28 Ils auront un héritage, c’est moi qui serai leur héritage. Vous ne leur donnerez pas de patrimoine en Israël, c’est moi qui serai leur patrimoine.
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Depuis l’époque de Moïse, les lévites, c’est-à-dire les représentants de la tribu, ou comme on dit parfois de la lignée, de Lévi, avaient reçu la charge de tout ce qui concernait la Demeure et le culte. Ici ont joué un rôle à la fois la représentation, traditionnelle dans une société clanique et tribale, d’activités héréditaires de clan et de tribu, qui devenaient souvent la prérogative exclusive de telle ou telle tribu ou famille, et l’autorité de Moïse et d’Aaron comme chefs spirituels du peuple. Le droit exclusif des lévites sur tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, était lié à la Demeure, puis plus tard au Temple, remonte précisément à cette époque.
En même temps, les lévites n’avaient pas droit à d’autre soutien matériel que celui qu’ils pouvaient recevoir de l’autel : une certaine part de chaque sacrifice leur revenait, et c’est de cela, pensait-on, qu’ils devaient vivre. En outre, ils avaient des localités particulières où se trouvaient les maisons appartenant aux représentants de leur tribu, mais ils n’eurent jamais de lots patrimoniaux propres, semblables à ceux des représentants de toutes les autres tribus juives : de tels lots ne leur revenaient pas selon la Loi.
D’un côté, on supposait ici une certaine division purement professionnelle : le culte et tout ce qui s’y rapportait étaient aussi regardés comme une profession, une occupation qui devait nourrir ceux qui y consacraient leur vie. De l’autre, il s’agissait de protéger ceux qui consacrent leur vie au service de Dieu de tout ce qui est lié aux conséquences inévitables de la possession de biens immobiliers assez importants, surtout fonciers, lesquels exigent une attention soutenue et un soin constant.
L’homme qui s’est consacré à Dieu et à l’autel devait être libre de tels soucis ; il pouvait avoir une maison et des biens domestiques, mais un grand lot de terre aurait inévitablement exigé de lui une telle attention et une telle implication dans la vie de « ce monde » que cela aurait eu un effet négatif sur l’affaire principale de sa vie.
Et Ézéchiel, parlant de la part de Dieu, ne fait que confirmer la justesse d’une telle approche et la vérité d’une telle position : Dieu veut l’homme tout entier, Il veut pour Lui son cœur, son âme, son corps. Bien sûr, Il ne veut pas priver Ses serviteurs de ce qui leur est nécessaire pour vivre, mais Il refuse que ce monde absorbe la plus grande part de leurs forces et de leur temps. Car, on le sait, là où est le trésor de l’homme, là aussi est son cœur.
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