RÉFLEXIONS pour Gn 46:1-7
Pourquoi Jacob est-il parti en Égypte ? On pourrait dire que la famine l’y a poussé. Ou le dire autrement : son fils l’a invité et, étant donné la position qu’il occupait en Égypte, il aurait été insensé de ne pas profiter des possibilités qui s’ouvraient à eux. En effet, beaucoup aspiraient alors à gagner l’Égypte et à bénéficier de son niveau de vie, et ici, pour ainsi dire, la chance leur tombait d’elle-même entre les mains. Dans une situation semblable, beaucoup d’entre nous n’auraient probablement pas douté une seconde qu’il s’agissait de la volonté de Dieu : nous sommes enclins à voir la main de Dieu dans toute réussite et les intrigues du diable dans tout échec ; telles sont les particularités d’une perception religieuse du monde. Mais Jacob, qui a derrière lui un long chemin spirituel et une riche expérience, tant spirituelle que pratique, ne se hâte pas de tirer des conclusions. Il va à Bersabée, auprès de l’un des autels qui existaient depuis le temps d’Abraham, afin d’y demander à Dieu ce qu’il doit faire ensuite. Dans la possibilité de partir, il ne voit pas seulement un moyen d’échapper à la famine ou de s’installer dans un pays riche et prospère, mais aussi — et peut-être avant tout — la nécessité de quitter la terre que Dieu avait promise à ses pères. Pourtant Jacob semblait près de devenir maître de cette terre promise par Dieu : il était revenu en Samarie, d’où Abraham avait dû partir sous la pression de ses voisins, et il y avait restauré les autels de ses ancêtres ! Tout cela avait-il donc été vain ? Jacob ne pouvait ignorer que, s’il quittait maintenant ces lieux, il lui serait bien difficile d’y revenir : dans cette région, les terres libérées ne restaient jamais longtemps inoccupées. Mais Dieu lui dit : va. Tel semble être le dernier grand enseignement spirituel de la vie de Jacob : abandonne tout ce qui a été conquis et acquis. Car ce n’est pas toi qui l’as conquis, mais Dieu. Et ce que tu as conquis et acquis, tu ne le laisses pas à tes voisins, mais à Dieu. Il saura s’en charger. Et, en Son temps, Il ramènera Son peuple sur la terre qu’Il a promise à Abraham.
