RÉFLEXIONS pour Jn 2:3-5 — le 30 avril 2020

RÉFLEXIONS pour Jn 2:3-5

En lisant l’Évangile selon Jean, on éprouve plus d’une fois une impression d’étrangeté devant ce qui se passe. Chaque conversation n’est pas l’échange de répliques auquel nous sommes habitués, mais plutôt une suite d’événements dans laquelle, comme dans la vie, il n’est pas si facile de découvrir une logique stricte. Il en va ainsi dans ce petit passage. Au message tout naturel de Marie, qui n’est même pas une demande, Jésus répond par une phrase mystérieuse et obscure. Elle ne peut pourtant pas vouloir dire : « Qu’est-ce que cela nous fait ? », même si elle sonne comme une objection. Puis Marie, au lieu de poursuivre la conversation avec Jésus, sans quoi Sa phrase resterait comme suspendue en l’air, se tourne vers les autres et leur dit d’obéir à Jésus, comme si Sa décision était déjà prise et qu’elle la connaissait.

Ces « trous » dans la logique nous permettent pourtant de « reconstruire » la plénitude de la compréhension mutuelle entre le Fils et la Mère, et nous plongent pour ainsi dire dans la profondeur de leur lien de cœur. Marie apporte à son Fils les problèmes humains, et elle n’a besoin de rien demander, car elle sait que Son amour n’est pas moindre. Lui, sachant qu’elle Le comprend, ne dit pas : « Je vais le faire maintenant », mais l’appelle à partager avec Lui le poids du chemin qui s’ouvre : « Tu comprends bien ce que signifie le fait que Je commence à accomplir des miracles ! » Et Marie, sans dire « oui », fait aussitôt le pas suivant : elle est avec Lui, elle appelle les hommes à faire confiance à Jésus. Il y a si peu de mots ici, et tant d’amour !