9 En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. |
10 Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. |
11 L'Écriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas confondu? |
12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. |
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
14 Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? |
15 Et comment prêcher sans être d'abord envoyé? selon le mot de l'Écriture: Qu'ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles! |
16 Mais tous n'ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Car Isaïe l'a dit : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? |
17 Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ. |
18 Or je demande : n'auraient-il pas entendu ? Et pourtant leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde. |
Toute la vie de saint André le Premier-Appelé est décrite dans ce passage de la Lettre aux Romains. Il a éprouvé lui-même le principe selon lequel cette loi agit : « Mais comment invoquer Celui en qui ils n’ont pas cru ? Comment croire en Celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment entendre sans prédicateur ? » Il a cru et suivi Jésus avec une rapidité incroyable. L’Évangile ne nous rapporte qu’une seule phrase du Sauveur, après laquelle André et Pierre abandonnèrent immédiatement leur barque, leur filet et leurs poissons pour aller pêcher des hommes. Puis, durant toute sa vie, bien qu’il apparaisse rarement dans les pages de l’Écriture, André alla et prêcha afin que les hommes croient et, ayant cru, invoquent le nom de Jésus et soient sauvés. La vie et la mort de l’apôtre nous donnent les règles fondamentales de conduite de l’évangéliste : 1. Porter la Bonne Nouvelle à chacun ; 2. Se rappeler que l’homme est libre de ne pas accepter l’Évangile ; 3. Ne pas attendre de son travail des fruits visibles et rapides.
12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. |
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
Comment cela se fait-il: il n'y a pas de distinction entre le Juif et le Grec, alors que, pendant les 9 chapitres précédents, l'apôtre Paul nous expliquait à quel point ils sont appelés différemment, combien le chemin de chacun vers Dieu est différent? Il semblerait que nous venions tout juste de tout ranger sur les étagères et de comprendre combien la recherche de la justice est funeste...
Mais ce n'est paradoxal qu'en apparence: Paul respecte ici pleinement sa propre logique et trace une frontière très importante, celle qui sépare la justice humaine de la justice de Dieu. Si nous existons dans une hiérarchie de justice humaine, il est très facile de décider qu'elle est accessible. Il suffit de faire un petit effort, de ne pas manger ceci, de ne pas boire cela, de prier deux (trois, cinq, etc.) fois par jour, de faire l'aumône, et voilà qu'on commence à se sentir plus pur, meilleur et plus juste que les autres. Et depuis l'intérieur de cette logique humaine qui est la nôtre, il est même impossible d'expliquer pourquoi cela est faux.
Mais si, dans notre hiérarchie, c'est Dieu qui est juste, nous n'atteindrons jamais sa justice. Car la justice divine est hors de nos représentations, immensément plus grande que nous, parce que sa justice est Amour. Amour pour chacun de nous, un Amour par lequel il livre son Fils au supplice de la croix pour chacun de nous. Alors nous prenons peur de notre tort devant Dieu, de notre condition pécheresse; alors nous voyons que nous n'avons pas le vêtement de noces, que nous sommes indignes même de nous approcher de lui.
Mais la justice divine est aussi Pardon, pour lequel le Christ descend aux enfers et en fait sortir chacun de nous. Il suffit seulement de le vouloir, seulement d'invoquer le nom du Seigneur. Simplement appeler à l'aide, en comprenant que, par nous-mêmes, nous ne pouvons rien, mais que tout nous est possible avec le Christ.
Alors peu importe d'où nous venons, par quel chemin nous sommes arrivés, si nous avons passé toute notre vie dans l'Église ou si nous nous sommes convertis il y a deux jours. L'essentiel est de savoir si nous sommes capables, ne serait-ce qu'un instant, ici et maintenant, de devenir porteurs de son amour et de sa paix, capables d'aimer notre prochain et, ainsi, de laisser le Christ agir en nous et par nous.
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
En vertu de l'héritage culturel, de l'éducation (scolaire, familiale, sociétale), nous comprenons la religion comme étant un système de mesures et d’actions dirigées pour établir un lien avec l’Invisible et retrouver la vie non limitée par la mort.
Différents peuples et différentes époques ont élaboré de différents systèmes religieux. Les uns ne se sont pas levés plus haut que des immolations sanglantes et l'établissement des relations avec Dieu «par notions». Les autres ont pensé jusqu’à la notion de pureté rituelle et ont consacré toutes leurs énergies de l’âme pour éviter la souillure. D’autres encore, par inspiration du Tout-puissant même, ont pu grandir jusqu'au niveau du monothéisme moral...
Mais les mots de l'apôtre Paul «quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.», comme tout le Nouveau Testament en entier, sont étonnamment antireligieux. L'apôtre ne laisse pas du tout de la place pour «le système des mesures», pour toutes ces choses, avec lesquelles les gens tentent d'attirer la bienveillance du Tout-Puissant. Quiconque, dit l'apôtre, invoquera le nom de Dieu, trouvera la vie. Dans le Nouveau Testament, Dieu nous présente aussi (tout comme dans l’Ancien Testament) des conditions tout à fait définies, mais ces conditions sont telles que nous sommes incapable à leurs correspondre sans Sa participation directe. De quoi il y a quand même ces mots de Christ «soyez parfaits, comme votre Père Céleste est parfait». Et tu peux exécuter cela seulement avec Dieu, et pour cela, il faut, comme dit l'apôtre, «invoquer Son nom».
L'apôtre cite en effet ici le prophète Joël et répète de nouveau son idée principale, déjà dans le cadre d’une polémique judéo-chrétienne. Les Juifs, étant aussi les gens tout comme nous, pensaient que Dieu a des préférences nationales déterminées. Cela signifie qu'un certain peuple est un «peuple conduit par Dieu», et tous les autres en comparaison à lui sont des vaux riens. D'ailleurs, les Juifs avaient des raisons d’y penser ainsi...
Et les mots du prophète Joël répétés par l'apôtre Paul, sont devenus la devise d'un magnifique universalisme chrétien. Rien sur la terre, même l'exceptionnel de ton peuple, ne te donne pas d’avantages devant Dieu. Par contre et rien sur terre, excepté ton péché personnel, ne t'empêche de trouver Dieu.
Cet universalisme est l’un des plus grands dons de Dieu au monde, dont nous pourrions à peine apprécier par mérite. Dans tous les cas, sans ceci, il nous sera difficile d’exécuter Son commandement d’aimer les uns les autres, comme Il nous a aimés.
14 Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? |
15 Et comment prêcher sans être d'abord envoyé? selon le mot de l'Écriture: Qu'ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles! |
Il est impossible de croire qui que ce soit si l'on ne vous parle pas de cette personne. Il en va de même du Christ: on ne croira pas en lui et on ne se confiera pas à lui tant qu'on ne le connaîtra pas. Le sens principal du témoignage chrétien consiste précisément à donner à chacun la possibilité de le connaître. Bien sûr, la connaissance en elle-même ne signifie pas encore que des relations de confiance apparaîtront. À proprement parler, la connaissance en elle-même ne nous oblige encore à aucune relation: combien de gens nous arrive-t-il de rencontrer? Tous ne deviennent pas ensuite nos amis. Mais beaucoup dépend de ce qu'a été cette rencontre et de ce qu'a été la communication. Car on peut communiquer de manières différentes: sérieusement, ou superficiellement. Et si l'homme ne veut pas de relations véritables et profondes, elles n'existeront pas, même après une très longue connaissance.
On peut connaître quelqu'un pendant des années et ne pas le connaître du tout. Il en va de même avec Dieu: on peut le connaître, et ne pas le connaître. La confiance naît de ce qui est entendu, et l'écoute vient de la parole du Christ, ou de la parole au sujet du Christ, car l'expression employée par l'apôtre peut se comprendre dans les deux sens. D'ailleurs, l'un n'est pas si éloigné de l'autre. En effet, derrière la parole au sujet du Christ, si on l'entend et si l'on fait confiance à celui qui la prononce, retentira ensuite nécessairement la parole du Christ lui-même, pourvu bien sûr que l'homme soit prêt à entendre.
Mais c'est justement là qu'il y a parfois des problèmes. Il arrive que l'homme ne veuille pas entendre, parce qu'il est parfois plus simple de faire comme si l'on n'avait rien entendu. Cette surdité sélective particulière est parfois très utile aux personnes rusées. Mais il n'y a pas toujours là une ruse consciente: parfois l'homme met en marche inconsciemment ce mécanisme d'une sorte de filtrage psychique. Par exemple lorsqu'il sent que, s'il prend au sérieux ce qu'il a entendu, il faudra changer sa vie, et la changer radicalement. Or il n'en a pas envie, et il a peur. C'est alors que se déclenchent les mécanismes de défense, ces filtres mêmes auxquels l'homme ne pense pas et qu'il ne connaît peut-être même pas, précisément parce qu'ils fonctionnent automatiquement. Mais c'est tout de même l'homme lui-même qui met initialement en route cet automatisme, par sa peur ou par sa paresse. C'est pourquoi Paul parle ici de la responsabilité de l'homme: car, en fin de compte, c'est la position de l'homme qui détermine si se mettront en marche dans son âme les mécanismes qui séparent solidement leur possesseur de Dieu, du Christ et du Royaume, ou non.
14 Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? |
15 Et comment prêcher sans être d'abord envoyé? selon le mot de l'Écriture: Qu'ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles! |
16 Mais tous n'ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Car Isaïe l'a dit : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? |
17 Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ. |
18 Or je demande : n'auraient-il pas entendu ? Et pourtant leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde. |
19 Mais je demande: Israël n'aurait-il pas compris? Déjà Moïse dit: Je vous rendrai jaloux de ce qui n'est pas une nation, contre une nation sans intelligence j'exciterai votre dépit. |
20 Et Isaïe ose ajouter : J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis manifesté à ceux qui ne m'interrogeaient pas, |
21 tandis qu'il dit à l'adresse d'Israël : Tout le jour j'ai tendu les mains vers un peuple désobéissant et rebelle. |
Poursuivant son propos sur la justice, Paul revient de nouveau au thème du choix. Pour lui, il est évident que la question de l'appartenance ou de la non-appartenance au peuple de Dieu se détermine par la disposition à accueillir le témoignage sur le Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Bien sûr, on ne peut parler d'aucune foi s'il n'y a pas de témoignage ; le témoignage demeure cette base sans laquelle il ne peut être question de diffusion du Royaume dans notre monde qui n'est pas encore pleinement transfiguré (v. 14-15). Mais, d'autre part, l'accueil du Royaume ne peut être qu'entièrement volontaire ; c'est pourquoi chacun décide pour lui-même s'il écoutera le témoignage ou non.
Bien sûr, beaucoup dépend ici du témoignage lui-même. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre parle de la fidélité liée à « l'écoute », c'est-à-dire à la capacité d'entendre, et qu'il rattache l'écoute à la parole de Dieu, à cette révélation sans laquelle il est impossible non seulement d'entrer dans le Royaume, mais même simplement de comprendre de quoi il est question et où le témoin appelle celui qui l'écoute (v. 16-17). Le témoignage sur le Royaume, par définition, n'est jamais une affaire purement humaine ; cela concerne aussi bien celui qui témoigne que celui qui entend le témoignage et l'accueille.
Mais la révélation n'est donnée qu'à celui qui cherche la rencontre avec Dieu et qui est prêt à accueillir ce que Dieu lui révélera. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre parle de l'entêtement comme du principal obstacle à l'accueil du témoignage, en ayant en vue non seulement le témoignage des apôtres sur le Royaume, mais aussi les témoignages des prophètes de l'Antiquité sur ce que Dieu attendait alors de Son peuple (v. 18-21). Comme on le voit, la cause du refus du témoignage a été la même en tout temps, et elle se ramenait en fin de compte à ce que choisissait l'auditeur : ses propres représentations, ou les représentations communément admises, de Dieu et de ce qu'Il attend de l'homme, ou bien le témoignage de ceux à qui la volonté de Dieu avait été révélée directement. Auparavant, il était question du choix du chemin ; désormais, il était question du Royaume. Mais alors comme maintenant, ce choix déterminait le destin de l'homme devant la face de Dieu, et donc aussi son destin dans l'éternité.
14 Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? |
15 Et comment prêcher sans être d'abord envoyé? selon le mot de l'Écriture: Qu'ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles! |
16 Mais tous n'ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Car Isaïe l'a dit : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? |
17 Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ. |
18 Or je demande : n'auraient-il pas entendu ? Et pourtant leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde. |
19 Mais je demande: Israël n'aurait-il pas compris? Déjà Moïse dit: Je vous rendrai jaloux de ce qui n'est pas une nation, contre une nation sans intelligence j'exciterai votre dépit. |
20 Et Isaïe ose ajouter : J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis manifesté à ceux qui ne m'interrogeaient pas, |
21 tandis qu'il dit à l'adresse d'Israël : Tout le jour j'ai tendu les mains vers un peuple désobéissant et rebelle. |
On entend souvent ce point de vue : « Je ne veux pas d’intermédiaires entre Dieu et moi. Je n’ai besoin de personne. » Il y a là une part de vérité, car nous sommes tous appelés à une relation personnelle avec Dieu. Par Son Fils, Il vient à notre rencontre, nous tend les mains et nous appelle. Mais il y a aussi un grand danger : substituer nos émotions et nos pressentiments intuitifs à la volonté de Dieu. Il nous semble entendre quelque chose dans notre cœur, et nous prenons ces sensations pour un ordre de Dieu. Il arrive que Dieu nous parle aussi de cette manière. Mais c’est un chemin très détourné et plein de dangers. L’apôtre nous propose l’unique voie qui permette de connaître le dessein du Seigneur sur nous : la Parole de Dieu. Elle est le fondement principal sur lequel notre vie doit se construire, car c’est en elle que se trouvent les réponses à toutes les questions. Pour parler en images, elle est notre nourriture essentielle, ce sans quoi il est très, très difficile à un chrétien de vivre.
C’est ici que les paroles de Paul sur le fait d’entendre la Parole de Dieu deviennent particulièrement importantes : non pas simplement l’écouter, mais l’entendre. Nous pouvons avaler d’énormes morceaux de l’Écriture sainte sans réfléchir et ne recevoir aucune réponse aux questions qui nous préoccupent chaque jour. Ou bien nous pouvons lire peu à peu, en méditant chaque mot et ce que le Seigneur veut aujourd’hui nous dire de notre vie. Alors chaque verset peut dépasser toutes nos attentes, bouleverser toutes nos idées et nous ouvrir le chemin vers Celui qui est la source de la Vie éternelle.
1 Frères, certes l'élan de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés. |
2 Car je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu: mais c'est un zèle mal éclairé. |
3 Méconnaissant la justice de Dieu et cherchant à établir la leur propre, ils ont refusé de se soumettre à la justice de Dieu. |
4 Car la fin de la Loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. |
5 Moïse écrit en effet de la justice née de la Loi qu'en l'accomplissant l'homme vivra par elle, |
6 tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi: Ne dis pas dans ton cœur: Qui montera au ciel? entends: pour en faire descendre le Christ; |
7 ou bien: Qui descendra dans l'abîme? entends: pour faire remonter le Christ de chez les morts. |
8 Que dit-elle donc ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons. |
9 En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. |
10 Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. |
11 L'Écriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas confondu? |
12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. |
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
Le prophète Joël, que cite l’apôtre Paul, parle de « ce jour » où le Seigneur répandra son Esprit et rendra ainsi le salut possible. Or ce jour est arrivé, et Paul montre que le salut ne s’accomplit pas automatiquement, sans notre participation. Il faut non seulement nos actions personnelles — invoquer, croire, entendre —, mais aussi des actions entre les personnes — prêcher —, ce qui signifie que nous sommes également nécessaires au salut des autres ! Puis Paul poursuit son raisonnement et nous ramène à nouveau à la source véritable du salut : en définitive, ce n’est pas nous, mais Dieu qui nous donne sa parole.
1 Frères, certes l'élan de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés. |
2 Car je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu: mais c'est un zèle mal éclairé. |
3 Méconnaissant la justice de Dieu et cherchant à établir la leur propre, ils ont refusé de se soumettre à la justice de Dieu. |
4 Car la fin de la Loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. |
5 Moïse écrit en effet de la justice née de la Loi qu'en l'accomplissant l'homme vivra par elle, |
6 tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi: Ne dis pas dans ton cœur: Qui montera au ciel? entends: pour en faire descendre le Christ; |
7 ou bien: Qui descendra dans l'abîme? entends: pour faire remonter le Christ de chez les morts. |
8 Que dit-elle donc ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons. |
9 En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. |
10 Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. |
11 L'Écriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas confondu? |
12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. |
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
Poursuivant sa réflexion sur la justice véritable et la justice illusoire, Paul dit de ses coreligionnaires qu'ils étaient très zélés dans leur désir de plaire à Dieu. Le problème, selon l'apôtre, était que leurs efforts étaient dirigés dans la mauvaise direction, et que ces zélateurs n'y réfléchissaient pas (v. 2-3). C'est pourquoi l'apôtre prie pour ses coreligionnaires : il a pitié d'eux et regrette que tant d'efforts soient perdus en vain (v. 1). Il parle du problème principal de la justice illusoire : ses partisans étaient, semble-t-il, convaincus que la justice est une affaire exclusivement, ou principalement, humaine (v. 3). C'est pourquoi ils n'ont pas compris l'essentiel : la couronne et la plénitude de la Torah, c'est le Messie-Christ envoyé par Dieu, sans la rencontre avec qui une telle plénitude devient impossible en principe (v. 4). Pour Paul, la justice et la Torah sont inséparables du Royaume que le Sauveur a apporté au monde, et toutes les tentatives de l'obtenir autrement sont pour lui des tentatives avec de mauvais moyens. Rappelant l'appel bien connu de la Torah (Dt 29:11-14), l'apôtre le réinterprète en l'appliquant au Christ, à Sa mort et à Sa résurrection (v. 5-8). La Torah n'a de sens pour lui que lorsqu'elle aide à suivre le Christ et conduit au Royaume. Or ce chemin est impossible sans deux choses : la fidélité et le témoignage (v. 9-10).
En effet, la Torah intérieure, dont on parlait tant à l'époque de Paul dans le milieu rabbinique, est inconcevable sans une fidélité inconditionnelle à Dieu. Et pour l'apôtre, elle est inconcevable sans fidélité au Christ et au Royaume qu'Il a apporté au monde. Quant au témoignage, il se révèle au fond l'état naturel de quiconque vit dans le Royaume. Car, pour notre monde encore non transfiguré, il est quelque chose de totalement étranger par nature, et quiconque en vit devient nécessairement l'expression de la réalité dont il vit. Et si le témoignage ne reste pas seulement en paroles, si le témoin participe réellement à ce dont il parle, un tel témoignage ne pourra être confondu avec rien d'autre. Pour Paul, la fidélité et le témoignage sont moins les conditions de l'obtention du Royaume que les signes de sa présence ; on peut donc affirmer avec un haut degré de certitude que quiconque les porte vit dans le Royaume. Ce sont précisément ces signes qui distinguent le nouveau peuple de Dieu, ceux qui vivent dans le Royaume et en témoignent. Et ici il n'y a plus de différence entre le Juif parvenu à la plénitude de la justice et l'ancien païen qui a obtenu le Royaume (v. 11-13).
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||