15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
En refusant la possibilité de prendre la tête d'un mouvement politique, le Christ rejette une tentation qui rappelle comment Satan L'a tenté dans le désert par le mirage du pouvoir terrestre. Pour sauver les hommes, raison même de Sa venue parmi eux, il Lui a fallu rejeter leurs espoirs et leurs idées. Mais l'amour peut se manifester non seulement par l'approbation, mais aussi par l'opposition. Si le Seigneur ne répond pas à certaines de nos demandes, Son amour peut s'y manifester plus fortement que s'Il les exauçait...
Le Christ marche à la surface de la mer sans s'enfoncer dans l'eau, comme Il a marché parmi les hommes sans s'enliser dans les passions terrestres. Les paroles qu'Il adresse aux disciples stupéfaits — « N'ayez pas peur ! » — paraissent tout à fait naturelles dans une telle situation. Mais elles renferment davantage que le simple désir de les rassurer. La Bible les présente à maintes reprises comme prononcées par Dieu ou par des anges parlant en Son Nom. Ainsi, au milieu de la mer de Génésareth, le Christ a une nouvelle fois rendu témoignage à Lui-même en tant que Dieu.
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
Jésus fut sans aucun doute très populaire pendant Son ministère terrestre. Mais Lui-même, à ce que l’on voit, n’était guère réjoui par cette popularité. Il dit clairement : vous avez besoin de Moi pour que Je vous nourrisse de pain, mais le pain n’est pas l’essentiel ; l’essentiel est le Royaume que Je pourrais vous donner si vous le vouliez. Une question naturelle se pose alors : pourquoi, dans ce cas, organiser ces grands repas que Jésus Lui-même offrit plus d’une fois à Ses auditeurs ? On pourrait bien sûr tout expliquer par le simple désir d’aider des personnes affamées. Mais était-ce seulement cela ? La tâche principale de Jésus était de montrer à tous ce qu’est le Royaume. Le miracle de la multiplication des pains, par exemple, devient lui aussi une telle démonstration, tout comme la marche sur les eaux. Ni l’un ni l’autre ne sont des tours de magie, ni même une démonstration de toute-puissance ; ce sont des exemples de la nature du Royaume qui pénètre dans notre monde. Cette nature est absolument plastique et entièrement soumise à l’influence spirituelle de la volonté humaine ; on pourrait même dire qu’elle est déterminée par cette volonté. Avec une telle plasticité, l’eau peut devenir un appui solide sans cesser d’être de l’eau, et il peut y avoir autant de nourriture qu’il en faut pour tous, avec même du surplus. Mais pour vivre dans un tel monde, il faut être soi-même parfait dans ses intentions. Il semble seulement qu’il serait merveilleux que tout ce à quoi nous pensons se réalise aussitôt. Il suffit d’imaginer qu’une nature entièrement docile nous présenterait immédiatement les incarnations de toutes nos peurs, de tous nos désirs et de tous nos complexes inconscients pour comprendre que nous ne sommes pas encore vraiment prêts à vivre dans le Royaume. Jésus nous appelle pourtant à commencer le chemin vers le Royaume, en commençant par l’ordre juste des priorités dont Il a parlé plus d’une fois : d’abord le Royaume, et ensuite seulement tout le reste.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et de Ses disciples? Est-ce pour cela qu'Il est venu? Pourtant, le miracle de la multiplication des pains pour cinq mille personnes est le seul miracle décrit par tous les évangélistes, et il est donc particulièrement important. C'est lui qui sert de point de départ à la conversation sur le vrai pain dont l'homme vit véritablement, le pain de vie.
Nous avons entendu depuis l'enfance que l'homme ne vit pas seulement de pain. Mais si nous essayons de comprendre ce qui compose notre régime spirituel, y trouverons-nous ce qui peut réellement rassasier le cœur, et non un substitut qui ne laisse qu'une gueule de bois et de la nausée?
Le Seigneur nous propose un tel pain. Ce n'est pas un enseignement, ni des commandements, ni la foi en Dieu: tout cela existait déjà chez les Juifs et existe dans beaucoup d'écoles spirituelles et de religions. Jésus parle du pain qui descend réellement des cieux et donne la vraie vie, la vie éternelle. Ce pain, c'est Lui-même.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène au miracle de la multiplication des pains (v. 1-14). La réaction à ce miracle fut manifestement une tentative de proclamer Jésus « roi », de faire de lui le chef d'un nouveau mouvement messianique (v. 15). Et ce n'est pas étonnant: selon les représentations généralement admises à cette époque, le Messie devait justement devenir roi, rétablir un État juif indépendant et y introduire des lois conformes à la Torah. Jésus, bien sûr, n'avait aucune intention de devenir le chef de quelque mouvement politico-religieux que ce soit.
Mais Jésus avait aussi une autre raison, plus importante, de cacher sa messianité. Il la dit lui-même directement à ceux qui étaient partis le chercher en Galilée: la plupart des hommes qui cherchaient à le rencontrer ne le faisaient pas parce qu'ils avaient soif du Royaume, mais parce qu'ils voulaient, en cas de besoin, toujours pouvoir recevoir gratuitement du pain (v. 26). Jésus, lui, leur parle de la vie éternelle et de l'essentiel sans lequel on ne peut y participer: la confiance en Celui que Dieu a envoyé dans le monde pour donner le Royaume aux hommes (v. 27-29).
Mais ils ne le comprennent pas. Ils lui demandent: où sont les preuves de la vérité de tes paroles (v. 30)? Et ils donnent aussitôt un exemple des preuves qui les convaincraient: la manne venue du ciel, comme au temps de Moïse dans le désert (v. 31). Jésus, de nouveau, leur dit que le Royaume est plus grand que n'importe quel miracle, et que le pain du Royaume est plus important que la manne (v. 32-33). Et de nouveau, ils ne le comprennent pas.
Ses auditeurs ne parviennent pas à saisir qu'avec la venue du Sauveur dans le monde une nouvelle époque a commencé, et que ce qui leur est arrivé sur la rive du lac de Génésareth n'était pas un miracle au sens où la manne en était un. Simplement, en étant avec Jésus, ils se sont trouvés dans le Royaume et ont vécu un certain temps selon ses lois; mais, manifestement, ils n'ont pas compris jusqu'au bout ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi ils demandent du pain à Jésus et s'attendent à le recevoir comme autrefois leurs pères recevaient de Dieu la manne (v. 34). Et Jésus tente encore et encore de leur expliquer qu'il ne s'agit pas du pain, mais du Royaume et de cette plénitude de la vie divine qui y est donnée à chacun, de sorte que là aucune manne ne sera plus nécessaire.
Le miracle, c'est l'irruption du Royaume dans notre monde, la manifestation de ses lois là où, d'ordinaire, règnent des règles tout autres. Mais maintenant le Royaume entre dans le monde en le transformant, et le temps des miracles passe. Vient le temps du Royaume, ouvert à quiconque le cherche et veut y entrer.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
Quelle situation intéressante : Jésus passe sur l’autre rive du lac, et une foule Le suit. Pour parler simplement, ces gens Lui ont emboîté le pas afin de voir quelque chose d’intéressant. On pourrait se dire : ils L’ont suivi de leur propre initiative, Jésus ne les a pas appelés, alors pourquoi devrait-Il Se préoccuper de les nourrir ? Qu’ils aillent dans les villages voisins ou, après tout, qu’ils se débrouillent comme ils veulent. Il fallait réfléchir avant de partir on ne sait où ; ils auraient pu s’occuper eux-mêmes de leur nourriture. Mais Jésus, semble-t-il, ne pose absolument pas la question ainsi. Il voit des personnes qui L’ont suivi et, pour une raison ou une autre, estime nécessaire de pourvoir à leur nourriture. Pourquoi ? Les a-t-Il appelées ? Lui ont-elles demandé de leur donner à manger ? Non. Mais elles L’ont suivi, et pour Lui, c’est la raison principale de prendre soin d’elles... D’un côté, c’est pour nous une leçon—une leçon de responsabilité envers ceux « que nous avons apprivoisés ». De l’autre, c’est une immense consolation : s’Il est miséricordieux à ce point, cela signifie qu’Il est tout aussi ouvert à nos besoins lorsque nous nous tournons vers Lui pour demander Son aide.
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