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RÉFLEXIONS pour Is 42:1

1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
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L'image du Messie comme serviteur était une révélation unique d'Isaïe de Babylone. Avant le Messie Se révélait aux prophètes sous l’image d’un dirigent juste ou d’un Grand-prêtre, Qui, venant, changera entièrement la situation dans la vie politique et sociale ou religieuse du peuple juif. Bien sûr, il y avait une vérité dans ces deux images, leur sens était sûrement lié à ce Royaume, que le Messie devait apporter dans le monde.

Et la rénovation des relations de Dieu avec Son peuple, et le changement qualitatif des relations entre les gens étaient une partie intégrante de ce processus de transformation du monde, qui supposait l'arrivée du royaume de Dieu. Et tout de même, dans les images des prophètes d’avant captivité, il y avait beaucoup du terrestre, de sorte qu’en percevant littéralement, cela engendrait ce messianisme politique, assez souvent militante, triomphe qui amena la Judée et le peuple juif à la catastrophe de 70 après J.C.

Et l'image du Messie - serviteur révélé à Isaïe de Babylone équilibrait les images du Messie - dirigeant et du Messie – Grand - prêtre, obligeant à les regarder, comme des symboles, et non comme une réalité historique. Bien sûr, dans ce cas il ne s'agit pas de la servitude sous sa forme classique, bien connue dans le monde gréco-romain, mais de la servitude patriarcale, lorsque les serviteurs étaient en quelque sorte comme les membres cadets de la famille. Mais, quoi qu'il en soit, les serviteurs ne pouvaient aucunement devenir ni le dirigeant, ni le grand - prêtre.

Il devenait clair que même si en le Messie on peut voir un dirigeant ou un grand - prêtre, ce n’est pas dans le sens littéral de ces mots, dans lequel voulait les comprendre plusieurs contemporains du prophète (comme, d'ailleurs, et les contemporains de la vie terrestre de Jésus). Et ainsi devenait aussi plus clair que le Royaume ne sera pas aussi tout à fait ordinaire, mais peut-être, du tout extraordinaire. Tel comme l’a apporté au monde le Sauveur. Le Royaume qui «n’est pas de ce monde», transformant le monde.

Autres réflexions

 
Pour Is 42:1
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
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L'image du Messie adolescent ou esclave — les deux sont désignés en hébreu par le même mot — fut une révélation propre à Isaïe de Babylone. Auparavant, le Messie se révélait aux prophètes sous les traits d'un Souverain juste ou d'un Grand Prêtre qui, en venant, changerait entièrement...  Lire la suite

L'image du Messie adolescent ou esclave — les deux sont désignés en hébreu par le même mot — fut une révélation propre à Isaïe de Babylone. Auparavant, le Messie se révélait aux prophètes sous les traits d'un Souverain juste ou d'un Grand Prêtre qui, en venant, changerait entièrement la situation de la vie sociopolitique ou religieuse du peuple juif. Certes, chacune de ces images avait sa part de vérité ; leur sens était indubitablement lié au Royaume que le Messie devait apporter au monde. Le renouvellement des relations de Dieu avec Son peuple comme la transformation qualitative des relations entre les hommes faisaient partie intégrante du processus de transfiguration du monde que supposait l'avènement du Royaume de Dieu. Pourtant, les images des prophètes d'avant l'exil comportaient bien des éléments terrestres qui, pris à la lettre, engendraient ce messianisme politique, souvent militant, dont le triomphe conduisit la Judée et le peuple juif à la catastrophe de l'an 70 de notre ère.

Or l'image du Messie esclave, ou adolescent, révélée à Isaïe de Babylone venait équilibrer celles du Messie souverain et du Messie grand prêtre, obligeant à les regarder comme des symboles plutôt que comme une réalité historique. Bien sûr, il ne s'agit pas ici de l'esclavage sous sa forme classique, bien connue dans le monde gréco-romain, mais de l'esclavage patriarcal : les esclaves étaient en quelque sorte des membres subalternes de la famille, et leur condition différait peu de celle des adolescents dans un grand clan patriarcal. Quoi qu'il en soit, ni un esclave ni un adolescent ne pouvaient devenir souverain ou grand prêtre.

Il devenait clair que, si l'on pouvait voir dans le Messie un souverain ou un grand prêtre, ce n'était pas au sens littéral que beaucoup de contemporains du prophète auraient voulu donner à ces mots — tout comme, d'ailleurs, les contemporains de la vie terrestre de Jésus. Dès lors, il devenait plus clair aussi que le Royaume ne serait pas tout à fait ordinaire, voire serait entièrement différent de l'ordinaire. Il serait tel que le Sauveur l'a apporté au monde : un Royaume « qui n'est pas de ce monde », mais qui transfigure le monde.

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Pour Is 42:1
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
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Dans ce verset du prophète Isaïe, on nous donne une image presque physiquement visible: voici le serviteur, que Dieu soutient, - ne retient pas, mais soutient, parce qu’Il est élu, aimé...  Lire la suite

Dans ce verset du prophète Isaïe, on nous donne une image presque physiquement visible: voici le serviteur, que Dieu soutient, - ne retient pas, mais soutient, parce qu’Il est élu, aimé. Et l'association immédiate : le Père soutenant le Fils est solide et tendre. Les mots sur la bienveillance du Père envers le Fils s'en vont avec ce témoignage, que Jean Baptiste a entendu pendant le baptême du Seigneur, lorsque Dieu posa Son Esprit sur Jésus Se tenant dans l'eau de Jourdain. Et après cela le Christ commence Son service comme Serviteur de Dieu, en manifestant le bien et en chassant le mal, - «C'est pour un discernement que Je suis venu en ce monde» (Jean 9:39). Ainsi donc, tout ce verset prophétise sur la voie terrestre du Fils de l’Homme: l'exceptionnel, la bienveillance et le soutien du Père, la croissance, rempli par l'Esprit, le service, le discernement.

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Pour Is 42:1-7
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
2 Il ne crie pas, il n’élève pas le ton,
il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;
3 il ne brise pas le roseau froissé,
il n’éteint pas la mèche qui faiblit,
fidèlement, il présente le droit ;
4 il ne faiblira ni ne cédera
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et les îles attendent son enseignement.
5 Ainsi parle Dieu, Yahvé,
qui a créé les cieux et les a déployés,
qui a affermi la terre et ce qu’elle produit,
qui a donné le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent.
6 « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice,
je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé,
j’ai fait de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations,
7 pour ouvrir les yeux des aveugles,
pour extraire du cachot le prisonnier,
et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »
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L’image du Messie s’ouvrait différemment aux différents prophètes. Ce n’était pas parce que l’un d’eux avait raison et qu’un autre se trompait...  Lire la suite

L’image du Messie s’ouvrait différemment aux différents prophètes. Ce n’était pas parce que l’un d’eux avait raison et qu’un autre se trompait, mais simplement parce que la personne du Messie était trop immense pour qu’on puisse L’embrasser d’un seul regard des siècles avant Sa venue dans le monde. Sans doute cette grandeur de la personne du Christ était-elle la raison pour laquelle, aux prophètes d’avant l’exil, Il se révélait souvent comme un souverain ou un grand prêtre : quelqu’un comme Lui ne pouvait en aucune façon être un homme ordinaire.

Il y avait toutefois aussi, dans ces prophéties, une révélation au sujet du Royaume : le Messie est vraiment Roi, seulement Il a apporté Son Royaume avec Lui, et celui-ci n’est pas organisé selon les lois du vieux monde. Or c’est justement cela que nous avons le plus de mal à nous représenter : nous ne connaissons pas d’autres royaumes que ceux que nous voyons sur la terre. Les prophètes ne les connaissaient pas non plus, et c’est pourquoi le Royaume messianique leur apparaissait souvent sous la forme d’un État terrestre, bien qu’il y eût presque toujours, dans cet État apparemment tout terrestre, quelque chose qui n’était pas tout à fait terrestre, quelque chose qui n’aurait pas pu exister sans la participation directe de Dieu.

Et c’est à Isaïe de Babylone qu’il fut révélé pour la première fois que la grandeur du Messie n’est pas du tout celle d’un roi terrestre. Selon les critères terrestres, il n’y a en Lui aucune grandeur. Ce n’est pas par hasard qu’Isaïe appelle le Messie par un mot hébreu que l’on peut traduire aussi bien par « enfant » ou « adolescent » que par « serviteur » : dans la société hébraïque, l’esclavage avait toujours un caractère patriarcal ; les serviteurs vivaient dans la maison pratiquement comme les plus jeunes membres de la famille, sans posséder de droits, mais sans manquer pour autant ni d’abri ni de nourriture.

Le Christ n’était évidemment pas esclave, mais le sens de la prophétie n’était pas d’indiquer Sa position sociale ; il était de faire comprendre à chacun que le ministère du Messie n’est pas déterminé par Sa position sociale. Son Royaume n’est pas de ce monde, et pour être Roi Il n’a besoin ni d’armée ni d’appareil d’État. Il demeure le Messie tout en étant, du point de vue de ce monde, personne, et la réussite de Son ministère messianique n’est aucunement liée à une victoire ou à une défaite dans ce monde. Sur fond d’attentes messianiques qui supposaient l’apparition d’un Messie roi terrestre, la prophétie d’Isaïe de Babylone se révélait très actuelle. Malheureusement, au temps de la venue du Christ, si l’on ne l’avait pas oubliée, on ne la prenait pas au sérieux et on ne la comprenait pas littéralement. Mais cela est une autre histoire.

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Pour Is 42:1-7
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
2 Il ne crie pas, il n’élève pas le ton,
il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;
3 il ne brise pas le roseau froissé,
il n’éteint pas la mèche qui faiblit,
fidèlement, il présente le droit ;
4 il ne faiblira ni ne cédera
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et les îles attendent son enseignement.
5 Ainsi parle Dieu, Yahvé,
qui a créé les cieux et les a déployés,
qui a affermi la terre et ce qu’elle produit,
qui a donné le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent.
6 « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice,
je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé,
j’ai fait de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations,
7 pour ouvrir les yeux des aveugles,
pour extraire du cachot le prisonnier,
et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »
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Isaïe de Babylone dut prêcher à une communauté de rapatriés qui venait tout juste de revenir de Babylone sur la terre de ses pères. Tous ces gens attendaient la venue prochaine du Messie...  Lire la suite

Isaïe de Babylone dut prêcher à une communauté de rapatriés qui venait tout juste de revenir de Babylone sur la terre de ses pères. Tous ces gens attendaient la venue prochaine du Messie. Et ils voyaient en Lui avant tout le Roi juste dont avait parlé un autre Isaïe, Isaïe de Jérusalem, qui avait vécu avant l’exil.

Ce Roi devait débarrasser des païens la terre que Dieu avait donnée au peuple, y rétablir l’État juif et instaurer dans cet État des lois conformes à la Torah. Il devait être pour le peuple un souverain juste et un juge juste, qui établirait la justice dans son pays et punirait les méchants comme ils le méritaient. En un mot, c’était un roi terrestre d’un royaume terrestre. Chez Isaïe de Jérusalem, toutefois, la figure de ce Roi n’était pas tout à fait terrestre.

On attendait une mesure particulière de la présence de Dieu, qui accompagnerait Son avènement et Son règne. Mais, dans la conscience populaire, ces détails passaient au second plan. Le Messie devenait de plus en plus un roi précisément terrestre, puissant et fort, craint des peuples païens voisins. Et ce « messie » établit son autorité par la force, cette force terrestre ordinaire dont se servent tous les souverains de la terre.

Bien sûr, Dieu l’aidera si nécessaire. Mais on supposait que l’aide de Dieu servirait à construire un royaume terrestre ordinaire, quoique doté de « bonnes » lois. Or Isaïe de Babylone voit le Messie tout autrement. Il n’est nullement un puissant roi terrestre. Il ne dispose d’aucune puissance terrestre. Aux yeux de ce monde et de ses dirigeants, Il n’est personne. Mais cela ne L’empêche pas de rester le Messie.

Le prophète voulait que ses contemporains voient le Messie comme Celui dont l’autorité et le ministère ne dépendent en rien de Son statut social ni du pouvoir dont Il dispose sur terre. Qu’ils comprennent le Messie comme un Homme apportant sur terre un Royaume qui ne vit pas selon les lois du monde déchu, mais repose sur quelque chose de tout autre. Qu’ils acceptent le Messie comme le Roi de ce Royaume qui n’est « pas de ce monde ».

Car autrement, ni les contemporains du prophète ni leurs descendants n’auraient jamais reconnu le véritable Messie. Certes, ils ont malgré tout éprouvé des difficultés à Le reconnaître. Mais c’était désormais une question de choix personnel. Aucun de ceux qui avaient rencontré Jésus pendant Son ministère terrestre n’aurait pu se plaindre que personne ne leur avait jamais parlé d’un tel Messie. La manière dont les contemporains de Jésus comprenaient ce qui avait été dit est une autre question. Mais c’est encore une question de choix de celui qui lit ou écoute, un choix dont seul le lecteur ou l’auditeur est responsable.

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Pour Is 42:1-25
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
2 Il ne crie pas, il n’élève pas le ton,
il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;
3 il ne brise pas le roseau froissé,
il n’éteint pas la mèche qui faiblit,
fidèlement, il présente le droit ;
4 il ne faiblira ni ne cédera
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et les îles attendent son enseignement.
5 Ainsi parle Dieu, Yahvé,
qui a créé les cieux et les a déployés,
qui a affermi la terre et ce qu’elle produit,
qui a donné le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent.
6 « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice,
je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé,
j’ai fait de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations,
7 pour ouvrir les yeux des aveugles,
pour extraire du cachot le prisonnier,
et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »
8 Je suis Yahvé, tel est mon nom !
Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre,
ni mon honneur aux idoles.
9 Les premières choses, voici qu’elles sont arrivées,
et je vous en annonce de nouvelles,
avant qu’elles ne paraissent,
je vais vous les faire connaître.
10 Chantez à Yahvé un chant nouveau,
que chantent sa louange, des extrémités de la terre,
ceux qui vont sur la mer, et tout ce qui la peuple,
les îles et ceux qui les habitent.
11 Que se fassent entendre le désert et ses villes,
les campements où habite Qédar,
qu’ils crient de joie les habitants de la Roche,
au sommet des montagnes, qu’ils poussent des clameurs.
12 Qu’on rende gloire à Yahvé,
qu’on proclame sa louange dans les îles.
13 Yahvé, comme un héros, s’avance,
comme un guerrier, il éveille son ardeur,
il pousse le cri de guerre, il vocifère,
contre ses ennemis il agit en héros.
14 « Longtemps j’ai gardé le silence,
je me taisais, je me contenais.
Comme la femme qui enfante, je gémissais,
je soupirais tout en haletant.
15 Je vais ravager montagnes et collines,
en flétrir toute la verdure ;
je vais changer les torrents en terre ferme
et dessécher les marécages.
16 Je conduirai les aveugles par un chemin qu’ils ne connaissent pas,
par des sentiers qu’ils ne connaissent pas je les ferai cheminer,
devant eux je changerai l’obscurité en lumière
et les fondrières en surface unie.
Cela, je le ferai, je n’y manquerai pas.
17 Ils reculeront, ils rougiront de honte,
ceux qui se fient aux idoles,
qui disent à des statues : Vous êtes nos dieux. »
18 Sourds, entendez ! Aveugles, regardez et voyez !
19 Qui est aveugle si ce n’est mon serviteur ?
Qui est sourd comme le messager que j’envoie ?
(Qui est aveugle comme celui dont j’avais fait mon ami
et sourd comme le serviteur de Yahvé ?)
20 Tu as vu bien des choses, sans y faire attention.
Ouvrant les oreilles, tu n’entendais pas.
21 Yahvé a voulu, à cause de sa justice,
rendre la Loi grande et magnifique,
22 et voici un peuple pillé et dépouillé,
on les a tous enfermés dans des basses-fosses,
emprisonnés dans des cachots.
On les a mis au pillage, et personne pour les secourir,
on les a dépouillés, et personne pour demander réparation.
23 Qui, parmi vous, prête l’oreille à cela ?
Qui fait attention et désormais écoute ?
24 Qui donc a livré Jacob au spoliateur
et Israël aux pillards ?
N’est-ce pas Yahvé contre qui nous avions péché,
dont on n’avait pas voulu suivre les voies,
ni écouter la Loi ?
25 Il a répandu sur lui l’ardeur de sa colère
et la fureur guerrière ;
tout autour elle porta l’incendie, et lui n’a pas compris,
elle l’a brûlé, et il n’y a pas pris garde.
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En parlant du Messie, Isaïe Le désigne par un mot hébreu que l'on peut traduire par « serviteur » ou « jeune homme ». Une telle ambiguïté peut sembler étrange, mais elle a son sens. L'ancien Israël ne connaissait pas l'esclavage de masse qui...  Lire la suite

En parlant du Messie, Isaïe Le désigne par un mot hébreu que l'on peut traduire par « serviteur » ou « jeune homme ». Une telle ambiguïté peut sembler étrange, mais elle a son sens. L'ancien Israël ne connaissait pas l'esclavage de masse qui était répandu, par exemple, dans l'Égypte antique ou dans le monde gréco-romain. Il ne connaissait que l'esclavage patriarcal, où l'esclave différait peu d'un membre de la maisonnée. Dans certains cas, il pouvait même hériter du maître de maison.

Ce qui distinguait surtout l'esclave, c'était son absence totale de droits dans tout ce qui concernait la vie de la maison à laquelle il appartenait. Les esclaves domestiques ne participaient à aucun conseil de famille et, lors des décisions, y compris celles qui les concernaient eux-mêmes, leur voix ne se faisait pas entendre. En ce sens, ils ressemblaient aux jeunes gens, aux adolescents déjà assez grands pour prendre part à la vie et aux travaux de la maison, mais qui n'étaient pas encore considérés comme majeurs et ne participaient donc pas aux décisions.

Mais pourquoi le prophète appelle-t-il le Messie serviteur ? On sait que Jésus n'a jamais été esclave. Il s'agit manifestement d'une sorte d'allégorie. Que recouvre-t-elle ? Au temps d'Isaïe de Babylone, à qui appartient la prophétie du Messie-Serviteur, une autre image du Messie était populaire. Elle remontait à la prédication d'un autre Isaïe—Isaïe de Jérusalem, qui avait vécu près de deux cents ans auparavant. C'était l'image du Messie-Roi, le Souverain juste qui règnerait à Jérusalem et ferait de la Judée le Royaume de Dieu. L'image du Messie-Serviteur lui est directement opposée.

Bien entendu, cela ne signifie pas qu'Isaïe de Babylone renonce à une notion aussi essentielle à la tradition messianique que le Royaume de Dieu. Il veut simplement déplacer quelque peu l'accent : faire comprendre à ses auditeurs que le Messie n'est pas un roi au sens terrestre où la plupart des croyants comprenaient ce mot, aussi bien à son époque que beaucoup plus tard. Du point de vue de ce monde, le Messie n'est personne : Il est serviteur, non roi. Mais Il n'en cesse pas d'être le Messie : Il ne dépend ni des royaumes terrestres ni du pouvoir terrestre, et Sa qualité de Messie n'est pas déterminée par la place qu'Il occupe dans ce monde. Son Royaume, lui aussi, n'est pas semblable aux royaumes de ce monde : dans notre monde, un esclave ne peut être roi ! Isaïe de Babylone conduit ainsi ses auditeurs à comprendre qui est réellement le Messie et en quoi consiste Son ministère. Certes, tous n'ont pas compris ce que disait le prophète ; les événements évangéliques le montrent avec une parfaite évidence. Mais la parole a retenti, et ceux qui voulaient entendre ont entendu.

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Pour Is 42:1-25
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
2 Il ne crie pas, il n’élève pas le ton,
il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;
3 il ne brise pas le roseau froissé,
il n’éteint pas la mèche qui faiblit,
fidèlement, il présente le droit ;
4 il ne faiblira ni ne cédera
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et les îles attendent son enseignement.
5 Ainsi parle Dieu, Yahvé,
qui a créé les cieux et les a déployés,
qui a affermi la terre et ce qu’elle produit,
qui a donné le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent.
6 « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice,
je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé,
j’ai fait de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations,
7 pour ouvrir les yeux des aveugles,
pour extraire du cachot le prisonnier,
et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »
8 Je suis Yahvé, tel est mon nom !
Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre,
ni mon honneur aux idoles.
9 Les premières choses, voici qu’elles sont arrivées,
et je vous en annonce de nouvelles,
avant qu’elles ne paraissent,
je vais vous les faire connaître.
10 Chantez à Yahvé un chant nouveau,
que chantent sa louange, des extrémités de la terre,
ceux qui vont sur la mer, et tout ce qui la peuple,
les îles et ceux qui les habitent.
11 Que se fassent entendre le désert et ses villes,
les campements où habite Qédar,
qu’ils crient de joie les habitants de la Roche,
au sommet des montagnes, qu’ils poussent des clameurs.
12 Qu’on rende gloire à Yahvé,
qu’on proclame sa louange dans les îles.
13 Yahvé, comme un héros, s’avance,
comme un guerrier, il éveille son ardeur,
il pousse le cri de guerre, il vocifère,
contre ses ennemis il agit en héros.
14 « Longtemps j’ai gardé le silence,
je me taisais, je me contenais.
Comme la femme qui enfante, je gémissais,
je soupirais tout en haletant.
15 Je vais ravager montagnes et collines,
en flétrir toute la verdure ;
je vais changer les torrents en terre ferme
et dessécher les marécages.
16 Je conduirai les aveugles par un chemin qu’ils ne connaissent pas,
par des sentiers qu’ils ne connaissent pas je les ferai cheminer,
devant eux je changerai l’obscurité en lumière
et les fondrières en surface unie.
Cela, je le ferai, je n’y manquerai pas.
17 Ils reculeront, ils rougiront de honte,
ceux qui se fient aux idoles,
qui disent à des statues : Vous êtes nos dieux. »
18 Sourds, entendez ! Aveugles, regardez et voyez !
19 Qui est aveugle si ce n’est mon serviteur ?
Qui est sourd comme le messager que j’envoie ?
(Qui est aveugle comme celui dont j’avais fait mon ami
et sourd comme le serviteur de Yahvé ?)
20 Tu as vu bien des choses, sans y faire attention.
Ouvrant les oreilles, tu n’entendais pas.
21 Yahvé a voulu, à cause de sa justice,
rendre la Loi grande et magnifique,
22 et voici un peuple pillé et dépouillé,
on les a tous enfermés dans des basses-fosses,
emprisonnés dans des cachots.
On les a mis au pillage, et personne pour les secourir,
on les a dépouillés, et personne pour demander réparation.
23 Qui, parmi vous, prête l’oreille à cela ?
Qui fait attention et désormais écoute ?
24 Qui donc a livré Jacob au spoliateur
et Israël aux pillards ?
N’est-ce pas Yahvé contre qui nous avions péché,
dont on n’avait pas voulu suivre les voies,
ni écouter la Loi ?
25 Il a répandu sur lui l’ardeur de sa colère
et la fureur guerrière ;
tout autour elle porta l’incendie, et lui n’a pas compris,
elle l’a brûlé, et il n’y a pas pris garde.
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La lecture d'aujourd'hui nous propose l'un des hymnes messianiques d'Isaïe de Babylone, dont la prédication constitue la deuxième partie du livre d'Isaïe. La première chose qui frappe à la découverte de ce texte est le contraste saisissant entre l'image du Messie que nous y trouvons et celle qui apparaît...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous propose l'un des hymnes messianiques d'Isaïe de Babylone (v. 1–4), dont la prédication constitue la deuxième partie du livre d'Isaïe. La première chose qui frappe à la découverte de ce texte est le contraste saisissant entre l'image du Messie que nous y trouvons et celle qui apparaît chez Ézéchiel et les prophètes d'avant l'exil. Leur Messie est avant tout un roi et un juge, investi d'une autorité venue d'en haut et gouvernant et jugeant donc avec justice, conformément à la Torah (la Loi) donnée par Dieu. Son autorité ne diffère au fond en rien de celle de tout souverain terrestre, si ce n'est par le caractère de Son gouvernement, entièrement fondé sur la Torah, et par l'aide de Dieu qu'Il reçoit afin que Son gouvernement et Son jugement soient véritablement justes.

Isaïe de Babylone, en revanche, appelle le Messie non pas roi, mais serviteur ou jeune homme (adolescent) : ces deux notions sont désignées par un seul et même mot dans le texte hébreu de la Bible (v. 1). Dans l'ancien Israël, l'esclavage avait un caractère patriarcal, et la position d'un esclave dans la maison ne différait effectivement guère de celle des enfants mineurs qui n'avaient encore reçu aucun droit. Bien sûr, ni un esclave ni un adolescent ne pouvaient prétendre à quelque autorité que ce soit. À Isaïe de Babylone, le Messie s'est manifestement révélé comme Celui qui ne possède aucune autorité terrestre et ne la revendique pas (v. 2). Pourtant, son Messie établit le jugement et la Torah (la Loi) (v. 4). Mais comment le faire sans posséder d'autorité terrestre ?

Si la Torah n'était qu'une législation, ce serait évidemment impossible. Mais dès l'exil à Babylone, elle était devenue pour les Juifs croyants non seulement une loi fondée sur les commandements donnés par Dieu, mais aussi un mode de vie conforme à cette loi et l'état spirituel nécessaire pour mener une telle vie. Dans ce dernier cas, on parlait habituellement de la Torah intérieure, non moins importante que la Torah extérieure, dont l'observance était bien sûr également tenue pour absolument nécessaire. Pour implanter et affermir la Torah intérieure, il n'était nul besoin d'être souverain ou juge. Quant à la Torah extérieure, à l'époque d'Isaïe de Babylone—qui prêchait à la fin de l'exil et peu après le retour des Juifs de Babylone sur la terre de leurs pères—personne ne doutait plus de la nécessité de l'observer.

Le premier pas sur le chemin du Royaume avait été accompli : le peuple avait rejeté pour toujours le paganisme et établi la Torah extérieure comme loi immuable de sa vie. Tout semblait prêt pour la rencontre du Messie ; il ne restait plus qu'à entrer dans le Royaume. Pourtant, il apparaît que le chemin n'a pas encore été parcouru jusqu'au bout, et Dieu en révèle par Son prophète l'étape suivante : le Messie attend de Ses fidèles qu'ils suivent non seulement la Torah extérieure, mais aussi la Torah intérieure dans toute sa plénitude, car Lui-même, venu dans le monde, agit en s'appuyant avant tout sur elle. Seul un tel accomplissement de la Torah ouvre à l'homme le chemin du Royaume.

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Pour Is 42:1-25
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
2 Il ne crie pas, il n’élève pas le ton,
il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;
3 il ne brise pas le roseau froissé,
il n’éteint pas la mèche qui faiblit,
fidèlement, il présente le droit ;
4 il ne faiblira ni ne cédera
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et les îles attendent son enseignement.
5 Ainsi parle Dieu, Yahvé,
qui a créé les cieux et les a déployés,
qui a affermi la terre et ce qu’elle produit,
qui a donné le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent.
6 « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice,
je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé,
j’ai fait de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations,
7 pour ouvrir les yeux des aveugles,
pour extraire du cachot le prisonnier,
et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »
8 Je suis Yahvé, tel est mon nom !
Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre,
ni mon honneur aux idoles.
9 Les premières choses, voici qu’elles sont arrivées,
et je vous en annonce de nouvelles,
avant qu’elles ne paraissent,
je vais vous les faire connaître.
10 Chantez à Yahvé un chant nouveau,
que chantent sa louange, des extrémités de la terre,
ceux qui vont sur la mer, et tout ce qui la peuple,
les îles et ceux qui les habitent.
11 Que se fassent entendre le désert et ses villes,
les campements où habite Qédar,
qu’ils crient de joie les habitants de la Roche,
au sommet des montagnes, qu’ils poussent des clameurs.
12 Qu’on rende gloire à Yahvé,
qu’on proclame sa louange dans les îles.
13 Yahvé, comme un héros, s’avance,
comme un guerrier, il éveille son ardeur,
il pousse le cri de guerre, il vocifère,
contre ses ennemis il agit en héros.
14 « Longtemps j’ai gardé le silence,
je me taisais, je me contenais.
Comme la femme qui enfante, je gémissais,
je soupirais tout en haletant.
15 Je vais ravager montagnes et collines,
en flétrir toute la verdure ;
je vais changer les torrents en terre ferme
et dessécher les marécages.
16 Je conduirai les aveugles par un chemin qu’ils ne connaissent pas,
par des sentiers qu’ils ne connaissent pas je les ferai cheminer,
devant eux je changerai l’obscurité en lumière
et les fondrières en surface unie.
Cela, je le ferai, je n’y manquerai pas.
17 Ils reculeront, ils rougiront de honte,
ceux qui se fient aux idoles,
qui disent à des statues : Vous êtes nos dieux. »
18 Sourds, entendez ! Aveugles, regardez et voyez !
19 Qui est aveugle si ce n’est mon serviteur ?
Qui est sourd comme le messager que j’envoie ?
(Qui est aveugle comme celui dont j’avais fait mon ami
et sourd comme le serviteur de Yahvé ?)
20 Tu as vu bien des choses, sans y faire attention.
Ouvrant les oreilles, tu n’entendais pas.
21 Yahvé a voulu, à cause de sa justice,
rendre la Loi grande et magnifique,
22 et voici un peuple pillé et dépouillé,
on les a tous enfermés dans des basses-fosses,
emprisonnés dans des cachots.
On les a mis au pillage, et personne pour les secourir,
on les a dépouillés, et personne pour demander réparation.
23 Qui, parmi vous, prête l’oreille à cela ?
Qui fait attention et désormais écoute ?
24 Qui donc a livré Jacob au spoliateur
et Israël aux pillards ?
N’est-ce pas Yahvé contre qui nous avions péché,
dont on n’avait pas voulu suivre les voies,
ni écouter la Loi ?
25 Il a répandu sur lui l’ardeur de sa colère
et la fureur guerrière ;
tout autour elle porta l’incendie, et lui n’a pas compris,
elle l’a brûlé, et il n’y a pas pris garde.
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Le Serviteur n'élèvera pas la voix, bien que par le volume et la pression beaucoup d'orateurs essaient trop souvent de masquer la fausseté et...  Lire la suite

Le Serviteur n'élèvera pas la voix, bien que par le volume et la pression beaucoup d'orateurs essaient trop souvent de masquer la fausseté et l'inconsistance de leurs discours. Mais celui qui vient du Seigneur ne passera pas inaperçu à cause d'une voix douce : les personnes spirituellement sensibles n'oublient ni que le Seigneur est apparu à Élie dans le souffle léger du vent, ni que l'authentique, le plus souvent, ne s'impose pas par la force et ne se fait pas de publicité en criant. D'autant plus solide sera le triomphe de la vérité victorieuse.

Mais pourquoi alors le Seigneur avertit-Il, quelques phrases plus loin, qu'Il criera ? N'y a-t-il pas là contradiction ? Il semble pourtant que, par une manière si paradoxale, soit exprimée cette pensée : il doit inévitablement venir un moment où la voix du Seigneur sera entendue de tous, et elle ressemblera non au cri d'un homme qui insiste sur son idée, mais à un appel qui ne peut rester sans être entendu, tout comme la voix douce du Serviteur.

Le Seigneur compare Son cri au cri d'une femme qui enfante, et nous nous souvenons alors que les paroles prophétiques de Jésus sur les cataclysmes à venir, « c'est le commencement des douleurs » (Mt 24:8), selon la traduction de Cassien, résonnent comme « le commencement des douleurs de l'enfantement ». Nous avons l'habitude d'appeler la crise à venir « la fin du monde », mais elle deviendra le commencement d'une vie nouvelle.

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Pour Is 42:1-25
1 Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu en qui mon âme se complaît.
J’ai mis sur lui mon esprit,
il présentera aux nations le droit.
2 Il ne crie pas, il n’élève pas le ton,
il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;
3 il ne brise pas le roseau froissé,
il n’éteint pas la mèche qui faiblit,
fidèlement, il présente le droit ;
4 il ne faiblira ni ne cédera
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et les îles attendent son enseignement.
5 Ainsi parle Dieu, Yahvé,
qui a créé les cieux et les a déployés,
qui a affermi la terre et ce qu’elle produit,
qui a donné le souffle au peuple qui l’habite,
et l’esprit à ceux qui la parcourent.
6 « Moi, Yahvé, je t’ai appelé dans la justice,
je t’ai saisi par la main, et je t’ai modelé,
j’ai fait de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations,
7 pour ouvrir les yeux des aveugles,
pour extraire du cachot le prisonnier,
et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. »
8 Je suis Yahvé, tel est mon nom !
Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre,
ni mon honneur aux idoles.
9 Les premières choses, voici qu’elles sont arrivées,
et je vous en annonce de nouvelles,
avant qu’elles ne paraissent,
je vais vous les faire connaître.
10 Chantez à Yahvé un chant nouveau,
que chantent sa louange, des extrémités de la terre,
ceux qui vont sur la mer, et tout ce qui la peuple,
les îles et ceux qui les habitent.
11 Que se fassent entendre le désert et ses villes,
les campements où habite Qédar,
qu’ils crient de joie les habitants de la Roche,
au sommet des montagnes, qu’ils poussent des clameurs.
12 Qu’on rende gloire à Yahvé,
qu’on proclame sa louange dans les îles.
13 Yahvé, comme un héros, s’avance,
comme un guerrier, il éveille son ardeur,
il pousse le cri de guerre, il vocifère,
contre ses ennemis il agit en héros.
14 « Longtemps j’ai gardé le silence,
je me taisais, je me contenais.
Comme la femme qui enfante, je gémissais,
je soupirais tout en haletant.
15 Je vais ravager montagnes et collines,
en flétrir toute la verdure ;
je vais changer les torrents en terre ferme
et dessécher les marécages.
16 Je conduirai les aveugles par un chemin qu’ils ne connaissent pas,
par des sentiers qu’ils ne connaissent pas je les ferai cheminer,
devant eux je changerai l’obscurité en lumière
et les fondrières en surface unie.
Cela, je le ferai, je n’y manquerai pas.
17 Ils reculeront, ils rougiront de honte,
ceux qui se fient aux idoles,
qui disent à des statues : Vous êtes nos dieux. »
18 Sourds, entendez ! Aveugles, regardez et voyez !
19 Qui est aveugle si ce n’est mon serviteur ?
Qui est sourd comme le messager que j’envoie ?
(Qui est aveugle comme celui dont j’avais fait mon ami
et sourd comme le serviteur de Yahvé ?)
20 Tu as vu bien des choses, sans y faire attention.
Ouvrant les oreilles, tu n’entendais pas.
21 Yahvé a voulu, à cause de sa justice,
rendre la Loi grande et magnifique,
22 et voici un peuple pillé et dépouillé,
on les a tous enfermés dans des basses-fosses,
emprisonnés dans des cachots.
On les a mis au pillage, et personne pour les secourir,
on les a dépouillés, et personne pour demander réparation.
23 Qui, parmi vous, prête l’oreille à cela ?
Qui fait attention et désormais écoute ?
24 Qui donc a livré Jacob au spoliateur
et Israël aux pillards ?
N’est-ce pas Yahvé contre qui nous avions péché,
dont on n’avait pas voulu suivre les voies,
ni écouter la Loi ?
25 Il a répandu sur lui l’ardeur de sa colère
et la fureur guerrière ;
tout autour elle porta l’incendie, et lui n’a pas compris,
elle l’a brûlé, et il n’y a pas pris garde.
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De qui parle la prophétie d'Isaïe d'aujourd'hui ? Depuis les temps les plus anciens, ces paroles mystérieuses ont été rapportées à l'Oint de Dieu, avec la venue duquel...  Lire la suite

De qui parle la prophétie d'Isaïe d'aujourd'hui ? Depuis les temps les plus anciens, ces paroles mystérieuses ont été rapportées à l'Oint de Dieu, avec la venue duquel la paix et la justice s'établiront sur la terre. Mais ici même le prophète dit que l'Élu n'agira pas par la force, qu'Il « n'élèvera pas la voix », qu'Il sera « aveugle et sourd ». Les chrétiens ont toujours vu dans cet Élu Jésus-Christ, le Fils de Dieu, venu non avec puissance et gloire, mais dans l'abaissement, ayant volontairement renoncé pour nous à la toute-puissance et à l'omniscience.

Mais, en outre, la prophétie concerne aussi chacun de nous, car désormais le Christ agit à travers ceux qui croient en Lui, à travers Son Corps. Toutes ces paroles sur la douceur et la justice doivent être un repère pour nous aussi, si nous voulons former un seul corps avec Jésus. Le Seigneur dit la même chose dans l'Évangile : apprenez de Moi la douceur et l'humilité du coeur, soyez la lumière pour le monde assis dans les ténèbres.

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Lectures du  27 janvier 2019

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