19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle. |
Cela sonne quelque peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? S’aurait beaucoup été mieux : «nous allons chercher ce qui sert à notre propre affirmation et au plaisir mutuel». Le mot «paix» nous rappelle de vieux slogans de la lutte pour la paix, et le mot "édification" - les professeurs les plus vilains à l'école.
Pourquoi c’est ainsi ? Comment se fait-il que ces magnifiques mots ont été pervertis dans notre perception? En effet, la «paix» n'est pas simplement l'absence de guerres et ni même l'absence des hostilités. Dans le langage biblique, «shalom» est un état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est «très bon». Tels sont «le ciel nouveau et la terre nouvelle», qui ont été dits aux prophètes et dans le livre de Révélation, ce monde nouveau, que l'on peut comparer au sens initial du mot grec «cosmos», mot à partir duquel dérive «cosmétique», car le Cosmos c’est l’Univers rempli de beautés. La «paix» est une intégrité originale, une harmonie, l'ordre et la beauté. Et c’est effectivement ce que l’apôtre Paul nous invite à chercher, une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, qui est créé seulement par Dieu.
Et le mot «édification» ne décrit pas une capucinade, mais la «cultivation», la multiplication du bien, de ce qui est bon. Il y a aussi ici une merveilleuse chose liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini, c'est pourquoi les lois ordinaires de la préservation comme «si quelque part quelque chose s'est ajoutée, alors quelque part autant a diminué» n'agissent pas en tout ce qu'est lié à la notion du bien. Lorsque nous partageons quelque chose de bien avec les autres (amour, consolation, connaissances etc.), alors cela arrive chez l’autre, et cela non seulement ne diminue pas en nous, mais d’une manière inattendue s’augmente plutôt, a lieu une édification mutuelle, l'augmentation mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle. |
Cela sonne un peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? Ce serait bien mieux : « Recherchons ce qui sert à notre affirmation de nous-mêmes et à notre plaisir mutuel ». Le mot « paix » nous rappelle de vieux slogans sur la lutte pour la paix, et « édification », les professeurs les plus détestables à l'école.
Pourquoi en est-il ainsi ? Comment se fait-il que, dans notre perception, ces mots magnifiques aient été à ce point déformés ? Car la « paix » n'est pas seulement l'absence de guerre, ni même l'absence d'hostilité. Dans la langue biblique, « shalom » désigne l'état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est « très bon ». Tels sont aussi les « nouveaux cieux et la nouvelle terre » dont parlent les prophètes et le livre de l'Apocalypse, ce monde nouveau que l'on peut rapprocher du sens premier du mot grec « cosmos », mot dont vient « cosmétique », parce que le Cosmos est l'Univers rempli de beauté. La « paix », c'est l'intégrité véritable, l'harmonie, l'ordre et la beauté. Et c'est précisément cela que l'apôtre Paul nous appelle à chercher : une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, paix que Dieu seul crée.
Quant au mot « édification », il ne décrit pas une remontrance, mais une croissance, une multiplication du bien, de ce qui est bon. Il y a ici encore une chose étonnante liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini ; c'est pourquoi, dans tout ce qui touche à la notion de bien, les lois ordinaires de conservation du type « si quelque chose augmente ici, la même chose diminue ailleurs » ne fonctionnent pas. Lorsque nous partageons avec un autre quelque chose de bon (l'amour, la consolation, la connaissance, etc.), cela augmente chez l'autre, et chez nous non seulement cela ne diminue pas, mais cela augmente aussi d'une manière inattendue : il se produit une édification mutuelle, une croissance mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle. |
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale. |
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère. |
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide. |
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché. |
La préparation au Carême s'achève par la lecture des paroles du Christ, transmises par l'évangéliste Matthieu, sur ce que sont le jeûne et la prière. Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur dit aux disciples que le jeûne et la prière n'ont de sens que dans le secret, loin des hommes. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent des événements de tes relations profondément personnelles avec Dieu et qu'ils ne sont visibles à personne sauf à Dieu, ce n'est qu'alors que le jeûne et la prière ont un sens. Le Seigneur nous met en garde contre la subtile tentation de «paraître jeûner devant les hommes». En ce temps de jeûne, notre ennemi nous tente réellement par le désir de paraître, afin que les gens autour de nous pensent (ne serait-ce qu'en silence): «Ah, comme il est pieux, un vrai saint...». Ce «Ah!» détruit tout le sens du jeûne. «Déchirez vos coeurs, et non vos vêtements», comme nous l'avons entendu chez le prophète Joël (Jl 2:13).
Et le Seigneur nous parle encore aujourd'hui de la prière: ne soyez pas verbeux comme les païens. Ni la durée de la prière, ni le nombre des mots qui y sont prononcés ne signifient rien. Seul l'élan de l'âme vers Dieu donne sa valeur à la prière. Et la lecture d'aujourd'hui se termine par la prière du «Notre Père». Les apôtres avaient l'habitude de prononcer cette prière trois fois par jour: le matin, le jour et le soir. Sans aucun doute, les apôtres priaient aussi au-delà de cela, mais ces trois moments sont devenus pour les chrétiens une sorte d'armature spirituelle qui soutient toute la journée, et toute la vie.
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. — |
14 Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. — |
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort ! |
16 N’exposez donc pas votre privilège à l’outrage. |
17 Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. |
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes. |
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle. |
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale. |
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère. |
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide. |
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché. |
Poursuivant la discussion sur la religion dans son rapport au Royaume, Paul propose des critères qui peuvent guider ce qui concerne les obligations religieuses. Il attire d’abord l’attention sur le fait que, dans le Royaume, il n’y a ni ne peut y avoir en principe rien qui soit pécheur ou impur en soi, car le péché et l’impureté ne peuvent par définition faire partie du Royaume. Le problème surgit lorsque quelqu’un qui vit dans le Royaume commence à voir le péché ou l’impureté là où ils ne sont pas ; dans ce cas, pour celui qui voit ainsi la situation, ils peuvent devenir une réalité et rendre problématique pour lui la vie dans le Royaume (v. 14). Bien sûr, si le Royaume était déjà manifesté au monde dans toute sa plénitude, de tels problèmes ne seraient que les problèmes de personnes particulières et concrètes. Mais le Royaume ne s’est pas encore pleinement révélé, il ne fait que conquérir le monde, et l’ancien ordre des choses, pas encore entièrement transformé, peut influencer les esprits non seulement de ceux qui cherchent le Royaume, mais aussi de ceux qui l’ont déjà touché. Tous ceux qui ont trouvé le Royaume n’y sont pas encore enracinés au point que tout ce qui est lié à l’ancien ordre des choses, y compris la religion, leur soit devenu spirituellement indifférent ; il faut en tenir compte afin que personne ne perde le Royaume simplement parce que ceux qui vivent près de lui n’ont pas jugé nécessaire de s’abaisser à sa faiblesse (v. 15-16).
Le problème de la religion ici, comme on le voit, n’est plus lié au contenu spirituel de la religiosité comme telle, mais à son effet sur les âmes de ceux qui cherchent le Royaume et de ceux qui viennent tout juste de le trouver (v. 13). Mais il existe aussi un autre critère qui permet de vérifier sa propre sincérité devant Dieu. Il s’agit des doutes qui peuvent apparaître tout naturellement chez celui qui ne suit pas les normes religieuses communément admises. Et ici l’apôtre est très catégorique : s’il existe le moindre doute sur le fait d’avoir raison, alors il s’agit précisément d’une transgression de la norme, et non de la liberté propre à ceux qui vivent dans le Royaume (v. 21-22).
En effet, on peut simplement transgresser les normes communément admises sans en tenir compte, ou bien être au-dessus d’elles. Mais l’expérience du Royaume exclut les doutes ; s’ils apparaissent tout de même, on peut dire avec certitude qu’il s’agit précisément d’une transgression de la norme. Or, comme celui qui vit dans le Royaume n’ignore pas les normes et règles religieuses communément admises, mais se sent seulement parfaitement libre à l’égard de la religion, il ne lui est pas difficile de les suivre pour le bien spirituel de son prochain. La tâche principale, dans les relations avec le prochain, pour ceux qui vivent dans le Royaume, est de préserver cette paix et cette joie sans lesquelles il n’y a pas de Royaume, et non de lutter contre la religiosité en tant que telle. C’est pourquoi il ne leur est pas difficile de suivre les normes et règles religieuses si cela facilite la vie du prochain (v. 17-21).
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes : |
3 que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l’a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
5 Celui-ci préfère un jour à un autre ; celui-là les estime tous pareils : que chacun s’en tienne à son jugement. |
6 Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur ; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu’il rend grâce à Dieu. Et celui qui s’abstient le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu. |
7 En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ; |
8 si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. |
9 Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. |
10 Mais toi, pourquoi juger ton frère ? et toi, pourquoi mépriser ton frère ? Tous, en effet, nous comparaîtrons au tribunal de Dieu, |
11 car il est écrit : Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou devant moi fléchira, et toute langue rendra gloire à Dieu.
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12 C’est donc que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même. |
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. — |
14 Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. — |
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort ! |
16 N’exposez donc pas votre privilège à l’outrage. |
17 Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. |
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes. |
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle. |
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale. |
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère. |
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide. |
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché. |
« Heureux celui qui ne se condamne pas dans le choix qu’il fait. » Se condamner soi-même, c’est ne pas accomplir ce que nous prenons sur nous devant Dieu. Ne pas nous condamner dans notre choix, c’est ne pas regarder en arrière ni nous abandonner à l’imagination, ne pas supposer : « Qu’aurait-il pu arriver si... ? » C’est l’habitude de marcher droit devant Dieu dans le secret du cœur. C’est savoir mener une vie patiente sans envier ceux qui vivent autrement. Il arrive que nous regardions ceux qui n’observent pas le jeûne et pensions que leur vie est plus facile, plus gaie, plus simple. Nous reculons alors devant notre choix du Christ. Par le doute et l’imagination, nous laissons entrer dans notre vie la duplicité et la méfiance envers Dieu.
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