Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Lc 15:1

Cependant tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre.
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Les évangiles mentionnent souvent l’attention avec laquelle les publicains et les pécheurs écoutent Jésus. Il ne s’agit évidemment pas ici du fait que les mêmes pharisiens, par exemple, se seraient considérés comme sans péché. À cette époque, la Synagogue en savait assez sur la vie spirituelle pour que tous ses membres comprennent qu’il n’y a pas d’hommes sans péché sur la terre. Seul un homme très naïf ou extrêmement présomptueux pouvait se croire sans péché.

À cette époque, comme plus tard, on regardait le chemin de la justice comme le chemin par lequel l’homme surmonte son propre péché en allant vers Dieu et à la suite de Dieu. C’est dans ce chemin, dans le fait que l’homme le suit ou non, que résidait la différence entre le juste et le pécheur. Les pharisiens se considéraient en ce sens comme justes : ils étaient convaincus de s’être engagés sur le chemin et de le suivre avec plus ou moins de succès. Les publicains, par exemple, ne pouvaient pas dire cela d’eux-mêmes.

Et il ne s’agissait pas du fait que les publicains auraient nécessairement été des scélérats effroyables et de terribles pécheurs, mais du fait qu’ils commettaient, du moins c’est ainsi qu’on avait coutume de penser, un péché très grave et, ce qui est particulièrement redoutable, absolument volontaire et conscient : ils entraient au service de païens qui opprimaient le peuple de Dieu. On peut bien sûr regarder cette situation de diverses manières, mais la logique est compréhensible : un homme qui pèche volontairement et consciemment ne peut, par définition, marcher sur le chemin de la justice. Ce sont de telles personnes que les évangélistes appellent habituellement pécheurs, selon l’usage de leur temps.

Certes, il pouvait s’agir non seulement de publicains, mais les publicains se trouvaient pécheurs par définition, en raison de leur occupation. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il était impossible d’être purifié des conséquences d’un péché commis volontairement et consciemment ; même les sacrifices de purification n’y aidaient pas. L’homme pouvait se repentir du péché commis consciemment, et Dieu pouvait lui pardonner, mais les conséquences d’un tel péché continuaient de peser sur lui, le privant de la possibilité de s’engager sur le chemin de la justice.

Mais avec la venue du Christ, tout a changé. Désormais, la possibilité de commencer la vie spirituelle sur une page blanche et de s’engager sur le chemin de la justice est apparue même pour ceux qui avaient péché consciemment, puis s’étaient repentis de ce qu’ils avaient fait. Il n’est pas étonnant que les publicains et les pécheurs aient écouté le Christ avec une attention particulière : Lui seul pouvait leur donner la possibilité qu’ils cherchaient et, semblait-il, ne pouvaient pas trouver. Mais, bien sûr, le Messie n’ouvrait pas le chemin du Royaume à eux seuls. Simplement, ils appréciaient particulièrement les possibilités qui s’ouvraient, et c’est pourquoi ils écoutaient le Sauveur comme personne.

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