1 Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, |
2 par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé; sinon, vous auriez cru en vain. |
3 Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, |
4 qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, |
5 qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. |
6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis - |
7 ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. |
8 Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton. |
Dans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Paul dit qu’il rappelle aux croyants la Bonne Nouvelle qu’ils ont reçue. Si tout est comme Paul l’écrit, s’ils ont accueilli l’Évangile et s’y sont affermis, pourquoi le leur rappeler ? Autrement dit, pourquoi lire la Bible si nous l’avons déjà lue et savons comment ce livre se termine ? Mais l’Évangile n’est pas une simple information. C’est la Bonne Nouvelle, une nouvelle bonne et nouvelle chaque jour. Il est très important pour nous qu’elle nous soit annoncée quotidiennement, car, par Sa Parole, Dieu S’adresse à nous et parle avec nous.
3 Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, |
4 qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, |
5 qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. |
Les paroles de Paul sur la mort et la résurrection du Sauveur, avec l'ajout « selon les Écritures », sont très intéressantes. De quelles « écritures » s'agit-il ? Le mot hébreu correspondant désigne la troisième partie du canon juif de la sainte Écriture, qui s'est formée beaucoup plus tard.
Au temps de Paul, la sainte Écriture du judaïsme comprenait la Torah, les Premiers Prophètes, c'est-à-dire nos livres historiques à l'exception des Livres des Chroniques, et les Derniers Prophètes, c'est-à-dire nos livres prophétiques, à l'exception du Livre de Daniel, qui dans le canon juif n'appartient pas aux livres prophétiques.
Dans les livres du Nouveau Testament, le canon juif de la sainte Écriture est habituellement appelé « la Loi et les Prophètes », expression qui désigne justement la Torah, c'est-à-dire le Pentateuque, et les livres prophétiques, Premiers et Derniers Prophètes. La troisième partie du canon juif, appelée « Écrits », s'est formée beaucoup plus tard, aux IIIe-IVe siècles de notre ère. Cette troisième partie a compris nos livres sapientiaux, ainsi que les Livres des Chroniques, le Livre des Psaumes et le Livre de Daniel.
Ces livres étaient apparus bien plus tôt, avant même la venue du Christ, mais à cette époque la Synagogue les regardait comme des livres faisant autorité et utiles à la lecture, sans toutefois les inclure dans le canon de la sainte Écriture. La composition des « Écrits » n'était donc pas fixée avec précision ; elle variait selon les régions et les traditions locales, comprenant souvent des livres non seulement en hébreu, mais aussi en grec.
Il n'est pas exclu qu'une variante des « Écrits » ait existé aussi chez les chrétiens de la première génération. Ce n'étaient évidemment pas encore les Évangiles que nous connaissons, mais leur noyau avait peut-être déjà été mis par écrit à cette époque.
En effet, le fondement des quatre évangiles est le récit de la résurrection du Sauveur, ce qui n'a rien d'étonnant : c'est précisément la Résurrection qui constitue le témoignage le plus éclatant et unique en son genre de la messianité de Jésus et de la vérité de Ses paroles sur le Royaume qu'Il a apporté au monde. La prédication de Paul comme celle de tous les autres apôtres fut construite sur les témoignages de la Résurrection.
Or le récit de la Résurrection est, par sa forme, un recueil de témoignages, et de tels témoignages demandent à être fixés avec le maximum de précision. Il n'est donc pas étonnant que les témoignages liés à la Résurrection commencent très tôt à être fixés et systématisés, déjà du vivant de la première génération chrétienne.
Ces récits écrits étaient sans doute bien connus des premiers chrétiens, et Paul pouvait s'y référer en étant sûr que ses auditeurs savaient ce qu'il voulait dire. Ainsi le témoignage personnel était complété par des sources écrites : les sources écrites attestaient la fiabilité de la Résurrection comme événement historique réel, et l'expérience personnelle, attestée par des témoins tels que Paul lui-même, prouvait que la Résurrection n'est pas seulement de l'histoire, mais aussi la réalité de la vie de tout chrétien, où et quand qu'il vive.
1 Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, |
2 par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé; sinon, vous auriez cru en vain. |
3 Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, |
4 qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, |
5 qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. |
6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis - |
7 ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. |
8 Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton. |
9 Car je suis le moindre des apôtres; je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu. |
10 C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n'a pas été stérile. Loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous: oh! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. |
11 Bref, eux ou moi, voilà ce que nous prêchons. Et voilà ce que vous avez cru. |
Les paroles de Paul sur la Résurrection, proposées dans la lecture d'aujourd'hui, sont la meilleure illustration de ce que, dans la pratique ecclésiale, on appelle tradition ou transmission. Avant tout, au centre de la véritable tradition se trouve toujours le fait fondateur sans lequel le christianisme, comme expérience de la vie du Royaume, ne pourrait pas exister: le fait de la résurrection de Jésus-Christ (v. 3 – 7). Et ce fait, la tradition le confirme par les témoignages de témoins oculaires, grâce auxquels il devient non pas simplement un récit d'un événement historique, mais l'Évangile au sens premier du mot, la bonne nouvelle pour quiconque cherche le Royaume (v. 1 – 2). Les témoignages oculaires sont ici essentiels en principe: si la Résurrection n'est qu'un événement mystique ne touchant personne concrètement, si personne ne l'a jamais vécue comme réalité de sa propre vie, alors nous, qui vivons des millénaires après les événements décrits par les évangélistes, avons d'autant moins à espérer que la Résurrection puisse avoir le moindre rapport avec nous. Mais si, autrefois, elle a réellement changé la vie de ceux qui ont accueilli le Messie ressuscité d'entre les morts, alors nous pouvons nous aussi espérer que la Résurrection entrera dans notre vie, la transformera et nous fera participer au Royaume. Mais les témoignages de ceux dont les rencontres avec le Ressuscité, comme la rencontre de l'apôtre lui-même avec Lui, ont eu lieu après la Pentecôte, quand l'histoire du ministère terrestre du Sauveur était achevée, ne sont pas moins importants (v. 8 – 9).
En effet, sans de telles rencontres, nous pourrions très raisonnablement supposer que les possibilités de rencontre et de communion directe avec le Ressuscité étaient limitées aux quarante jours après la Résurrection dont parlent les évangélistes. Dans ce cas, il nous faudrait nous résigner à l'idée que le Royaume fut une réalité concernant notre monde seulement pendant ces quarante jours, et espérer qu'il nous sera de nouveau révélé à la fin des temps, avec le retour du Sauveur. Mais l'expérience de Paul lui-même (comme celle d'une multitude d'autres témoins qui vécurent plus tard) dit que le Royaume n'a pas disparu après l'Ascension, qu'il reste ouvert à tout chercheur et le restera jusqu'à la fin des temps, lorsqu'il apparaîtra dans toute sa plénitude. Et s'il en est ainsi, il est possible de vivre dans le Royaume dès aujourd'hui, tout comme il est possible de rencontrer le Ressuscité dès aujourd'hui, pourvu que l'on veuille vraiment cette rencontre. Et l'exemple de Paul lui-même confirme la possibilité d'une vie nouvelle (v. 10), devenant une illustration convaincante de ses paroles et les faisant entrer dans cette tradition vivante qui n'est pas fondée sur des livres décrivant le Royaume, mais sur des hommes qui y vivent.
1 Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, |
2 par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé; sinon, vous auriez cru en vain. |
3 Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, |
4 qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, |
5 qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. |
6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis - |
7 ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. |
8 Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton. |
9 Car je suis le moindre des apôtres; je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu. |
10 C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n'a pas été stérile. Loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous: oh! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. |
11 Bref, eux ou moi, voilà ce que nous prêchons. Et voilà ce que vous avez cru. |
En parlant de son annonce de l'Évangile, Paul mentionne une certaine « Écriture » où il est question de la mort du Christ et de Sa résurrection. À en juger par cette mention, au moment où il écrivait son épître à l'Église de Corinthe, il existait déjà dans le milieu chrétien certains textes proprement chrétiens. Il ne s'agit peut-être pas des évangiles que nous connaissons, mais de certains écrits qui en ont constitué le fondement. Et de ce qu'ils contenaient de principal : les témoignages sur la mort du Messie et sur Sa résurrection. Et pourtant, aucun texte ne pouvait remplacer le témoignage vivant.
Surtout le témoignage d'un homme qui n'avait pas été auprès de Jésus pendant Sa vie terrestre, comme les autres apôtres, et qui, en général, n'avait aucune intention de devenir Son disciple ou Son partisan. D'un homme qui, au contraire, était ennemi des chrétiens et les persécutait autant qu'il le pouvait. Car le témoignage d'un tel homme montre de la meilleure manière ce qu'est le Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde et comment il agit sur l'homme.
Paul, alors d'ailleurs non pas encore Paul ni apôtre, mais Shaoul, disciple de Gamaliel, personne n'avait jamais tenté de le convaincre de la vérité du christianisme. Il n'avait même jamais rien entendu de ce que nous appellerions aujourd'hui l'enseignement chrétien. Pour lui, le christianisme n'était pas un enseignement, mais une rencontre. Une rencontre avec une force dépassant de loin la sienne, dans laquelle il reconnut la force de Dieu. Et derrière laquelle, à la très grande surprise du futur apôtre, se tenait Celui dont il s'apprêtait à persécuter les disciples comme ennemis de Dieu.
C'est ainsi que Paul fit connaissance avec le Roi de ce Royaume dont il sentit le souffle et la force là même, sur le chemin de Damas. Et il devint apôtre non pour prêcher un nouvel enseignement, mais pour raconter à tous ceux qui étaient prêts à entendre sa rencontre avec le Ressuscité et le Royaume que Celui-ci lui avait révélé. Une rencontre devenue le centre et le sens de sa vie et de son témoignage.
1 Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, |
2 par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé; sinon, vous auriez cru en vain. |
3 Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, |
4 qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, |
5 qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. |
6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis - |
7 ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. |
8 Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton. |
9 Car je suis le moindre des apôtres; je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu. |
10 C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n'a pas été stérile. Loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous: oh! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. |
11 Bref, eux ou moi, voilà ce que nous prêchons. Et voilà ce que vous avez cru. |
Aujourd’hui, l’apôtre Paul nous donne un exemple de la manière de considérer nos propres actions. Paul évalue son service du Royaume avec une parfaite objectivité. Oui, il comprend qu’après tout ce qu’il a fait contre l’Église, le Seigneur avait pleinement le droit de le rejeter. Pourtant, Il l’a accueilli et lui a donné la possibilité de Le servir. Pour Paul, le ministère est un immense privilège, une grâce, un don. Mais Paul ne fait pas preuve d’une fausse modestie et ne dit pas : « Oui, je ne suis absolument personne, je ne suis rien... » Par la grâce de Dieu, il est ce qu’il est, et il ne cherche pas à minimiser ses propres mérites — mais il se souvient qu’en réalité le mérite appartient à Dieu. Une fausse modestie serait de l’ingratitude, et il importe à Paul de dire tout ce qui a été accompli, parce que cela revient à reconnaître les œuvres de Dieu et à Le glorifier.
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