6 Songez-y : qui sème chichement moissonnera aussi chichement ; qui sème largement moissonnera aussi largement. |
7 Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie.
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8 Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre, |
9 selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. |
10 Celui qui fournit au laboureur la semence et le pain qui le nourrit vous fournira la semence à vous aussi, et en abondance, et il fera croître les fruits de votre justice.
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Nous pensons toujours que, pour donner, nous devons d'abord recevoir quelque chose. L'apôtre Paul renverse cette logique : il n'est donné qu'à celui qui donne. En cela, il suit parfaitement le Christ : dans l'Évangile selon Jean, Jésus dit des choses très semblables. Veux-tu la vie éternelle ? Donne celle que tu as. Veux-tu la récompense du Père ? Commence par servir.
7 Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie.
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La bienfaisance chrétienne est bien connue dans le monde. D'ailleurs, pas seulement chrétienne: une telle pratique est familière aux Juifs, et aux musulmans aussi. Mais il y a entre la bienfaisance chrétienne et la bienfaisance des Juifs ou des musulmans une différence essentielle: à la différence de la bienfaisance juive ou islamique, la bienfaisance chrétienne est une chose purement volontaire. Certainement pas le moindre, cela s'explique par le fait que le christianisme, comme on l'appelle parfois, est «une religion d'amour», et l'amour ne supporte aucune contrainte, aucune «obligation». Mais le problème n’est pas apparemment tout de même seulement dans les relations d'amour mutuel liant les chrétiens entre eux. Le problème probablement est que le christianisme n’est pas du tout une religion, mais simplement la vie dans le Royaume. La vie, qui n'est réglementée par aucunes règles et rituels, excepté les commandements donnés par Dieu. Oui et les commandements au compte final ne doivent pas devenir un règlement extérieur, même s’ils sont acceptés volontairement, mais plutôt cette tige spirituelle, qui organisera toute la vie de la personne de l'intérieur, et non de l’extérieur. Avec une telle vie, bien sûr on ne peut parler d’aucune bienfaisance obligatoire, car réglementer la bienfaisance signifierait, au fond, réglementer l'aide au prochain, et la vie dans le Royaume n'a pas seulement besoin de telles réglementations: elles sont tout simplement impossibles dans le Royaume. Ce n’est pas par hasard que l'apôtre cite le psaume de «celui qui donne avec plaisir», dont «Dieu aime». En effet, la joie pour le bien, fait au prochain est possible seulement dans le Royaume et d'après les lois du Royaume, d'après les lois du monde non transformé la vraie joie est possible seulement lorsqu’on vous aide. Bien sûr, celui qui aide, même dans le monde non transformé peut recevoir de son aide une satisfaction morale, mais pas de ce bien qu’il a fait au prochain, mais des circonstances accessoires accompagnant une telle action (le sentiment de reconnaissance vivement exprimé du côté de la personne comblée de bienfaits de l'aide, l'approbation de la société, même le plaisir provoqué par le sentiment de l’accomplissement du devoir religieux). Mais si celui qui aide le prochain éprouve en plus de cela une véritable joie, alors l'a touché le souffle du Royaume. Et Paul, comprenant très bien cela, appelle à la bienfaisance non pas comme un devoir religieux fatigant, mais comme la manifestation des relations du Royaume. Des relations, sans lesquelles il n’y a pas de christianisme.
8 Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre, |
9 selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. |
Paul avance des arguments traditionnels dans le judaïsme, enracinés dans une conception elle aussi traditionnelle de la pauvreté—avant tout comme état spirituel et non comme situation matérielle. À première vue, il pourrait sembler qu'il s'agit d'échanger des biens matériels contre certains biens spirituels, jusqu'au salut. Le Sauveur lui-même a parfois dit des choses qui, à première vue, paraissaient semblables : il a par exemple proposé au jeune homme riche venu le trouver de distribuer sa richesse terrestre et de recevoir en échange un autre trésor, céleste. Mais, en réalité, les choses ne sont pas si simples. Il ne s'agit pas d'un simple échange d'une richesse contre une autre, mais plutôt du refus de reconnaître comme sien ce qui vous appartient. Et il ne s'agit pas seulement du caractère relatif du droit de propriété en tant que tel—dont il ne saurait être question à propos du Royaume. Il s'agit de l'attitude d'une personne envers ce qu'elle considère comme sien.
Que mettons-nous dans la notion de « nôtre » ? Appelons-nous ainsi quelque chose qui nous appartient de droit, que nous avons mérité, gagné et légalement acquis ? Ou s'agit-il de quelque chose qui nous est donné pour notre usage, peut-être même à vie, mais seulement pour notre usage ? S'agissant des biens matériels, nous comprenons tous parfaitement—si, bien sûr, nous nous donnons la peine d'y réfléchir un peu—qu'ils nous sont donnés pour notre usage, ne serait-ce que parce que nous ne les emporterons pas avec nous en quittant ce monde. Quant à des choses comme les connaissances, les talents ou les capacités, la situation est souvent moins évidente, du moins à première vue, car une grande partie, voire la totalité, de ce qui vient d'être énuméré semble nous appartenir de manière inaliénable. En ce qui concerne les connaissances, par exemple, beaucoup sont convaincus d'avoir tout obtenu par eux-mêmes.
Mais une personne devenue pauvre au sens spirituel comprend que cela non plus ne lui appartient pas, du moins tant qu'elle n'est pas devenue véritablement elle-même ; or, on ne peut devenir véritablement soi-même que dans la présence de Dieu, laquelle ne dépend assurément pas du tout de la personne. En vérité, la personne ne possède qu'elle-même ; tout le reste ne lui est donné que pour un temps et ne peut en aucun cas remplacer l'essentiel, ce que Dieu seul peut donner. Dans une telle situation, détenir ou posséder quelque chose n'est rien de plus qu'une illusion. Et lorsque la personne se sépare de cette illusion, elle cesse de considérer ses richesses—quelles qu'elles soient—comme les siennes. Elles lui sont données pour son usage et peuvent facilement être transmises à d'autres si cela est meilleur pour tous. Partager. Donner. En un mot, se séparer d'une manière ou d'une autre de ce que l'on possède, soit en le donnant entièrement lorsqu'il s'agit de biens matériels, soit en en faisant le bien d'autrui au même degré que le sien lorsqu'il s'agit de connaissances, de talents ou de capacités.
Et toute communauté ecclésiale, dans la mesure où elle vit comme il convient de vivre dans l'Église avec un É majuscule, doit être pareillement prête à partager tout ce qu'elle possède avec ceux qui sont dans le besoin. Non parce qu'il « faut » le faire ou parce que c'est « prescrit », mais parce qu'autrement le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, ne pourra respirer librement dans cette communauté—pas plus qu'il ne pourra respirer librement dans le cœur d'une personne qui n'est pas prête à partager. C'est ce que Paul rappelle aux destinataires de sa lettre.
8 Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre, |
Quelle est la relation de Dieu par rapport à la richesse humaine ? Il semblait selon l'Ancien Testament, que tout est clair: Dieu bénit la richesse des gens qui Lui sont convenables. C'est-à-dire que les riches sont convenables à Dieu. Cependant Jésus, ma foi se tourne du côté des pauvre («il sera difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux.»), c'est surtout visible dans plusieurs paraboles. Mais voici que l’apôtre Paul parle de nouveau de la richesse comme étant un Don de Dieu. Que se passe t-il donc? Peut-être faut-il comprendre ces mots au sens figuré? Mais non, Paul parle précisément des objets matériels, et il ne faut pas du coup spiritualiser cette phrase. Allons-y analysons.
Déjà les prophètes de l'Ancien Testament reprochaient les gens riches d'Israël pour leur inclémence. Et Jésus s’oppose non pas contre la richesse en elle-même, mais de la manière dont les gens s’y prennent devant elle et comment ils s'en servent. L'apôtre Paul continue sur la même ligne : la richesse, accordée par Dieu, a toujours un but - des bonnes œuvres, et L’Evangile nous convie surtout à de telles œuvres.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
L'idée d'une âme qu'il faudrait haïr peut sembler étrange et même absurde. Pourquoi, en effet, une personne devrait-elle haïr ce qu'elle possède de plus précieux, cela même qui fait d'elle ce qu'elle est ? Pour être précis, il faut toutefois remarquer qu'il n'est pas question ici de l'âme au sens où nous employons aujourd'hui ce mot, mais simplement de la vie. Pourtant, même ainsi compris, le problème demeure : pourquoi une personne devrait-elle haïr sa propre vie, qui lui a été donnée par Dieu ?
La réponse la plus simple pourrait être d'invoquer la Chute, qui a déformé cette vie même et l'a transformée en une pitoyable ressemblance de ce qu'elle devait être selon le dessein de Dieu. Une telle réponse, cependant, serait plus propre à un pythagoricien ou à un platonicien qu'à un croyant en Yahvé. Dans le monde païen, l'idée que la vie terrestre était un état qui ne convenait pas à l'homme était assez largement répandue, parmi les philosophes, les mystiques et les ascètes, bien sûr. Ils voyaient la vie de l'homme déchu dans toute sa laideur et ne concevaient pas d'autre issue que d'y renoncer, renoncement qui, à leurs yeux, libérait la personne du pouvoir de ce mal dans lequel gît le monde et dans lequel se déroule la vie de chacun de ses habitants. La Bible, cependant, ne parle nulle part du renoncement à la vie comme d'un moyen d'échapper au mal ; le spiritualisme des platoniciens ou des pythagoriciens lui est étranger. Et les paroles de Jésus sur la haine de sa propre vie peuvent difficilement être comprises dans un sens spiritualiste, qu'il s'agisse d'un spiritualisme de type grec ou indien.
Un parallèle indien pourrait toutefois être pertinent ici : le parallèle avec le bouddhisme et avec la notion de nirvana qui lui est fondamentale. Contrairement à l'idée répandue, il ne s'agit pas d'un départ dans le non-être, mais au contraire d'une expérience de l'être, d'un être qui ne se révèle que lorsque la personne prend ses distances avec l'être illusoire, imaginaire et inauthentique qu'elle considère habituellement comme la véritable vie. Le Bouddha comprit soudain que l'être authentique et la vraie vie ne se trouvent pas du tout là où la plupart des gens les voient. C'est pourquoi il en vint à haïr la vie dans un sens presque évangélique, non de cette haine qui souhaite la destruction de ce qui est haï, mais de la haine au sens biblique du terme, lorsque la personne se détache complètement de ce qu'elle hait et l'exclut de sa vie. Exclure l'illusion au profit du réel : telle fut l'expérience du Bouddha.
Or le Christ est Lui-même ce réel. Il porte en Lui la plénitude du Royaume, et quiconque vient à Lui se trouve devant un choix : rester avec sa propre vie, qui tôt ou tard s'épuisera, ou renoncer à son existence séparée, donner sa vie au Christ et Le laisser en disposer. Cela rappelle un peu le bouddhisme, avec cette différence toutefois que le bouddhisme est apophatique, tandis que le christianisme est cataphatique. Avec le Christ et dans le Christ sont entrés dans le monde cet être authentique et cette vraie vie que le Bouddha avait pressentis au moment de son illumination. Et pour les trouver, il faut le même renoncement à ce qui est propre, séparé, fini et donc inauthentique. Sans un tel renoncement, on ne peut atteindre le réel, qu'il s'agisse de l'illumination des bouddhistes ou de la plénitude du Royaume du Christ.
1 Quant à ce service en faveur des saints, il est superflu pour moi de vous en écrire. |
2 Je sais en effet votre ardeur, dont je suis fier pour vous auprès des Macédoniens : « L’Achaïe, leur dis-je, est prête depuis l’an passé. » Et votre zèle a été un stimulant pour le plus grand nombre. |
3 Toutefois je vous envoie les frères, pour que la fierté que nous tirons de vous ne soit pas réduite à néant sur ce point, et que vous soyez prêts, ainsi que je l’ai dit. |
4 Autrement, si des Macédoniens venaient avec moi et ne vous trouvaient pas prêts, notre belle assurance tournerait à notre confusion, pour ne pas dire à la vôtre. |
5 J’ai donc jugé nécessaire d’inviter les frères à nous précéder chez vous, et à organiser d’avance votre largesse déjà annoncée, afin qu’elle soit prête comme une largesse et non comme une lésinerie. |
6 Songez-y : qui sème chichement moissonnera aussi chichement ; qui sème largement moissonnera aussi largement. |
7 Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie.
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8 Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre, |
9 selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. |
10 Celui qui fournit au laboureur la semence et le pain qui le nourrit vous fournira la semence à vous aussi, et en abondance, et il fera croître les fruits de votre justice.
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11 Enrichis de toutes manières, vous pourrez pratiquer toutes les générosités, lesquelles, par notre entremise, feront monter vers Dieu l’action de grâces. |
12 Car le service de cette offrande ne pourvoit pas seulement aux besoins des saints ; il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu. |
13 Ce service leur prouvant ce que vous êtes, ils glorifient Dieu pour votre obéissance dans la profession de l’Évangile du Christ et pour la générosité de votre communion avec eux et avec tous. |
14 Et leur prière pour vous manifeste la tendresse qu’ils vous portent, en raison de la grâce surabondante que Dieu a répandue sur vous. |
15 Grâces soient à Dieu pour son ineffable don ! |
L’apôtre Paul, tel un père aimant, se préoccupe de la communauté de Corinthe qu’il a fondée. Avec une tendresse toute paternelle, il se vante devant les Macédoniens de leur zèle à aider l’Église de Jérusalem, tout en craignant que cet éloge ne se révèle vain. Il supplie les frères qui l’assistent de se rendre d’avance à Corinthe afin de tout préparer, « pour que cette libéralité annoncée soit prête comme une libéralité et non comme une exigence » : c’est ainsi que l’Apôtre explique l’arrivée anticipée des frères à Corinthe (5). Pour soutenir les Corinthiens, Paul leur écrit combien ce service est nécessaire : il « ne fait pas que pourvoir aux besoins des saints [les membres de la communauté chrétienne de Jérusalem — I. Ch.], mais il fait encore abonder de nombreuses actions de grâces envers Dieu » (12).
L’apôtre Paul souhaite aussi que le service auquel ils prennent une part active devienne une bénédiction de Dieu pour ceux-là mêmes qui donnent. Plus on distribue généreusement, plus on s’enrichit. Le don libre et sans contrainte est, selon l’Apôtre, semblable à une semence qui portera son fruit en son temps. Et « celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème largement moissonnera largement » (6). Par ce simple paradoxe, Paul rappelle aux Corinthiens le mystère de la présence de Dieu, assez puissant pour enrichir chacun de sa grâce (8).
1 Quant à ce service en faveur des saints, il est superflu pour moi de vous en écrire. |
2 Je sais en effet votre ardeur, dont je suis fier pour vous auprès des Macédoniens : « L’Achaïe, leur dis-je, est prête depuis l’an passé. » Et votre zèle a été un stimulant pour le plus grand nombre. |
3 Toutefois je vous envoie les frères, pour que la fierté que nous tirons de vous ne soit pas réduite à néant sur ce point, et que vous soyez prêts, ainsi que je l’ai dit. |
4 Autrement, si des Macédoniens venaient avec moi et ne vous trouvaient pas prêts, notre belle assurance tournerait à notre confusion, pour ne pas dire à la vôtre. |
5 J’ai donc jugé nécessaire d’inviter les frères à nous précéder chez vous, et à organiser d’avance votre largesse déjà annoncée, afin qu’elle soit prête comme une largesse et non comme une lésinerie. |
6 Songez-y : qui sème chichement moissonnera aussi chichement ; qui sème largement moissonnera aussi largement. |
7 Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie.
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8 Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre, |
9 selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. |
10 Celui qui fournit au laboureur la semence et le pain qui le nourrit vous fournira la semence à vous aussi, et en abondance, et il fera croître les fruits de votre justice.
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11 Enrichis de toutes manières, vous pourrez pratiquer toutes les générosités, lesquelles, par notre entremise, feront monter vers Dieu l’action de grâces. |
12 Car le service de cette offrande ne pourvoit pas seulement aux besoins des saints ; il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu. |
13 Ce service leur prouvant ce que vous êtes, ils glorifient Dieu pour votre obéissance dans la profession de l’Évangile du Christ et pour la générosité de votre communion avec eux et avec tous. |
14 Et leur prière pour vous manifeste la tendresse qu’ils vous portent, en raison de la grâce surabondante que Dieu a répandue sur vous. |
15 Grâces soient à Dieu pour son ineffable don ! |
En poursuivant son propos sur l'entraide et les dons, Paul se tourne vers l'expérience spirituelle reflétée dans la tradition des pauvres du Seigneur, pour lesquels la pauvreté était un état moins matériel que spirituel. C'est précisément dans leur milieu qu'est née la sentence que l'on rencontre dans le Livre des Psaumes: «celui qui a tout dépensé en donnant aux pauvres, sa justice demeure pour toujours» (v. 9). Apparemment, cette sentence n'entendait pas simplement l'aumône, mais l'aide aux communautés de pauvres et les dons pour les besoins communautaires. Et Paul, manifestement, voit justement dans ces dons, dont la pratique remonte peut-être à une très haute antiquité, un modèle d'entraide pour les chrétiens. Les membres des communautés des pauvres du Seigneur ne donnaient pas seulement par sentiment de justice purement humaine. Ils voyaient dans le fait du don, dans la disposition de l'homme à se séparer de ce qui lui appartient pour ses prochains, le signe de cette remise totale de soi à la volonté de Dieu sans laquelle il ne peut y avoir de vie spirituelle accomplie.
Pour Paul, ce qui importe avant tout est manifestement cette disposition spirituelle des chrétiens de Corinthe au don; il ne veut pas qu'ils perçoivent le don comme un simple devoir religieux qu'il faut accomplir dans la mesure où l'on est membre de telle ou telle Église. Car, dans ce cas, il s'agirait déjà d'une forme de contrainte, à laquelle l'homme consent bien sûr parce qu'il considère ce consentement comme son devoir, mais un tel don se trouverait privé de sens spirituel (v. 1-5). L'apôtre souligne spécialement que, du point de vue spirituel, du point de vue des relations qui unissent l'homme à Dieu et à ses prochains, seuls ont un sens les dons réellement volontaires, ceux que l'homme fait avec joie et de plein gré (v. 6-8).
Bien sûr, un don fait par sentiment de devoir religieux n'est pas non plus inutile. Mais pour qu'il devienne réellement utile spirituellement, il doit devenir une part du Royaume, et cela n'est possible que si le don s'accompagne d'une attitude correspondante envers celui à qui il est destiné. Or les relations des habitants du Royaume ne peuvent être fondées seulement sur le devoir; leur véritable fondement ne peut être que l'amour, la confiance et la gratitude. Dans le Royaume, personne ne doit rien à personne, mais chacun, par amour, est prêt à partager avec son prochain tout ce qu'il possède, et à remercier son prochain pour sa disposition à partager avec lui. Ce n'est pas un hasard si Paul accorde une attention particulière à la gratitude qui lie ceux qui reçoivent les dons aussi bien à Dieu qu'à ceux qui donnent (v. 12-15). Il comprend que c'est précisément en elle que s'incarnent les relations qui unissent entre eux les habitants du Royaume. Elles les unissent non par des obligations réciproques, mais par l'amour mutuel.
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
Le Seigneur nous dit mystérieusement, à nous Ses disciples: «La lumière est encore avec vous pour un peu de temps». Oui, bien sûr, il s'agit de Sa mort prochaine sur la croix, car il faut que la Parole, comme le grain semé par Dieu, meure pour porter du fruit. Et Il est mort, en cela, contrairement à Sa résurrection, personne ne doute, et la lumière qu'Il a apportée au monde s'est éteinte pour toujours pour le monde.
Mais non pour ceux qui Lui ont fait confiance! Il a promis que ceux qui croient en Lui seraient fils de lumière, porteurs de cette lumière manifestée aux apôtres dans la Résurrection. Et c'est à la fois une promesse et une tâche: ne pas rester dans les ténèbres malgré Sa mort évidente aux yeux de tous, «marcher dans la lumière», c'est-à-dire vivre en Sa présence, en croyant qu'Il est vivant. Alors Sa mort, à travers nous, et c'est étonnant, portera beaucoup de fruit pour le monde, ouvrira à tous l'accès au Royaume de la Lumière...
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Les paroles de Jésus selon lesquelles l’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié furent prononcées en réponse à la nouvelle apportée par les disciples que des Grecs désiraient Le voir. L’évangéliste ne dit ni qui étaient ces Grecs, ni si la rencontre eut lieu ; apparemment, elle n’eut pas lieu. Nous avons très probablement ici l’un des exemples où le Christ ne donne pas la réponse que l’on attend de Lui, mais dit ce que Ses interlocuteurs ont réellement besoin d’entendre. Il n’est pas exclu que les disciples, même à ce moment-là, ne comprennent pas encore pleinement que le Maître doit passer par la souffrance, et que l’intérêt des Grecs soit pour eux le signe de nouvelles possibilités de prédication. Ils pensent en termes quantitatifs, mais le Christ Se prépare au sacrifice de Lui-même, qui changera tout qualitativement. Pour le salut de l’humanité divisée, y compris des Grecs, Il va à la mort, après quoi la prédication des disciples pourra porter du fruit.
On pourrait objecter aux paroles : « Maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors », que le mal règne encore aujourd’hui dans le monde. Mais les forces du mal ne possèdent plus le pouvoir qu’elles avaient avant le Golgotha. L’agonie peut être longue et violente, mais le coup mortel a déjà été porté à l’ennemi.
19 Alors les Pharisiens se dirent entre eux : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà le monde parti après lui ! » |
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Il existe dans l’histoire de l’humanité des tournants qui peuvent passer extérieurement inaperçus, tout en étant la véritable cause d’événements historiques de grande ampleur. Lorsque « quelques Grecs » demandent à l’apôtre Philippe de leur organiser une rencontre avec Jésus, un tel tournant se produit, et le Seigneur dit à ce sujet : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. »
En effet, toute l’histoire de la religion de l’Ancien Testament s’est déroulée dans une contradiction flagrante entre le caractère universel de la révélation divine qui y était donnée et le caractère étroitement national de la religion elle-même. Participer à l’Alliance avec Dieu et être juif par le sang étaient considérés comme une seule et même chose. À maintes reprises, les prophètes ont annoncé que viendrait le jour où le Seigneur appellerait à Lui toutes les nations, mais ce temps était associé à la venue future du Messie. Or ce jour est arrivé.
C’est dans ce contexte universel qu’il faut comprendre les paroles du Christ : « Quand J’aurai été élevé de terre, J’attirerai tous les hommes à Moi. » Voilà pourquoi le désir des Grecs de rencontrer le Christ devient un tel tournant de l’histoire.
19 Alors les Pharisiens se dirent entre eux : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà le monde parti après lui ! » |
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Les Grecs, venus vers Jésus, demandent l'aide de Philippe. Et celui-ci, pour une raison quelconque, va vers André. Il est peu vraisemblable que l'apôtre ait eu peur d'aller lui-même vers le Maître. Il est tout aussi peu vraisemblable qu'André ait été le secrétaire personnel du Christ, chargé de l'emploi du temps du Maître. Il s'agit de tout autre chose.
Quelque chose d'inhabituel se produit. Pour la première fois sont mentionnés d'autres peuples qui répondent à la prédication de Jésus, même s'ils croient au même Dieu que les Juifs. La communauté des disciples du Christ se trouve face à quelque chose de nouveau. C'est pourquoi Philippe se comporte de façon très naturelle: il ne se hâte pas d'agir seul. Jésus envoyait les apôtres prêcher non pas un par un, mais deux par deux (voir Mc 6:7).
Qui sait, peut-être Philippe est-il allé vers André précisément parce qu'il était avec lui «en binôme»? De plus, Philippe se souvient sûrement de ce que le Christ avait dit: «Là où deux ou trois sont réunis en Mon nom, Je suis au milieu d'eux» (Mt 18:20).
Le Seigneur fonde ainsi l'Église: non pas des croyants isolés, mais des disciples qui viennent ensemble vers Lui. Lorsque nous ne comprenons pas quoi faire, lorsque nous voulons connaître la volonté de Dieu, il ne nous faut pas nous appuyer exclusivement sur la manière dont nous l'entendons nous-mêmes. Dieu nous a donné Son Église pour nous aider: Il nous a donné des anciens, Il nous a donné des frères et des soeurs avec lesquels nous pouvons nous adresser à Lui ensemble. Et ainsi s'accomplit Sa parole: «Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par Mon Père qui est aux cieux» (Mt 18:19).
19 Alors les Pharisiens se dirent entre eux : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà le monde parti après lui ! » |
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Quand il s'agit du ministère terrestre du Sauveur, nous comprenons qu'il est question de quelque chose d'unique: en effet, à lui seul il était destiné de naître et de vivre sa vie terrestre comme Messie; cela n'a été donné à personne d'autre. Et pourtant sa vie est devenue une sorte de modèle spirituel qui convient à chacun de ses disciples. Bien plus: il n'existe tout simplement pas d'autre modèle permettant d'entrer dans le Royaume et, de toute évidence, il ne peut pas y en avoir, du moins dans notre monde marqué par la chute.
Ce modèle est très simple en théorie et loin d'être simple en pratique: l'homme doit consentir à se séparer de sa propre vie afin de la recevoir ensuite de nouveau, mais autrement, dans une qualité nouvelle, apte au Royaume. Celui qui aime sa vie, son âme, telle qu'elle est, dans son état actuel, ne peut pas compter sur le Royaume. L'exigence paraît excessive et dure, mais, comme on le voit, cette dureté tient précisément à la spécificité du monde déchu, dont la vie de chacun de nous fait partie. Même Jésus lui-même, sur qui le péché originel n'a pas de pouvoir, n'était pas, pendant son ministère terrestre, entièrement libre de cette spécificité: étant pleinement et jusqu'au bout habitant de notre monde non transfiguré et partie de celui-ci, il s'est trouvé soumis, sinon au péché, du moins à la mort, même si, bien sûr, ce n'était pas comme nous: la mort n'était pour lui que possible, non inévitable comme pour nous.
Et la seule chose qui puisse nous aider, c'est la disposition à renoncer à notre vie dans sa qualité actuelle, ce que Jésus appelle « haïr sa propre vie ». Il faut se souvenir que, dans la langue biblique, l'amour et la haine ne désignent pas les états émotionnels que nous entendons souvent par ces mots, mais l'attitude d'acceptation ou de refus envers ce vers quoi se tourne notre volonté. Le refus de la vie, y compris avant tout de notre propre vie, dans sa qualité et son état actuels, et la disposition à s'en séparer pour une vie autre et nouvelle, constituent la condition préalable nécessaire pour commencer le chemin vers le Royaume, chemin au cours duquel notre ancienne vie sera refondue en une vie nouvelle, apte à l'éternité.
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