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RÉFLEXIONS pour Jb 23:1-24:25

Job prit la parole et dit:
Encore aujourd'hui ma plainte est une révolte; ma main comprime mon gémissement.
Oh! Si je savais comment l'atteindre, parvenir jusqu'à sa demeure,
J'ouvrirais un procès devant lui, ma bouche serait pleine de griefs.
Je connaîtrais les termes de sa réponse, attentif à ce qu'il me dirait.
Jetterait-il toute sa force dans ce débat avec moi? Non, il lui suffirait de me prêter attention.
Il reconnaîtrait dans son adversaire un homme droit, et je triompherais de mon juge.
Si je vais vers l'orient, il est absent; vers l'occident, je ne l'aperçois pas.
Quand il agit au nord, je ne le saisis pas, s'il se tourne au midi, je ne le vois pas.
10 Et pourtant, la voie qui est la mienne, il la connaît! Qu'il me passe au creuset: or pur j'en sortirai!
11 Mon pied s'est attaché à ses pas, j'ai gardé sa voie sans dévier;
12 je n'ai pas négligé le commandement de ses lèvres, j'ai abrité dans mon sein les paroles de sa bouche.
13 Mais lui décide, qui le fera changer? Ce qu'il a projeté, il l'accomplit.
14 Il exécutera donc ma sentence, comme tant d'autres de ses décrets!
15 C'est pourquoi, devant lui, je suis terrifié; plus j'y songe, plus il me fait peur.
16 Dieu a brisé mon courage, Shaddaï me remplit d'effroi.
17 Car je n'ai pas été anéanti devant les ténèbres mais il a recouvert ma face d'obscurité.
Pourquoi Shaddaï n'a-t-il pas des temps en réserve, et ses fidèles ne voient-ils pas ses jours ?
Les méchants déplacent les bornes, ils enlèvent troupeau et berger.
On emmène l'âne des orphelins, on prend en gage le bœuf de la veuve.
Les indigents doivent s'écarter du chemin, les pauvres du pays se cacher tous ensemble.
Tels les onagres du désert, ils sortent à leur travail, cherchant dès l'aube une proie, et le soir, du pain pour leurs petits.
Ils moissonnent dans le champ d'un vaurien, ils pillent la vigne d'un méchant.
Ils passent la nuit nus, sans vêtements, sans couverture contre le froid.
L'averse des montagnes les transperce; faute d'abri, ils étreignent le rocher.
On arrache l'orphelin à la mamelle, on prend en gage le nourrisson du pauvre.
10 Ils s'en vont nus, sans vêtements; affamés, ils portent les gerbes.
11 Entre deux murettes, ils pressent l'huile; altérés, ils foulent les cuves.
12 De la ville on entend gémir les mourants, les blessés, dans un souffle, crier à l'aide. Et Dieu reste sourd à la prière!
13 D'autres sont de ceux qui repoussent la lumière: ils en méconnaissent les chemins, n'en fréquentent pas les sentiers.
14 Il fait noir quand l'assassin se lève, pour tuer le pauvre et l'indigent. Durant la nuit rôde le voleur,
15 L'œil de l'adultère épie le crépuscule: " Personne ne me verra ", dit-il, et il met un voile sur son visage.
16 16
17 Pour eux tous, le matin devient l'ombre de mort, car ils éprouvent les terreurs de l'ombre de mort.
18  Ce n'est plus qu'un fétu à la surface des eaux, son domaine est maudit dans le pays, nul ne prend le chemin de sa vigne.
19  Comme une chaleur sèche fait disparaître la neige. Ainsi le shéol celui qui a péché.
20  Le sein qui l'a formé l'oublie et son nom n'est plus mentionné. Ainsi est foudroyée comme un arbre l'iniquité.
21  Il a maltraité la femme stérile, privée d'enfants, il s'est montré dur pour la veuve.
22  Mais Celui qui se saisit des tyrans avec force surgit et lui ôte l'assurance de la vie.
23  Il le laissait s'appuyer sur une sécurité trompeuse, mais, des yeux, il surveillait ses démarches.
24  Elevé pour un temps, il disparaît, il s'affaisse comme l'arroche qu'on cueille, il se fane comme la tête des épis.
25 N'en est-il pas ainsi ? Qui me convaincra de mensonge et réduira mes paroles à néant ?
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Job crie vers Dieu, et ce n'est pas une vaine rhétorique : son espérance dans le Créateur repose sur une foi ferme. C'est pourquoi Job est prêt à comparaître devant Dieu comme devant l'arbitre suprême et juste, afin de présenter les arguments pour sa défense, ces mêmes arguments que les accusateurs refusent de connaître.

Puis Job décrit avec force détails les injustices qui règnent dans le monde. On pourrait avoir l'impression qu'il se contredit, puisqu'il est capable à la fois d'exprimer son espérance en la justice suprême et de parler des injustices commises sous le regard de Dieu (du fond de la ville les hommes gémissent, l'âme des blessés crie, et Dieu ne prend pas garde à cette indignité). En effet, tout en espérant qu'à la fin chacun devra répondre devant Dieu de ses injustices, Job semble maintenant ne plus Le trouver dans un monde rempli de mal.

Mais l'impossibilité de voir Dieu n'est pas encore une négation de Dieu. Job continue de vivre dans l'espérance de Le rencontrer. L'âme bouleversée de Job est plus capable de L'entendre que les accusateurs qui prononcent des paroles extérieurement correctes.

Autres réflexions

 
Pour Jb 23:1-24:25
Job prit la parole et dit:
Encore aujourd'hui ma plainte est une révolte; ma main comprime mon gémissement.
Oh! Si je savais comment l'atteindre, parvenir jusqu'à sa demeure,
J'ouvrirais un procès devant lui, ma bouche serait pleine de griefs.
Je connaîtrais les termes de sa réponse, attentif à ce qu'il me dirait.
Jetterait-il toute sa force dans ce débat avec moi? Non, il lui suffirait de me prêter attention.
Il reconnaîtrait dans son adversaire un homme droit, et je triompherais de mon juge.
Si je vais vers l'orient, il est absent; vers l'occident, je ne l'aperçois pas.
Quand il agit au nord, je ne le saisis pas, s'il se tourne au midi, je ne le vois pas.
10 Et pourtant, la voie qui est la mienne, il la connaît! Qu'il me passe au creuset: or pur j'en sortirai!
11 Mon pied s'est attaché à ses pas, j'ai gardé sa voie sans dévier;
12 je n'ai pas négligé le commandement de ses lèvres, j'ai abrité dans mon sein les paroles de sa bouche.
13 Mais lui décide, qui le fera changer? Ce qu'il a projeté, il l'accomplit.
14 Il exécutera donc ma sentence, comme tant d'autres de ses décrets!
15 C'est pourquoi, devant lui, je suis terrifié; plus j'y songe, plus il me fait peur.
16 Dieu a brisé mon courage, Shaddaï me remplit d'effroi.
17 Car je n'ai pas été anéanti devant les ténèbres mais il a recouvert ma face d'obscurité.
Pourquoi Shaddaï n'a-t-il pas des temps en réserve, et ses fidèles ne voient-ils pas ses jours ?
Les méchants déplacent les bornes, ils enlèvent troupeau et berger.
On emmène l'âne des orphelins, on prend en gage le bœuf de la veuve.
Les indigents doivent s'écarter du chemin, les pauvres du pays se cacher tous ensemble.
Tels les onagres du désert, ils sortent à leur travail, cherchant dès l'aube une proie, et le soir, du pain pour leurs petits.
Ils moissonnent dans le champ d'un vaurien, ils pillent la vigne d'un méchant.
Ils passent la nuit nus, sans vêtements, sans couverture contre le froid.
L'averse des montagnes les transperce; faute d'abri, ils étreignent le rocher.
On arrache l'orphelin à la mamelle, on prend en gage le nourrisson du pauvre.
10 Ils s'en vont nus, sans vêtements; affamés, ils portent les gerbes.
11 Entre deux murettes, ils pressent l'huile; altérés, ils foulent les cuves.
12 De la ville on entend gémir les mourants, les blessés, dans un souffle, crier à l'aide. Et Dieu reste sourd à la prière!
13 D'autres sont de ceux qui repoussent la lumière: ils en méconnaissent les chemins, n'en fréquentent pas les sentiers.
14 Il fait noir quand l'assassin se lève, pour tuer le pauvre et l'indigent. Durant la nuit rôde le voleur,
15 L'œil de l'adultère épie le crépuscule: " Personne ne me verra ", dit-il, et il met un voile sur son visage.
16 16
17 Pour eux tous, le matin devient l'ombre de mort, car ils éprouvent les terreurs de l'ombre de mort.
18  Ce n'est plus qu'un fétu à la surface des eaux, son domaine est maudit dans le pays, nul ne prend le chemin de sa vigne.
19  Comme une chaleur sèche fait disparaître la neige. Ainsi le shéol celui qui a péché.
20  Le sein qui l'a formé l'oublie et son nom n'est plus mentionné. Ainsi est foudroyée comme un arbre l'iniquité.
21  Il a maltraité la femme stérile, privée d'enfants, il s'est montré dur pour la veuve.
22  Mais Celui qui se saisit des tyrans avec force surgit et lui ôte l'assurance de la vie.
23  Il le laissait s'appuyer sur une sécurité trompeuse, mais, des yeux, il surveillait ses démarches.
24  Elevé pour un temps, il disparaît, il s'affaisse comme l'arroche qu'on cueille, il se fane comme la tête des épis.
25 N'en est-il pas ainsi ? Qui me convaincra de mensonge et réduira mes paroles à néant ?
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En répondant à Éliphaz, Job dit qu'il serait heureux de s'adresser à Dieu, si seulement...  Lire la suite

En répondant à Éliphaz, Job dit qu'il serait heureux de s'adresser à Dieu, si seulement Dieu acceptait de l'écouter (Job 23 : 3 – 5). Il est absolument certain qu'il a de quoi répondre à Dieu: car il est juste, il a toujours essayé de suivre la Torah en toute chose, et il n'a rien à se reprocher. Pourvu seulement que Dieu accepte de descendre jusqu'à sa faiblesse et à ses limites humaines; car si Dieu se met à comparer Job avec Lui-même, non seulement Job, mais personne d'autre ne soutiendra la comparaison (Job 23 : 6 – 12)! Mais pour l'instant, Dieu effraie Job par Sa puissance plus qu'Il ne communique avec lui face à face (Job 23 : 13 – 17). Pendant ce temps, les impies vivent tranquillement, sans penser du tout à Dieu, et Dieu ne les trouble pas par Sa présence (Job 24 : 1 – 22).

Job, comme on le voit, comprend que tout ce qui lui arrive est lié d'une manière ou d'une autre à sa justice et à ses relations avec Dieu. À proprement parler, dès la période préexilique, à en juger par les hymnes qui nous sont parvenus et qui ont été inclus dans le Livre des Psaumes, beaucoup comprenaient que le jugement de Dieu concerne avant tout le juste, que c'est précisément le juste qui cherche ce jugement, tandis que l'impie le fuit. Mais les représentations traditionnelles du jugement de Dieu étaient liées à l'idée du triomphe du juste et du châtiment de l'impie, même si l'un et l'autre étaient souvent repoussés jusqu'à la fin des temps. Dans ce cas, il devenait clair que le juste qui cherche le jugement de Dieu et qui l'a trouvé est plus heureux que l'impie qui fuit ce jugement, parce que là rien de bon ne l'attend. Or, à Job, le jugement de Dieu se révèle tout autrement. Il comprend soudain qu'il faut encore obtenir ce jugement, qu'il n'est pas du tout simple de se faire entendre de Dieu, que les relations avec Lui peuvent se révéler bien plus lourdes pour l'homme qu'il ne peut s'y attendre, même si cet homme est juste.

Les relations avec Dieu se révèlent une affaire risquée, épuisante et parfois même destructrice, et le triomphe à venir apparaît, même pour le juste, non seulement comme loin d'être proche, mais aussi comme tout à fait incertain: il n'est pas du tout évident pour Job que la rencontre avec Dieu sera précisément un jugement équitable. Ce qui auparavant, dans le cadre de la religiosité traditionnelle, paraissait clair et sans équivoque est soudain devenu confus, incompréhensible et redoutable. Les relations avec Dieu, au lieu de la joie et du triomphe, n'ont apporté que des problèmes. Et Job commence déjà à regarder avec perplexité les impies, qui vivent tranquillement, sans penser du tout à Dieu et sans affronter les problèmes auxquels Job a été confronté. Il y avait là de quoi réfléchir.

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