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RÉFLEXIONS pour Tt 3:3

Car nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d’une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres.
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Comme on voit, Paul n’a pas une très grande opinion de la nature humaine non transformée. Même si parfois il peut sembler qu'il exagère un peu. En effet, en disant «nous», il énumère ces traits de caractère et ces péchés, dont on peut penser que ni Paul lui-même, ni son entourage le plus proche n’ont pas souffert même avant la conversion à Christ. Mais le problème probablement n’est tout de même pas seulement dans les manifestations concrètes d’un quelconque péché. Le problème est encore dans la pécheresse, comme telle. Traditionnellement la Torah a toujours été dirigée contre un péché concret d’une personne concrète. Mais, d'un autre côté, l'idée déjà même de la Torah intérieure supposait une certaine qualité de la vie spirituelle, et ici la volonté de commettre un péché dans certaines conditions favorisant cela devenait en soi-même un sérieux problème spirituel.

Plus aigu encore ce problème se posait pour les chercheurs du Royaume: car dans le Royaume la qualité de la vie spirituelle sort au premier plan, ici la qualité de la vie spirituelle définit la qualité de la vie en général. Et quand Paul énumère tous ces péchés, en les reliant à lui-même, il veut avant tout parler de cet état spirituel de l’homme déchu, qui peut facilement lui permettre de se transformer en tout ce que mentionne l'apôtre. Paul, comme on voit, comprend parfaitement que si nous ne devenons rien de tel dans des conditions externes plus ou moins favorables, cela ne témoigne pas du tout encore en soi de l'absence des problèmes spirituels.

On pourrait parler de leur absence seulement dans le cas où nous resterions «bons» dans n'importe quelles circonstances, même dans celles, qui ne contribuent aucunement à la «bonté». Seulement alors on pourrait dire que nous sommes prêts à faire un pas dans le Royaume. Bien sûr, cela en soi-même ne garantit encore rien, car il s’agit dans ce cas non pas du premier niveau de la vie spirituelle, mais plutôt du niveau zéro, de ce fondement, qui sans les signets, il n’arrive à parler d’aucune édification ultérieure.

Paul cherche à faire savoir à ses coreligionnaires que ce fondement leur est absolument nécessaire, même s'il leur semble qu'ils sont même sans cela déjà tout à fait bons, empêchant avec succès leur pécheresse de se manifester au-dehors. En effet, il ne s’agit pas de la morale, mais du Royaume. Ici il ne faut pas observer les règles, mais il faut simplement vivre. Tel qu’on est en réalité.

Autres réflexions

 
Pour Tt 3:3
Car nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d’une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres.
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Paul n'a pas une haute opinion de la nature humaine non transfigurée. Pourtant, il peut parfois paraître forcer un peu le trait. En effet, lorsqu'il dit «nous», il énumère en même temps des traits de caractère et des péchés...  Lire la suite

Paul n'a pas une haute opinion de la nature humaine non transfigurée. Pourtant, il peut parfois paraître forcer un peu le trait. En effet, lorsqu'il dit «nous», il énumère en même temps des traits de caractère et des péchés dont on peut penser que ni Paul lui-même ni son entourage proche ne souffraient, même avant leur conversion au Christ. Mais il ne s'agit sans doute pas seulement de manifestations concrètes de tel ou tel péché. Il s'agit aussi du péché comme tel. Traditionnellement, la Torah a toujours été orientée vers la lutte contre le péché concret d'un homme concret. Mais, d'un autre côté, l'idée même de Torah intérieure supposait déjà une certaine qualité de vie spirituelle, et ici la disposition à commettre le péché dans certaines conditions favorables devenait en elle-même un sérieux problème spirituel. Ce problème se posait plus vivement encore pour ceux qui cherchaient le Royaume: dans le Royaume, la qualité de la vie spirituelle passe au premier plan; ici, la qualité de la vie spirituelle détermine la qualité de la vie en général. Et lorsque Paul énumère tous ces péchés, en les rapportant aussi à lui-même, il entend surtout l'état spirituel de l'homme déchu, état qui peut facilement lui permettre de devenir tout ce que mentionne l'apôtre. Paul comprend clairement que, si nous ne devenons rien de tel dans des conditions extérieures plus ou moins favorables, cela ne témoigne pas encore par soi-même de l'absence de problèmes spirituels. On ne pourrait parler de leur absence que si nous restions «bons» en toutes circonstances, même dans celles qui ne favorisent en rien cette «bonté». Alors seulement on pourrait dire que nous sommes prêts à faire un pas dans le Royaume. Bien sûr, cela ne garantit encore rien par soi-même, car il s'agit ici non du premier niveau de la vie spirituelle, mais plutôt du niveau zéro, du fondement sans lequel il ne peut être question d'aucune construction ultérieure. Et Paul cherche à faire comprendre à ses coreligionnaires que ce fondement leur est vraiment absolument nécessaire, même s'il leur paraît qu'ils sont déjà tout à fait bons, empêchant avec succès leur péché de se manifester au-dehors. Car il ne s'agit pas de morale, mais du Royaume. Ici, il ne faut pas respecter des règles, mais simplement vivre. Tel que tu es en réalité.

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Pour Tt 3:1-15
Rappelle à tous qu’il faut être soumis aux magistrats et aux autorités, pratiquer l’obéissance, être prêt à toute bonne œuvre,
n’outrager personne, éviter les disputes, se montrer bienveillant, témoigner à tous les hommes une parfaite douceur.
Car nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d’une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres.
Mais le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes,
il ne s’est pas occupé des œuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint.
Et cet Esprit, il l’a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur,
afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l’héritage de la vie éternelle.
Elle est sûre cette parole et je tiens à ce que, sur ce point, tu sois catégorique, afin que ceux qui ont placé leur foi en Dieu aient à cœur d’exceller dans les belles œuvres. Voilà qui est bon et utile aux hommes.
Mais les folles recherches, les généalogies, les disputes, les polémiques au sujet de la Loi, évite-les. Elles sont sans utilité et sans profit.
10 Quant à l’homme de parti, après un premier et un second avertissement, romps avec lui.
11 Un tel individu, tu le sais, est un dévoyé et un pécheur qui se condamne lui-même.
12 Lorsque je t’aurai envoyé Artémas ou Tychique, hâte-toi de me rejoindre à Nicopolis. C’est là que j’ai décidé de passer l’hiver.
13 Prends toutes dispositions pour le voyage du juriste Zénas et d’Apollos, afin qu’ils ne manquent de rien.
14 Les nôtres aussi doivent apprendre à exceller dans les belles œuvres pour faire face aux nécessités pressantes. Ainsi ne seront-ils pas sans fruits.
15 Tu as le salut de tous ceux qui sont avec moi. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. La grâce soit avec vous tous !
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Pourquoi le Seigneur nous aime-t-Il ? Parce que nous sommes bons ? Guère... Parce que nous Lui plaisons ? Non plus. Il est douteux que nous...  Lire la suite

Pourquoi le Seigneur nous aime-t-Il ? Parce que nous sommes bons ? Guère... Parce que nous Lui plaisons ? Non plus. Il est douteux que, dans notre état pécheur actuel, nous Lui soyons particulièrement agréables, à Lui qui est la bonté même, la justice même... Alors pourquoi ? Parce qu’Il aime. Pourquoi devons-nous aimer notre prochain ? Parce qu’il est bon ? Ce n’est pas toujours le cas. Parce qu’il nous plaît ? Ce serait trop facile. L’apôtre Paul nous rappelle aujourd’hui que Dieu nous a sauvés non selon notre justice, mais selon Sa miséricorde. C’est ainsi que nous devons aimer nous aussi : non à cause d’un quelconque mérite, mais simplement — aimer.

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Pour Tt 3:1-15
Rappelle à tous qu’il faut être soumis aux magistrats et aux autorités, pratiquer l’obéissance, être prêt à toute bonne œuvre,
n’outrager personne, éviter les disputes, se montrer bienveillant, témoigner à tous les hommes une parfaite douceur.
Car nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d’une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres.
Mais le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes,
il ne s’est pas occupé des œuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint.
Et cet Esprit, il l’a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur,
afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l’héritage de la vie éternelle.
Elle est sûre cette parole et je tiens à ce que, sur ce point, tu sois catégorique, afin que ceux qui ont placé leur foi en Dieu aient à cœur d’exceller dans les belles œuvres. Voilà qui est bon et utile aux hommes.
Mais les folles recherches, les généalogies, les disputes, les polémiques au sujet de la Loi, évite-les. Elles sont sans utilité et sans profit.
10 Quant à l’homme de parti, après un premier et un second avertissement, romps avec lui.
11 Un tel individu, tu le sais, est un dévoyé et un pécheur qui se condamne lui-même.
12 Lorsque je t’aurai envoyé Artémas ou Tychique, hâte-toi de me rejoindre à Nicopolis. C’est là que j’ai décidé de passer l’hiver.
13 Prends toutes dispositions pour le voyage du juriste Zénas et d’Apollos, afin qu’ils ne manquent de rien.
14 Les nôtres aussi doivent apprendre à exceller dans les belles œuvres pour faire face aux nécessités pressantes. Ainsi ne seront-ils pas sans fruits.
15 Tu as le salut de tous ceux qui sont avec moi. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. La grâce soit avec vous tous !
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En parlant de la nécessité d'obéir à la loi, Paul mentionne encore un aspect du problème que, apparemment...  Lire la suite

En parlant de la nécessité d'obéir à la loi (v. 1-2), Paul mentionne encore un aspect du problème que, apparemment, dans le feu de la polémique ou de la condamnation, beaucoup oubliaient alors, comme d'ailleurs aujourd'hui. Il rappelle à Tite lui-même et à ceux qu'il devait instruire qu'un homme pécheur n'a, en général, aucun droit de condamner qui que ce soit, que condamner les hommes, même s'ils sont pécheurs, n'est pas une occupation convenable pour un chrétien. Et il ne s'agit pas seulement du fait que seul Dieu peut juger adéquatement une personne, et non tel ou tel acte qu'elle a commis, Lui qui donnera Son jugement au dernier Jugement. Il s'agit aussi du fait que l'homme déchu n'a pas le droit moral de condamner qui que ce soit. Bien sûr, beaucoup l'avaient compris bien avant la venue du Sauveur dans le monde ; le proverbe « médecin, guéris-toi toi-même » était déjà connu dans la plus haute antiquité. Mais l'essentiel est ailleurs : condamner son prochain détourne le chrétien de la lutte contre ses propres péchés, de son enracinement dans le Royaume et du témoignage.

L'apôtre, quant à lui, appelle visiblement ses coreligionnaires à se concentrer sur la résolution de ces tâches principales et à laisser en paix ceux qui méritent peut-être la condamnation, mais à la condamnation desquels un chrétien ne devrait guère consacrer son temps, d'autant plus que chacun de ceux qui marchent maintenant sur le chemin du salut a jadis mérité la même condamnation (v. 3-8). L'abus de la Torah, que mentionne l'apôtre (v. 9), devenait apparemment un bon terrain nourricier pour la condamnation. La Torah a été donnée à l'homme non pour condamner son prochain, mais pour évaluer des actions et des actes concrets, les siens comme ceux d'autrui, afin de comprendre qui et en quoi l'on peut soutenir, et de qui il vaut mieux se tenir à distance. Pourtant, de tout temps, la tentation a existé d'abuser de la Torah, en l'utilisant non comme une boussole spirituelle permettant de ne pas perdre ses repères spirituels et moraux dans le monde des affaires et des actes humains, mais comme un moyen de s'exalter soi-même et de condamner. Un tel abus menait inévitablement aux discussions vaines mentionnées par Paul, dont les participants, se condamnant les uns les autres, perdaient à la fois le sens de la Torah et le Royaume. Ce n'est pas un hasard si l'apôtre dit que ceux qui pensent la Torah autrement que lui et ses compagnons de pensée (dans la traduction synodale, ces dissidents sont appelés « hérétiques ») se condamnent eux-mêmes (v. 10-11) : la Torah est une arme à double tranchant, si bien que celui qui veut la diriger contre son prochain la retourne inévitablement aussi contre lui-même. Celui qui compte scrupuleusement et sans miséricorde les péchés de son prochain devra répondre devant Dieu de ses propres péchés, et Dieu les comptera avec autant de scrupule qu'il comptait autrefois les péchés d'autrui, le condamnant avec aussi peu de miséricorde qu'il condamnait lui-même ses prochains. Alors la Torah deviendra pour lui un chemin menant non pas au Royaume, mais aux ténèbres extérieures dont parlait le Sauveur.

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