43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis. |
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » |
8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
La première réaction des femmes à la nouvelle de la Résurrection est frappante : la peur. Une telle réaction serait compréhensible et prévisible s’il s’agissait des ennemis du Ressuscité. Mais il s’agit ici de disciples dévouées que la nouvelle de la vie de leur Maître aurait, semble-t-il, dû seulement réjouir. Or elles sont au contraire si effrayées qu’elles craignent même de raconter aux autres ce qu’elles ont vu et entendu. Que se passe-t-il donc ? On pourrait bien sûr tout expliquer par le caractère inhabituel et, surtout, inattendu des événements. En réalité, aucun des disciples de Jésus ne s’attendait à Sa résurrection, bien qu’Il leur en eût parlé plus d’une fois. Il est difficile de dire à quoi les femmes venues au tombeau associaient la nouvelle que leur Maître n’était plus là, qu’Il était ressuscité. Peut-être se souvenaient-elles de quelque légende populaire sur les ombres des morts sortant des tombeaux. Plus tard, les apôtres eux-mêmes, en voyant Jésus ressuscité, pensèrent d’abord voir un fantôme, une ombre sortie du tombeau. Mais une autre explication est possible : les femmes décidèrent réellement que le dernier jour était arrivé, ce jour même du Jugement que précéderait la résurrection des morts, lesquels ressuscitent précisément pour comparaître devant Dieu. Une telle conception de la résurrection générale au jour du Jugement était alors largement répandue et communément admise dans la Synagogue ; les femmes venues au tombeau ne pouvaient évidemment l’ignorer. Peut-être s’attendaient-elles à un Jugement prochain pour elles-mêmes et pour tous ceux qui vivent sur la terre. Une telle perspective ne pouvait manquer de susciter une sainte crainte et, en même temps, la peur naturelle de l’homme déchu devant son propre péché. Aucun des disciples de Jésus ne pouvait encore savoir que la résurrection de leur Maître n’était que le commencement d’un processus qui, à l’échelle terrestre, s’étendrait sur plus d’un millénaire. Et les femmes gardent le silence, craignant de parler de ce qui, pensent-elles, les attend.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » |
8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
Dès que cela devint possible, les femmes myrophores partirent oindre le corps de Jésus avec des aromates spéciaux. Quand tous les autres disciples dormaient ou étaient dans le désarroi, ces femmes vinrent au tombeau pour faire le peu qui était en leur pouvoir. Sans hésiter, elles voulaient rendre les derniers honneurs au corps du maître aimé, bien qu'il n'y eût avec elles personne qui pût rouler la lourde pierre de l'entrée de la grotte.
Elles ont suivi la voie du coeur, et non celle de la raison. Et sur cette voie, elles furent les premières à rencontrer l'annonce de la Résurrection. Les coeurs des myrophores étaient si simples et si ouverts qu'elles crurent aussitôt les paroles de l'ange, qui leur parla de Jésus et leur montra le tombeau vide. Aux autres disciples, le Seigneur apparut lui-même ; à certains, il permit même de s'assurer par le toucher que c'était bien lui. Mais celles qui apprirent les premières la Résurrection étaient vraiment pauvres en esprit, parce qu'elles ne demandaient ni preuves ni signes.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » |
8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
Marc décrit la Résurrection comme un événement tout à fait inattendu pour tous, y compris pour les disciples eux-mêmes. Les femmes qui vont au tombeau ne sont préoccupées que d'un seul problème : la pierre qui fermait habituellement l'entrée était trop lourde pour elles, elles n'auraient pas pu la rouler elles-mêmes. Elles n'attendent plus aucun miracle : leur Maître est mort, et Il est allé volontairement à la mort ; tout est donc fini.
En réalité, les événements se déroulent dès le début tout autrement qu'elles ne l'attendaient : cette pierre même à laquelle elles avaient tant pensé et qui leur paraissait être le problème principal ne leur causa aucun problème, elle avait déjà été roulée loin de l'entrée. Et tout ce qui suivit se révéla également tout à fait inattendu, différent de ce que l'on pouvait attendre selon la logique de notre monde déchu. Au lieu de la mort, les femmes venues au tombeau trouvent la vie ; au lieu des rites funèbres pour lesquels elles étaient venues, elles reçoivent l'annonce de la Résurrection.
La logique du Royaume a toujours été autre que la logique du monde déchu, et dès le début de son entrée dans le monde, cette logique du Royaume a dérouté ceux qui n'étaient pas prêts à la rencontrer ; or personne ne s'y trouve prêt, pas même celui qui a personnellement entendu parler du Royaume par Celui qui l'a apporté dans le monde. De quoi, semble-t-il, les femmes auraient-elles à s'effrayer en apprenant la résurrection de leur Maître ? Elles avaient dû entendre parler de la résurrection au dernier jour non seulement par Lui, mais aussi par d'autres : la foi en la résurrection universelle était répandue parmi les Juifs croyants, sinon partout, du moins très largement. Seuls n'y croyaient peut-être pas certains représentants du sommet sacerdotal et des aristocrates à la pensée « libérale », mais tous étaient plutôt des exceptions à la règle générale.
On pourrait certes penser que les femmes eurent simplement peur, comme les apôtres eurent peur plus tard en voyant Jésus ressuscité, qu'ils prirent pour un fantôme, pour une ombre sortie du tombeau. Il est possible aussi qu'elles aient eu peur en voyant l'ange et en comprenant qui se tenait devant elles, car la rencontre avec les messagers de Dieu n'était pas toujours considérée comme sans danger. Mais il est plus vraisemblable qu'elles eurent peur parce qu'elles n'étaient tout simplement pas intérieurement prêtes à ce qu'elles savaient en principe et dont elles ne doutaient pas de la réalité, si l'on en parlait « en général ».
Elles croyaient à la résurrection « en général », comme tous, mais elles n'étaient pas prêtes à croire à sa réalité ici et maintenant. De là viennent la peur, la fuite et, surtout, le silence : il est impossible de témoigner de ce qui n'est pas encore vraiment entré dans sa propre vie, de ce qui n'est pas encore compris et vécu jusqu'au bout. Plus tard viendra le temps du témoignage, mais pas tout de suite : après la Pentecôte, lorsque l'Esprit de Dieu aidera les témoins de la Résurrection à prendre conscience de ce dont ils sont devenus les témoins.
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
Celles qui étaient venues au tombeau furent saisies d'effroi en voyant la pierre roulée et l'ange annonçant la nouvelle de la Résurrection. Même après ses paroles « ne soyez pas effrayées », elles continuent à éprouver une telle crainte qu'au début elles ne disent rien à personne.
La rencontre avec le Très-Haut ébranle toujours l'homme ; elle suscite une crainte tout à fait naturelle même chez ceux que n'effrayaient ni la colère possible des dirigeants ni l'hostilité de « l'opinion publique ». Mais précisément Celui qui est plus haut que tout ce qui est naturel dit sans cesse : « n'ayez pas peur ! » Car il a apporté la joie.
La joie de la Résurrection, qui demeure une joyeuse nouvelle, si incompréhensible qu'elle puisse paraître.
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
L'ange que rencontrent les femmes venues au tombeau du Maître leur annonce une nouvelle bouleversante : « Il est ressuscité ». Ainsi entre dans le monde le fait qui fonde la foi chrétienne. Il faut le souligner : non l'idée de la divino-humanité, non la beauté de l'enseignement moral de Jésus, mais un fait. Et le christianisme n'est pas une construction théologique, mais l'accueil de ce fait dans sa propre biographie. Regardez comment le contenu du verset que nous avons lu y aide.
Avant tout, la nouvelle est apportée par un ange, un messager de Dieu ; l'information qu'il transmet a donc un niveau surnaturel de vérité. Il commence par ces mots : « Ne soyez pas effrayées ». Dieu commence presque tout contact avec l'homme de cette façon, faisant comprendre que Sa toute-puissance ne sera pas dirigée contre l'homme. « Vous cherchez Jésus de Nazareth » : il ne s'agit pas d'une idée abstraite, mais d'un Homme absolument concret, qui a vécu une vie terrestre réelle. « Le crucifié » : sans la mort, plus exactement sans le sacrifice, plus exactement encore sans l'exécution volontairement acceptée pour mes péchés, Jésus n'a aucun rapport avec moi, avec ma biographie. « Il est ressuscité » : voilà le centre du message, qui signifie la victoire du Christ sur la mort, sur toute mort, et donc sur la mienne. « Il n'est pas ici » : le Christ ne peut être « pris » par aucun lieu, pas même par un tombeau ; Il est libre et capable de nous libérer.
Mais tout cela n'est pas une simple abstraction, ni un événement purement spirituel : « Voici le lieu où on L'avait déposé » ; tout cela se produit dans le temps et dans l'espace, là où se déroule aussi notre vie, désormais capable d'accueillir la Résurrection du Christ.
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
Aujourd'hui nous lisons dans l'Évangile l'une des manifestations de la véritable grandeur humaine. La fidélité et l'amour qui animaient Joseph d'Arimathie sont vraiment dignes de toute louange et d'imitation. Lorsque toute espérance avait cessé, lorsque Jésus mourut sur la Croix et que tout était fini, c'est précisément à ce moment-là qu'il resta des hommes qui Lui étaient fidèles.
Demeurer près du Dieu crucifié n'est pas facile. Il est encore plus difficile de pleurer Sa mort. Qu'ont vécu, à quoi ont pensé Joseph d'Arimathie, Nicodème, Marie Madeleine, le Grand Samedi, lorsque le Seigneur demeurait corporellement au tombeau ? Et comment Joseph s'est-il résolu à entrer chez Pilate pour demander le Corps du Christ, méprisant les lois de l'impureté rituelle (ce matin-là, les grands prêtres n'entrèrent pas chez le païen Pilate), méprisant aussi le danger d'être accusé de complicité dans l'affaire du Condamné ? Ils traversent jusqu'au bout l'horreur du vendredi et du samedi et demeurent avec Celui qui a péri et avec Sa Mère. Être avec Dieu jusqu'au bout, partout où Il va. Et lorsqu'Il descend aux enfers, là où les hommes ne peuvent pas aller avec Lui, ils pleurent et L'attendent sur la terre.
Et cette attente ne demeure pas vaine.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » |
8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
9 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, il apparut d’abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. |
10 Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. |
11 Et ceux-là, l’entendant dire qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ne la crurent pas. |
12 Après cela, il se manifesta sous d’autres traits à deux d’entre eux qui étaient en chemin et s’en allaient à la campagne. |
13 Et ceux-là revinrent l’annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. |
14 Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité. |
15 Et il leur dit : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. |
16 Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. |
17 Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, |
18 ils saisiront des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. » |
19 Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu. |
20 Pour eux, ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient. |
Dans l'Évangile selon Marc, le récit de la Résurrection est beaucoup plus court que dans les autres évangiles; il tient seulement en vingt versets. Et le fondement du récit se révèle ici, aussi paradoxal que cela soit, être le thème de l'incrédulité ou de la défiance envers le témoignage de ceux qui avaient vu le Ressuscité ( v. 8, 11, 13). Il semblerait que les apôtres auraient pu et dû se réjouir d'entendre la nouvelle de la Résurrection, car tout récemment encore, il y a seulement trois jours, il leur semblait que tout était déjà fini et qu'il n'y avait plus rien à attendre. Certes, il y avait là aussi un élément d'inattendu et d'invraisemblable. Mais il y avait sans doute autre chose: l'incapacité à accueillir une surprise pourtant si attendue. Précisément attendue: car la plupart des Juifs croyants de l'époque évangélique croyaient à la résurrection générale au dernier jour et au Jugement dernier. De plus, Jésus avait plusieurs fois parlé à Ses disciples de Sa mort et de Sa Résurrection, qui devait suivre cette mort. Et c'est justement cela qui entrait le moins dans la conscience des apôtres; c'est pourquoi la nouvelle de la Résurrection se révéla inattendue pour eux. Ici se manifeste, semble-t-il, une propriété générale de la nature humaine déchue: l'inconstance. Bien sûr, en principe, aucun des apôtres n'aurait jamais douté de la résurrection générale ni du Jugement dernier. Sans doute, en principe, même la résurrection de leur Maître ne leur aurait pas paru impossible ou invraisemblable. Mais lorsque cela arriva, il apparut que tout cela était précisément « en général » et « en principe ». Et nullement parce que la foi des apôtres était plus faible que celle de leurs contemporains ou des nôtres. Simplement, lorsque des siècles passent entre la promesse et son accomplissement, la foi en ce qui est promis devient quelque peu abstraite. Elle cesse d'être une réalité concrète que l'on attend de jour en jour, comme les premiers chrétiens attendaient le Second Avènement promis par le Sauveur. L'objet de l'attention spirituelle devient non plus l'événement promis, mais l'attente elle-même. Elle devient le but et le contenu de la vie religieuse. Et alors il arrive souvent que, lorsque ce qui était promis survient, ceux qui s'y étaient préparés le plus longtemps et le plus activement se trouvent justement les moins prêts à sa venue. Mais lorsque ce qui a été si longtemps attendu se produit malgré tout, chacun doit pour ainsi dire voir et vivre à nouveau la réalité nouvelle qui entre dans le monde et qui met fin à tout ce qui était auparavant, y compris à l'attente elle-même. C'est la dernière frontière; au-delà, c'est le Royaume.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » |
8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
9 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, il apparut d’abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. |
10 Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. |
11 Et ceux-là, l’entendant dire qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ne la crurent pas. |
12 Après cela, il se manifesta sous d’autres traits à deux d’entre eux qui étaient en chemin et s’en allaient à la campagne. |
13 Et ceux-là revinrent l’annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. |
14 Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité. |
15 Et il leur dit : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. |
16 Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. |
17 Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, |
18 ils saisiront des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. » |
19 Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu. |
20 Pour eux, ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient. |
Marc présente les événements après la Résurrection du Christ très brièvement. Presque tous les épisodes de ce récit sont décrits plus en détail dans les autres Évangiles. Marc veut souligner l'essentiel. Ainsi, les disciples se cachent des persécutions, saisis de tristesse et de désespoir. Seules quelques femmes, qui n'avaient pas abandonné Jésus à l'heure de Sa mort, veulent maintenant Lui rendre les derniers devoirs et achever l'ensevelissement qu'elles n'avaient pas terminé à cause du repos du sabbat. C'est à elles, Ses disciples les plus fidèles, que l'Ange annonce une nouvelle bouleversante, terrible et en même temps joyeuse : Il est ressuscité. Il n'est pas ici. Mais les disciples ne peuvent croire ni Marie Madeleine, à qui Jésus est apparu, ni les deux autres disciples qui L'ont vu. Ils sont tellement absorbés par leur chagrin et leur désespoir que leur coeur se ferme à l'espérance, bien que Jésus leur ait plusieurs fois prédit Sa Résurrection. Enfin, Jésus Lui-même apparaît au milieu d'eux et leur reproche la dureté de leur coeur et leur incrédulité. Par Son apparition, Il dissipe leur peine et leur peur.
Le Sauveur ressuscité envoie les disciples annoncer à « toute la création » la bonne nouvelle de la vie nouvelle commencée avec Sa Résurrection. Il dit que, par la foi et le baptême, l'homme entre déjà dans cette vie dans le salut : libération de l'esclavage de la peur, du péché, de la mort, de la condamnation éternelle. Le Christ nomme les signes miraculeux et les dons que possède désormais l'humanité nouvelle, régénérée et ressuscitée à la vie en Dieu. Le pouvoir des disciples du Christ sur la mort, la maladie et les forces obscures témoigne de la présence au milieu d'eux du Christ Lui-même. Aujourd'hui encore, Il vit au milieu de nous et en nous, bénissant la prédication de l'Évangile de la Vie.
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène, par exemple, Joseph d’Arimathie, mentionné par l’évangéliste. On ne sait presque rien de lui, sinon qu’il était un homme de très haut rang. Que représentait Jésus pour lui ? Quelles étaient ses relations avec Lui ? Sans doute un disciple secret, comme les autres évangélistes le disent aussi de lui ; mais que signifiait être Son disciple secret ? Soutenir dans une situation où aucun des disciples visibles ne peut rien faire, utiliser sa position pour que l’impossible devienne possible ? Oui, bien sûr, cela aussi. Mais l’essentiel, c’est la disponibilité.
Être un disciple visible est, en un certain sens, plus simple. Jésus dit bien sûr à tous les disciples et à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il faut veiller toujours, que le relâchement spirituel et le chemin vers le Royaume sont incompatibles. Pourtant, ceux qui sont constamment auprès de Lui ont, en un certain sens, plus de facilité. Ils voient le Maître de leurs propres yeux ; pour eux, Il est réel absolument à chaque instant de leur vie. Les disciples secrets communiquaient sans doute avec Lui beaucoup moins souvent ; Il apparaissait pour eux et disparaissait, et l’on ne pouvait jamais dire avec certitude quand Il apparaîtrait la prochaine fois.
Les apôtres ont vécu quelque chose de semblable pendant la Cène, lorsqu’ils ont compris que Jésus allait les laisser pour un temps. Ils ne savaient pas où Il se préparait à aller, ils ne comprenaient pas vraiment le Maître et ne pouvaient pas imaginer ce qu’ils allaient vivre très bientôt ; mais ils comprenaient qu’en tout cas, maintenant, ils resteraient pour quelque temps (et pour un temps tout à fait indéterminé) seuls : ils ne verraient pas le Maître, n’entendraient pas Sa voix, ne sauraient pas où Il est ni ce qu’Il fait, et ne sauraient pas ce qu’Il exigerait d’eux à Son retour.
Cette situation rappelle beaucoup celle de tout chrétien aujourd’hui. Nous vivons à l’époque du Royaume qui vient, mais quand elle s’achèvera, nul ne le sait, sauf le Père. Nous ne pouvons ici calculer aucun délai, même approximativement ; il ne nous reste qu’à vivre avec la conscience que, n’importe quel jour, tout peut s’achever et le Sauveur peut revenir.
On ne peut pas se préparer à ce jour au sens où nous nous préparons à tel ou tel événement de notre monde. Les événements de notre monde, nous pouvons d’ordinaire nous les représenter au moins d’une certaine façon ; nous pouvons, au moins, essayer de réfléchir et de calculer ce dont nous pourrions avoir besoin (que ce calcul se révèle heureux et adéquat est une autre question).
Quant au Royaume et au retour du Messie, nous ne pouvons ici ni nous représenter quoi que ce soit ni calculer quoi que ce soit. Il ne reste que la disponibilité comme état spirituel intérieur, impliquant cette même vigueur spirituelle dont Jésus parlait comme d’une nécessité et que Ses disciples secrets devaient constamment maintenir : dans l’attente de l’apparition inattendue du Maître et avec la disposition intérieure à faire ce qu’il est absolument impossible de se représenter à l’avance.
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis. |
À l'heure des souffrances, se trouvèrent tout près ceux qui, d'ordinaire, ne manifestaient pas une activité particulière et ne se mettaient pas en vue. Ce sont les femmes silencieuses qui servaient le Christ et les apôtres de leurs biens, c'est Joseph d'Arimathie, qui avait longtemps caché son statut de disciple, mais qui rejeta alors la prudence. Joseph, qui n'eut pas peur d'aller demander à Pilate le Corps du Condamné, eut aussi ce jour-là l'occasion de servir Jésus avec ses biens : un morceau de tissu et un tombeau. Mais avant tout, tous ceux qui ensevelirent le Seigneur Le servirent par leur fidélité et leur fermeté inattendue.
Dans les moments décisifs, quand les questions de vie et de mort se posent avec acuité, la foi se prouve non par des théories, et les débats problématiques passent au second plan. Ce qui devient principal, ce sont les actes simples, remplis d'un courage discret et d'un amour sans paroles.
16 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte. |
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la lui mettent. |
18 Et ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! » |
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage. |
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier. |
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs. |
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. |
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas. |
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. |
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent. |
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. » |
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [ |
28 ]. |
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, |
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! » |
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même ! |
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient. |
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » |
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! » |
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! » |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! » |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis. |
Dans le récit évangélique de la crucifixion du Sauveur, la description du triomphe que vivent tous ceux qui haïssaient Jésus pendant Sa vie terrestre fait une impression particulière. Et à ceux qui L'aimaient, il ne reste qu'à s'affliger et pleurer. Bien sûr, c'est un triomphe apparent; il ne fait que faire ressortir plus vivement ce qui arrivera très bientôt, trois jours plus tard, lorsque tout reprendra sa place. Mais ces trois jours doivent encore passer, il faut les vivre, et pourtant personne, pas même parmi les disciples les plus proches de Jésus, n'attendait la Résurrection. Ces jours étaient d'autant plus lourds que le triomphe des forces du mal n'était pas une convention ni une mise en scène; il était aussi réel que la mort même de Jésus sur la croix. Au fond, ici, au pied de la croix, deux réalités, deux mondes, se sont touchés: le grand monde de Dieu et le petit monde limité de ceux qui s'opposent à Dieu, séparé de lui. Mais pour ceux qui se trouvent dans ce petit monde, il paraît toujours être la seule réalité. Et dans cette réalité, c'est précisément le mal qui triomphe, et il triomphe aussi réellement que ce petit monde lui-même est réel. Physiquement, le grand monde de Dieu et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu peuvent se trouver dans le même espace et dans le même temps; ceux qui leur appartiennent peuvent se voir et se parler. Mais spirituellement, ce sont deux mondes différents, et au jour du Jugement dernier, la différence entre eux, auparavant visible seulement à quelques-uns, devient évidente pour chacun: le grand monde de Dieu devient ce Royaume dont parle Jésus, et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu devient les ténèbres extérieures de la parabole évangélique. Dans les ténèbres extérieures triomphe la mort; dans le Royaume, la vie. Et la victoire des ténèbres, qui paraît si réelle dans le petit monde, se révèle être leur véritable et totale défaite dans le grand monde de Dieu au jour de la Résurrection. Quant au monde dans lequel vivre, chacun le décide pour lui-même, comme l'ont décidé ceux qui, le jour de la mort du Sauveur, se tenaient au pied de la croix.
16 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte. |
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la lui mettent. |
18 Et ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! » |
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage. |
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier. |
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs. |
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. |
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas. |
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. |
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent. |
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. » |
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [ |
28 ]. |
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, |
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! » |
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même ! |
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient. |
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » |
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! » |
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! » |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! » |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis. |
La lecture d'aujourd'hui nous aidera peut-être, dans une certaine mesure, à réfléchir à la question la plus aiguë qui se pose à l'homme: comment le Dieu tout-puissant permet-Il l'existence des souffrances, du mal, alors que ce sont toujours les personnes les plus pures et les plus innocentes qui souffrent? Aujourd'hui nous est un peu dévoilée la manière dont Dieu se rapporte au mal dans le monde. Nous lisons comment le Seigneur Lui-même traverse le coeur même de la souffrance humaine. Il descend des cieux pour partager avec l'homme toute la noirceur, toute l'horreur de sa solitude et de sa douleur. Jésus est abandonné par Ses disciples, Il passe par les moqueries des soldats, la marche infamante vers le lieu d'exécution, la crucifixion douloureuse sur la croix. Pour boire jusqu'au bout toute l'amertume des tourments humains, Il refuse de boire le vin mêlé de myrrhe qui atténue la douleur.
Le Roi de toute la terre, le Fils de Dieu, est «compté parmi les malfaiteurs». Il ne descend pas de la croix, afin de traverser ce qu'il y a de plus terrible: «Mon Dieu! pourquoi M'as-Tu abandonné?»; afin de traverser les ténèbres de l'abandon de Dieu propres à l'humanité déchue. Après cela, Lui, comme chacun de nous, plonge dans le froid de la mort. Le voile du temple, qui séparait Dieu des hommes, s'est déchiré: le Fils de Dieu a parcouru jusqu'au bout le chemin humain. Les quelques disciples restés près de Lui L'ensevelissent comme n'importe lequel des mortels.
Telle est la réponse de Dieu à l'existence des souffrances sur la terre. Il ne fait pas que compatir: Il souffre pleinement avec nous, Il souffre avec nous et pour nous.
Ici se trouve aussi notre réponse: les chrétiens, chacun à sa mesure, participant aux souffrances du Christ, compatissent au monde, participant ainsi au sacrifice rédempteur du Christ, et par là aussi à Sa Résurrection.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
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