44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
On trouve dans ce verset la réponse à un paradoxe : on obtient le salut par la foi en Jésus-Christ, c'est-à-dire après être venu à Lui comme au Sauveur et à Dieu. C'est-à-dire que tout se passe en conséquence de mon action, je me trouve au début de mon salut, et Jésus Christ est seulement le moyen. Jésus met tout en place: au début de tout – Dieu. Premièrement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais eu personne chez qui aller, puisque c'est le Père qui a envoyé le Fils au monde. Deuxièmement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais même pas existé et personne n'aurait eu à venir. Et troisièmement, c'est le Saint-Esprit venant du Père qui dirige notre cœur vers le désir d'aimer, de croire et de chercher la vérité (voir 1 Cor. 12:3). Donc, Dieu est au début de ma vie, Dieu est au début de mon appel, Dieu est au début de mon salut et le Dieu, Qui a ressuscité Jésus Christ est au début de ma vie éternelle.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
Dans ce verset se trouve la réponse à un paradoxe : le salut m’est obtenu par la foi en Jésus Christ, c’est-à-dire comme résultat de ma venue vers Lui comme Sauveur et Seigneur. Ainsi tout arrive à la suite de mon action, je me trouve au commencement de mon salut, et le Christ — n’est qu’un moyen. Jésus remet tout à sa place : au commencement de tout se trouve Dieu. Premièrement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais personne vers qui venir, car c’est le Père qui a envoyé le Fils dans le monde. Deuxièmement, si ce n’était pas Lui, je n’existerais pas du tout et il n’y aurait personne pour venir. Et troisièmement, c’est l’Esprit Saint qui procède du Père qui oriente notre cœur vers le désir d’aimer, de faire confiance et de chercher la vérité (cf. 1 Co 12,3).
Ainsi, Dieu est au commencement de ma vie, Dieu est au commencement de ma conversion, Dieu est au commencement de mon salut et — Dieu, qui a ressuscité Jésus Christ, est au commencement de ma vie éternelle.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi. |
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d’auprès de Dieu : celui-là a vu le Père. |
47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. |
48 Moi, je suis le pain de vie. |
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; |
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas. |
51 Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » |
Les paroles de Jésus sont parfaitement claires : seul peut venir à lui celui que Dieu lui-même, son Père céleste, conduira. À première vue, l'histoire du christianisme peut sembler contredire, sinon ces paroles elles-mêmes, du moins leur caractère univoque et l'impossibilité de venir au Christ sans une révélation particulière. Car dans le monde moderne, comme autrefois, beaucoup sont venus et viennent encore à lui, semble-t-il, sous l'influence d'autres facteurs, humains.
L'un a entendu un bon prédicateur chrétien ; un autre a lu un livre contenant les témoignages de chrétiens qui ont vécu une conversion et une rencontre personnelle avec le Sauveur ; un autre encore a été attiré par la figure même de Jésus. Mais à y regarder de plus près, on constate que, dans tous ces cas, il ne s'agit pas tout à fait de ce que le Sauveur veut dire. Jésus parle ici de le suivre en participant à la vie du Royaume qu'il a apporté dans le monde.
Il ne s'agit ni des témoignages humains, qui peuvent fort bien être attirants en eux-mêmes, ni de la force de la tradition, ni de la beauté de l'argumentation théologique, ni de quoi que ce soit d'autre qui constitue, au mieux, un bel écrin pour cette vie nouvelle que le Sauveur a apportée au monde. Il s'agit précisément du Royaume lui-même : d'y entrer et d'y rencontrer son Roi, puis, l'ayant rencontré, d'établir avec lui les relations qui révéleront à celui qui entre la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Une telle entrée est réellement impossible si Dieu lui-même ne conduit pas l'homme au Christ.
Elle est impossible tout simplement parce qu'autrement on ne peut voir l'essentiel dans le Christ. Il n'est pas difficile de voir en lui un grand Maître spirituel, un témoin du Royaume, un prophète, voire un thaumaturge : beaucoup de ses contemporains ont vu tout cela en lui. Ils ont même vu en lui le Messie, mais seulement un Messie terrestre, qui établirait le Royaume sur terre. Quant à l'essentiel qu'il faut voir en lui — la plénitude du Royaume qu'il a apporté et la vie nouvelle —, seul Dieu lui-même peut le montrer à l'homme. C'est alors que celui qui s'approche du Christ devient chrétien. Habitant du Royaume.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi. |
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d’auprès de Dieu : celui-là a vu le Père. |
47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. |
48 Moi, je suis le pain de vie. |
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; |
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas. |
51 Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » |
La lecture évangélique d'aujourd'hui poursuit la réflexion sur la rencontre avec Jésus, mystère caché dans le cœur de chaque personne. Dans la lecture de ce jour, Jésus nous dit comment cela se produit. « Nul ne peut venir à Moi si le Père qui M'a envoyé ne l'attire. » Ainsi, ce n'est pas seulement, ni même surtout, l'homme qui cherche Dieu : c'est Dieu qui cherche l'homme. C. S. Lewis l'a exprimé ainsi : « Vous ne m'auriez pas appelé si Je ne vous avais pas appelé. » Nous venons à Jésus après avoir entendu la voix de Dieu dans notre cœur. De plus, Jésus dit que celui qui vient à Lui a « reçu l'enseignement du Père ». Même lorsqu'une personne n'est pas encore venue à la foi, la communion avec Dieu a peut-être déjà commencé dans son cœur. Le Seigneur nous enseigne même lorsque nous ne nous en doutons pas.
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
42 Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » |
43 Jésus leur répondit :« Ne murmurez pas entre vous. |
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi. |
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d’auprès de Dieu : celui-là a vu le Père. |
47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. |
48 Moi, je suis le pain de vie. |
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; |
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas. |
51 Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » |
52 Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » |
53 Alors Jésus leur dit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. |
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. |
55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. |
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. |
57 De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. |
58 Voici le pain descendu du ciel ; il n’est pas comme celui qu’ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra pour toujours. » |
59 Tel fut l’enseignement qu’il donna en synagogue à Capharnaüm. |
60 Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : « Elle est dure, cette parole ! Qui peut l’écouter ? » |
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : « Cela vous scandalise ? |
62 Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ? ... |
63 C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. |
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait. |
65 Et il disait : « Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. » |
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui. |
67 Jésus dit alors aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » |
68 Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. |
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. » |
70 Jésus leur répondit : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l’un d’entre vous est un diable. » |
71 Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; c’est lui en effet qui devait le livrer, lui, l’un des Douze. |
Le Christ s'est appelé lui-même pain, et cela seul était déjà difficile à comprendre pour ses auditeurs. Mais pour ceux qui se souvenaient des images inhabituelles propres aux discours prophétiques, il n'aurait pas été difficile de tenir les paroles sur le pain pour l'une de ces paraboles. Jésus dit que son enseignement et lui-même sont aussi nécessaires que la nourriture quotidienne: pourquoi ne pas être d'accord avec cela?
Et une telle compréhension ne peut pas être dite fausse; cependant, elle est manifestement insuffisante. Depuis déjà vingt siècles, pour beaucoup de personnes qui n'acceptent le Christ que comme un sage et un moraliste, ses paroles sur la Chair et le Sang demeurent fermées et incompréhensibles, exactement comme pour beaucoup de ses auditeurs d'alors. Il suffit d'imaginer un Juif ayant fermement assimilé que la loi de Moïse interdit non seulement la consommation du sang, mais considère aussi comme souillant, et exigeant des rites de purification, tout ce qui est lié à l'écoulement du sang. Et soudain il entend parler de la nécessité de boire du sang, et encore du sang humain, et de plus le Sang de cet étrange prédicateur. Même pour une image prophétique, un tel appel sonne de manière trop scandaleuse!
Pour nous qui lisons l'Évangile bien des siècles plus tard, il est plus facile de voir qu'ici le Christ parle de l'eucharistie; mais il ne faut pas s'arrêter là. Le sens de l'eucharistie est profond et incompréhensible dans sa plénitude. Il n'est parfois pas inutile de se rappeler combien les anciens Juifs furent bouleversés en entendant pour la première fois l'appel de Jésus à manger sa Chair et à boire son Sang. Peut-être cela nous aidera-t-il à ressentir de nouveau ce qu'a été la Cène pour la première génération des disciples du Christ. L'évangéliste Jean, à la différence des autres évangélistes, ne mentionne pas que les disciples aient mangé le Corps et le Sang lors de la Cène. Mais les paroles du Sauveur qu'il nous a conservées sont tout aussi importantes pour comprendre l'essence de ce qui se passait alors.
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
42 Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » |
43 Jésus leur répondit :« Ne murmurez pas entre vous. |
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi. |
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d’auprès de Dieu : celui-là a vu le Père. |
47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. |
48 Moi, je suis le pain de vie. |
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; |
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas. |
51 Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » |
52 Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » |
53 Alors Jésus leur dit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. |
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. |
55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. |
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. |
57 De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. |
58 Voici le pain descendu du ciel ; il n’est pas comme celui qu’ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra pour toujours. » |
59 Tel fut l’enseignement qu’il donna en synagogue à Capharnaüm. |
En parlant de Sa « chair et de Son sang », le Sauveur nous entrouvre le mystère de cette vie du Royaume à laquelle Il est prêt à faire participer quiconque cherche et Lui fait confiance. L'expression hébraïque — et araméenne — « chair et sang » a plusieurs sens. Elle peut désigner la nature humaine comme telle, ou la vie humaine dans toute sa plénitude. Peut-être les paroles de Jésus ont-elles même évoqué chez Ses auditeurs certaines associations avec les sacrifices humains. Il parle évidemment d'autre chose, mais on ne peut le comprendre que dans le contexte de tout ce qu'Il a dit du « pain de vie », de la vie du Royaume. Ceux qui écoutent Jésus ne comprennent pas Ses paroles sur le « pain de vie ». Ils comprennent la manne. Là, tout est assez clair : il y a une nourriture donnée par Dieu, miraculeusement tombée du ciel.
On peut la voir avec les yeux du corps. Et ces mêmes yeux permettent de voir que cette nourriture n'est pas ordinaire, qu'elle est miraculeuse, puisqu'elle apparaît on ne sait d'où. Mais personne ne s'étonnait que ceux qui la mangeaient meurent comme tous les autres. La mortalité est le lot commun, et personne n'attendait d'un miracle qu'il délivre l'être humain de la mort.
Un miracle pouvait certes sauver d'une mort prématurée — d'une maladie, d'un danger —, mais non de la mort en tant que telle. Il fallait pour cela changer entièrement la qualité de la vie humaine, changer la nature humaine elle-même. Il fallait faire participer l'être humain à la plénitude de la vie du Royaume, que les seuls yeux du corps ne peuvent voir. Et cela ne pouvait se faire que d'une seule manière : en intégrant ceux qui cherchent le Royaume à la vie du Christ. Car c'est Lui qui a apporté le Royaume dans le monde.
C'est Sa nature humaine qui contient toute la plénitude de ce Royaume. Ceux qui cherchent le Royaume doivent partager une même vie avec le Christ, non pas de manière allégorique ou figurée, mais tout à fait littéralement. Cette vie qui est la Sienne est précisément le « pain de vie ». Mais on ne peut y prendre part de l'extérieur, de façon purement physique. La nature physique du Sauveur, considérée séparément de Sa vie dans toute sa plénitude, ne restera que nature. Car, dès l'origine, Dieu a conçu la vie humaine comme une unité de la nature et de l'esprit.
Une unité qui n'admet pas de séparation, mais qui est dirigée par l'esprit et non par la nature. On ne peut connaître un être humain que de l'intérieur, non de l'extérieur. Et le Sauveur est prêt à nous ouvrir Sa propre vie de l'intérieur pour qu'elle devienne pour nous le « pain de vie ». Il est prêt à nous introduire dans cette vie afin que cette entrée soit notre premier pas sur le chemin du Royaume. Il n'y a pas d'autre possibilité : le Royaume entre dans le monde par Lui. Il est le Roi, et les clés du Royaume sont entre Ses mains.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
42 Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » |
43 Jésus leur répondit :« Ne murmurez pas entre vous. |
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
Pourquoi Jésus dit-Il qu’au dernier jour, c’est-à-dire au jour du Jugement, c’est Lui qui ressuscitera ceux qui croient en Lui, et que telle est la volonté du Père ? Et qu’adviendra-t-il alors de tous les autres ? Ne ressusciteront-ils pas du tout ? Ou l’ordre ancien demeure-t-il pour eux, de sorte que Dieu Lui-même les ressuscitera ? On ne saurait guère penser, bien sûr, que la résurrection ne concernera que les chrétiens. Il semble plutôt que ceux qui ont établi une relation particulière avec le Messie envoyé par Dieu conserveront cette relation jusqu’au jour même du Jugement. En effet, quiconque partage une même vie avec le Christ participe au Royaume qu’Il a apporté dans le monde. Or le Royaume ne se révèle dans sa plénitude qu’au dernier jour ; jusque-là, bien qu’il demeure dans le monde, il reste partiellement caché, de sorte que même ceux qui participent à sa vie ne le voient qu’en partie. Il n’est donc pas surprenant que les chrétiens arrivent eux aussi au Jugement autrement que tous les autres : ils viennent comme habitants du Royaume, pour lesquels Celui qui a apporté ce Royaume dans le monde peut se porter garant. Dans ce cas, la probabilité d’une issue favorable du Jugement augmente évidemment considérablement. Alors quoi : Dieu aurait-Il au Jugement une sorte de communauté privilégiée ? D’un côté, on pourrait dire que oui. Mais d’où viennent les privilèges de ses membres, et pourquoi les ont-ils ? Jésus répond à cette question : personne ne viendra à Lui, dans Son Royaume, si Son Père n’y conduit celui qui cherche. Il ne s’agit pas ici de prédestination, ni du fait que le chemin de l’homme serait décidé d’avance de telle manière qu’il serait impossible de le changer. Jésus ne dit rien des critères dont le Père se sert lorsqu’Il montre le chemin vers le Christ et vers le Royaume à ceux auxquels Il le montre. Il est tout à fait possible que le choix de l’homme et sa persévérance sur la voie choisie jouent ici, sinon un rôle décisif, du moins un rôle important. Le fait est que le choix de l’homme seul ne suffit pas : pour reconnaître le Messie en Jésus de Nazareth, une révélation particulière est nécessaire. Si celui qui cherche est prêt, Dieu peut lui donner une telle révélation, et alors le Royaume s’ouvrira devant lui. Dans le Royaume l’attendent une vie nouvelle, de nouvelles relations avec Dieu, et aussi le Jugement : car toute rencontre face à face avec Dieu devient inévitablement pour l’homme non seulement une révélation et une joie, mais aussi un moment de vérité, et donc un Jugement. Il n’est pas surprenant que les habitants du Royaume se trouvent dans une position particulière au jour du Jugement : à ce moment-là, Dieu aura déjà eu plus d’une occasion de les éprouver et de les mettre à l’épreuve, et ils auront réellement eu le temps de devenir Siens. C’est pourquoi le dernier Jugement sera moins effrayant pour eux que pour ceux qui s’étaient auparavant efforcés de fuir tout à la fois Dieu, le Jugement et le Royaume.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
42 Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » |
43 Jésus leur répondit :« Ne murmurez pas entre vous. |
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. |
Poursuivant Sa parole sur le salut et la vie, le Seigneur nous dit aujourd’hui que la volonté de Dieu est que quiconque fait confiance au Fils de Dieu, quiconque, selon la parole du prophète et de l’apôtre, « invoquera le nom du Seigneur » — sera sauvé. Et à la fin du passage d’aujourd’hui, le Seigneur dit que peut venir à Lui celui que le Père attire. Hier, nous avons entendu Sa parole : la volonté du Père consiste dans le salut de tous. Ce n’est pas seulement l’espérance du monde et de l’homme. J’oserai dire que ces paroles du Christ sont l’unique espérance du monde ; tout le reste est tromperie. Et l’on ne peut que s’en réjouir, car le chemin difficile vers la vie est tout de même incomparablement meilleur que le désespoir.
Que répond-on au Christ ? Au fond, la réponse des Juifs se réduit à une formule grossière : « Et toi, qui es-tu ? » « Prouvez donc que votre Jésus est Dieu... » : voilà ce que les chrétiens entendent depuis des siècles. On ne peut pas le prouver, ne serait-ce que parce que ce n’est pas Lui qui nous appartient, mais nous qui Lui appartenons ; pourtant la question n’est même pas là. Une telle protestation contre les paroles du Christ signifie seulement que j’essaie de reporter sur Lui-même la responsabilité de ma défiance. Heureusement, l’Évangile nous donne l’exemple d’une position juste, lorsque l’homme ne remet pas au Christ la responsabilité de l’exploit de la foi, de l’acte d’espérance, mais Le prie de l’y aider en disant : « Je crois, Seigneur — viens au secours de mon incrédulité ».
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