45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Chacun des évangélistes, conformément à la logique et aux particularités de son récit, nous rapporte l’histoire de la purification du Temple. Le fait est que, pour les Juifs qui voyaient le Seigneur Jésus chasser du temple les vendeurs, c’était le signe qu’Il est réellement le Sauveur du monde, le Christ. Le prophète Aggée dit de ce Temple, le Second, que sa gloire sera plus grande que celle du temple de Salomon, parce que le Libérateur y viendra. Et voici que le Christ chasse du temple l’agitation indigne du sanctuaire; puis, comme l’écrit l’évangéliste Luc, Il enseigne chaque jour dans le temple. Jour après jour, encore et encore, le Christ annonce l’amour du Père et appelle au repentir.
Il est important pour nous de prêter attention à la manière dont l’évangéliste Luc parle de Ses auditeurs. La traduction synodale propose ici les mots: «...tout le peuple L’écoutait sans relâche»; mais dans l’original grec, l’évangéliste emploie un mot très expressif: «...tout le peuple était suspendu à Lui en L’écoutant». Cette assiduité-là, quand nous sommes littéralement suspendus au Christ en grappes, captant chacune de Ses paroles, empêcha les grands prêtres et les scribes de mettre aussitôt à exécution leurs desseins perfides. Ils voulaient Le faire périr, mais ils ne le pouvaient pas, dit l’évangéliste, parce que tout le peuple était littéralement suspendu à Lui. L’hostilité du monde contre le Christ, l’opposition des forces du mal à Son action salvatrice se sont révélées impuissantes lorsque les hommes écoutaient ainsi Sa parole.
La ressemblance de cette image avec les paroles du Christ rapportées par l’apôtre Jean au chapitre 15 de son Évangile attire l’attention: «Demeurez en Moi, et Moi en vous. Comme le sarment ne peut porter de fruit s’il ne demeure sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en Moi.» Il est caractéristique que l’évangéliste Luc n’emploie pas ici le mot habituel chez lui, «ochlos», la foule, mais «laos», le peuple, mot par lequel on a ensuite désigné les laïcs dans l’Église.
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Chacun des évangélistes, selon la logique et les particularités de son récit, nous rapporte l'histoire de la purification du Temple. Le fait est que, pour les Juifs qui voyaient le Seigneur Jésus chasser les marchands du Temple, c'était le symbole qu'Il est réellement le Sauveur du monde, le Christ. Le prophète Aggée dit de ce Second Temple que sa gloire sera plus grande que celle du temple de Salomon, parce que le Libérateur y viendra. Et voici que le Christ chasse du Temple l'agitation indigne du sanctuaire, puis, comme l'écrit l'évangéliste Luc, Il enseigne chaque jour dans le Temple. Jour après jour, encore et encore, le Christ annonce l'amour du Père et appelle à la repentance.
Il est important pour nous de remarquer comment l'évangéliste Luc parle de Ses auditeurs. La traduction synodale propose ici ces mots : « ...tout le peuple L'écoutait sans relâche », mais dans l'original grec l'évangéliste emploie un mot très expressif : « ...tout le peuple était suspendu à Lui en L'écoutant ». C'est cette assiduité, lorsque nous sommes littéralement suspendus en grappes au Christ, saisissant chacune de Ses paroles, qui empêcha les grands prêtres et les scribes de mettre immédiatement à exécution leurs desseins perfides. Ils voulaient Le faire périr, mais ils ne le pouvaient pas, dit l'évangéliste, parce que tout le peuple était littéralement suspendu à Lui. L'hostilité du monde contre le Christ, l'opposition des forces du mal à Son action salvatrice, se sont révélées impuissantes lorsque les hommes prêtaient ainsi attention à Sa parole.
On remarque la ressemblance de cette image avec les paroles du Christ que rapporte l'apôtre Jean au chapitre 15 de son Évangile : « Demeurez en Moi, et Moi en vous. Comme le sarment ne peut porter du fruit s'il ne demeure sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en Moi ». Il est significatif que l'évangéliste Luc n'emploie pas ici le mot qui lui est habituel, « ochlos », la foule, mais « laos », le peuple, mot par lequel on appellera plus tard les laïcs dans l'Église.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Les habitants de Judée accueillent Jésus entrant à Jérusalem comme le Roi qui vient au nom du Seigneur. C’est vrai, mais nullement au sens que ceux qui L’acclament donnent à ces paroles : le Royaume qu’Il vient établir ne ressemble à aucun royaume terrestre. Pour le moment, Jésus exerce une influence comparable à l’autorité des chefs du peuple. Il peut remettre de l’ordre dans le Temple, et nul ne peut L’en empêcher, car le peuple L’écoute sans relâche. Hélas, tous ne L’entendent pas, même en L’écoutant. Voilà pourquoi Il a les larmes aux yeux au plus fort de la fête : même ceux qui placent en Lui leur espérance cherchent un salut tout différent de celui que le Christ veut donner, et beaucoup d’entre eux se détourneront donc très bientôt de Lui.
Et nous, aujourd’hui, qu’attendons-nous et que voulons-nous de Lui ? Ce qu’Il veut nous apporter, ou bien ce que nous projetons sur Son image, désireux de voir en Lui l’interprète de nos propres états d’âme et de nos caprices ? Et Le désirons-nous, Lui-même ?..
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque la louange et la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse apparaît ici comme l'image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais qui ne Le reconnaissent pas, qui ne peuvent croire que leur espérance s'accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se déroulent à la fois un triomphe et une catastrophe, parce qu'à la ville, au peuple, à des personnes concrètes est donnée la possibilité tant attendue de voir, de reconnaître, de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps de leur visite ».
Au fond de nous, nous voudrions sans doute que ce temps soit manifeste, évident pour tous, ou du moins qu'il ne soit pas obligatoire, qu'il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive et, chose la plus terrible, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu quand Il passe tout près...
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection. Au Moyen Âge, et en partie aussi à l'époque moderne, il existait parmi les chrétiens une opinion répandue et populaire selon laquelle cette catastrophe fut le châtiment du rejet, par le peuple juif, du Messie qui lui avait été envoyé. Pourtant Jésus Lui-même regarde la situation autrement. Pour Lui, c'est d'abord une tragédie, une catastrophe nationale. Il ne la considère nullement comme une juste rétribution. Pour Lui, c'est plutôt une possibilité rejetée, et donc manquée.
Dans la vie des individus comme dans celle des peuples entiers, il existe de tels carrefours où se détermine et se fixe le vecteur du mouvement spirituel ultérieur pour des années (s'il s'agit d'une personne) ou pour des siècles (s'il s'agit d'un peuple). Il n'y a là rien de prédéterminé, aucun programme écrit d'avance, aucun destin ni fatalité. Au contraire, un tel carrefour est toujours un moment de liberté suprême. Le moment du choix où c'est précisément l'homme lui-même, ou le peuple lui-même, qui choisit et détermine ce qui, par la suite, lui paraîtra peut-être fatalité ou destin. Pour le peuple juif, le jour de l'entrée du Sauveur à Jérusalem devint un tel moment.
On peut certes dire que l'enthousiasme avec lequel la foule L'accueillait dans les rues de Jérusalem ne valait pas grand-chose : les enthousiasmes de foule ne durent jamais longtemps. Mais le peuple avait la possibilité de choisir, un choix sérieux, déterminant l'histoire ultérieure pour des siècles, et Jésus le comprend parfaitement. De même qu'Il comprend autre chose : comme tous les choix semblables, celui-ci se ramène en essence à ceci : suivre Dieu ou suivre ses propres opinions, traditions, habitudes. Et la seconde option est toujours catastrophique. La seule question est de savoir dans combien de temps cette catastrophe surviendra. Quant au fait qu'elle surviendra, il n'y a pas à en douter : les possibilités manquées se vengent toujours, et plus la possibilité est grande, plus la catastrophe sera terrible si l'on manque cette possibilité.
C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem. Lui plus que quiconque comprend ce qui a été donné et ce qui a été manqué. Et Il comprend aussi quelles en seront les conséquences.
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