1 Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. |
2 Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. |
3 Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! |
4 Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. |
5 Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe, vous vous êtes repus au jour du carnage. |
6 Vous avez condamné, vous avez tué le juste : il ne vous résiste pas. |
7 Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’Avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière-saison. |
8 Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos cœurs, car l’Avènement du Seigneur est proche. |
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
11 Voyez : nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance. Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu le dessein du Seigneur ; car le Seigneur est miséricordieux et compatissant. |
12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, n’usez d’aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. |
13 Quelqu’un parmi vous souffre-t-il ? Qu’il prie. Quelqu’un est-il joyeux ? Qu’il entonne un cantique. Quelqu’un parmi vous est-il malade ? |
14 Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. |
15 La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. |
16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. |
17 Élie était un homme semblable à nous : il pria instamment qu’il n’y eût pas de pluie, et il n’y eut pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. |
18 Puis il pria de nouveau : le ciel donna de la pluie et la terre produisit son fruit. |
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, |
20 qu’il le sache : celui qui ramène un pécheur de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. |
L’intensité avec laquelle Jacques dénonce les riches atteint son sommet. Mais nous voyons ensuite un appel adressé aux opprimés pour qu’ils patientent, et de nombreux adversaires du christianisme se sont souvent écriés à ce propos : « Ah ! les travailleurs doivent supporter l’oppression ! Cela signifie donc que vous, les chrétiens, êtes du côté des exploiteurs ! »
Une lecture attentive et impartiale ne permet pourtant pas une telle interprétation. La juste protestation contre le mal social ne contredit pas les paroles de l’apôtre ; l’épître elle-même en témoigne. Et s’il faut patienter, ce n’est pas pour encourager les oppresseurs, mais parce qu’ils sont déjà condamnés s’ils ne se repentent pas. La protestation violente contre le mal terrestre a trop souvent dégénéré en révolte destructrice qui, après l’effusion de sang, s’achevait par la défaite et un nouvel asservissement. Mais la défense persévérante et patiente de la justice s’est souvent révélée plus féconde et victorieuse. C’est elle aussi un travail, impossible sans patience. Or il faut travailler sous toute organisation sociale ; voilà pourquoi il est nécessaire que nous patientions jusqu’à l’avènement du Seigneur.
Jacques rappelle aussi ici la puissance de la prière, que tout chrétien connaît en principe, mais qui, dans la pratique, est bien trop souvent sous-estimée. À ceux d’entre nous qui ne se croient pas capables d’audace dans la prière, il rappelle le grand prophète Élie, qu’il appelle de façon inattendue un homme semblable à nous (et non pas nous qui serions semblables à lui !). Cela signifie que la force spirituelle donnée par le Seigneur à Élie, Il peut aussi nous la donner. Pourvu que nous l’accueillions.
1 Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. |
2 Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. |
3 Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! |
4 Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. |
5 Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe, vous vous êtes repus au jour du carnage. |
6 Vous avez condamné, vous avez tué le juste : il ne vous résiste pas. |
7 Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’Avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière-saison. |
8 Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos cœurs, car l’Avènement du Seigneur est proche. |
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
L’apôtre Jacques utilise la métaphore de l’or et de l’argent rouillés pour indiquer non pas le côté matériel de la vie, mais les buts et le sens de toute accumulation. L’expérience accumulée, la gloire et la reconnaissance comme spécialiste, comme grand acteur, comme personne à qui les affaires réussissent, les titres universitaires : voilà cet or et cet argent qui rouillent et témoigneront contre nous. Et les buts que nous nous fixons sont notre trésor. Ils signifient très peu pour l’avenir. Et aucun succès en ce monde n’est requis pour aimer ses proches, ses amis, ses voisins et ses connaissances. Pour le croyant, pour l’homme entré dans la vie de l’Église, qui lit l’Évangile, la conscience de la petitesse et de l’invisibilité de nos succès devant le monde et devant Dieu doit devenir fondamentale. Quand l’Apôtre dit : « Affligez-vous, pleurez et gémissez ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse », il appelle à prêter attention au fait que nous recherchons la joie et l’allégresse, que nous chassons loin de nous les pensées difficiles et pénibles. Or il n’y a pas de joie dans le monde. Nous portons la joie dans nos cœurs. Et cette joie vient de Dieu. Lui seul peut nous la donner. Nous, nous cherchons dans ce monde un substitut à la relation avec Lui. Et nous comprenons que nous devons faire le bien, nous en sentons le besoin ; mais la miséricorde accomplie et l’aide apportée ne nous donnent pas de joie si, à travers elles, nous ne glorifions pas Dieu, si nous ne Le remercions pas de la possibilité d’aider et d’être auprès de celui qui est dans le besoin.
1 Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. |
2 Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. |
3 Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! |
4 Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. |
5 Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe, vous vous êtes repus au jour du carnage. |
6 Vous avez condamné, vous avez tué le juste : il ne vous résiste pas. |
Et pourtant, cela aussi parle de nous... Nous avons tellement envie de dire : quel rapport cela peut-il bien avoir avec moi ? Je n’ai pratiquement jamais vu d’argent, et ce que je possède, peut-on vraiment appeler cela de l’argent ? Est-ce une richesse ?
Et pourtant, c’est bien de nous qu’il s’agit. Jacques ne dit pas que le simple fait de posséder de l’argent gêne terriblement la relation avec Dieu. Il parle de ce qui arrive lorsqu’un homme s’appuie sur la richesse et la considère comme son soutien. Alors, pour cette richesse, il oublie Dieu et dépouille son prochain... Et lorsqu’on traite ainsi la richesse, elle rouille. Mais enfin, l’or peut-il rouiller ? C’est précisément là toute la question. Chacun de nous possède des richesses qui peuvent rouiller et périr si nous plaçons en elles notre espérance, ne comptons que sur elles, pensons à elles plus qu’à notre prochain et à Dieu, et les aimons plus que le Seigneur... Quelles sont ces richesses ? Pour l’un, ce sont ses dons et ses capacités ; pour l’autre, son temps ; pour un autre encore, sa liberté. En bref, ces richesses sont ce à quoi nous ne pouvons pas renoncer aujourd’hui. Maintenant, en toute honnêteté, souvenons-nous de ce qui constitue pour nous une telle richesse, puis relisons le passage.
8 Soyez patients, vous aussi ; affermissez vos cœurs, car l’Avènement du Seigneur est proche. |
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
Aujourd'hui l'apôtre Jacques nous ramène au temps de l'attente. Attendre dans l'inconnu, voilà ce qu'est la vie des prophètes. Vivre dans un état où l'on sait comment les choses doivent être, croire que cela arrivera nécessairement, et pourtant ne pas le vivre soi-même. Ne pas toucher ce que l'on sait, tout en réveillant des gens qui savent comme toi, mais n'attendent pas.
Notre situation, comparée à la vie des prophètes, peut être considérée comme confortable et bien établie. Ce dont ils parlaient s'est accompli. Nous pouvons désormais nous joindre à Jean le Baptiste, à propos de qui le Sauveur dit: «heureux celui pour qui Je ne serai pas une occasion de chute». C'est-à-dire qu'en sachant tout ce qui s'accomplira, en sachant qu'Il naîtra, mourra et ressuscitera, nous pouvons et devons ne pas être scandalisés par Lui. C'est l'une des béatitudes qui nous sont les plus accessibles.
9 Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin de n’être pas jugés. Voyez : le Juge se tient aux portes ! |
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
11 Voyez : nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance. Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu le dessein du Seigneur ; car le Seigneur est miséricordieux et compatissant. |
12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, n’usez d’aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. |
L'apôtre Jacques nous dit aujourd'hui : « Ne vous plaignez pas les uns des autres. » Rappelons-nous : quand avons-nous dit pour la dernière fois « Sans lui... », « Tout est de sa faute... », « Comment travailler avec des gens pareils ?! » Encore heureux si nous nous arrêtons là, car nous disons aussi souvent : « Sans toi... » Est-il facile de s'abstenir de telles phrases ? Est-il facile de ne pas chercher un coupable et de ne pas se plaindre, ne serait-ce qu'en soi-même ? Tout cela se produit en effet, pour l'essentiel, automatiquement. Et c'est précisément à cet automatisme qu'il faut nous attaquer. Pour commencer, essayons de ne pas dire tout cela à voix haute... et prions pour que le Seigneur nous apprenne à ne pas chercher de coupable ni nous plaindre, mais simplement à faire notre travail aussi bien que possible dans les circonstances où nous nous trouvons.
10 Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. |
11 Voyez : nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance. Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu le dessein du Seigneur ; car le Seigneur est miséricordieux et compatissant. |
Jacques tient la longue patience en haute estime. Il donne en exemple à ses contemporains les anciens prophètes et Job, héros du livre biblique du même nom. Bien sûr, Jésus Lui-même a plus d'une fois averti Ses disciples de l'inévitabilité de la souffrance. Et si l'on considère que les persécutions dont il était question étaient envisagées davantage comme la norme de la vie chrétienne que comme des épisodes, on comprend qu'il faut se préparer à endurer, et à endurer longtemps. Mais il ne s'agit pourtant pas, semble-t-il, de la seule inévitabilité et de la nécessité pratique de la longue patience. En effet, de quoi dépend-elle en général ? En principe, une souffrance brève, même intense, est souvent plus facile à supporter qu'une souffrance prolongée, même si celle-ci est moins forte. Rien d'étonnant à cela : les ressources d'un organisme humain sain sont d'ordinaire assez grandes, et, avec une motivation adéquate, leur mobilisation à court terme produit l'effet correspondant, permettant parfois de supporter même ce qui semblait auparavant insupportable. Bien sûr, cette motivation peut être la fidélité au Christ, mais pas seulement : il peut y avoir aussi un élan émotionnel, une conviction intellectuelle, une exaltation religieuse. On ne peut pas dire que tout cela soit sans rapport avec la vie spirituelle : il y a bien là un choix conscient et la fidélité à une décision prise une fois pour toutes. Mais une telle vie spirituelle ne dépasse pas encore les limites d'un monde qui n'est pas encore transfiguré. Or, quand il s'agit de fidélité au Christ, de relations avec Lui, il faut parler directement de la vie du Royaume, car les relations avec Lui ne sont possibles que dans le Royaume. Et là, nous recevons en réalité une ressource inépuisable, qui permet de supporter les difficultés et les épreuves non pas pendant cette courte période au terme de laquelle les forces humaines, malgré tout limitées, s'épuisent, mais pendant longtemps, bien au-delà de ce que permettraient des forces humaines. C'est pourquoi l'apôtre estime tant la longue patience dans les épreuves : il témoigne de la qualité de la vie spirituelle de celui qui les supporte. Une qualité qui tient au fait que sa vie, bien qu'elle se déroule encore en partie dans notre monde en voie de transfiguration mais pas encore pleinement transfiguré, est pourtant déterminée non par les lois de ce monde, mais par les lois du Royaume.
12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, n’usez d’aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. |
Qu'était le serment pour un croyant yahviste, puis plus tard pour un Juif ? Avant tout, il était bien sûr une sorte d'engagement que l'homme prenait sur lui. En cette qualité, il ne différait au fond en rien des engagements que nous prenons aujourd'hui lors de la conclusion de n'importe quel accord. En fait, chez les Juifs de l'Antiquité, lors de la conclusion de l'accord le plus ordinaire, on prêtait serment en présence de témoins, après quoi l'accord était considéré comme conclu. Alors quoi : l'apôtre, à la suite de Jésus, interdit-il ce genre de pratique ? Encourage-t-il ainsi l'irresponsabilité, puisqu'il s'agit d'engagements sans lesquels aucune relation entre les hommes n'est possible ? Sans doute pas. Et il ne s'agit pas ici, peut-on penser, des engagements en eux-mêmes. Il s'agit du fait qu'en concluant les accords les plus ordinaires, les hommes juraient par le nom sacré, le nom de Dieu. Et ils Le mêlaient ainsi à leurs affaires sans même Lui demander d'abord si ces affaires Lui étaient nécessaires et s'Il comptait y participer. Alors faut-il ne jamais jurer par le nom de Dieu ? Même lorsqu'il ne s'agit pas d'affaires profanes, qui souvent ne concernent vraiment pas Dieu et auxquelles Il est, au mieux, indifférent, mais d'affaires religieuses ou même spirituelles, où l'on peut non seulement compter sur Son soutien, mais où il est directement nécessaire, sans quoi rien ne réussira ? Apparemment oui. Car il ne s'agit pas seulement de ce dont nous nous occupons. Il s'agit du fait qu'en jurant par Dieu ou par le nom sacré, ce qui revient au fond au même, nous mêlons Dieu à nos affaires sans Lui demander Son avis ni Son accord. Et nous prenons sur nous une responsabilité que nous ne sommes pas capables de porter. En effet, le serment par le nom de Dieu exige une exécution absolue ; sinon, n'accomplissant pas ce que nous avons promis, nous nous trouvons coupables sans réserve non seulement devant les hommes à qui nous avons juré, mais aussi devant Dieu, par le nom duquel nous avons juré. Sans aucune remise pour les circonstances. Bien sûr, dans la pratique, la Torah aussi tient compte de certaines circonstances extérieures qui peuvent, par exemple, empêcher l'exécution des obligations d'un contrat conclu. Mais dans ce cas, il vaut mieux laisser Dieu à l'écart, sans L'impliquer dans l'accord et sans prendre sur soi ce que, sans Lui, nous ne pourrons certainement pas accomplir. Que notre « oui » ou notre « non » reste aussi univoque et obligatoire qu'il est possible aux forces humaines. Et à nos efforts humains, Dieu, s'Il veut intervenir, ajoutera les Siens. Il n'a pas besoin de nos serments pour cela.
13 Quelqu’un parmi vous souffre-t-il ? Qu’il prie. Quelqu’un est-il joyeux ? Qu’il entonne un cantique. Quelqu’un parmi vous est-il malade ? |
14 Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. |
15 La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. |
16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. |
17 Élie était un homme semblable à nous : il pria instamment qu’il n’y eût pas de pluie, et il n’y eut pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. |
18 Puis il pria de nouveau : le ciel donna de la pluie et la terre produisit son fruit. |
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, |
20 qu’il le sache : celui qui ramène un pécheur de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. |
Dans la lecture d'aujourd'hui, l'apôtre Jacques nous conseille de nous avouer mutuellement nos fautes. Cette phrase est l'un des fondements bibliques du sacrement de Pénitence. Mais elle est également importante pour nous dans son sens le plus simple et le plus évident : en effet, comme il est important, après avoir commis une sottise, de l'avouer à temps... Cela paraît évident, et pourtant comme c'est difficile.
Ces derniers jours, les lectures de l'épître de l'apôtre Jacques sont si simples qu'elles semblent s'adresser à des enfants. Ne faisons pas comme si nous étions les plus adultes et les plus sages. Il n'est jamais inutile pour chacun de nous de nous rappeler les choses les plus simples, telles que ces paroles : « Avouez-vous mutuellement vos fautes et priez les uns pour les autres. »
13 Quelqu’un parmi vous souffre-t-il ? Qu’il prie. Quelqu’un est-il joyeux ? Qu’il entonne un cantique. Quelqu’un parmi vous est-il malade ? |
14 Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. |
15 La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. |
16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. |
17 Élie était un homme semblable à nous : il pria instamment qu’il n’y eût pas de pluie, et il n’y eut pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. |
18 Puis il pria de nouveau : le ciel donna de la pluie et la terre produisit son fruit. |
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, |
20 qu’il le sache : celui qui ramène un pécheur de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. |
Souvent, nous ne nous souvenons même pas que toute notre vie se déroule en réalité sous les yeux du Seigneur, et que dans toute situation nous pouvons nous tourner vers Lui et qu’Il nous entendra, parce qu’Il est toujours près de nous. La prière consiste à demeurer dans la présence de Dieu, à écouter Dieu et à parler avec Lui. Dans la souffrance, nous pouvons demander à Dieu de nous aider, ou simplement pleurer avec Lui. Dans la joie, nous pouvons Lui en rendre grâce, ou simplement nous réjouir auprès du Seigneur. Dans la maladie, nous pouvons supplier Dieu de nous guérir et demander à nos amis de prier pour nous, ou accepter avec patience ce que le Seigneur nous a donné. Les deux voies sont belles, toutes deux sont avec le Seigneur. L’essentiel est de toujours se souvenir de Dieu et de vivre en Sa présence. Le temps de la Sainte Quarantaine approche maintenant, temps où l’Église nous propose de nous souvenir précisément de cela, où tous les textes et tous les offices nous conduisent à nous rappeler que Dieu a aussi créé le temps et que le temps Lui appartient. En ces jours, il est plus facile de se rappeler que nous vivons constamment devant la face du Seigneur et, sans doute, plus facile de vivre de telle sorte que le Seigneur n’éprouve pas trop de douleur à nous regarder.
16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. |
Pourquoi confesser les uns aux autres les péchés? N’est-ce pas suffisant le fait que Dieu les connaît? Eh bien, il est encore clair, s'il s'agit d’un péché commis à cette personne, - ce péché se trouve alors entre nous, comme une barrière pour des relations saines, les relations sont assombries par le fait qu’on cache ce péché et ses lourde conséquences possibles. La confession ouvre le chemin pour le pardon, qui lui supprime toutes les barrières. C'est clair. Mais pourquoi faut-il admettre les péchés, qui ne concernent pas cette personne?
Peut être, parce qu'à l'Église nous sommes les membres les uns les autres, et le péché en l’un de nous affecte tout le corps. Et une fois de plus la confession conduit au pardon et à la guérison de la maladie spirituelle du péché aussi bien du pécheur, que de tout le corps. Les péchés résultent en outre des problèmes spirituels, et leur connaissance permet à d'autres gens de prier «précisément» pour ces problèmes, c'est-à-dire pour la guérison.
Il convient encore probablement de dire que l'expression utilisée ici par l'apôtre Jacques ne doit pas nous induire en erreur : ce n’est pas la prière qui guérit, ce n’est pas la prière qui «a beaucoup de puissance» - Dieu Seul peut beaucoup et guérit, mais la prière est le témoignage de notre volonté d'accepter Sa grâce, Sa guérison.
17 Élie était un homme semblable à nous : il pria instamment qu’il n’y eût pas de pluie, et il n’y eut pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. |
En rappelant la prière d’Élie à propos de la confession des péchés les uns devant les autres, Jacques indique ce fait simple mais oublié par beaucoup: Dieu non seulement entend l’homme, mais vient aussi à sa rencontre, dans le cas, bien sûr, où deux volontés, celle de Dieu et celle de l’homme, coïncident. Extérieurement, cela ressemble à un miracle; en réalité, il faut parler ici d’une co-création divino-humaine, sans laquelle ni le monde ni la vie humaine ne sont pensables.
Ce n’est pas par hasard que la Bible ne connaît pas une notion si répandue partout dans l’Antiquité comme le destin, la fatalité: la volonté de Dieu et le fatalisme sont incompatibles; là où il y a l’un, il n’y a pas de place pour l’autre. Il y a, semble-t-il, une réalité extérieure à l’homme, qui lui échappe souvent en partie ou totalement; pourtant, avec la réalité, tout n’est pas si simple. En effet, aujourd’hui même les scientifiques tendent de plus en plus à penser que toute réalité existante ne peut exister que comme réalité observée.
Sans observateur, elle cesse d’exister. Une telle vision exige de postuler, pour l’existence de l’univers, un Observateur absolu, et nous avons ici une autre variante de la preuve cosmologique de l’existence de Dieu. Ce qui importe, cependant, c’est que l’homme aussi est observateur, créant sa propre réalité, réelle dans la mesure où l’être de l’homme qui la crée est spirituellement plénier. Dieu seul peut créer une réalité absolue; toute autre sera par définition relative. Mais que se passera-t-il si deux volontés, celle de Dieu et celle de l’homme, se mettent à créer une réalité unique?
Dans une telle réalité, tout ce qui est possible à Dieu s’ouvrira à l’homme et inclura l’homme avec sa liberté dans la mesure où une telle inclusion est possible pour lui. L’homme se trouve dans un monde de miracles, dans le monde de la réalité supérieure, créée par Dieu, mais à la création de laquelle participe aussi sa volonté humaine, par exemple au moyen de cette même prière. C’est dans les limites et le contexte d’une telle réalité, appelée Royaume de Dieu, que le Christ agit; et c’est là aussi que tout Son disciple est appelé à agir, pourvu qu’il soit chrétien autrement que de nom.
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