RÉFLEXIONS pour Nb 7:1-89 — le 4 juin 2021

RÉFLEXIONS pour Nb 7:1-89

Le Livre des Nombres énumère soigneusement, comme dans un livre de comptes, toutes les offrandes apportées par chaque tribu lors de la consécration de la Tente. Qu’est-ce donc ? Pourquoi ? La réponse à la première question est assez simple : c’est précisément le livre de comptes de son époque. Bien entendu, il ne s’agit vraisemblablement pas du temps de l’Exode et du séjour au désert, mais de l’époque où la terre avait déjà été conquise ; en tout cas, de grandes quantités de farine et d’huiles aromatiques, ainsi que l’abondance d’objets en or, ne sont pas caractéristiques d’un mode de vie nomade.

Quoi qu’il en soit, nous avons bien ici une liste d’offrandes ; si ce n’est pas un livre de comptes, c’est au moins un registre de magasin. Il est un peu plus difficile de répondre à la question « pourquoi ? ». Le plus simple serait de dire : pour que personne ne se sente lésé. Le peuple juif au temps de l’Exode et de la conquête de la Palestine était, à bien des égards, une communauté religieuse unie autour de la Tente, unie avant tout par des fêtes, des sacrifices et des rites communs. Il importait vraiment de savoir qui avait versé combien au trésor commun du sanctuaire de tous ; sinon, la question des droits et des privilèges pouvait se poser, ainsi que celle des avantages de ceux qui avaient versé davantage et de celui auquel revenait la première place auprès de la Tente. Ce n’est pas un hasard si, dans le

Livre des Nombres, toutes les offrandes de chaque tribu sont énumérées : à la lecture du texte, il apparaît immédiatement que chaque tribu a apporté sa contribution et que toutes les contributions sont égales, de sorte que personne n’a ni ne peut avoir aucun privilège devant Dieu, même selon un critère aussi extérieur et formel que le montant versé au trésor commun. Tous sont égaux, et la contribution de chacun est égale à celle de tout autre, alors même que les possibilités matérielles des différentes tribus juives étaient loin d’être identiques. Il y avait encore autre chose : la mémoire. Pour nous, une caisse commune, une cagnotte commune ou un pot commun désignent souvent un seul tas dans lequel tout tombe et où tout se dissout.

Tout s’y dissout et perd son caractère personnel, si bien qu’on ne peut plus savoir ce qui appartenait à qui au départ ; du reste, cela n’a pas d’importance, puisque c’est précisément à cela que sert le pot commun. Mais pour Dieu, tout est exactement à l’inverse. Chaque personne concrète est importante à Ses yeux ; Il n’entre pas en communion avec une masse, une foule ou un collectif. Même lorsque beaucoup de personnes entrent simultanément en communion avec Lui, Il entre pourtant en communion avec chacune d’elles, en tenant compte de tous les liens qui unissent ceux qui viennent à Lui. L’offrande de chacun ne Lui est pas indifférente, car Il considère avant tout l’intention de celui qui offre et non ce qu’il offre. Pour Lui, chacun est unique, avec tout ce qu’il Lui a apporté.