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RÉFLEXIONS pour Jn 7:52

52 Ils lui répondirent : " Es-tu de la Galilée, toi aussi ? Étudie ! Tu verras que ce n'est pas de la Galilée que surgit le prophète. "
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Les paroles des chefs du mouvement pharisien selon lesquelles aucun prophète « ne vient de Galilée » ont leurs fondements historiques. D’un côté, la Galilée fait partie de la terre que Dieu a promise à Son peuple, elle entre dans les frontières de cette terre fixées par Dieu, et, comme partie de cette terre, la Galilée n’est évidemment en rien pire que n’importe quelle autre de ses parties.

Mais historiquement, il se fit qu’à l’époque du Second Temple, lorsque se formait la théologie juive traditionnelle et que se constituaient les écoles théologiques, la Galilée se trouva à la périphérie du monde juif. Il n’y avait là ni grandes écoles ni académies semblables à celles qui existaient, par exemple, à Jérusalem, Babylone ou Alexandrie. Cette terre ne connut pas de maîtres célèbres dans tout le monde juif, et aucun des prophètes tardifs n’était originaire de Galilée ni n’y prêcha.

Du point de vue théologique et spirituel, on regardait la Galilée comme une province profonde. Il y avait bien sûr des communautés juives, mais aux temps évangéliques la Galilée était une région à demi païenne, où les influences de courants juifs non orthodoxes, comme celui des esséniens, étaient en outre assez fortes. Il n’est pas étonnant que les savants connaisseurs et enseignants de la Torah, tout comme les chefs spirituels du mouvement pharisien, n’attendaient rien d’intéressant de la Galilée. De là ne pouvait venir ni prophète ni Messie.

Et d’ailleurs, c’était là que vivait ce peuple même qui, selon les rabbins savants, était « ignorant de la Torah » et donc « maudit ». Certes, il ne s’agissait pas de dire que les Juifs croyants vivant en Galilée ne lisaient pas la Torah : cela était tout simplement impossible. Il s’agissait de l’ignorance, par ces croyants simples, de cette tradition savante et théologique dont les chefs du mouvement pharisien se considéraient comme les porteurs.

Ces chefs étaient absolument convaincus que les prophètes, et même le Messie Lui-même, ne pouvaient désormais être liés qu’à leur milieu, que Dieu les regardait comme eux-mêmes se regardaient, voyant en eux l’élite spirituelle du peuple juif, ce reste messianique même que les pharisiens se proclamaient avec fierté. Ils ne pouvaient même pas admettre l’idée que Dieu regarde les choses autrement.

C’est pourquoi ils refusent si facilement de prendre au sérieux les arguments pourtant raisonnables d’un homme aussi respecté et aussi autorisé dans le Sanhédrin et dans la fraternité pharisienne que Nicodème : pour eux, il n’y a pas de question et il n’y a rien à discuter. Il n’est pas étonnant qu’une telle position rende pour eux absolument inacceptable la figure de Jésus de Nazareth comme Messie : cela ne peut tout simplement pas être, parce que « cela ne peut jamais être ». Et le chemin du Royaume se trouve fermé pour eux. Non parce qu’ils étaient défenseurs et gardiens de la tradition, mais parce qu’au centre de cette tradition ils ne voyaient pas Dieu, mais eux-mêmes.

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