suivre un prédicateur persécuté ou, du moins, impopulaire est toujours psychologiquement plus difficile ; mais dans ce cas les chances que celui qui le suit partage les valeurs et les convictions de son leader, et ne cède pas simplement à son charme, sont tout de même nettement plus élevées (bien qu'il existe, bien sûr, des exceptions).
Mais autre chose est également important : le témoignage du Royaume là et alors où, semble-t-il, il n'y a déjà plus aucun espoir non seulement du triomphe des idées défendues par le prédicateur, mais même simplement d'une issue favorable (v. 10–12). Dans une telle situation, la réalité du Royaume est soit vécue avec une intensité extrême, soit, si elle reste pour les auditeurs une simple abstraction, elle n'est pas vécue du tout. Ce n'est pas par hasard que Paul dit que la mort qui atteint l'apôtre et ses compagnons se transforme en plénitude de la vie du Christ et du Royaume pour ceux auprès de qui ils témoignent, y compris les chrétiens de Corinthe (v. 12). Rien ne convainc autant que le triomphe du Royaume qui se révèle dans la vie du témoin persécuté (v. 13–15). C'est cela qui empêche Paul de se décourager : car il vit réellement ce triomphe pendant les persécutions, voyant le Royaume s'élargir et accueillir toujours de nouveaux habitants (v. 16–18).
7 Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. |
8 Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés ; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés ; |
9 harcelés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non vaincus. |
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
11 Quoique vivants en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. |
12 Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. |
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l’action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
L'Épître aux Corinthiens parle non seulement du danger de la voie chrétienne, mais aussi de souffrance et de mort, sans aucune récompense évidente. Car le seul motif se révèle être le désir « que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle », tandis que « le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude ». Comme tout cela est loin de nos conceptions habituelles de la vocation de l'homme, de son accomplissement dans cette vie et, enfin, de la gloire!
8 Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés ; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés ; |
9 harcelés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non vaincus. |
Pour Paul, le service chrétien et le chemin chrétien sont inséparables de l’idée de pauvreté comprise chrétiennement. La notion de pauvreté était liée au chemin de la justice dès la prédication d’Isaïe de Jérusalem, huit siècles avant la venue du Christ. À l’époque évangélique, ce lien était déjà perçu comme traditionnel: pauvreté et justice étaient synonymes.
Naturellement, la pauvreté n’était pas alors comprise comme une situation matérielle, mais comme un état spirituel. Même un homme matériellement tout à fait à l’aise pouvait se sentir pauvre devant Dieu. La question n’était pas la richesse ou la pauvreté, mais la mesure dans laquelle l’homme était prêt à s’appuyer sur Dieu ou sur sa richesse.
Le pauvre au sens spirituel le devenait lorsqu’il comprenait que sa vie était liée à la présence de Dieu, que le chemin de la justice était impensable hors de cette présence, et que l’homme ne pouvait, en ce sens, s’aider lui-même en rien. Tout ce que possède l’homme ne le rapproche aucunement de Dieu; et ce qui le rapproche, l’homme ne le possède pas, il ne peut que recevoir de Dieu ce qui lui est nécessaire, si Dieu veut bien le lui donner. Mais ce qui est reçu de Dieu doit être gardé, et là beaucoup dépend déjà de l’homme lui-même.
C’est ainsi que le chemin de la justice était compris dans certaines écoles rabbiniques des temps évangéliques, comme d’ailleurs dans des époques plus anciennes. Et les paroles du Sauveur sur la béatitude des pauvres confirment la vérité d’une telle compréhension de la justice. On ne peut acquérir le Royaume que de cette manière, seulement par ce chemin. On ne peut ni le mériter ni l’obtenir par ses propres forces, mais on peut le recevoir et le garder. Ou le perdre, si l’on est spirituellement négligent.
C’est pourquoi l’apôtre parle de «vases d’argile» qui, en eux-mêmes, n’ont aucune valeur: seul leur contenu est précieux, et non le vase lui-même. Et la pauvreté menée jusqu’au bout, c’est la mort au monde dans le Christ. Pour ce monde, l’homme est mort; dans ce monde, il n’est rien, mais la vie du Royaume se déploie en lui d’autant plus pleinement qu’il est moins «vivant» du point de vue du monde non transfiguré. Et plus il y a dans l’Église de telles personnes, plus elle se révèle pleinement au monde comme corps du Christ, ce qu’elle doit être selon le dessein de son Fondateur.
8 Nous sommes aux prises, mais non pas écrasés ; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés ; |
9 harcelés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non vaincus. |
Les mots de l'apôtre sur ces conditions, dans lesquelles il arrive de vivre et témoigner à lui-même et ses coreligionnaires, peuvent sembler être la déclaration d’une résistance héroïque, les mots des héros résistant au monde entier et prêts à lutter jusqu'à la fin victorieuse. Probablement, tel aurait été le cas si ce n’était pas un "mais". Paul comprend parfaitement qu'ici, dans le monde se transformant, mais pas encore transformé, et donc étant encore dans le mal, ils ne peuvent pas vaincre. Bien sûr, cela ne diminue pas l'héroïsme: la perdition héroïque est une chose, une histoire connue. Mais l'apôtre, comme on voit, voit le sens même pas dans la possible ou impossible victoire, mais dans le fait même que, malgré tous les efforts de ce mal, dans lequel se trouve le monde, ils n'ont pas tout de même disparu de ce monde, ils continuent dans les cas ici leur œuvre, leur témoignage.
Une telle logique du point de vue des lois du monde non transformé semble un peu étrange et, au minimum, sans perspectives: car les témoins ne pourront pas dans tous les cas changer radicalement la situation à leur profit, et si c’est ainsi, quel sens alors dans tous leurs efforts? Mais du point de vue du Royaume tout se met à sa place: car de ce point de vue il est tout à fait évident que jusqu'au triomphe définitif du Royaume et avant la transformation complète du monde, il sera vraiment impossible de changer radicalement l'état de choses dans lui. Mais le Royaume doit exister dans le monde, exister comme l'Église, comme une communauté de justes vivant la vie du Royaume et témoignant ce Royaume.
Ils ne pourront pas transformer le monde non transformé en paradis terrestre, mais ils sont capables de manifester l'alternative au régime existant des choses et donner la possibilité de se joindre à la vie du Royaume à ceux qui le cherchent. Et c’est en cela que consiste la principale tâche de l'Église, comme la comprend Jésus Lui-même, et tous les apôtres, y compris bien sûr Paul. Alors il parle de ses souffrances et de celles de ses concélébrants non pas pour se vanter devant quelqu'un ou effrayer quelqu'un.
Il veut simplement, paraît-il, dissiper cette illusion qui commence déjà alors à se répandre parmi une certaine partie des chrétiens, que l'Église peut un jour et d'une façon ou d'une autre devenir la partie naturelle et organique de ce monde, trouver en lui sa place et même le transformer, ayant transformé si ce n’est pas en paradis, alors ne serait-ce qu’à quelque chose de plus digne, qu'il était dès le moment de la chute. Et l'apôtre ne se fatigue pas de rappeler à tous que ces espoirs sont illusoires. Et les fantômes ne sont pas inoffensifs, parce qu’ils détournent ceux qui en sont passionnés de l'essentiel — du Royaume.
10 Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps. |
Paul a parlé plusieurs fois dans différents de ses messages avec des mots différents de la même chose: le christianisme n’est pas une certaine nouvelle, religion messianique, et la vie dans le Royaume messianique, ce même Royaume, qu’attendait tant (ou on pensait qu'attendait) si ce n’est pas tout Israël, alors sa grande majorité. Voici seulement ce Royaume ne s’avéra pas tel, que la majorité attendait à le voir, et sa vie ne s’avéra pas aussi tel, que beaucoup attendaient. Parait-il, il n'a pas rien de commun ni avec la religion, ni avec la politique. Par contre il est directement lié à quelque chose «pas de ce monde», ce qu’on ne peut pas voir avec les yeux et ne pas palper avec les mains, ce qui s'ouvre seulement grâce aux relations et la communication avec le Ressuscité.
Et l'apôtre comprend bien sûr parfaitement que, quelles qu’en soient les raisons extérieures historiques du supplice de Jésus, la raison spirituelle de ce qui s’est passée est ce rejet par le monde du Royaume, qui ne disparaîtra pas jusqu'au moment de sa [ce monde] complète transfiguration. Mais si c’est le cas, alors chacun de nous, si seulement nous sommes vraiment des chrétiens, i.e. les habitants du Royaume, a un rapport avec Sa mort. Ou, plus exactement, Sa mort a un rapport avec nous. Et le problème ici n’est pas dans le refus ascétique du monde ou d’une certaine «mortification», dont plusieurs chrétiens se passionnaient tant au Moyen âge. Le problème est que dans quelle mesure nous vivons d'après les lois du Royaume, et dans quelle mesure ont le pouvoir sur nous les lois du monde non transformé.
À l'époque actuelle, l'époque du Royaume à venir, chaque chrétien vit à la frontière de deux mondes, appartenant aux deux simultanément : au Royaume et à ce monde se transformant, mais pas encore totalement transformé, qui existait avant l'arrivée du Sauveur. Cette même vie peut être considérée pour les chrétiens comme une norme; la question est seulement que qu’est-ce qui définit la vie d’un chrétien concret : les lois du Royaume ou les lois du monde non transformé. Si et puisqu'elle est définie par les lois du Royaume, alors autant une telle personne rejettera le monde non transformé.
Mais d'autre part selon le degré de rejet par le monde, le chrétien vivant d'après les lois du Royaume pénétrera de plus en plus dans la vie du Royaume, que Paul appelle «la vie de Jésus». Même en restant dans le monde non transformé, il deviendra de plus en plus un habitant du Royaume et moins un habitant de «ce monde». Et le jour du triomphe complète et définitive du Royaume, quand le monde sera transformé enfin totalement, le Royaume deviendra la seule réalité de sa vie. Le jour du triomphe du Royaume deviendra aussi le jour de son triomphe.
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
La foi en la résurrection générale est apparue dans le peuple de Dieu pas immédiatement. Il est peut-être impossible aujourd'hui de définir l'heure exacte de son apparition. Mais on peut dire avec certitude que pour cent ou deux cents ans avant encore l'arrivée du Christ elle était déjà répandue partout, ainsi certainement qu’à l'époque évangélique. Mais les représentations traditionnelles sur la résurrection générale supposaient que cette résurrection deviendra l'anticipation du dernier jugement et le jour de l'arrivée du Messie. Au propre, c’est notamment au Jugement que devait se décider, qui est digne d’entrer dans le Royaume, et qui ne l’est pas. L'apôtre nous propose une autre image de la résurrection générale. Comme on voit, il se base sur le fait que la résurrection du Christ n’est pas un certain événement surnaturel exclusif dans l'histoire, qu'elle marque par elle-même le début d’une autre histoire, l'histoire du Royaume entrant dans le monde.
Et toute cette histoire est la résurrection, la résurrection de ceux qui font avec le Christ ressuscité un tout spirituel, demeurant avec Lui dans le même Royaume. Ici, comme on voit, pour Paul se lient ensemble l'histoire du Royaume et les biographies spirituelles de ses concrets habitants: chaque chrétien traverse le chemin du Christ, le chemin des pertes locales, partielles et incomplètes, de la vie pour l'entrée dans une vie nouvelle, la vie du Royaume dans toute sa plénitude.
Et là-bas, dans le Royaume, il n'y a plus de temps historique, tel que nous le connaissons selon le monde non transformé: tous les ressuscités se lèvent en même temps devant Jésus, non parce que le temps est illusoire, mais parce que le monde, devenant le Royaume dans toute la plénitude, se réunit autour de son centre — le Christ ressuscité, Qui est la base de toute l'histoire et de toute la vie du Royaume. Ainsi le triomphe du Christ devient le triomphe du Royaume, et le triomphe du Royaume — le triomphe de tout un chacun, qui y est impliqué.
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
Cette idée, l’une des idées centrales dans cette épître de l'apôtre de Paul, nous ouvre le dessein de Dieu pour notre salut. L'apôtre le voit plus en détail comme suit. Premièrement, à la base de tout le dessein se trouve l’Incarnation du Fils de Dieu et la création de l'Église.
Quand le Fils de Dieu a partagé volontairement avec nous notre nature humaine et notre vie humaine, devenant ainsi semblable à nous en tout, sauf le péché, Il nous a alors donné la possibilité d'être ensemble, avec Lui.
Ce «ensemble» est quelque chose d’assez mystérieux; Dieu Lui-même parle de cela «Demeurez en moi, comme le sarment demeure sur la vigne». Mais l'apôtre Paul, selon d'anciens manuscrits, sous-entendait le sens simple de ce mot, et a écrit «avec Jésus», au lieu de «par Jésus».
Ensuite, dans le dessein de Dieu, selon Paul, les gens demeurant ensemble avec Jésus, deviennent les participants de Sa résurrection. L'icône de la descente aux enfers, sur laquelle le Seigneur par les mains tire du tombeau Adam et Eve parle de cela le plus clairement. La Bible appelle souvent le Christ Pasteur des gens, et à l'est le Pasteur va devant le troupeau, lui frayant le passage.
Voici, proprement dit, pourquoi l'Église, qui ne représente pas juste un institut social, une «organisation religieuse» dans les termes du droit civil, mais le vrai Corps du Christ, est si signifiante pour nous. Le secret de l’union avec Christ dans le baptême nous donne ce merveilleux espoir.
17 Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. |
L'apôtre Paul parle de «légères tribulations» tandis qu’il subissait en réalité de très lourdes épreuves, peu de gens peut subir de telles épreuves. Il explique lui-même, de quoi il s’agit, disant qu’il voit ses souffrances transformées.
L'apôtre les voit déjà terminées, voit comment est leur fruit - la gloire, les voit du point de vue de l'éternité, puisqu’aujourd’hui déjà – Dieu voit notre souffrance - lorsqu’on a mal et il semble que cela ne s'achèvera jamais. Ce mal finira, et sera revêtu de gloire, tout comme la Croix du Christ s'achève par la Résurrection. Et on peut déjà s'approcher aujourd’hui d'une telle vision, si on ne regarde pas «aux choses visibles, mais aux invisible».
On ne peut regarder à l’invisible que par la foi, dont l’apôtre Paul définit comme « la preuve des réalités qu’on ne voit pas» (Heb. 11:1 : «la foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas»).
La foi allège nos souffrances et tout ce que comprend notre vie. C’est seulement par la foi, en regardant l’invisible, c'est-à-dire en gardant dans notre cœur, comme le plus grand bijou la confiance en Dieu - le Créateur, Prometeur de tout ce qui est sur terre et le Rédempteur, que nous gagnons la vue, devenons capable de voir le sens de nos tribulations, et de nos joies.
Seulement par la foi nous pouvons nous lever jusqu'à la hauteur du dessein Divin et les voies Divines de dispensation, jusqu'au support ferme, solide, qui n'est pas exposé au temps, ne disparaît pas, ne change pas, ne trompe pas, parce que c'est Dieu.
17 Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. |
L'idée selon laquelle les tribulations, endurées par les chrétiens dans ce monde, deviennent dans le Royaume leur gloire, est déjà probablement devenue un lieu commun. Et pourtant: que veut dire l'apôtre, parlant des tribulations, qui dans «l’invisible», dont il faut seulement regarder et dont il faut uniquement avoir en vue, se retournent en gloire? Ses mots ne signifient-ils que dans la vie éternelle, dans la plénitude du Royaume «personne n'est oublié, rien n'est oublié», et chaque exploit de la foi de chaque chrétien recevra dans sa nouvelle vie l'estimation digne? Probablement, et cela aussi. Mais seulement cela? Qu'est-ce que c'est, en réalité, cette gloire, dont écrit Paul? La grandeur, la célébrité ? Probablement, non tout de même.
Au moins, dans les livres bibliques de langue grecque ce mot correspond à celui juif, qui désigne la gloire, comme la présence de Dieu, cette présence rayonnante, qui accompagnait le peuple juif tout au long de son histoire, commençant par l’Exode. Et si nous parlons d’une telle gloire, alors il faut déjà parler non de la mémoire et même pas des récompenses, ici il ne s’agit pas de l'encouragement des héros, même ceux qui l'ont tout à fait mérité. Il faut parler ici de cette mesure de la plénitude de la présence de Dieu, qui est donnée à l’homme qui cherche le Royaume et se joint à lui.
Et alors il s’avère que ces persécutions et tribulations, qu’endure le chrétien pour sa foi et pour sa fidélité, ouvrent non seulement à lui-même la plénitude de la vie du Royaume, mais aussi le sanctifient, faisant un porteur vivant de cette présence de Dieu, qui pendant des siècles accompagnait le peuple de Dieu et qui pénètre le Royaume. Et le problème ici n’est pas dans le fait que les tribulations en elles-mêmes rapprochent l’homme du Royaume.
Le problème est en ce que le Sauveur Lui-même avait déjà parlé, rappelant l'inévitabilité des persécutions : ces persécutions sont une sorte de compas montrant que le persécuté n'a pas fait fausse route. Bien sûr, ces persécutions peuvent prendre de différentes formes, mais l'aversion par le monde déchu de ceux qui apportent à ce monde la présence de Dieu, était, est et sera, sinon le monde déchu cesserait d'être soi-même.
Viendra le temps, lorsque ça se passera ainsi, le jour du triomphe du Royaume, quand ses habitants et les porteurs de la gloire de Dieu deviendront dans le monde les siens. Mais pour cela le monde doit entièrement se transformer, sa nature elle-même doit devenir autre, transparente pour l'action du souffle de Dieu et lui obéissant entièrement. Mais pour le moment le conflit est inévitable, et «une légère tribulation» ouvre «une masse éternelle de gloire». «Légère» parce que tout ce qui est lié à la nature déchue du monde non transformé, est passager. «Masse éternelle» parce que le Royaume est pour toujours.
13 Mais, possédant ce même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons, |
14 sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus, et nous placera près de lui avec vous. |
15 Car tout cela arrive à cause de vous, pour que la grâce, se multipliant, fasse abonder l’action de grâces chez un plus grand nombre, à la gloire de Dieu. |
16 C’est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. |
17 Car la légère tribulation d’un instant nous prépare, jusqu’à l’excès, une masse éternelle de gloire, |
18 à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. |
1 Nous savons en effet que si cette tente — notre maison terrestre — vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une maison éternelle qui n’est pas faite de main d’homme, dans les cieux. |
Dans son regard sur l’histoire, l’humanité n’a jusqu’à présent rien inventé qui dépasse l’alternative entre progressisme et catastrophisme. De même, dans son regard sur l’homme, nous nous tenons devant le choix entre philanthropie et misanthropie. Il est facile de constater que le regard sur l’histoire est naturellement corrélé au regard sur l’homme : le misanthrope croira difficilement au progrès menant au bonheur et à la prospérité universels, tandis que celui qui croit que l’homme est bon à l’origine croira presque certainement qu’il n’y a pas de problèmes insolubles dans la vie de l’humanité et que le bonheur universel est atteignable, au moins en principe.
Le regard biblique sur l’histoire, lui, est antinomique : d’une part, toute l’histoire de l’époque chrétienne n’est rien d’autre que l’histoire du Royaume qui vient et se révèle de plus en plus, dont la projection dans le monde non transfiguré est l’histoire de la justice chrétienne, ou, comme on l’appelle habituellement, de la sainteté chrétienne ; d’autre part, toute l’histoire du monde « chrétien » est l’histoire du mal dans lequel, selon la parole de l’Évangile, le monde gît et qui se manifeste dans l’histoire « chrétienne ». Le regard de la Bible sur l’homme est tout aussi antinomique : d’une part, le chemin de la justice a toujours été ouvert à l’homme, et Dieu a donné à Son peuple la Torah comme guide sur ce chemin ; d’autre part, comme Dieu le dit par l’auteur du Prologue de la Genèse, « toutes les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse », et l’on ne peut rien y faire avant la complète transfiguration de la nature humaine. Ainsi apparaît-il que la venue du Royaume, ni dans la vie d’un homme particulier ni dans l’histoire de l’humanité, ne ressemble en rien au progrès dont ont tant rêvé les philanthropes de tous les temps et de tous les peuples, convaincus que les améliorations graduelles de la technique comme des mœurs conduiraient finalement l’humanité à l’âge d’or.
Au contraire, la venue du Royaume suppose la polarisation des forces qui s’opposent : les forces du Royaume et les forces de ce mal dans lequel le monde gît. Dans l’histoire de l’humanité comme dans la vie de chaque homme. Et plus un tel homme s’enracine dans la vie du Royaume, plus se manifeste nettement dans sa vie, intérieure comme extérieure, le mal lié à sa nature déchue. Comme dans l’humanité au cours de l’histoire mondiale, il ne surgit évidemment pas de nouveau d’on ne sait où, ni même n’augmente en taille ; il devient simplement plus visible, de même que son opposition devient plus visible.
Mais cette opposition est d’autant plus repoussée vers l’« extérieur », vers la périphérie de la vie, que celui qui cherche le Royaume s’enracine davantage dans sa vie. Alors il reste de moins en moins de périphérie, elle disparaît progressivement, tandis que l’intérieur, ce en quoi se manifeste la vie du Royaume, devient de plus en plus vaste. Seulement, ce processus ne peut s’achever dans le monde non transfiguré et atteint par le mal. Il s’achève dans le Royaume, et celui qui ne voit pas le Royaume ne voit pas non plus son achèvement. Achèvement qui coïncide avec le triomphe du Royaume et la complète transfiguration de la création.
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