25 Que Yahvé fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce!
26 Que Yahvé te découvre sa face et t'apporte la paix ! "
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Le yahvisme connaît des bénédictions traditionnelles, prononcées par les prêtres pendant le culte auprès de la Demeure ou dans le Temple, où retentissait nécessairement le nom de Dieu. À un certain moment, on se mit à les traiter comme des formules rituelles traditionnelles, mais à l’origine toutes ces bénédictions avaient leur sens et leur destination.
Telles sont aussi les bénédictions que nous voyons dans le livre des Nombres. Le rapport au Nom sacré, dans l’Antiquité, était en général particulier : on pensait que le nom par lequel Dieu se révèle à l’homme, si on le prononce, unit l’homme à Dieu. Les païens eux aussi voyaient les choses ainsi, et dans le monde païen on attribuait souvent même des propriétés magiques aux noms sacrés.
Le yahvisme, lui, ne supposait aucune magie : il s’agissait de cette intention que l’homme adresse à Dieu en L’appelant par Son nom. Employer les noms sacrés simplement comme cela, en passant, pour faire joli ou par habitude, est une transgression du troisième commandement du Décalogue, et dans l’ancien Israël on le savait bien.
Qu’est-ce donc qu’une bénédiction ? Dans son sens originel, le mot hébreu correspondant signifie la transmission, par celui qui bénit, de sa force, généralement surnaturelle, à celui qui est béni. En bénissant l’homme, Dieu lui donne Sa force, et les prêtres, en bénissant le peuple, lui souhaitent que Dieu, devant qui ils viennent de se tenir, lui donne Sa force.
Cette force peut préserver et protéger, surtout si Dieu montre Son visage à l’homme. Rencontrer Dieu face à face signifiait faire l’expérience d’une communion personnelle avec Dieu ; une telle expérience a été connue en tout temps. Mais cette rencontre pouvait être pour l’homme non seulement joyeuse : l’homme pécheur se présentait devant Dieu tel qu’il est, et l’issue de la rencontre pouvait être pour lui la plus inattendue.
C’est pourquoi, dans les formules rituelles traditionnelles, résonnent les paroles de paix et de miséricorde : l’une et l’autre étaient absolument nécessaires à l’homme pécheur pour que la rencontre avec Dieu face à face ne se change pas pour lui en malédiction au lieu d’être bénédiction. Bien sûr, Dieu ne maudit jamais l’homme pour ses péchés, sans quoi personne n’aurait la moindre chance de salut. Mais la rencontre avec Dieu se révèle toujours pour l’homme aussi une épreuve, et pas seulement une joie ; les bénédictions traditionnelles prononcées par les prêtres incluaient donc aussi la demande que la rencontre avec Dieu devienne pour les bénis non une perte, mais un renouvellement spirituel.
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