15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
La courte parabole de Jésus nous offre une image très claire. La vie ne se résume pas à l'absence du mal ; elle s'accomplit dans la présence du Bien. C'est ici que s'achève le rôle bénéfique de la loi, même de la Loi de Dieu : elle désigne le mal et exige que nous y renoncions, mais elle ne définit pas le Bien et ne donne pas la force de l'accomplir. Il ne suffit pas de chasser le péché, bien que cela même soit au-dessus de nos forces ; il faut accueillir la justice. C'est cette justice, et non pas seulement l'absence de péché, que manifeste le Christ. C'est précisément pour donner la force d'accomplir la justice que l'Esprit Saint descend sur les apôtres à la Pentecôte. Voilà pourquoi le baptême de repentir trouve son accomplissement dans la naissance d'en haut.
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
Nous demandons souvent longuement à Dieu de nous délivrer de l'un de nos défauts, d'un péché contre lequel nous manquons de forces pour lutter, des tentations. Si nous y mettons aussi nos efforts, le Seigneur, bien sûr, nous aide. Si nous ne les y mettons pas, Il ne nous aide pas non parce qu'Il ne nous entend pas, ne veut pas ou ne peut pas aider, mais parce que ce serait une violence faite à notre volonté. Car si nous demandons quelque chose, mais qu'en réalité nous ne faisons rien pour que notre désir s'accomplisse, cela signifie que nous ne voulons pas changer jusqu'au bout ; nous pouvons simplement en avoir peur. C'est pourquoi le Seigneur attend, et lorsque nous faisons, même très petit, mais tout de même le premier pas, le Seigneur y joint mille pas.
Mais que se passe-t-il ensuite ? Le Seigneur nous aide à surmonter la tentation, ou même nous délivre complètement d'un péché ou d'un défaut quelconque... et nous nous arrêtons là, satisfaits. Le plus souvent, nous sommes contents de nous-mêmes. Dans le meilleur des cas, nous en remercions Dieu. Pourtant, le Seigneur a libéré dans notre âme une place pour le bien, pour Sa Lumière, pour l'Esprit Saint ; mais Il n'entre jamais sans y être invité, Il ne veut pas de violence, puisqu'Il est Amour, et que l'on ne peut aimer que dans une liberté entière. Il « se tient à la porte et frappe » et attend que nous L'appelions, que nous L'invitions là où Il nous a aidés à dégager pour Lui un espace. Et si nous ne L'appelons pas, la place libérée dans notre âme s'encombre de nouveau de saleté, de poussière, se couvre de mauvaises herbes, et il est souvent plus difficile de les arracher la seconde fois que la première.
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
Question simple : faut-il ou non appliquer directement les textes bibliques ? Rapporter ou non les paroles qui y sont écrites à ce qui se passe dans le monde ?
En lisant le début du livre du prophète Joël, on a envie de dire que les manières d'y réagir à ce qui arrive doivent être mises en pratique. Après tout, l'homme, en perfectionnant les moyens de lutter contre ses semblables pour défendre sa propre opinion, perfectionne les moyens, mais ses buts ne changent pas. Ainsi ne changent pas non plus les manières de réagir au mal dans le monde que propose la Bible. Le jeûne, la prière et la foi en Celui qui seul a vaincu la mort. La maison de l'homme fort est déjà renversée, les démons sont déjà chassés.
En regardant le monde même du point de vue de la logique humaine, il est clair qu'aucune force humaine ne permet de se protéger du mal. On peut le combattre par une foi qui devient certitude : Jésus, qui chasse les démons, nous donnera aussi la force de leur résister.
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
«Celui qui n'est pas avec Moi est contre Moi; et celui qui ne rassemble pas avec Moi disperse». Ces paroles que le Seigneur dit aujourd'hui nous donnent une image intellectuelle complète de ce que, au même instant, la parabole des sept esprits plus mauvais que le premier décrit de manière très imagée. «Celui qui n'est pas avec Moi...» Qu'est-ce que cela signifie? Quant à ceux que possèdent les démons, avec eux c'est plus ou moins clair: ils ne sont pas avec le Seigneur. Mais voilà, il n'y a plus de démons, ils ont été chassés...
Faisons attention aux mots: en arrivant, il le trouve balayé et rangé. Dans ce rangement se voit le symbole du vide, car une maison peut être rangée si l'on en est parti pour longtemps, mais dans une maison habitée, cela n'arrive pas ainsi. Parce que, lorsque nous rangeons, nous troublons aussitôt l'ordre atteint pour un instant, c'est naturel. Il y a même ce proverbe anglais: «this house is clean enough to be healthy and dirty enough to be happy» (cette maison est assez propre pour être saine et assez sale pour être heureuse). Mais dans ce fait d'être balayée, mentionné dans la lecture d'aujourd'hui, nous voyons le symbole de l'absence de vie, le symbole de l'abandon, autrement dit le symbole du vide.
Mais qu'est-ce que le vide, puisque nous savons très bien que «la nature a horreur du vide» (Aristote)? Voilà, semble-t-il, le parallèle métaphysique avec notre parabole. Faisons une pause d'une seconde et réfléchissons: quel rapport cet ordre a-t-il non pas avec les villages de vacances en hiver, mais avec nos âmes?
Il existe un type de personnes, le type du rationaliste, du positiviste, du savant; ou rappelons-nous seulement le vieux prince Nikolaï Bolkonski. Ce sont des personnes d'une intelligence et d'une application immenses. Mais l'ordre intérieur obtenu par un si immense travail, elles l'estiment au-dessus de tout au monde. Plus encore, leur savoir considérable leur donne la compréhension de ce que sont l'ignorance et l'erreur. C'est pourquoi elles gardent toujours la neutralité. Intellectuelle, spirituelle, religieuse, politique. Parce qu'elles voient parmi les hommes et les textes tant de mensonges, d'erreurs, d'incompréhensions...
Mais voici qu'un grand homme a dit: «Les endroits les plus brûlants de l'enfer sont réservés à ceux qui, aux temps des plus grands bouleversements moraux (c'est-à-dire en tout temps, comme nous le comprenons), ont gardé la neutralité» (Dante). Parce que la neutralité, quelle qu'elle soit, est la chose principale qui s'oppose à l'amour. Là où est la neutralité, il n'y a pas d'amour. Quelqu'un signalera peut-être ces paroles: «...vous supportant les uns les autres dans l'amour» (Ep 4:2, trad. de l'év. Cassien), comme s'il y avait là une forme de neutralité dans l'amour. Mais il surgit ici une incompréhension purement linguistique. Supporter signifie accueillir, être ensemble malgré la discordance; la neutralité, c'est partir et fermer la porte derrière soi. Non pas claquer la porte et sortir en courant, mais partir et fermer doucement la porte.
Il y a encore une chose à laquelle il vaut la peine de prêter attention aujourd'hui. Saint Silouane l'Athonite disait: «Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas». Il est impossible d'épuiser ici les sens de cette phrase; on pourrait écrire des dissertations à son sujet, mais on peut en tirer un brin d'herbe de son bouquet de significations. Venir à Dieu ne consiste pas à s'envoler par la pensée et par l'âme vers Sa perfection céleste, mais à entrer dans la saleté même de l'enfer (mensonge, sottise, erreur, incompréhension, cruauté) et à y être. Ne pas craindre la saleté; or l'enfer est très sale. D'ailleurs, pour cela il faudra peut-être enlever son costume de professeur...
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
Il existe un type de personnes, particulièrement fréquent parmi les intellectuels, qui se nomment agnostiques et, à leur manière, sont fières de leur neutralité spirituelle. En règle générale, ce sont des personnes d’une haute moralité, d’une grande culture, des personnes éminemment dignes. Une telle position paraît très attrayante par sa non-intervention, par son surplomb au-dessus de la mêlée et par sa pureté visible.
Mais le Seigneur n’accepte pas une telle position et nous explique dans l’Évangile d’aujourd’hui pourquoi: parce qu’elle n’a que l’apparence de la neutralité. Ponce Pilate pensait lui aussi qu’il se lavait les mains. Pourtant, dans le texte principal de notre confession de foi, dans le Symbole de la foi, lui seul porte la responsabilité du mal commis.
Il y a là un sens profond. La nature ne supporte pas le vide. Si l’on ne fait pas le bien, par cela seul on fait le mal. Si l’on ne remplit pas son âme de foi en Dieu, elle se remplira de foi dans un principe opposé à Dieu. Les agnostiques pensent que tout est balayé et rangé en eux, qu’il n’y a aucun désordre, aucune agitation, aucune recherche, et ils ne remarquent pas eux-mêmes comment ils laissent entrer en eux des démons encore pires: les démons de l’indifférence, de l’insensibilité et de l’égoïsme.
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
Parlant non de forces obscures imaginaires, mais bien réelles, Jésus compare l'homme libéré du pouvoir des forces obscures à une maison nettoyée et soigneusement mise en ordre, qui pourtant n'est nullement en sécurité: les forces des ténèbres peuvent de nouveau s'emparer d'un tel homme, comme elles peuvent de nouveau s'emparer d'une maison qui n'a pas de maître. Il faut remarquer que l'image de l'homme comme maison dans laquelle des forces hostiles peuvent pénétrer appartient aussi à la tradition juive de l'époque du Second Temple.
Hillel, l'un des grands maîtres de cette époque, parlant des passions et de leur pouvoir sur l'homme, dit: «La passion commence par regarder dans ta maison comme un passant, puis elle y entre comme un invité, et à la fin elle s'y installe comme un maître». On voit que l'idée d'une prise de possession intérieure de l'homme par les forces obscures n'était pas étrangère aux maîtres de la Torah de l'époque évangélique, pas plus qu'elle ne l'était à leurs prédécesseurs. Mais Jésus, lorsqu'Il parle de l'homme libéré du pouvoir des forces obscures comme d'une maison purifiée, pense avant tout au Royaume par la puissance duquel Il libère ceux qui ont besoin de libération. Et, à en juger par Ses paroles, pour l'homme dans le monde déchu il n'existe qu'un seul choix: entre le Royaume et ce mal dans lequel le monde repose. Obtenir le monde séparément de ce mal est, semble-t-il, impossible: même une maison soigneusement nettoyée, si elle n'a pas de maître, ne restera pas longtemps propre. Bien sûr, la situation n'a pas toujours été ainsi: avant la venue du Christ dans le monde, on pouvait rester pur, prêt à la sanctification, sans être sanctifié. Mais dans notre époque, celle du Royaume qui vient, de tels états intermédiaires deviennent impossibles: le Royaume entre maintenant dans le monde, le transforme, et chaque action dans le monde se produit désormais soit dans le Royaume par la puissance de Dieu, soit dans le monde non transfiguré par les forces de ce mal dans lequel le monde repose depuis la chute.
Il n'y a plus de milieu, non parce que Dieu serait devenu plus exigeant, mais parce qu'a disparu l'illusion ancienne d'une certaine «neutralité» spirituelle d'une partie de la création qui, semblait-il, ne participait pas à l'affrontement spirituel. Rien d'étonnant à cela: l'histoire du Royaume commencée le jour de la Pentecôte est la ligne droite finale de l'histoire, menant à la complète transfiguration du monde, après laquelle les forces du mal n'y auront plus de place. Et chacun doit désormais choisir de quel côté il se tient. La libération du pouvoir des forces obscures n'est que le premier pas sur ce chemin. Mais elle n'en est aucunement le dernier.
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
Peu sont ceux dont les paroles rudes de Jésus auraient plu. Nous aurions préféré quelque chose sur le pardon, le salut, l’amour, la vie éternelle… Mais c’est en effet de cela qu’Il parle: c’est juste qu’il faille être avec Lui pour pouvoir recevoir tout ceci. Ce n’est pas la même situation comme dans Luc 9:50, où Jésus dit: «qui n’est pas contre vous est pour vous». Là, Jésus réprimande Ses disciples pour les hostilités vers ceux qui diffèrent d’eux, mais ne sont pas leurs ennemis. Alors qu’ici Il parle d’autre chose: Dieu S’est manifesté dans toute sa plénitude seulement avec Jésus, le chemin de la vie éternelle ne s’ouvre uniquement que par Lui {Jésus}, à travers Lui; c’est pourquoi toute seconde vécu avec Lui fait partir de l’éternité, et le temps passé sans Lui est coupé de l’éternité. De plus, l’indécision est impossible, on ne peut pas aller en même temps vers l’éternité et vers la mort. C’est pourquoi chaque instant est soit l’assemblement, l’augmentation de la vie, soit sa dissipation.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu'un de ses disciples lui dit : " Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples. " |
2 Il leur dit : " Lorsque vous priez, dites : Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous soumets pas à la tentation. " |
5 Il leur dit encore : " Si l'un de vous, ayant un ami, s'en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : "Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui servir", |
7 et que de l'intérieur l'autre réponde : "Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t'en donner" ; |
8 je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 " Et moi, je vous dis : demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent? |
12 Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! " |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. |
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu'une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : " Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! " |
28 Mais il dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! " |
La lecture d’aujourd’hui comprend deux épisodes que l’évangéliste réunit en un seul récit. Il commence par la question des disciples au sujet de la prière ; en réponse, Jésus leur propose, et par là même à nous tous, la prière du « Notre Père » (v. 1–4). Luc, comme on le voit, accorde une attention principale à l’importance de la demande, et même de la demande insistante, comme condition nécessaire pour obtenir ce qui est demandé (v. 5–13). Il semblerait que Dieu ne soit pas un homme, pour qu’il faille Lui rappeler encore et encore, comme à un intendant oublieux ou malveillant, ce que l’on demande. Mais, d’autre part, l’insistance apparaît ici avant tout comme le témoignage que l’homme se souvient de sa demande, qu’elle est réellement importante pour lui. En effet, vaut-il la peine d’exaucer une demande que celui qui la formule oublie dès le lendemain ? On ne peut demander ainsi que des bagatelles ; quant aux demandes importantes, celui pour qui elles sont réellement importantes est prêt à les répéter encore et encore, confirmant le sérieux de ses intentions.
Il est question du même sérieux dans la seconde partie du passage d’aujourd’hui. Et il ne s’agit pas seulement du fait que l’idée même de pouvoir chasser les démons par la puissance de leur chef était absurde (v. 17–18, 21–22). Il s’agit aussi du fait que, pour ceux qui discutaient, tout ce que faisait Jésus était une sorte de jeu, quelque chose qui rappelait de loin leurs propres débats, lesquels étaient sans doute très captivants, mais au fond n’engageaient à rien. De là vient l’exigence d’un signe, qui deviendrait la preuve que Jésus avait raison (v. 14–16).
La preuve devait être théologiquement correcte, elle devait correspondre aux représentations « justes » de l’école rabbinique « juste », afin d’être acceptée. Et tant qu’une telle preuve n’était pas présentée, tout convenait pour expliquer ce qui se passait, y compris des affirmations absurdes au sujet du « prince des démons ». Mais Jésus Lui-même n’avait pas l’intention de jouer à ces jeux, car pour Lui tout ce qu’Il faisait était absolument sérieux. Et Il essaie d’expliquer à Ses interlocuteurs tout le sérieux de ce qui se passe (v. 24–26). Les jeux sont finis ; il est question de la vie spirituelle et de la mort spirituelle de l’homme.
Mais les disputeurs professionnels, semble-t-il, n’en ont cure. Ce qui leur importe, c’est de vérifier si Jésus saura les vaincre dans la discussion ou non. Et, dans leurs disputes, ils perdent le Royaume sans s’en apercevoir. Car le Royaume n’est pas un jeu, il est sérieux. Et pour toujours.
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