12 Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? |
L'apôtre Jacques entend par la forme même de la question que l’homme ne doit non seulement pas, mais n’est simplement pas aussi dans l'état de juger le prochain. D'une part, juger le prochain signifie s'approprier du droit appartenant seulement au Créateur. D'autre part, cela signifie tenter de faire ce que nous ne pouvons pas.
Avons-nous le droit d’avoir notre opinion sur les actes d’une autre personne? Certainement, oui. Mais alors il ne nous est évidemment pas donné le droit de juger l'autre : on parle de cela non seulement dans ce verset de l’épître de Jacques, mais aussi dans quelques passages évangéliques, avant tout dans le sermon sur la Montagne. Où est donc la différence?
Probablement, dans quel statut nous nous approprions nous-mêmes de plus. Notre opinion est et reste notre opinion, l’opinion ne prétend pas à la justice absolu. Mais alors, quand nous jugeons, nous prenons la position du porteur de la connaissance absolue sur la vérité et la justice (il est naturel qu’avec une telle position nous condamnons plutôt que ne jugeons!). Mais seul Dieu peut avoir une telle position, et c’est de cela que nous rappelle l’apôtre Jacques. Il convient encore de se rappeler ici que Dieu n’est pas seulement le Législateur et le Juge, mais aussi l'amour parfait, c'est pourquoi nous pouvons espérer en Son jugement (Ps. 119:43). Les jugements des hommes ne sont jamais exécutés avec amour, on peut seulement avoir peur d’eux.
7 Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable et il fuira loin de vous. |
8 Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs ; sanctifiez vos cœurs, gens à l’âme partagée. |
9 Voyez votre misère, prenez le deuil, pleurez. Que votre rire se change en deuil et votre joie en tristesse. |
10 Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. |
11 Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la Loi et juge la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es pas l’observateur de la Loi, mais son juge. |
12 Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? |
13 Eh bien, maintenant ! vous qui dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent ! » |
14 Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie, car vous êtes une vapeur qui paraît un instant, puis disparaît. |
15 Que ne dites-vous au contraire : « Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. » |
16 Mais voilà que vous vous glorifiez de votre forfanterie ! Toute gloriole de ce genre est mauvaise. |
17 Celui donc qui sait faire le bien et ne le fait pas, commet un péché. |
L’apôtre Jacques utilise la métaphore de l’or et de l’argent rouillés pour indiquer non pas le côté matériel de la vie, mais les buts et le sens de toute accumulation. L’expérience accumulée, la gloire et la reconnaissance comme spécialiste, comme grand acteur, comme personne à qui les affaires réussissent, les titres universitaires : voilà cet or et cet argent qui rouillent et témoigneront contre nous. Et les buts que nous nous fixons sont notre trésor. Ils signifient très peu pour l’avenir. Et aucun succès en ce monde n’est requis pour aimer ses proches, ses amis, ses voisins et ses connaissances. Pour le croyant, pour l’homme entré dans la vie de l’Église, qui lit l’Évangile, la conscience de la petitesse et de l’invisibilité de nos succès devant le monde et devant Dieu doit devenir fondamentale. Quand l’Apôtre dit : « Affligez-vous, pleurez et gémissez ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse », il appelle à prêter attention au fait que nous recherchons la joie et l’allégresse, que nous chassons loin de nous les pensées difficiles et pénibles. Or il n’y a pas de joie dans le monde. Nous portons la joie dans nos cœurs. Et cette joie vient de Dieu. Lui seul peut nous la donner. Nous, nous cherchons dans ce monde un substitut à la relation avec Lui. Et nous comprenons que nous devons faire le bien, nous en sentons le besoin ; mais la miséricorde accomplie et l’aide apportée ne nous donnent pas de joie si, à travers elles, nous ne glorifions pas Dieu, si nous ne Le remercions pas de la possibilité d’aider et d’être auprès de celui qui est dans le besoin.
1 D’où viennent les guerres, d’où viennent les batailles parmi vous ? N’est-ce pas précisément de vos passions, qui combattent dans vos membres ? |
2 Vous convoitez et ne possédez pas ? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir ? Alors vous bataillez et vous faites la guerre. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. |
3 Vous demandez et ne recevez pas parce que vous demandez mal, afin de dépenser pour vos passions. |
4 Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié pour le monde est inimitié contre Dieu ? Qui veut donc être ami du monde, se rend ennemi de Dieu. |
5 Penseriez-vous que l’Écriture dise en vain : Il désire avec jalousie, l’esprit qu’il a mis en nous ? |
6 Il donne d’ailleurs une plus grande grâce suivant la parole de l’Écriture : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles. |
7 Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable et il fuira loin de vous. |
8 Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs ; sanctifiez vos cœurs, gens à l’âme partagée. |
9 Voyez votre misère, prenez le deuil, pleurez. Que votre rire se change en deuil et votre joie en tristesse. |
10 Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera. |
11 Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la Loi et juge la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es pas l’observateur de la Loi, mais son juge. |
12 Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? |
13 Eh bien, maintenant ! vous qui dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent ! » |
14 Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie, car vous êtes une vapeur qui paraît un instant, puis disparaît. |
15 Que ne dites-vous au contraire : « Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. » |
16 Mais voilà que vous vous glorifiez de votre forfanterie ! Toute gloriole de ce genre est mauvaise. |
17 Celui donc qui sait faire le bien et ne le fait pas, commet un péché. |
Jacques ne précise pas à qui demandent sans recevoir ceux qui demandent dans de mauvaises intentions, mais nous pouvons rapprocher ces paroles de ce qu’il écrivait au début de son épître à propos de ceux qui s’adressent au Seigneur non avec une foi entière, mais avec des pensées partagées. Aujourd’hui encore, on entend cette question : pourquoi ne recevons-nous pas ce que nous demandons dans la prière ? La réponse de Jacques est simple : demandez-vous si vous priez avec foi et si vous demandez toujours ce qui est bon pour vous. Votre prière n’est-elle pas divisée et affaiblie par le manque de foi ? Il est bien sûr impossible d’expliquer « en termes humains » beaucoup de choses qui relèvent du monde d’en haut, et il ne faut pas imiter les amis de Job, dont les raisonnements étaient logiques et vraisemblables, mais faux. Pourtant, il est parfois nécessaire de méditer les paroles de Jacques.
Jacques parle aussi de l’impossibilité de l’amitié avec le monde, et ces paroles ont souvent été comprises littéralement. Mais ce n’est pas le monde créé et aimé par le Seigneur, ce monde où Il a envoyé Son Fils, qu’il faut quitter ; c’est le péché qui a frappé et asservi le monde. Résister au péché s’avère simple : il suffit de se soumettre à Dieu et, avec Son aide, de résister au diable, et celui-ci fuira loin de vous. C’est vrai, mais, pour une raison ou une autre, ce qui nous est le plus simple et le plus accessible se révèle très difficile. Sans doute parce que nous avons peur de nous approcher de Dieu : il faut pour cela renoncer à de nombreuses inclinations qu’Il déteste et qui nous lient au monde pécheur...
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