51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Ce que les pharisiens ont dit du Christ a sa logique interne. Si ce Charpentier de Nazareth chasse les esprits mauvais et guérit les malades, il faut bien qu'il y ait une explication. Quelle force agit en Lui? Pourquoi Sa volonté de guérir, « Je le veux, sois purifié », « Tais-toi et sors de lui »..., est-elle si efficace? Les gens sans préjugés disent: « un grand prophète s'est levé en Israël », en supposant que la volonté de Dieu agit par Jésus; c'est une hypothèse tout à fait naturelle. Mais les pharisiens ne sont pas d'accord pour que la volonté de Dieu puisse agir sans se signaler à eux, pour que Dieu puisse Se permettre de faire quelque chose d'inattendu pour les pharisiens. Leur appréciation découle donc naturellement du refus: Il les chasse par la puissance de leur propre prince. Il est caractéristique, premièrement, que l'intention de refus se développe d'elle-même, en général, vers la malédiction. Deuxièmement, il est évident qu'en prenant Jésus pour un imposteur, un faux messie, les pharisiens sont extrêmement inattentifs. Les faux messies, et il y en a aujourd'hui en abondance, utilisent nécessairement tout fait inhabituel pour confirmer leur propre prestige. En entendant parler des miracles de Jésus, les pharisiens supposent qu'Il agit de la même manière. Ils ne prennent tout simplement pas la peine d'examiner l'affaire jusqu'au bout et prononcent leur jugement sans avoir appris que Jésus interdit constamment aux gens de divulguer de tels miracles. Voilà comment nous nous enfermons nous-mêmes dans un piège et ne rencontrons pas Dieu uniquement à cause de nos propres préjugés.
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes. Aujourd'hui, la possibilité de juger ne nous étonne pas ; nous jugeons facilement non seulement en notre propre nom, mais aussi au nom des chrétiens, au nom de toute l'Église. On entend souvent : « les saints Pères disent... », ou « le Pape a dit », etc., etc. Au nom de l'Église, nous accusons les gens de péchés sans voir la poutre dans notre propre oeil. Dans toutes les confessions, il y eut des périodes où l'on tuait des hommes au nom de l'Église : l'Inquisition, la lutte contre les vieux-croyants, les guerres de religion... Dans ce texte, nous voyons que, même du vivant de Jésus, les apôtres voulaient, en Son nom, exterminer ceux qui ne L'avaient pas accueilli.
C'était une manifestation d'amour pour Lui, mais non d'un amour véritable. Car l'amour de Dieu est impossible sans l'amour du prochain. Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes, mais nous savons avec certitude que Machiavel avait tort lorsqu'il écrivit que la fin justifie les moyens. On ne peut pas implanter l'amour pour son Maître et Dieu par la violence. Par la violence on ne peut rien obtenir, et encore moins l'amour. Dieu et la violence sont incompatibles. Dieu est mort pour chaque habitant de ce village samaritain qui ne L'a pas accueilli ; Il est mort aussi pour chacun des apôtres, Il est mort pour Judas, Il est mort pour chacun de nous, et en dehors de Lui, personne ne peut juger.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
Jésus prononce ces paroles en réponse à l'étrange proposition des disciples de faire descendre le feu du ciel et de détruire ceux qui n'avaient pas voulu les recevoir. « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes », s'exclame amèrement le Sauveur. Et ces paroles contiennent un aspect très important de notre foi.
Avec la venue du Christ dans le monde, tout comme au moment où chaque personne entre en contact avec lui, le jugement commence. Selon la parole du Seigneur lui-même, le jugement consiste en ceci : la Lumière est venue dans le monde, et les actes comme les intentions de chacun deviennent visibles dans cette Lumière. Chacun de nous choisit entre la Lumière et le repentir, ou les ténèbres et la satisfaction de soi. Des difficultés et des dangers nous guettent sur ce chemin ; malgré toute son évidence, ce choix est très difficile à faire. Et souvent, très souvent, nous nous trouvons incapables de suivre le Christ.
Voici donc que le Seigneur dit qu'il n'est pas venu pour nous « prendre en faute » lorsque nous ne sommes pas prêts à le recevoir, puis nous vouer à la perdition. Non, le but de sa venue est de sauver les âmes humaines. C'est l'une des raisons les plus importantes pour lesquelles il met si souvent et si instamment ses disciples en garde contre le jugement et la condamnation. Et c'est une espérance étonnante pour nous qui sommes indignes de son sacrifice.
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Le mystère insondable de l'incarnation du Fils de Dieu n'a pas été révélé à l'humanité pendant de longs siècles, et le fait que nous puissions aujourd'hui ne serait-ce qu'en entendre parler est une grande miséricorde. Dans la brève lecture évangélique d'aujourd'hui, le Seigneur dit aux disciples que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir cela, et ne l'ont pas vu. Ce n'est qu'en figures, « comme dans un miroir », selon l'expression de l'apôtre Paul, qu'ils décrivaient la venue du Christ, parce qu'il leur était impossible même d'imaginer l'incarnation de l'Infini.
Ce n'est que de temps à autre, en réponse aux questions douloureuses sur le sens de la vie et de la souffrance, que les prophètes, comme Jérémie ou l'auteur du livre de Job, entendent de Dieu l'annonce qu'Il viendra Lui-même aux hommes. Ce n'est que dans la grande tension de l'attention de l'esprit humain, « sur la garde divine », selon les expressions du prophète Habacuc et de saint Jean Damascène, que ce mystère se révèle. Et le fait que nous ayons la possibilité de tenir entre nos mains et de lire l'Évangile est un don incomparable, pour lequel il faut rendre grâce et dont il faut faire usage.
Le Seigneur souligne encore aux disciples un autre aspect important de ce mystère : pour saisir le mystère de l'incarnation de Dieu, comme d'ailleurs pour Le rencontrer en général, les efforts intellectuels ne suffisent pas. C'est précisément une Révélation, donnée dans la rencontre personnelle avec Jésus de Nazareth.
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Lorsque Jésus dit aux disciples qu'ils voient ce que bien des prophètes et des rois d'autrefois rêvaient de voir sans l'avoir pu, Il parle évidemment du Royaume qu'Il a apporté au monde. Bien des justes et des prophètes de tous les temps en ont effectivement rêvé et en ont pressenti la venue.
Mais qu'est-ce que ce Royaume ? Quelle en est l'essence ? Le Sauveur Lui-même l'exprime en une courte phrase : le Père M'a tout donné, et nul ne connaît le Fils sinon le Père, de même que nul ne connaît le Père sinon le Fils et ceux à qui le Fils veut Le révéler. Cette phrase paraît à première vue quelque peu énigmatique, surtout sur le fond de la tradition juive de l'époque, qui appelait Dieu le Père céleste. Mais Jésus emploie manifestement ces mots à la fois dans le sens que leur donnaient les Juifs croyants de l'époque évangélique et dans un autre sens. Ce qui frappe d'abord, c'est une certaine exclusivité, qui ne se comprend pas immédiatement : Jésus dit que personne, en dehors de Lui, ne connaît le Père.
On pourrait l'expliquer par le fait que Lui seul porte en Lui toute la plénitude de Dieu ; pour un homme ordinaire, si profonde que soit sa foi, cela est par définition impossible. Mais il semble qu'il ne s'agisse pas seulement de cela : Jésus parle aussi de ceux à qui Il peut révéler le Père, et il s'agit là, sans aucun doute, de personnes tout à fait ordinaires et pécheresses. Apparemment, le Sauveur parle ici moins de Sa divinité que du Royaume lui-même : les habitants du Royaume ont en effet avec Dieu des relations tout à fait particulières, et eux seuls peuvent, à proprement parler, se considérer comme enfants de Dieu au plein sens du terme. Le fondement du Royaume est cette relation de Jésus avec Son Père dont Il dit : le Père M'a tout donné.
Il ne s'agit évidemment pas de dire que Jésus serait devenu une sorte de vice-roi de Dieu sur terre, mais que la plénitude de Dieu qu'Il a apportée au monde est devenue le fondement du Royaume : en s'incarnant dans le Fils, le Père Lui a remis le Royaume et tout ce qui s'y rattache. Tout ce qui se produit dans le Royaume se produit dans le cadre de cette relation ; en un sens, on pourrait dire que le Royaume lui-même existe en elle et en fait partie. Rien de tel n'existe, ni ne peut exister, dans le monde non transfiguré. Rien d'étonnant à ce que les grands prophètes et les rois d'autrefois eussent été heureux de voir le Royaume : c'est là que devenait réalité cette plénitude de communion avec Dieu qu'ils cherchaient sans pouvoir la trouver dans un monde corrompu par la chute.
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. » |
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » |
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. » |
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. » |
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. » |
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. » |
Comme la réaction des apôtres nous est proche. D'un côté, il n'y a là rien d'étonnant, car nous sommes tous des hommes et, de plus, ressembler à un futur apôtre est même très bien. Mais de l'autre, en quoi leur ressemblons-nous? Précisément en ce que nous sommes des hommes, avec nos réactions «communes à tous les hommes». Les disciples, brûlant de zèle pour le Maître, sont offensés de ce qu'on n'ait pas voulu Le recevoir. Quelqu'un a traité leur Maître comme n'importe quel autre homme: on a refusé l'hospitalité à un voyageur. Et voilà déjà devant nous la «colère juste» qui gronde, car ces simples pêcheurs ne prononçaient sans doute pas calmement les paroles appelant le feu céleste vengeur, même si l'Évangile le rapporte sans émotion (voir Lc. 9:54). Et ces hommes simples s'estiment en droit de venger une attitude si peu accueillante envers leur Seigneur. Peut-être sont-ils mus par les paroles du Christ qui les envoie prêcher: «Et si quelqu'un ne vous reçoit pas et ne vous écoute pas, en sortant de là, secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville» (Mc. 6:11). Or il s'agissait alors d'eux-mêmes, tandis qu'ici il s'agit de leur Maître! La punition doit donc être proportionnée!..
Et si l'on imaginait que Joseph se soit comporté ainsi lorsque personne ne voulait les accueillir, lui et Marie qui était sur le point d'enfanter? Combien de gens et de maisons auraient été brûlés par le feu?
Il est étonnant que les disciples aient ici la foi que le feu viendra à leur demande! Et la question ne sonne pas ainsi: «Le feu descendra-t-il du ciel si nous le demandons?», mais «Veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume?» (Lc 9:54).
Et comme il est merveilleux que la foi en Dieu et dans le fait que «tout ce qu'ils demanderont leur sera accordé par Mon Père céleste» s'accompagne d'un dialogue avec le Seigneur! Car Il rejette la proposition des disciples et le leur interdit (Lc. 9:55), dirigeant leurs sentiers sur le droit chemin.
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » |
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. » |
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
Qu'est-ce que la religion ? Et que vaut la religiosité humaine ? On en débat depuis plus d'un siècle. Les uns voient dans la religion le principal moteur de la vie spirituelle ; les autres la considèrent comme une force terrible et destructrice, en montrant avant tout les formes que peut prendre une religiosité militante, intolérante à toute dissidence, et les phénomènes qu'elle engendre.
Les disciples de Jésus étaient sans aucun doute des hommes profondément religieux, comme la plupart des Juifs de leur époque. Au moment de l'épisode du village samaritain décrit par l'évangéliste, ils avaient déjà passé au moins un an avec leur Maître. Mais voici le refus, et leur première réaction, immédiate : que ce village soit maudit ! Que la foudre frappe ses habitants ! On pourrait bien sûr penser qu'ils parlent sous le coup de la colère, qu'il ne s'agit que d'une première réaction spontanée. Jésus en juge autrement. Il dit à Ses disciples : vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. Apparemment, ce qui a été dit ne l'a pas été simplement dans un mouvement d'emportement : ce n'est ni une erreur fortuite ni un lapsus, mais une position.
Une position tout à fait explicable à partir des conceptions religieuses des Juifs de l'époque évangélique. Une époque où les Samaritains étaient, à leurs yeux, pires que les païens : comme eux, ils se considéraient comme le peuple de Dieu et adoraient le même Dieu d'Abraham et de Moïse. On devine aisément que les Juifs ne pouvaient leur pardonner de telles prétentions. Les païens étaient simplement autres, sans lien avec le Dieu d'Israël ; les Samaritains avaient ce lien et revendiquaient devant Dieu la place occupée de droit par le peuple juif. Le sentiment religieux ne dictait qu'une réponse à de telles prétentions : la haine.
Une haine qui paraissait pleinement justifiée à la conscience religieuse : toute religion est, au fond, totale ; elle réclame l'homme tout entier et détermine entièrement sa vision du monde, son comportement et son système de valeurs. Et aucune religion ne tolère évidemment la concurrence : la tolérance entre religions apparaît généralement lorsque la tension religieuse retombe. Mais une autre raison est possible : on peut être tolérant envers la religiosité d'autrui non seulement lorsqu'on n'a pas encore atteint spirituellement le sentiment religieux, mais aussi lorsqu'on l'a dépassé spirituellement.
C'est précisément ce que veut dire le Sauveur lorsqu'Il dit aux apôtres qu'ils ne savent pas de quel esprit ils sont. Ils croient qu'en souhaitant anéantir les adversaires de leur Maître, ils rapprochent le triomphe de Son Royaume. En réalité, ils ne font que le retarder. Car le christianisme n'est pas une religion, mais la vie dans le Royaume, et le Messie est venu dans le monde non pour détruire Ses ennemis, mais pour sauver tous ceux qui peuvent être sauvés.
Mais ce n'est pas facile à comprendre. À vrai dire, les seuls efforts humains ne permettent pas de le comprendre, et le sentiment religieux n'y aide pas ; il peut même, semble-t-il, faire obstacle à la compréhension du Royaume apporté au monde par le Sauveur. Seul le souffle de Dieu révèle aux apôtres ce qu'est le Royaume. Après la Pentecôte, il ne leur viendra plus jamais à l'esprit d'établir le Royaume et d'implanter l'Église par la force. Même dans les situations les plus difficiles et avec les meilleures intentions.
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » |
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. » |
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
Il est frappant que les disciples du Christ, jusqu’à Sa Résurrection d’entre les morts, restent prisonniers des représentations juives courantes. Confrontés au refus des Samaritains, ils sont déjà prêts à prier pour que le feu descende du ciel, et ils citent le prophète Élie comme exemple à imiter.
Il faut reconnaître qu’une telle forme de prédication a paru optimale à beaucoup de chrétiens au cours des siècles. Dans un empire, on a même inventé une théorie théologique spéciale selon laquelle il fallait convertir l’empereur au christianisme, après quoi celui-ci, par le feu et par l’épée, conquérirait le monde entier et pousserait tous les peuples soumis à la foi. Tout aurait été parfait ; dommage seulement que l’empire soit tombé avant d’avoir accompli la mission qu’on lui avait confiée.
Les paroles du Christ en réponse à cette étrange pensée des disciples sont simples et sévères : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ». Même si les empires, aujourd’hui, semblent avoir disparu (sans doute heureusement), dans la vie de chaque personne aussi cette tentation, et cette réprimande du Christ adressée à notre inclination à la violence, sont très importantes. Il ne convient pas de défendre la vérité par la force, car la Vérité triomphe sur la Croix.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ? |
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, |
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. » |
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » |
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. » |
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. » |
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » |
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. » |
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. » |
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. » |
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. » |
Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire et combien il est incompatible avec les conceptions humaines normales. Dans le Royaume de Dieu qui vient, tout sera différent de ce qui est admis sur terre : les plus importants et les plus respectés seront ceux qui ont le moins de valeur aux yeux des hommes (car, avant leur majorité, les enfants n'avaient aucun droit et étaient considérés comme la propriété de leurs parents, au même titre que les esclaves, tandis que Jésus les donne en exemple aux disciples). Jésus interdit aux disciples de diviser les hommes entre « les nôtres » et « les autres », bien que ce soit un principe fondamental de la société humaine (pour comparaison, regardez les nouvelles à la télévision). Son Royaume sort de notre système de valeurs ; il est plus important même que le devoir sacré d'enterrer son père, plus important qu'une maison confortable et une famille. Il saisit l'homme tout entier : celui qui a interrogé Jésus sur Son Royaume a déjà « mis la main à la charrue », déjà commencé le chemin paradoxal vers Dieu...
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ? |
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, |
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. » |
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » |
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. » |
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. » |
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » |
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. » |
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. » |
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. » |
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. » |
La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient, y compris Ses disciples les plus proches. Et de nouveau, nous nous heurtons à une incompréhension totale, même chez les apôtres, de ce qu'est le Royaume et de ce que sont ses lois. La question même de la primauté, de savoir qui est le plus grand dans le Royaume (v. 46), y perd tout sens. Jésus a su l'expliquer en montrant aux disciples un enfant que la question de la primauté, du fait de son âge, ne préoccupe encore absolument pas (v. 47-48).
Selon les lois de notre monde pas encore transfiguré, est grand celui qui est grand par sa propre grandeur; dans le Royaume, manifestement, la grandeur propre ne signifie rien, et moins l'homme s'appuie sur elle, plus la grandeur du Royaume transparaît à travers lui. Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire d'imposer ce Royaume par la force, comme les apôtres avaient pensé le faire dans un village samaritain où, comme d'habitude, on n'appréciait pas les Juifs (v. 51-54): car on ne peut ainsi démontrer que sa propre force et prouver sa propre importance, mais il est impossible de rapprocher les hommes du Royaume par ce moyen. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit aux disciples qu'ils n'agissent pas selon l'esprit du Royaume: pour le Royaume, aucune violence n'est acceptable; on ne peut y faire entrer personne par la force, car pour y entrer, il faut avant tout une relation avec Dieu et avec Celui qu'Il envoie, une relation non imposée, mais librement acceptée.
Un Royaume imposé par la force n'est pas le Royaume, mais seulement son fantôme, qui peut perdre l'homme mais ne peut pas le sauver. Et puisque le Royaume n'est pas un lieu, mais une relation, il n'est limité par aucune structure; même la communauté apostolique, si on la regarde non comme une communauté de personnes vivant dans le Royaume, mais comme une sorte d'organisation chargée de propager l'idée du Royaume de Dieu, ne le limite pas. C'est pourquoi quiconque témoigne de lui au nom du Christ, en manifestant autour de lui sa puissance et son efficacité, y trouve sa place, même s'il n'a formellement aucun rapport avec la communauté apostolique (v. 49-50). Ainsi, en dissipant les mythes si répandus à cette époque dans la conscience religieuse de masse, Jésus affermit dans le coeur de Ses disciples les représentations du Royaume qui devaient les aider à traverser Sa mort sur la croix et à accueillir Sa résurrection.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ? |
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, |
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. » |
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » |
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. » |
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. » |
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » |
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. » |
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. » |
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. » |
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. » |
On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description. Voici les disciples qui se disputent pour savoir qui est le plus grand dans le Royaume. Enfin, après le Maître, bien sûr. Voici ces mêmes disciples prêts à faire éclater le tonnerre sur un village samaritain où on ne les reçoit pas. Pas pour eux-mêmes, bien sûr, mais pour le Maître. Et pour la vérité, cela va de soi.
Et voici les gens qu'ils rencontrent en chemin. L'un est prêt à partir, mais Jésus lui dit: Je n'ai nulle part où t'inviter. À un autre, Jésus dit Lui-même: suis-Moi, et celui-ci demande la permission d'enterrer son père; il reçoit une réponse qui paraît impitoyable. Comme encore un autre: la réponse est extérieurement plus douce, mais au fond elle dit: laisse, oublie tout le monde, sinon il faudra oublier le Royaume.
Qu'est-ce donc: une forme particulière de sélection? Oui, bien sûr: car Jésus voit le coeur de chacun, il est pour Lui aussi transparent que pour son Père céleste. Mais il y a aussi quelque chose de commun. Le Royaume est ouvert à chacun. Mais à une condition: il doit être à la première place dans la vie de celui qui veut l'atteindre. Dans le Royaume, on ne finit pas sa vie, on vit. Or ceux qui refusent de partir veulent, d'une manière ou d'une autre, finir leur vie. Rester avec ceux qui finissent la leur. Sans comprendre que finir sa vie, seul ou avec d'autres, peut durer indéfiniment. Dans le monde déchu, en effet, il n'y a pas de vraie vie; il n'y en a que les restes. Et il faut choisir: soit ramasser ces restes et essayer d'en tirer jusqu'à la dernière goutte, soit aller là où la vie est en abondance. Sans essayer de traîner avec soi les restes de ce semblant de vie que l'on peut trouver dans le monde déchu.
Mais là-bas, dans le Royaume, les lois sont autres. Il n'y a pas de chefs et de subordonnés, mais des services à porter, et celui qui sait mieux le faire est le principal. Au principal, dans le Royaume, ne reviennent pas les meilleures places, mais les services les plus responsables. Et là-bas, il n'est pas nécessaire de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Dans ce monde non plus, il n'est pas nécessaire de prouver le Royaume à qui que ce soit.
Le montrer, bien sûr, est possible. Mais le prouver est insensé. Car la preuve, surtout lorsqu'elle fait appel aux tonnerres du ciel, suppose toujours le désir de convaincre de force. De contraindre à accepter, à croire. Et peu importe alors quels seront les arguments irréfutables: dans tous les cas, ils supposent que l'homme se rend devant l'inévitable, que ce soit une force à laquelle on ne peut échapper ou une évidence à laquelle on ne peut se soustraire. Le Royaume, bien sûr, est force et évidence. Mais c'est une force dont on peut s'éloigner, et une évidence que l'on peut ne pas remarquer si on le veut. Dieu ne s'impose pas, et l'homme est libre. À l'homme libre, la liberté; au sauvé, le paradis.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ? |
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, |
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. » |
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » |
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. » |
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem |
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. |
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. |
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » |
55 Mais, se retournant, il les réprimanda. |
56 Et ils se mirent en route pour un autre village. |
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. » |
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » |
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. » |
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. » |
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. » |
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. » |
Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel d'entre nous est le plus grand ? Ou ne ressentons-nous jamais le désir d'« interdire » à quelqu'un qui pense autrement ? Ou de demander à Dieu que le feu du ciel tombe sur nos ennemis, « comme Élie l'a fait » ? Savons-nous toujours de quel Esprit nous sommes ? Beaucoup d'entre nous n'ont pas seulement « mis la main à la charrue », mais ont déjà bel et bien labouré la moitié du champ. Et pourtant, regardons-nous de nouveau en arrière ?
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Les soixante-dix disciples reviennent de la mission où le Maître les avait envoyés, tout joyeux de ce que « même les démons leur sont soumis ». Voyant leur enthousiasme, Jésus les encourage en disant qu’Il leur donne « le pouvoir de marcher sur les serpents ». Recevant toujours plus de capacités, les apôtres devenaient semblables à des super-héros pour qui rien n’était trop difficile et qui pouvaient pratiquement tout faire. Et c’est précisément à cet instant, au sommet de leur force et de leur puissance, que le Seigneur leur montre ce qui a véritablement de la valeur et mérite qu’on s’en réjouisse. Il apparaît que, pour Ses disciples, l’essentiel ne doit être ni la puissance, ni l’autorité, ni la force, mais ce qui ne dépend nullement d’eux : l’inscription de leur nom dans les cieux. Il confirme aussitôt Ses paroles en disant que cette connaissance n’est pas révélée aux sages, mais aux tout-petits, qui ne l’ont méritée en rien, mais ont su la recevoir comme un don.
Nous cherchons souvent en nous des capacités qui nous prouveraient que nous sommes le meilleur instrument entre les mains de Dieu, capables d’accomplir n’importe quelle tâche et de résoudre n’importe quel problème. Mais les chrétiens ne suivent pas la voie du perfectionnement de soi ; tel n’est pas leur but. Dieu dispense généreusement Ses dons et attend en retour que nous Le glorifiions, au lieu de nous laisser séduire par notre propre grandeur.
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Les disciples du Seigneur étaient des hommes comme nous. Ils se disputaient aussi, avaient peur, étaient vaniteux, orgueilleux... Mais ils savaient faire confiance. Ils suivirent Jésus en laissant tout, bien qu'ils ne sachent absolument pas ce qui les attendait. Ils chassaient les démons et guérissaient les malades, croyant qu'au nom de Jésus le démon sortirait et que les malades seraient guéris. Ils se réjouissaient comme des enfants que cela réussisse.
C'est précisément cette aptitude, cette capacité de faire confiance, que nous avons perdue. Il nous faut une preuve que nous pouvons quelque chose; il ne nous suffit pas de savoir que Dieu estime que nous le pouvons. En réponse à la demande de Dieu de faire quelque chose que nous jugeons impossible pour nous, ou parfois simplement difficile et inhabituel, au lieu de faire confiance et d'accomplir ce que Dieu nous demande, nous Lui disons: «Prouve-moi que je peux le faire». Et lorsqu'il s'avère que oui, je le peux, au lieu de remercier Dieu qui nous a donné cette possibilité, nous nous vantons de nos capacités.
Il n'y a rien de mauvais à se réjouir de ce que quelque chose nous réussisse bien, car Dieu, ayant créé le monde, a dit: «Cela est bon», et la capacité de créer quelque chose de nouveau nous est donnée par Dieu; nous aussi, nous pouvons parfois prononcer ces paroles. Mais nous ne pouvons pas les prononcer sans y ajouter: «Seigneur, je Te remercie», car sans Dieu nous ne pouvons rien faire.
16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Ainsi, Jésus envoie Ses disciples prêcher. Voyez de quelle autorité Il les investit ! Toute une chaîne de « représentation plénipotentiaire » se met ici en place : le Père envoie Son Fils dans le monde et Lui donne tout pouvoir, toute autorité ; le Fils, en formant Ses disciples, en les préparant à devenir les futurs envoyés et apôtres, en faisant grandir l'Église qui témoignera ensuite du Christ, leur transmet Son autorité.
En devenant chrétiens, nous sommes appelés à témoigner de Lui ; ces paroles de Jésus s'appliquent donc à nous aussi. Celui qui rejette nos paroles et notre témoignage rejette également le Fils et le Père ! C'est saisissant. Nous pourrions nous réjouir de l'autorité qui nous est ainsi accordée. Mais j'ai davantage envie de réfléchir à notre responsabilité pour nos paroles, à la force et à la justesse de notre témoignage, et de prier à ce sujet...
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
|
16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
À plusieurs reprises, au cours de Son ministère terrestre, Jésus envoya Ses disciples prêcher. Et le sens principal de cette prédication devenait toujours le témoignage du Royaume, du fait qu'il est proche et prêt à entrer dans le monde. Bien sûr, un tel témoignage était important aussi pour préparer les gens à ce qui devait se produire le jour de la Pentecôte. Mais cette mission n'était pas moins importante pour les disciples eux-mêmes. Il leur fallait, à eux aussi, faire l'expérience personnelle de la réalité du Royaume. Comprendre ce que signifie être son habitant. Bien sûr, ce n'était pas encore l'expérience de la Pentecôte; la plénitude du souffle du Royaume faisant irruption dans le monde comme un tourbillon était encore à venir. Cependant, les disciples envoyés prêcher sentirent le premier souffle de cette respiration, encore lointain et faible, mais tout à fait réel.
Il suffit pour que, selon leurs propres paroles, même les démons leur soient soumis. Cependant, le Sauveur attire leur attention sur autre chose. Il dit: ne vous réjouissez pas du pouvoir sur les esprits, mais de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. Car le Royaume n'est pas des pouvoirs extraordinaires, ni la maîtrise de forces secrètes, naturelles ou surnaturelles. Le Royaume, c'est avant tout la participation à une vie nouvelle. Une vie qui n'existe pas dans la nature. Et donc aussi une qualité nouvelle de sa propre vie, intérieure et extérieure. C'est cela, au fond, le christianisme.
En envoyant Ses disciples prêcher, Jésus leur donnait la possibilité de comprendre ce qu'est le christianisme. Bien sûr, plus tard, Il dira beaucoup de choses aux Douze en paroles. Surtout pendant la Cène. Mais sans cette mission, sans l'expérience qui lui était liée, Ses paroles auraient à peine été un tant soit peu compréhensibles, même pour les Douze. Les paroles ne pouvaient que décrire comment vivre pour ne pas perdre ce à quoi ils avaient déjà en partie été associés.
L'expérience du souffle du Royaume entrant dans le monde par un coeur qui a pris part à ce souffle est une expérience extrêmement précieuse, que rien ne remplace. Et le Sauveur donne cette expérience à Ses disciples. Pour qu'ensuite, aux jours de Gethsémani, après la Résurrection et le jour même de la Pentecôte, elle devienne pour eux une mesure. Pour qu'ils ne se trompent pas au sujet de la vie nouvelle et ne doutent pas de ce en quoi il n'était pas du tout facile de croire comme réalité. Et pour qu'en prenant part à la vie du Royaume, ils sentent qu'ils rentrent chez eux, là où on les attend. Et là où Lui-même est prêt à les accueillir.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
|
16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, appelés à l'apostolat, à la prédication de l'Évangile. Il est clair que tous ne doivent pas être missionnaires, prédicateurs et autres «serviteurs de la parole»; pourtant, le témoignage rendu au Christ est l'affaire de toute l'Église. Le passage d'aujourd'hui nous aidera à comprendre sur quels principes un tel service doit être construit.
D'abord, l'ouverture et la confiance totale en Dieu; ensuite, l'ouverture et la bienveillance envers les personnes auxquelles nous portons l'Évangile; enfin, l'action réelle de la grâce à travers nous, qui peut s'exprimer non seulement dans la guérison des malades et des possédés, mais aussi dans toute bonne action, dans la prière pour ces personnes, dans l'oeuvre de paix ou simplement dans la présence d'un coeur aimant là où l'amour manque.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
|
16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Les disciples se réjouissent d'être devenus les hérauts et les coopérateurs du Royaume de Dieu, vainqueurs des démons et guérisseurs des maladies. Mais Jésus les arrête: «Ce n'est pas de cela que vous devez vous réjouir»... Dieu donne à ceux qui croient en Lui beaucoup de choses bonnes et étonnantes, s'ils peuvent les voir, mais la valeur principale de son Royaume n'est pas là.
Les disciples, et avec eux les lecteurs de l'Évangile, sont bienheureux, heureux déjà parce qu'ils ont vu et entendu ce dont les prophètes et les sages de l'Antiquité ne faisaient que rêver: ils sont témoins, témoins non seulement de miracles, de guérisons, de victoires sur le mal; ils se trouvent auprès du Centre même du Royaume de Dieu.
Cela signifie que ce n'est pas une abstraction, ni le paradis, ni la vie d'outre-tombe, ni les dons et les miracles, mais Dieu Lui-même, manifesté aux hommes dans son Fils Jésus.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
La lecture d'aujourd'hui nous ramène une fois de plus à un passage lié au thème de la prédication apostolique. Contrairement à Matthieu, Luc mentionne un cercle plus large de soixante-dix apôtres dont Matthieu ne dit rien. Mais cela ne change rien au fond de la question : les soixante-dix apôtres reçoivent de Jésus le même enseignement que celui qui fut donné aux douze disciples les plus proches. De toute évidence, Jésus n'admettait aucun ésotérisme dans Son entourage et n'avait aucun enseignement particulier et secret pour des « initiés ». Et à leur retour, lorsque les apôtres, grisés par la victoire, racontèrent au Maître les guérisons et les expulsions de démons qu'ils avaient accomplies, Il leur conseilla de se réjouir non de ces succès, mais de ce que leurs noms étaient « inscrits dans les cieux » (v. 17–20).
Il ne s'agit évidemment pas de dire que Jésus attachait peu d'importance aux succès de Ses apôtres dans la prédication du Royaume. Il estimait simplement nécessaire de placer correctement les accents dans la vie spirituelle de Ses disciples. Les succès visibles attirent toujours l'attention. Et celle des apôtres était apparemment rivée sur les actions et les manifestations du Royaume qui accompagnaient leur prédication. Or le danger existe toujours de se laisser emporter par le processus et d'oublier l'essentiel. On ne peut témoigner du Royaume que lorsqu'on y est soi-même enraciné. Cet enracinement ne naît pas de lui-même : il est donné par Dieu et doit être constamment affermi. Car pour une personne qui vit physiquement dans un monde qui n'est pas encore transfiguré et qui gît dans le mal, demeurer dans le Royaume constitue en soi une tâche spirituelle distincte.
Mais un autre point est également important. Le témoignage rendu au Royaume n'est pas non plus une fin en soi. À première vue, cela paraît paradoxal, car Jésus Lui-même et tous les apôtres ne font que témoigner de lui en parole et en acte ! Et pourtant, le témoignage rendu au Royaume est secondaire. En définitive, il ressemble à la présentation par un auteur de l'œuvre qu'il a créée : lui-même, et parfois certains de ses amis, invite tous ceux qui le souhaitent à regarder ce que l'auteur a réussi à réaliser. Mais qu'arriverait-il si une telle œuvre avait besoin d'être constamment renouvelée, si elle ne pouvait exister que de cette manière ? Alors, de toute évidence, la tâche principale ne serait pas la présentation comme telle, mais l'effort créateur visant au renouvellement de l'œuvre elle-même.
Dans le cas du Royaume, le témoin se trouve précisément dans cette situation. On ne peut en témoigner qu'en le manifestant, et on ne peut le manifester qu'en renouvelant, par le contact avec lui, sa propre vie spirituelle, qui ne peut être renouvelée autrement. Il apparaît alors que l'œuvre principale du témoin, aussi paradoxal que cela puisse paraître, n'est pas de témoigner du Royaume, mais d'y vivre, et d'y vivre ouvertement, aux yeux de tous. C'est ainsi que s'accomplit la tâche principale que Jésus confie à Ses disciples : la croissance du Royaume qui, après Son retour, embrassera le monde entier.
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