7 À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. |
Assez souvent, lorsqu’il s’agit par exemple de la grâce ou des dons de l'Esprit, nous regardons l'un et l'autre comme une sorte d'énergie divine, qui est donnée à l’homme, comme un certain don, pour une vie spirituelle plus intense. Parfois, d'ailleurs, à cela s'ajoute encore la compréhension du fait que les dons de l'Esprit sont quelque chose de significative, que Dieu donne à l’homme pour la résolution de certaines tâches, fixées par Dieu Lui-même. Avec une telle compréhension il s’avère que Dieu sous forme de don spirituel donne à Son serviteur un certain outil nécessaire pour l'accomplissement du travail qui lui est confié. Certes, une telle relation envers les dons de l'Esprit est à un certain degré juste, et elle a absolument le droit d’exister. Mais est-ce que par ceci s’épuise toute la profondeur du don de Dieu, comme un phénomène spirituel?
Car avec une telle approche, le don de Dieu, le don de l'Esprit est vu, comme quelque chose d’isolée, concernant seulement Dieu et cette personne, à qui le don a été donné. Bien sûr, si on parle d’un travail confié à l’homme par Dieu, il faut reconnaître qu'il concerne toujours non seulement le serviteur lui-même, mais aussi d'autres gens, au moins, dans cette église, à laquelle appartient ce serviteur. Mais il faut parler non seulement de cela. Puisque chaque don de l'Esprit appartient non seulement à une communauté d'église concrète, mais aussi toute l'Église, étant une partie de ce Royaume, dont les habitants sont chaque chrétien, si, bien sûr, il n’est pas chrétien de nom seulement.
Et les dons de l'Esprit sont donnés à l’homme, notamment comme un habitant du Royaume, dans le contexte de ces relations entre lui et Dieu, entre lui et le Christ, entre lui et d'autres chrétiens, qui sont aussi une partie de ce royaume. Même certains dons terrestres n’ont de sens que dans le cas où celui qui leur reçoit, n'interrompt pas les relations avec celui à qui il a reçu ces dons. Et dans le Royaume aucun don en lui-même, en dehors du contexte des relations liant le recevant du don à l’Offrant, en dehors du contexte de toute la vie du Royaume, n'aura de sens.
Et la grâce, et les dons de l'Esprit rappellent la justice, qui est impossible d'accumuler, qui existe seulement dans la dynamique, de sorte qu'il soit impossible de «mettre en réserve» les oeuvres de la justice, pour les utiliser par la suite pour obtenir la justice, au moment où les raisons pour elle n’existent déjà plus. Et tout don de l'Esprit ne reste réalité que tant que restent réalité les relations liant celui qui reçoit le don à Celui, à qui il l'a reçu. Tant qu'il reste habitant du Royaume. Car on ne peut pas arracher un morceau du Royaume et emporter avec soi. Ici c’est tout ou rien.
1 Pour ce qui est des dons spirituels, frères, je ne veux pas vous voir dans l’ignorance. |
2 Quand vous étiez païens, vous le savez, vous étiez entraînés irrésistiblement vers les idoles muettes. |
3 C’est pourquoi, je vous le déclare : personne, parlant avec l’Esprit de Dieu, ne dit : « Anathème à Jésus », et nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », s’il n’est avec l’Esprit Saint. |
4 Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit ; |
5 diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; |
6 diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous. |
7 À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. |
8 À l’un, c’est un discours de sagesse qui est donné par l’Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; |
9 à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l’unique Esprit ; |
10 à tel autre la puissance d’opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. |
11 Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l’entend. |
Dans le passage d’aujourd’hui, l’apôtre Paul dit beaucoup de choses importantes, mais la plus essentielle est peut-être son affirmation que nul ne peut confesser que Jésus est Seigneur autrement que par l’Esprit Saint. Le sens littéral de l’expression grecque de ce verset est : « nul ne peut dire : Jésus est Seigneur, si ce n’est dans l’Esprit Saint ».
Ces paroles retentissent dans un contexte caractéristique : l’apôtre parle des dons spirituels et compare l’état d’extase non libre propre au culte des idoles aux dons de l’Esprit Saint, si abondants dans l’Église ancienne. Parlant du culte des idoles, il emploie l’expression ήγεσθε άπαγόμενοι, rendue avec une grande précision dans la traduction slavonne : « conduits, vous vous laissiez entraîner ». Le verbe άπάγω signifie « emmener, conduire au loin » et s’emploie dans des expressions telles que « conduire en prison » ou « enlever la femme d’un autre ». L’apôtre parle de la privation de liberté de l’idolâtre, qui s’exprime avant tout par le fait que le culte des idoles consiste à amener l’homme dans un certain état.
À cet état d’exaltation non libre et d’égarement, l’apôtre oppose la soumission de l’homme à l’autorité et à la seigneurie de Jésus. Confesser Jésus comme Seigneur n’est en aucun cas un état de l’homme, mais une position dans la vie qui ne peut être choisie que librement. Et c’est précisément cette confession que l’apôtre appelle le don fondamental de l’Esprit Saint, celui qui permet de distinguer le christianisme de tout le reste.
1 Pour ce qui est des dons spirituels, frères, je ne veux pas vous voir dans l’ignorance. |
2 Quand vous étiez païens, vous le savez, vous étiez entraînés irrésistiblement vers les idoles muettes. |
3 C’est pourquoi, je vous le déclare : personne, parlant avec l’Esprit de Dieu, ne dit : « Anathème à Jésus », et nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », s’il n’est avec l’Esprit Saint. |
4 Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit ; |
5 diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; |
6 diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous. |
7 À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. |
8 À l’un, c’est un discours de sagesse qui est donné par l’Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; |
9 à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l’unique Esprit ; |
10 à tel autre la puissance d’opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. |
11 Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l’entend. |
Revenant à la description de la vie du Royaume, Paul dit que le Royaume tout entier est pénétré du souffle (de l’esprit) de Dieu (v. 4-6). Et Jésus est précisément le Messie promis par Dieu, par qui ce Royaume s’est ouvert au monde, de sorte que quiconque sait ce qu’est le Royaume ne reniera jamais Jésus et ne se trompera pas sur Son service (v. 3). Quant à la vie dans le Royaume, elle n’est rien d’autre que le résultat de l’action de ce souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré depuis le Trône jusqu’au dernier grain de poussière. Dans le Royaume, il n’est aucun lieu où ce souffle ne se fasse sentir; mais, lorsqu’il touche l’homme, il peut agir sur lui de différentes manières. L’homme change tout à fait réellement sous l’influence d’un tel contact, mais ces changements se révèlent chaque fois aussi uniques et irrépétables que chaque personne est unique et que le dessein de Dieu sur chacun de nous est irrépétable.
De là vient aussi la diversité des dons et des vocations dont parle l’apôtre (v. 8-11). Ce qui leur est commun, c’est qu’aucun de ces dons et aucune de ces vocations ne peut être réalisé par les seules forces humaines, sans l’aide de Dieu. Au fond, il ne s’agit déjà plus tant des possibilités et des capacités de l’homme lui-même que d’une collaboration divino-humaine, lorsque Dieu transforme l’homme en un instrument parfait qu’Il peut utiliser pour résoudre des tâches auxquelles l’homme, sans connaître l’aide de Dieu, ne pourrait même pas songer. Dieu seul sait comment Il parvient à accomplir cette tâche sans transformer l’homme en instrument aveugle et en lui permettant de rester une personne dans toute sa plénitude. Une personne vivant dans le Royaume.
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