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RÉFLEXIONS pour Col 2:6-15

Le Christ tel que vous l’avez reçu, Jésus le Seigneur, c’est en lui qu’il vous faut marcher,
enracinés et édifiés en lui, appuyés sur la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordant d’action de grâces.
Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie », selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
11 C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme, par l’entier dépouillement de votre corps charnel ; telle est la circoncision du Christ :
12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
13 Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes !
14 Il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l’a supprimée en la clouant à la croix.
15 Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal.
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C'est en quelque sorte le « credo » de l'apôtre Paul. Ce passage montre clairement que, pour Paul, l'essence du christianisme n'est ni une doctrine ou une « philosophie », ni des promesses vides ou des « tromperies », ni une « connaissance » particulière, mais Jésus-Christ Lui-même. En Lui se trouve tout, toute la plénitude de la divinité corporellement. Pourtant, pour ceux auxquels cette épître était adressée, il ne suffisait pas d'écrire ce seul nom ; Paul fait donc de la théologie en énumérant ce que signifie l'entrée de la personne du Christ dans la vie d'un homme : tout l'ordre de la vie change, toute la structure des relations de l'homme avec le monde et avec Dieu se transforme. Auparavant, il leur rappelle que la vie de l'homme avec le Christ commence par la foi et se développe dans l'action de grâce.

Autres réflexions

 
Pour Col 2:6-7
Le Christ tel que vous l’avez reçu, Jésus le Seigneur, c’est en lui qu’il vous faut marcher,
enracinés et édifiés en lui, appuyés sur la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordant d’action de grâces.
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Paul parle de la vie chrétienne comme d'un « demeurer » et d'une « marche » en Christ. Dans la langue de la tradition juive, on décrivait habituellement par ces mots le fait, pour un Juif fidèle, de suivre la Torah, de la garder et d'observer les commandements...  Lire la suite

Paul parle de la vie chrétienne comme d'un « demeurer » et d'une « marche » en Christ. Dans la langue de la tradition juive, on décrivait habituellement par ces mots le fait, pour un Juif fidèle, de suivre la Torah, de la garder et d'observer les commandements. L'apôtre, manifestement, emploie les mêmes mots pour parler de la suite du Christ et de la relation avec Lui. Et cela, bien sûr, n'est pas un hasard : car la première génération chrétienne (et peut-être aussi la deuxième, voire la troisième) voyait dans le Christ l'image de la Torah vivante, l'accomplissement de l'idéal qui, avant la venue du Christ, restait inaccessible.

Devenir une Torah vivante, tel était le désir de chaque Juif croyant, pour peu qu'il prît la vie spirituelle au sérieux. Mais pour cela, il fallait vivre de telle sorte que rien, en dehors de cet impératif spirituel et moral qui venait de Dieu et que l'on appelait la Torah intérieure, ne détermine la vie de celui qui cherche. Atteindre un tel état était pratiquement impossible à l'homme déchu : la nature blessée par le péché y faisait obstacle. Jésus peut manifester au monde l'exemple de la Torah vivante précisément parce que Sa nature est libre du pouvoir du péché. Mais la même tâche se tient devant chacun de Ses disciples : les disciples du Christ doivent eux aussi devenir une Torah vivante.

Autrement, vivre de la vie du Royaume est impossible : il faut ici se trouver dans un état spirituel particulier, qui exige une certaine qualité de vie intérieure, et cette qualité exige que la vie de l'homme soit déterminée seulement par la Torah intérieure, seulement par la volonté de Dieu agissant en l'homme et par les intentions qui lui correspondent. Un tel homme devient semblable au Christ non extérieurement, mais en substance : car dans le Christ aussi, la volonté de Dieu agit directement, et cela dans toute sa plénitude. Cependant, l'homme ne peut devenir une Torah vivante que dans la communion immédiate avec le Christ, dans l'espace spirituel des relations qui le lient à Lui.

Autrement, rien ne réussira : sans relations vivantes avec le Christ et en dehors d'elles, l'homme restera seul face à son péché, comme cela arrivait aux temps préchrétiens, et alors l'échec est inévitable. C'est ce fait de demeurer dans la dynamique des relations vivantes avec le Christ, comme à l'intérieur d'elles, dans l'espace spirituel qu'elles forment, que Paul appelle « demeurer » en Christ et « marcher » en Christ, en indiquant l'un et l'autre comme condition indispensable d'une vie chrétienne normale.

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Pour Col 2:6-7
Le Christ tel que vous l’avez reçu, Jésus le Seigneur, c’est en lui qu’il vous faut marcher,
enracinés et édifiés en lui, appuyés sur la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordant d’action de grâces.
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Paul (certainement pas par hasard) parle beaucoup et très souvent de la fidélité. Et il ne s’agit pas seulement de la fidélité envers Dieu, envers le Christ et le Royaume, bien qu'en premier lieu, bien sur d’elle. Mais en dehors d'eux il s'agit de la fidélité envers le choix une fois fait, qui est parfois, comme cela...  Lire la suite

Paul (certainement pas par hasard) parle beaucoup et très souvent de la fidélité. Et il ne s’agit pas seulement de la fidélité envers Dieu, envers le Christ et le Royaume, bien qu'en premier lieu, bien sur d’elle. Mais en dehors d'eux il s'agit de la fidélité envers le choix une fois fait, qui est parfois, comme cela peut se montrer paradoxal, plus important que la fidélité envers Dieu, le Christ ou le Royaume. En effet que signifie la fidélité envers Dieu? Ou la fidélité envers le Christ? Si le christianisme était une nouvelle religion, ou une nouvelle théologie, ou une nouvelle doctrine morale, tout serait simple et clair: dans ce cas il nous serait suffisant de déclarer notre engagement à la doctrine appropriée et son Fondateur, eh bien, peut-être même encore participer périodiquement à certaines activités rituelles et porter quelques signes distinctifs. Mais en effet, il ne s’agit pas d’une nouvelle doctrine et non plus d’une nouvelle religion, mais d’une vie nouvelle, de la vie dans ce Royaume, que le Sauveur a apporté au monde. Et la constance est nécessaire dans la vie, et avant tout la constance dans les relations, définissant dans notre vie les priorités, qui à leur tour, sont définies par le système de valeurs, que nous suivons.

De ces éléments, se forme la fidélité — aux amis, la famille, les adhérents et aux coreligionnaires, à la vocation de vie et au chemin choisi. Et principalement une telle fidélité ne se distingue en rien de cette fidélité envers Dieu et le Christ, sans laquelle est impossible la vie dans le Royaume. Il n’y a qu’une fidélité, et elle signifie la constance des relations, et aussi la constance du système des valeurs et les priorités de vie. Sans une telle fidélité, est impossible toute vie non seulement dans le Royaume, mais aussi dans notre monde non transformé.

Cependant dans le monde non transformé sans ce pivot intérieur spirituel, qui au niveau des relations de vie se manifeste à travers la fidélité, on peut encore d’une certaine manière vivre, même si c’est bien sûr seulement avec grande réserve qu’on peut appeler vie cette existence, que l’homme doit mener. Et voici dans le Royaume, sans lui, il est impossible de se retenir même un instant. Car, l'espace spirituel même du Royaume est formé notamment par les relations— les relations de ses habitants entre eux, leurs relations avec Christ, les relations du Christ avec le Père. Sans elles, il n'y a pas de Royaume. Et donc, il n'y en a pas aussi sans fidélité, sans laquelle les relations sont impossibles dans le Royaume.

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Pour Col 2:8-12
Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie », selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
11 C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme, par l’entier dépouillement de votre corps charnel ; telle est la circoncision du Christ :
12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
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Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre la Circoncision du Seigneur, en faisant mémoire de la manière dont le Seigneur Jésus fut circoncis le huitième jour après sa naissance...  Lire la suite

Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre la Circoncision du Seigneur, en faisant mémoire de la manière dont le Seigneur Jésus fut circoncis le huitième jour après sa naissance (Lc 2:21); la lecture de l'Épître aux Colossiens nous rappelle qu'en nous unissant au Christ, nous entrons aussi dans Sa circoncision. «En Lui, dit l'apôtre, vous avez aussi été circoncis». Qu'est-ce que cela signifie?

Pour le comprendre, il faut revenir au sens vétérotestamentaire de la circoncision: le signe de l'alliance de Dieu avec Abraham. Dans Son accord avec Abraham, Dieu a promis de faire sortir de lui un grand peuple, d'assurer la survie de ce peuple jusqu'au moment où toutes les familles de la terre seraient bénies en lui; en retour, Il attend d'Abraham et de ses descendants la foi, la confiance en Dieu, l'abandon de soi-même et de sa descendance entre les mains de Dieu. Le signe d'une telle confiance se trouve être la circoncision, le morceau retranché du prépuce.

Dans le Christ, la confiance absolue envers le Père demeure depuis l'éternité («Avant qu'Abraham fût, Je suis», Jn 8:58); Sa circoncision est Son absence de péché, la chair qui a rejeté le péché, le signe non fait de main d'homme de l'accord total avec le Père. C'est pourquoi rien de pécheur ne peut s'unir à Lui, et notre baptême se trouve être en même temps notre circoncision, retranchant le péché pour l'entrée dans le corps du Christ.

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Pour Col 2:8-12
Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie », selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
11 C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme, par l’entier dépouillement de votre corps charnel ; telle est la circoncision du Christ :
12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
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Après avoir lu le passage d'aujourd'hui de l'Épître aux Colossiens, de nombreux chrétiens se mettent à fuir la philosophie et tout ce qui est lié à...  Lire la suite

Après avoir lu le passage d'aujourd'hui de l'Épître aux Colossiens, de nombreux chrétiens se mettent à fuir la philosophie et tout ce qui est lié à la vie intellectuelle comme s'il s'agissait d'une peste spirituelle. Et pour cause : il suffirait de peu pour philosopher jusqu'à perdre son salut. Mais rares sont probablement ceux qui réfléchissent au sens originel du mot employé par Paul : l'amour de la sagesse, et plus précisément d'une sagesse qui suit les « lois » (les « éléments », comme le dit Paul) « de ce monde ». Or, pour un homme élevé dans la tradition biblique, la sagesse n'est pas une réalité théorique ou spéculative, mais tout à fait pratique. Dans les livres de l'Ancien Testament, on appelait sagesse aussi bien le savoir-faire de l'artisan, qui à cette époque était toujours un peu artiste, que l'art de gouverner un État, et même la maîtrise d'une vie juste. Car la justice, comme œuvre divino-humaine, exigeait non seulement la conduite de Dieu, mais aussi un art humain qui aidait le juste à éviter le péché et à suivre la Torah autant que cela est possible à un homme dont la nature est atteinte par le péché. Or l'amour d'une sagesse fondée sur les lois de notre monde—monde en voie de transfiguration, mais qui n'est pas encore transfiguré jusqu'au bout—ne pouvait avoir qu'une seule conséquence : un tel amateur construirait sa vie spirituelle, et même sa vie tout entière, précisément selon ces lois, et non selon les lois du Royaume. De cette manière, on peut en effet rapidement perdre et le Royaume et le salut.

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Pour Col 2:8-23
Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie », selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
11 C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme, par l’entier dépouillement de votre corps charnel ; telle est la circoncision du Christ :
12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
13 Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes !
14 Il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l’a supprimée en la clouant à la croix.
15 Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal.
16 Dès lors, que nul ne s’avise de vous critiquer sur des questions de nourriture et de boisson, ou en matière de fêtes annuelles, de nouvelles lunes ou de sabbats.
17 Tout cela n’est que l’ombre des choses à venir, mais la réalité, c’est le corps du Christ.
18 Que personne n’aille vous en frustrer, en se complaisant dans d’humbles pratiques, dans un culte des anges : celui-là donne toute son attention aux choses qu’il a vues, bouffi qu’il est d’un vain orgueil par sa pensée charnelle,
19 et il ne s’attache pas à la Tête, dont le Corps tout entier reçoit nourriture et cohésion, par les jointures et ligaments, pour réaliser sa croissance en Dieu.
20 Du moment que vous êtes morts avec le Christ aux éléments du monde, pourquoi vous plier à des ordonnances comme si vous étiez de ce monde ?
21 « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas »,
22 tout cela pour des choses vouées à périr par leur usage même ! Voilà bien les prescriptions et doctrines des hommes !
23 Ces sortes de règles peuvent faire figure de sagesse par leur affectation de religiosité et d’humilité qui ne ménage pas le corps ; en fait elles n’ont aucune valeur pour l’insolence de la chair.
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En réfléchissant à la vie spirituelle, Paul mentionne certaines doctrines humaines, qu'il appelle «philosophie»; selon...  Lire la suite

En réfléchissant à la vie spirituelle, Paul mentionne certaines doctrines humaines, qu'il appelle «philosophie»; selon l'apôtre, en les suivant, il est facile de perdre l'essentiel qui fait le sens du christianisme (v. 8-10). Et l'essentiel, selon Paul, réside dans cette vie nouvelle, la vie du Royaume, pour laquelle le Sauveur a payé par Sa mort sur la croix (v. 11-15). En parlant de «ce qui était écrit contre nous» («l'acte rédigé contre nous», v. 14), l'apôtre entend manifestement la Torah, dont le témoignage ne fait toujours que condamner le pécheur en dévoilant ses péchés. On ne pourrait s'opposer à un tel témoignage qu'en étant totalement délivré du péché et en manifestant la plénitude de la justice, en devenant, selon l'expression couramment admise dans les milieux rabbiniques de l'époque, une «Torah vivante». Mais cet idéal demeurait inaccessible à l'homme atteint par le péché originel, et seul le Sauveur Lui-même a pu manifester l'exemple de la «Torah vivante», Lui en qui, selon la parole de Paul, demeure toute la plénitude de Dieu (v. 9). C'est précisément le modèle manifesté par le Sauveur qui rend sans effet le témoignage de la Torah sur notre état de péché et nous ouvre la route du Royaume (v. 14; le mot grec correspondant désigne non seulement un «enseignement», mais aussi un «exemple» ou un «modèle»).

Mais l'Église de Colosses était manifestement troublée par des prédicateurs qui tentaient de ramener les chrétiens de ce lieu, en réalité, dans le passé préchrétien. Il semble que ce soient eux qui accordaient une importance particulière au côté religieux du judaïsme, rappelant sans cesse aux chrétiens de Colosses les règles et coutumes religieuses, insistant sur leur observance stricte comme condition principale pour obtenir le Royaume (v. 16-19). Pour Paul, tout retour à la religion n'est pas un chemin vers le Royaume, mais un éloignement de lui. Il comprend parfaitement que toutes les normes et règles religieuses appartiennent non au Royaume, mais à notre monde pas encore transfiguré (v. 20-22). Certes, elles peuvent parfois aider l'homme sur son chemin spirituel. Mais elles peuvent aussi devenir un obstacle pour ceux qui cherchent le Royaume, si on en fait le but et le sens: car alors elles ne créent qu'une illusion de vie spirituelle, sans avoir en réalité aucun rapport avec elle. Ce n'est pas par hasard que Paul dit d'une telle religiosité qu'elle a seulement l'apparence de la sagesse, sans en être réellement une (v. 23): pour lui, le Royaume est le seul but de la vie chrétienne, et il rejette tout ce qui peut en détourner et faire sortir du chemin.

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Pour Col 2:8-23
Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie », selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
11 C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme, par l’entier dépouillement de votre corps charnel ; telle est la circoncision du Christ :
12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
13 Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes !
14 Il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l’a supprimée en la clouant à la croix.
15 Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal.
16 Dès lors, que nul ne s’avise de vous critiquer sur des questions de nourriture et de boisson, ou en matière de fêtes annuelles, de nouvelles lunes ou de sabbats.
17 Tout cela n’est que l’ombre des choses à venir, mais la réalité, c’est le corps du Christ.
18 Que personne n’aille vous en frustrer, en se complaisant dans d’humbles pratiques, dans un culte des anges : celui-là donne toute son attention aux choses qu’il a vues, bouffi qu’il est d’un vain orgueil par sa pensée charnelle,
19 et il ne s’attache pas à la Tête, dont le Corps tout entier reçoit nourriture et cohésion, par les jointures et ligaments, pour réaliser sa croissance en Dieu.
20 Du moment que vous êtes morts avec le Christ aux éléments du monde, pourquoi vous plier à des ordonnances comme si vous étiez de ce monde ?
21 « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas »,
22 tout cela pour des choses vouées à périr par leur usage même ! Voilà bien les prescriptions et doctrines des hommes !
23 Ces sortes de règles peuvent faire figure de sagesse par leur affectation de religiosité et d’humilité qui ne ménage pas le corps ; en fait elles n’ont aucune valeur pour l’insolence de la chair.
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Dans notre manière de penser quotidienne, nous supposons que la repentance naît de la tristesse causée par l’iniquité que nous avons commise...  Lire la suite

Dans notre manière de penser quotidienne, nous supposons que la repentance naît de la tristesse causée par l’iniquité que nous avons commise. Or, dans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Paul dit une chose très importante : la tristesse selon Dieu produit une repentance irrévocable qui conduit au salut (dans la traduction synodale : « la tristesse selon Dieu produit une repentance immuable pour le salut »). Pour que s’opère ce changement de pensée irrévocable et définitif (sens littéral du mot grec habituellement traduit par « repentance »), il faut aspirer à Dieu, s’attrister d’être séparé de Lui et désirer Le rencontrer. Cela seul porte du fruit. Cela seul nous rend capables de vivre selon la vérité et les commandements. Toute notre aspiration au perfectionnement de soi est louable, mais sans effet.

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Pour Col 2:8-23
Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie », selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
11 C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme, par l’entier dépouillement de votre corps charnel ; telle est la circoncision du Christ :
12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.
13 Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes !
14 Il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l’a supprimée en la clouant à la croix.
15 Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal.
16 Dès lors, que nul ne s’avise de vous critiquer sur des questions de nourriture et de boisson, ou en matière de fêtes annuelles, de nouvelles lunes ou de sabbats.
17 Tout cela n’est que l’ombre des choses à venir, mais la réalité, c’est le corps du Christ.
18 Que personne n’aille vous en frustrer, en se complaisant dans d’humbles pratiques, dans un culte des anges : celui-là donne toute son attention aux choses qu’il a vues, bouffi qu’il est d’un vain orgueil par sa pensée charnelle,
19 et il ne s’attache pas à la Tête, dont le Corps tout entier reçoit nourriture et cohésion, par les jointures et ligaments, pour réaliser sa croissance en Dieu.
20 Du moment que vous êtes morts avec le Christ aux éléments du monde, pourquoi vous plier à des ordonnances comme si vous étiez de ce monde ?
21 « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas »,
22 tout cela pour des choses vouées à périr par leur usage même ! Voilà bien les prescriptions et doctrines des hommes !
23 Ces sortes de règles peuvent faire figure de sagesse par leur affectation de religiosité et d’humilité qui ne ménage pas le corps ; en fait elles n’ont aucune valeur pour l’insolence de la chair.
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Paul écrit que le christianisme suppose une vie spirituelle, et non une vie religieuse. Les Églises de Colosses connaissaient les mêmes problèmes que ceux qui apparaissaient alors dans d'autres communautés ecclésiales...  Lire la suite

Paul écrit que le christianisme suppose une vie spirituelle, et non une vie religieuse. Les Églises de Colosses connaissaient les mêmes problèmes que ceux qui apparaissaient alors dans d'autres communautés ecclésiales: un glissement, dans une certaine mesure bien sûr, vers la religion, une tendance à remplacer la vie spirituelle par la vie religieuse, avec toutes les conséquences qui en découlent: le développement du légalisme, l'exigence d'observer obligatoirement les prescriptions religieuses juives, et d'autres choses semblables.

Paul, lui, comprend parfaitement que l'essence du christianisme est ailleurs: dans le Christ, l'homme est transformé, sa nature même, y compris sa nature corporelle, change; l'homme participe à la vie du Royaume, et le «corps de chair» se transforme à mesure qu'il participe à cette vie. C'est cette transformation que l'apôtre appelle, au sens spirituel, la circoncision. En effet, la circoncision symbolisait dès l'origine tel ou tel type d'initiation, le passage de l'homme à une qualité nouvelle ou à un état nouveau.

Les initiations pouvaient être liées à l'âge ou à la religion; dans le yahvisme, la circoncision en vint à symboliser l'entrée dans la communauté du peuple de Dieu et la participation à la plénitude spirituelle qu'elle porte. Mais il n'y a pas de changement plus grand que celui que vit l'homme lorsqu'il devient chrétien et participe à la vie du Royaume: à celui qui y participe s'ouvre une plénitude que l'on ne trouve nulle part ailleurs.

Dans cette perspective, il devient possible non seulement que la vie de l'homme et son état intérieur changent, mais aussi qu'il reçoive une qualité nouvelle de sa propre nature, une transformation qui le rendra pleinement et pour toujours autre. Bien sûr, l'achèvement de ce processus n'aura pas lieu avant le jour du retour du Sauveur et du triomphe complet du Royaume, mais il commence lorsque l'homme se tourne vers le Christ et participe pour la première fois à la vie du Royaume.

Pourtant, par peur du péché et de ses conséquences, beaucoup cherchaient à retourner en arrière, vers la religion, afin de s'y abriter du danger qui les menaçait. En effet, la religion repose réellement, dans une large mesure, sur la peur, non pas sur la peur de phénomènes naturels inconnus, comme on le pensait autrefois, mais sur cette peur existentielle et métaphysique que l'homme éprouve lorsqu'il sent sa propre nature blessée par le péché.

C'est de cette peur que parle l'apôtre lorsqu'il dit qu'avec le Christ nous n'avons rien à craindre: car il prend sur lui les conséquences des péchés que nous avons commis, en promettant de nous aider à nous en défaire et, finalement, à nous en libérer. Il a lui-même déchiré sur la croix tous nos actes de dette, notre «écrit d'accusation», nous donnant la possibilité de commencer une vie sur une page blanche. Aucune religion n'aurait pu faire pour nous rien de semblable, comme Paul le rappelle aux destinataires de son épître.

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Pour Col 2:13-20
13 Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes !
14 Il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l’a supprimée en la clouant à la croix.
15 Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal.
16 Dès lors, que nul ne s’avise de vous critiquer sur des questions de nourriture et de boisson, ou en matière de fêtes annuelles, de nouvelles lunes ou de sabbats.
17 Tout cela n’est que l’ombre des choses à venir, mais la réalité, c’est le corps du Christ.
18 Que personne n’aille vous en frustrer, en se complaisant dans d’humbles pratiques, dans un culte des anges : celui-là donne toute son attention aux choses qu’il a vues, bouffi qu’il est d’un vain orgueil par sa pensée charnelle,
19 et il ne s’attache pas à la Tête, dont le Corps tout entier reçoit nourriture et cohésion, par les jointures et ligaments, pour réaliser sa croissance en Dieu.
20 Du moment que vous êtes morts avec le Christ aux éléments du monde, pourquoi vous plier à des ordonnances comme si vous étiez de ce monde ?
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Dans notre manière de penser quotidienne, nous supposons que la repentance naît de la tristesse causée par l’iniquité que nous avons commise...  Lire la suite

Dans notre manière de penser quotidienne, nous supposons que la repentance naît de la tristesse causée par l’iniquité que nous avons commise. Or, dans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Paul dit une chose très importante : la tristesse selon Dieu produit une repentance irrévocable qui conduit au salut (dans la traduction synodale : « la tristesse selon Dieu produit une repentance immuable pour le salut »). Pour que s’opère ce changement de pensée irrévocable et définitif (sens littéral du mot grec habituellement traduit par « repentance »), il faut aspirer à Dieu, s’attrister d’être séparé de Lui et désirer Le rencontrer. Cela seul porte du fruit. Cela seul nous rend capables de vivre selon la vérité et les commandements. Toute notre aspiration au perfectionnement de soi est louable, mais sans effet.

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Pour Col 1:24-2:7
24 En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair pour son Corps, qui est l’Église.
25 Car je suis devenu ministre de l’Église, en vertu de la charge que Dieu m’a confiée, de réaliser chez vous l’avènement de la Parole de Dieu,
26 ce mystère resté caché depuis les siècles et les générations et qui maintenant vient d’être manifesté à ses saints :
27 Dieu a bien voulu leur faire connaître de quelle gloire est riche ce mystère chez les païens : c’est le Christ parmi vous ! l’espérance de la gloire !
28 Ce Christ, nous l’annonçons, avertissant tout homme et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de rendre tout homme parfait dans le Christ.
29 Et c’est bien pour cette cause que je me fatigue à lutter, avec son énergie qui agit en moi avec puissance.
Oui, je désire que vous sachiez quelle dure bataille je dois livrer pour vous, pour ceux de Laodicée, et pour tant d’autres qui ne m’ont jamais vu de leurs yeux ;
afin que leurs cœurs en soient stimulés et que, étroitement rapprochés dans l’amour, ils parviennent au plein épanouissement de l’intelligence qui leur fera pénétrer le mystère de Dieu,
dans lequel se trouvent, cachés, tous les trésors de la sagesse et de la connaissance !
Je dis cela pour que nul ne vous abuse par des discours spécieux.
Sans doute, je suis absent de corps ; mais en esprit je suis parmi vous, heureux de voir le bel ordre qui règne chez vous et la solidité de votre foi au Christ.
Le Christ tel que vous l’avez reçu, Jésus le Seigneur, c’est en lui qu’il vous faut marcher,
enracinés et édifiés en lui, appuyés sur la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordant d’action de grâces.
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En poursuivant son propos sur le christianisme et la vie chrétienne, Paul passe au thème de son propre ministère, dont il voit le sens dans le fait qu'en lui la parole de Dieu a été accomplie (v. 24-29). En parlant d'«accomplissement», l'apôtre entend manifestement le sens premier du mot grec correspondant, qui supposait l'«accomplissement» comme complément, comme conduite à la plénitude de ce qui n'était pas encore parvenu à la plénitude.

Par là, Paul attire l'attention des destinataires de son épître sur la tâche double qui se tient devant l'Église dans notre monde en cours de transfiguration, mais pas encore transfiguré jusqu'au bout, en l'appliquant au ministère concret de chrétiens particuliers. D'une part, le ministère de tout chrétien suppose son propre enracinement dans la vie du Royaume, ce qui, bien sûr, est impensable sans la transfiguration de sa nature humaine. Pour une telle transfiguration, l'action directe de Dieu sur cette nature est nécessaire, et l'apôtre ne parle certainement pas par hasard de la puissance de Dieu qui agit en lui comme en quiconque accomplit l'oeuvre de Dieu (v. 29): car il est impossible d'accomplir l'oeuvre de Dieu par les seules forces humaines; l'intervention directe de Celui qui a confié cette oeuvre à Son serviteur est nécessaire.

D'autre part, le ministère du serviteur ne se réduit pas à l'exécution d'une tâche concrète, quand bien même cette tâche serait une mission directement donnée par Dieu. Il est directement lié à la plénitude du Royaume, vers laquelle tend tout chrétien. Et tout ministère, s'il demeure bien jusqu'au bout l'oeuvre de Dieu, devient non seulement un pas du serviteur vers cette plénitude, mais aussi l'avènement de la plénitude du Royaume à travers un ministère concret, plénitude qui s'y manifeste comme dans toute oeuvre de Dieu. Les souffrances mêmes de l'apôtre ne sont donc plus simplement des souffrances pour le Christ; elles en sont le prolongement, de même que l'existence de l'Église dans notre monde pas encore transfiguré jusqu'au bout est le prolongement, en lui, de cette histoire du Royaume qui a commencé avec la venue du Sauveur dans le monde et s'est poursuivie par Sa mort sur la croix et Sa résurrection.

C'est pourquoi Paul parle de la consolation que les nouvelles de ses souffrances devaient apporter aux destinataires de son épître (v. 1-3): elles signifiaient non seulement la fidélité de l'apôtre lui-même à son ministère, mais aussi que le Royaume grandit, et que le jour de son plein triomphe et du retour du Sauveur approche: nouvelle véritablement joyeuse pour tout chrétien.

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