19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort. |
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. |
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. |
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, « car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » |
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi. |
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie. |
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ; |
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. |
27 À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. |
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples. |
« Il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu »... Qu'est-ce que cela signifie ? Les malheurs sont-ils nécessaires au salut, ou simplement inévitables ? Autrement dit, sur quoi faut-il mettre l'accent dans cette phrase ? Il faut manifestement le placer ailleurs que là où nous en avons l'habitude. L'essentiel dans cette phrase, ce ne sont pas les « tribulations », mais le fait d'« entrer dans le Royaume ». Il y a et il y aura des tribulations pour tous, chrétiens comme païens. Il arrive que les chrétiens en subissent beaucoup plus que les autres ; il arrive aussi que des personnes se trouvent dans une situation aussi défavorable non pour des raisons religieuses mais, par exemple, à cause de leur nationalité... Paul annonce une bonne nouvelle : ces tribulations peuvent et doivent devenir notre chemin vers le Royaume de Dieu. Il ne dépend que de nous de saisir cette possibilité : remettre toutes choses entre les mains de Dieu, les recevoir de nouveau de Lui et entrer ainsi dans le Royaume.
19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort. |
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. |
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. |
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, « car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » |
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi. |
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie. |
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ; |
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. |
27 À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. |
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples. |
« C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu »… Que signifie précisément cette parole ? Les épreuves sont-elles nécessaires au salut, ou sont-elles simplement inévitables ? Autrement dit, où faut-il placer l’accent dans cette phrase ?
Il faut sans doute mettre l’accent tout autrement que nous en avons l’habitude. L’essentiel de cette phrase n’est pas « les tribulations », mais « entrer dans le Royaume ». Les tribulations existent et existeront pour tous, chrétiens comme païens. Il arrive que les chrétiens aient beaucoup plus d’épreuves que les autres ; il arrive aussi que des personnes se trouvent dans une telle situation défavorable non pas pour des raisons religieuses, mais, par exemple, nationales…
Pourtant Paul nous annonce une bonne nouvelle : ces tribulations peuvent et doivent devenir notre chemin vers le Royaume de Dieu. Et il dépend seulement de nous de savoir si nous saisirons cette possibilité : remettre tout entre les mains de Dieu, recevoir de nouveau tout de Lui, et ainsi entrer dans le Royaume.
19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort. |
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. |
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. |
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, « car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » |
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi. |
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie. |
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ; |
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. |
27 À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. |
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples. |
Comme il nous est parfois difficile de supporter les problèmes, le manque de quelque chose ou simplement le mauvais temps... Rien ne va, nous n'avons envie de rien et nous ne ressentons aucune joie. Savoir qu'il faut remercier Dieu pour tout ne fait qu'accroître l'irritation qui empoisonne déjà la journée... Que faire ? Nous voudrions sortir de cet état, mais comment ? La réponse ne surprendra personne : uniquement avec l'aide de Dieu. Oui, à travers notre mécontentement et notre refus de reconnaître que notre état est pécheur, à travers la honte que tout cela nous inspire, nous devons nous remettre au Seigneur et à Sa grâce (Ac 14:23). Par les prières de nos frères et sœurs et en nous tenant nous-mêmes devant Lui, nous devons venir à Lui sans craindre qu'Il ne nous accueille pas (Jn 6:37).
8 À Lystres se tenait assis un homme perclus des pieds ; impotent de naissance, il n’avait jamais marché. |
9 Il écouta Paul discourir. Celui-ci, arrêtant sur lui son regard et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, |
10 dit d’une voix forte : « Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds ! » Il se dressa d’un bond : il marchait. |
11 À la vue de ce que Paul venait de faire, la foule s’écria, en lycaonien : « Les dieux, sous forme humaine, sont descendus parmi nous ! » |
12 Ils appelaient Barnabé Zeus et Paul Hermès, puisque c’était lui qui avait la parole. |
13 Les prêtres du Zeus-de-devant-la-ville amenèrent au portail des taureaux ornés de guirlandes, et ils se disposaient, de concert avec la foule, à offrir un sacrifice. |
14 Informés de la chose, les apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent vers la foule en criant : |
15 « Amis, que faites-vous là ? Nous aussi, nous sommes des hommes, soumis au même sort que vous, des hommes qui vous annoncent d’abandonner toutes ces vaines idoles pour vous tourner vers le Dieu vivant qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. |
16 Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs voies ; |
17 il n’a pas manqué pour autant de se rendre témoignage par ses bienfaits, vous dispensant du ciel pluies et saisons fertiles, rassasiant vos cœurs de nourriture et de félicité... » |
18 C’est à peine s’ils réussirent par ces paroles à empêcher la foule de leur offrir un sacrifice. |
19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort. |
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. |
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. |
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, « car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » |
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi. |
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie. |
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ; |
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. |
27 À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. |
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples. |
L'histoire des apôtres vénérés comme des dieux païens pourrait passer pour un incident comique, si de graves dangers spirituels ne se cachaient derrière le malentendu. La prédication de l'Évangile doit tenir compte du système de notions et du langage ethnoculturel de ceux auxquels elle s'adresse. Mais il existe une limite au-delà de laquelle l'emploi d'images issues du milieu païen est inadmissible, à moins de vouloir que le paganisme triomphe à nouveau sous un autre visage. Lorsque les adversaires du christianisme nient son caractère unique et singulier parmi tous les enseignements, affirmant notamment que les images des saints ne sont que des images remaniées de divinités païennes, ils ont tort sur le fond. Malheureusement, ils ont pourtant souvent raison dans leur appréciation de certaines manifestations « folkloriques » de la religiosité, où l'attitude envers les saints ressemble à celle des adorateurs de Zeus et d'Hermès envers Paul et Barnabé.
Pendant ce temps, les Juifs sont même prêts à conforter les païens dans leurs erreurs, pourvu qu'ils n'écoutent pas la prédication du salut. Cela non plus n'a pas disparu avec les temps anciens. À notre époque encore, des défenseurs immodérés de la piété ont plus d'une fois agi de concert avec des hommes notoirement sans Dieu, pour empêcher la prédication et le ministère ecclésial de ceux qui leur déplaisent...
1 À Iconium, ils entrèrent de même dans la synagogue des Juifs et parlèrent de telle façon qu’une grande foule de Juifs et de Grecs embrassèrent la foi. |
2 Mais les Juifs restés incrédules excitèrent les païens et les indisposèrent contre les frères. |
3 Paul et Barnabé prolongèrent donc leur séjour assez longtemps, pleins d’assurance dans le Seigneur, qui rendait témoignage à la prédication de sa grâce en opérant signes et prodiges par leurs mains. |
4 La population de la ville se partagea. Les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les apôtres. |
5 Chez les païens et les Juifs, leurs chefs en tête, on se préparait à les maltraiter et à les lapider. |
6 Mais s’en étant rendu compte, ils allèrent chercher refuge dans les villes de la Lycaonie, Lystres, Derbé et la région d’alentour. |
7 Là aussi, ils annonçaient la Bonne Nouvelle. |
8 À Lystres se tenait assis un homme perclus des pieds ; impotent de naissance, il n’avait jamais marché. |
9 Il écouta Paul discourir. Celui-ci, arrêtant sur lui son regard et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, |
10 dit d’une voix forte : « Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds ! » Il se dressa d’un bond : il marchait. |
11 À la vue de ce que Paul venait de faire, la foule s’écria, en lycaonien : « Les dieux, sous forme humaine, sont descendus parmi nous ! » |
12 Ils appelaient Barnabé Zeus et Paul Hermès, puisque c’était lui qui avait la parole. |
13 Les prêtres du Zeus-de-devant-la-ville amenèrent au portail des taureaux ornés de guirlandes, et ils se disposaient, de concert avec la foule, à offrir un sacrifice. |
14 Informés de la chose, les apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent vers la foule en criant : |
15 « Amis, que faites-vous là ? Nous aussi, nous sommes des hommes, soumis au même sort que vous, des hommes qui vous annoncent d’abandonner toutes ces vaines idoles pour vous tourner vers le Dieu vivant qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. |
16 Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs voies ; |
17 il n’a pas manqué pour autant de se rendre témoignage par ses bienfaits, vous dispensant du ciel pluies et saisons fertiles, rassasiant vos cœurs de nourriture et de félicité... » |
18 C’est à peine s’ils réussirent par ces paroles à empêcher la foule de leur offrir un sacrifice. |
19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort. |
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. |
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. |
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, « car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » |
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi. |
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie. |
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ; |
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. |
27 À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. |
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples. |
Dans la lecture d’aujourd’hui, nous voyons combien le mystère de la coopération de l’homme avec Dieu est étonnant et difficile à comprendre humainement. Pour les païens de Lystres, il est beaucoup plus simple d’admettre que le miracle de la guérison du boiteux est lié à la venue chez eux de Zeus ou d’Hermès. Et lorsqu’il s’avère que les apôtres sont des hommes comme eux, ils perdent vite toute autorité et subissent coups et persécutions.
Pourtant, l’essence du service apostolique est précisément qu’ils agissent au nom de Dieu, mais non à Sa place. Ils savent que le Seigneur Lui-même est présent dans ce monde, en ceux qui croient en Lui, et c’est pourquoi ils confient avec confiance les Églises nouvellement affermies à Sa protection pleine de grâce. Sans aucun doute, ce mystère de coopération, de travail commun avec Dieu, doit s’accomplir aussi en nous; et cela exige notre consentement, notre confiance, notre fidélité envers Lui. Il faut seulement se souvenir que, d’un côté, nous sommes des hommes ordinaires, et que, de l’autre, Dieu est avec nous.
1 À Iconium, ils entrèrent de même dans la synagogue des Juifs et parlèrent de telle façon qu’une grande foule de Juifs et de Grecs embrassèrent la foi. |
2 Mais les Juifs restés incrédules excitèrent les païens et les indisposèrent contre les frères. |
3 Paul et Barnabé prolongèrent donc leur séjour assez longtemps, pleins d’assurance dans le Seigneur, qui rendait témoignage à la prédication de sa grâce en opérant signes et prodiges par leurs mains. |
4 La population de la ville se partagea. Les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les apôtres. |
5 Chez les païens et les Juifs, leurs chefs en tête, on se préparait à les maltraiter et à les lapider. |
6 Mais s’en étant rendu compte, ils allèrent chercher refuge dans les villes de la Lycaonie, Lystres, Derbé et la région d’alentour. |
7 Là aussi, ils annonçaient la Bonne Nouvelle. |
8 À Lystres se tenait assis un homme perclus des pieds ; impotent de naissance, il n’avait jamais marché. |
9 Il écouta Paul discourir. Celui-ci, arrêtant sur lui son regard et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, |
10 dit d’une voix forte : « Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds ! » Il se dressa d’un bond : il marchait. |
11 À la vue de ce que Paul venait de faire, la foule s’écria, en lycaonien : « Les dieux, sous forme humaine, sont descendus parmi nous ! » |
12 Ils appelaient Barnabé Zeus et Paul Hermès, puisque c’était lui qui avait la parole. |
13 Les prêtres du Zeus-de-devant-la-ville amenèrent au portail des taureaux ornés de guirlandes, et ils se disposaient, de concert avec la foule, à offrir un sacrifice. |
14 Informés de la chose, les apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent vers la foule en criant : |
15 « Amis, que faites-vous là ? Nous aussi, nous sommes des hommes, soumis au même sort que vous, des hommes qui vous annoncent d’abandonner toutes ces vaines idoles pour vous tourner vers le Dieu vivant qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. |
16 Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs voies ; |
17 il n’a pas manqué pour autant de se rendre témoignage par ses bienfaits, vous dispensant du ciel pluies et saisons fertiles, rassasiant vos cœurs de nourriture et de félicité... » |
18 C’est à peine s’ils réussirent par ces paroles à empêcher la foule de leur offrir un sacrifice. |
19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort. |
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. |
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. |
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, « car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. » |
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi. |
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie. |
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ; |
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. |
27 À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. |
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples. |
La lecture d'aujourd'hui nous aide à mieux comprendre ce qu'est le paganisme et d'où il vient. Il s'agit d'un événement survenu à Lystres où, après une guérison accomplie par Paul, les habitants prirent les apôtres pour les dieux Zeus et Hermès (v. 8–13). Par conséquent, les apôtres eurent beaucoup de mal à arrêter la foule rassemblée et à la convaincre qu'ils n'étaient nullement des dieux, mais des hommes (v. 14–18). À première vue, le comportement de la foule semble d'une naïveté qui ne prête qu'à sourire. Pourtant, nous avons là le reflet d'une des croyances païennes les plus anciennes et les plus répandues : la foi en une sorte particulière de force ou d'énergie surnaturelle, répandue partout dans le monde et se manifestant dans les phénomènes naturels et surnaturels les plus divers. Des hommes particuliers, choisis, pouvaient en être les porteurs ; les dieux et les esprits l'utilisaient pour accomplir des miracles. Il n'est donc pas surprenant que les habitants aient vu dans la guérison accomplie par Paul une manifestation de cette force et aient pris les apôtres pour des dieux.
La question se pose pourtant : pourquoi Zeus et Hermès ? Il s'agit de dieux, alors que, devant la foule rassemblée, se tenaient des hommes ordinaires qui n'avaient extérieurement rien de divin. Mais l'idée que les dieux peuvent prendre n'importe quelle apparence, y compris humaine, était caractéristique de la conscience païenne, surtout dans l'Antiquité. Ce qui importait n'était pas l'apparence, mais la possession de la force : un dieu ou un esprit qui perdait sa force cessait d'être un objet de culte. Un trait fondamental de la conscience religieuse païenne apparaît ici : le païen n'adore pas une personne, mais une force, et toute manifestation de cette force suscite sa vénération et son adoration. Certes, elle peut, dans sa manifestation, être liée à telle ou telle personne. Mais même alors, la personne reste pour le païen quelque chose de secondaire : elle n'importe pas en elle-même, mais seulement comme une forme de manifestation de cette même force.
Dieu, Lui, est d'abord une Personne, et ensuite seulement une force. C'est là la différence essentielle entre le paganisme et la Révélation : chaque fois que la personne passe au premier plan, Dieu l'emporte ; chaque fois qu'une force impersonnelle est divinisée, la nature et le paganisme triomphent. Ce n'est pas un hasard si les apôtres cherchent avec tant d'ardeur à convaincre la foule qu'ils sont des hommes comme ceux qui les entourent (v. 15). Si ces derniers n'apprennent pas à reconnaître la valeur de l'homme précisément en tant que personne, et non en tant que porteur d'une force, ils ne pourront jamais entrer dans le Royaume. Même dans le Christ, ils ne verront qu'un grand maître de la force, et en Dieu sa source suprême. Mais l'amour de Dieu et le sacrifice du Christ leur resteront cachés. Alors, le Royaume d'amour leur apparaîtra comme un royaume de force, et le Ciel se changera en enfer, en cet étang de feu si vivement décrit dans le livre de l'Apocalypse de Jean.
On ne peut comprendre l'amour de Dieu sans avoir d'abord appris à reconnaître la valeur de la personne humaine. Et sans cette compréhension, on ne peut entrer dans le Royaume.
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