34 Dégrisez-vous, comme il sied, et ne péchez pas ; car il en est parmi vous qui ignorent tout de Dieu. Je le dis à votre honte. |
Le message sur la résurrection corporelle des morts était nouveau pour les païens qui ont cru en Christ il n’ya pas longtemps, et ils percevaient ce message avec beaucoup de peine. Ils étaient troublés par de différentes questions «techniques» : quand? Comment? Dans quel corps ? L'apôtre Paul dit que de tels achoppements attestent l’incrédulité envers l’Omnipotent et au Dieu plein de bonté, et toute incrédulité envers Dieu est un péché.
Notons pour nous-mêmes les mots de Paul sur «l'ignorance du Dieu», ils peuvent se rapporter et à nous, même si nous croyons à la résurrection du corps. Il y a deux altérations assez fréquentes de l'image de Dieu parmi les croyants : soit on Le présente comme un juge sévère n'ayant pas d’indulgences et de miséricordes envers les pécheurs, soit au contraire, si bénin que nos violations des commandements ne Le concernent du tout pas. Il est clair que les deux caricatures conduisent au péché - le dédain ou la miséricorde, ou la vérité. Écoutons donc l'appel de Paul : «Dégrisez-vous!»
20 Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. |
21 Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. |
22 De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ. |
23 Mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement. |
24 Puis ce sera la fin, lorsqu’il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. |
25 Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds.
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26 Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort ; |
27 car il a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dira : « Tout est soumis désormais », c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses. |
28 Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. |
29 Autrement, que feront « ceux qui se seront épuisés pour des morts » ? Si ceux qui sont réellement morts ne ressuscitent pas, pourquoi s’épuiser pour eux ? |
30 Et nous-mêmes, pourquoi à toute heure nous exposer au péril ? |
31 Chaque jour je suis à la mort, aussi vrai, frères, que vous êtes pour moi un titre de gloire dans le Christ Jésus, notre Seigneur. |
32 Si c’est dans des vues humaines que j’ai livré combat contre les bêtes à Éphèse, que m’en revient-il ? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons.
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33 Ne vous y trompez pas : « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » |
34 Dégrisez-vous, comme il sied, et ne péchez pas ; car il en est parmi vous qui ignorent tout de Dieu. Je le dis à votre honte. |
La résurrection du Christ est le commencement d’une humanité nouvelle, ressuscitée ; c’est en ce sens que l’Apôtre Paul L’appelle les prémices de ceux qui sont morts. L’union des chrétiens avec le Christ ressemble au lien mystérieux de tous les hommes avec Adam : nous avons tous péché en Adam, et c’est pourquoi la mort règne sur tous les hommes (cf. Rm 5,12–14). Adam est le premier des hommes à être mort et a ainsi inauguré l’ère de la mort ; Jésus est le premier des hommes à être ressuscité et a inauguré l’ère messianique de la résurrection.
Une question se pose aussitôt : « Pourquoi donc les chrétiens continuent-ils de mourir, et pourquoi personne encore, hormis le Christ Lui-même, n’est-il ressuscité comme Lui, dans un corps nouveau, pour ne plus mourir ? » La réponse de l’Apôtre est remarquable en ce que tout l’intervalle entre la résurrection du Christ et celle de ceux qui sont dans le Christ tient dans un seul petit mot : « ensuite » (1 Co 15,23).
Pour Dieu, « un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour » (2 P 3,8). Nous ignorons combien de temps durera l’histoire du monde entre la résurrection du Christ et Sa seconde venue ; près de deux mille ans se sont déjà écoulés. Mais toute cette époque n’est qu’un bref intervalle dans le dessein de Dieu pour le monde et l’homme ; l’Écriture l’appelle les « derniers jours » (cf. He 1,1–2 ; 2 P 3,3).
À la fin du passage se trouve une pensée que, dix-neuf siècles plus tard, l’un des personnages de Dostoïevski exprimera en d’autres termes : « S’il n’y a ni Dieu ni immortalité, tout est permis. » Les mots « mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (1 Co 15,32) sont une citation de la prophétie d’Isaïe (Is 22,13). Ils sont prononcés par ceux qui festoient et se réjouissent dans Jérusalem assiégée et condamnée. Il n’y a aucune espérance dans cette réjouissance ; mais nous, nous avons une espérance : le Christ.
20 Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. |
21 Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. |
22 De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ. |
23 Mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement. |
24 Puis ce sera la fin, lorsqu’il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. |
25 Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds.
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26 Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort ; |
27 car il a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dira : « Tout est soumis désormais », c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses. |
28 Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. |
29 Autrement, que feront « ceux qui se seront épuisés pour des morts » ? Si ceux qui sont réellement morts ne ressuscitent pas, pourquoi s’épuiser pour eux ? |
30 Et nous-mêmes, pourquoi à toute heure nous exposer au péril ? |
31 Chaque jour je suis à la mort, aussi vrai, frères, que vous êtes pour moi un titre de gloire dans le Christ Jésus, notre Seigneur. |
32 Si c’est dans des vues humaines que j’ai livré combat contre les bêtes à Éphèse, que m’en revient-il ? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons.
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33 Ne vous y trompez pas : « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » |
34 Dégrisez-vous, comme il sied, et ne péchez pas ; car il en est parmi vous qui ignorent tout de Dieu. Je le dis à votre honte. |
En poursuivant son propos sur la résurrection universelle, Paul, on le voit, ne la sépare pas de l'histoire du Royaume, qui se déploie peu à peu dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré jusqu'au bout. Et seule la résurrection, et nullement l'immortalité de l'âme, est pour l'apôtre la véritable victoire sur la mort.
À proprement parler, toute l'histoire du Royaume devient pour lui une série d'étapes se succédant sur le chemin de cette victoire. La victoire principale est déjà remportée : le Christ est ressuscité d'entre les morts, et Sa résurrection devient le gage du triomphe définitif du Royaume à la fin des temps (v. 20). Il est le premier, mais d'autres Le suivront. L'opposition centrale de l'époque actuelle est, selon la pensée de l'apôtre, l'opposition du Christ et du Royaume, avec sa plénitude de vie, à cette mort qui est entrée dans le monde après la chute, mort que l'on ne peut vaincre en n'espérant que l'immortalité de l'âme (v. 21-22). Mais la résurrection est un processus qui demande du temps, un temps que l'on peut aussi mesurer aux horloges de notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré jusqu'au bout. Cela n'a rien d'étonnant : le Royaume n'est pas étranger à notre monde ; il y entre pour le transformer entièrement, et l'histoire du Royaume ne peut pas se dérouler séparément de l'histoire qui se poursuit encore par inertie dans notre monde, bien que son sens et sa force motrice se soient épuisés avec la venue du Sauveur.
Selon le témoignage de l'évangéliste, le processus de la résurrection universelle a commencé au moment de la mort du Sauveur sur la croix (Mt 27,50-53), et il s'achèvera, selon les paroles de Paul, le jour de Son retour (v. 23). C'est précisément ce jour-là que l'Église manifestera au monde sa plénitude comme plénitude du corps du Christ, dont parlait l'apôtre. Ceux qui ont cherché le Royaume et l'ont trouvé à l'époque présente pourront jouir jusqu'au bout de cette plénitude de vie que, aujourd'hui, même en touchant le Royaume, nous ne vivons qu'en partie.
Pour ceux, en revanche, qui n'ont rien cherché, ce jour deviendra le jour de ce dernier Jugement où se décidera leur destin dans l'éternité (v. 24-25). Sans un tel jugement, il est impossible de clore l'étape historique actuelle, de même qu'il est impossible sans lui que le Christ et le Royaume triomphent pleinement et définitivement de cette mort qui est entrée dans le monde avec la chute (v. 26-28). Seule une telle perspective donne sens au christianisme et à la vie chrétienne ; sinon, il ne vaut même pas la peine de commencer, car si le monde doit rester pour toujours tel qu'il est maintenant, mieux vaut alors vraiment, selon le proverbe bien connu, « manger, boire et se réjouir tant que nous sommes vivants » (v. 29-33). Le christianisme n'est pas une religion, mais la vie dans le Royaume ; c'est pourquoi suivre le Christ n'a de sens que pour celui pour qui ce Royaume est plus important que tout ce qu'il possède ou peut trouver dans notre monde, pas encore transfiguré.
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