29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
Le Royaume de Dieu est proche, mais le Christ Lui-même a dit qu’il vient sans se faire remarquer et qu’il se trouve déjà en partie parmi nous. Cela signifie qu’il ne faut pas identifier les désastres apocalyptiques à venir avec le second avènement et le Jugement dernier. Après avoir averti les disciples des événements redoutables qui accompagneront le second avènement, le Christ les a appelés à veiller et à prier dans l’espérance d’échapper à tout ce qui doit arriver. Ces événements seront la conséquence des actes humains, mais le Christ ne veut pas de désastres pour les hommes. Il ne souhaite la perte de personne, et l’essence de Sa venue dans le monde ne réside pas dans les cataclysmes. Au contraire, les signes de Sa venue sont comparés à la tendresse des feuilles et à la floraison des branches qui bourgeonnent.
Quant à nous, nous avons reçu l’avertissement d’être prêts pour le jour qu’Il a annoncé. Remarquons donc qu’Il nous met en garde non pas contre des forfaits particulièrement effroyables, mais contre ce qui est naturel et quotidien : l’ivresse, la gloutonnerie et—ce qui est tout à fait stupéfiant—les soucis de la vie. Mais comment s’en passer ? Pourtant, ce n’est pas la mer qui nous noie, mais une flaque, et les soucis les plus normaux et les plus nécessaires ne nous seront d’aucun profit s’ils nous cachent le Christ.
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
Que veut dire Jésus lorsqu'Il nous demande de veiller ? Il est peu probable qu'Il nous demande de ne pas dormir. Pourtant, il arrive souvent dans notre vie que nous dormions pour ainsi dire tout éveillés. Nous pouvons agir avec énergie, travailler beaucoup et même nous divertir, tout en remarquant à peine les événements qui se déroulent autour de nous et les personnes qui vivent à nos côtés. Veiller suppose probablement que nous soyons attentifs au monde et aux êtres humains créés par Dieu. En veillant et en priant, nous apprenons à recevoir le monde entier et tout ce qui nous arrive, même ce qui ne nous paraît pas joyeux, comme un don de Dieu, et à reconnaître le Christ dans chaque personne que nous rencontrons.
Les petits enfants vivent ainsi ; pour eux, il semble ne pas exister d'événements importants et insignifiants. Chaque événement est important, significatif, et suscite beaucoup d'émotions et d'expériences. Bien sûr, savoir distinguer l'essentiel du secondaire est une aptitude importante, y compris pour un chrétien, mais il faut essayer de ne pas perdre la capacité de voir ce qui est secondaire, car c'est parfois précisément par son intermédiaire que le Seigneur S'adresse à nous.
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
Jésus dit : « Mes paroles ne passeront pas », dans le contexte des descriptions prophétiques de la destruction de Jérusalem et des épreuves que les chrétiens des derniers temps devront apparemment traverser. Tout ce dont parle le Christ s’accomplira certainement et, en voyant ces prophéties se réaliser, on pourra discerner combien Sa venue est proche. Pour l’illustrer, le Seigneur donne même la parabole du figuier, dont les feuilles annoncent l’approche du printemps.
Mais dans le contexte de notre propre vie, cette phrase peut être comprise beaucoup plus largement. Il nous semble parfois que Dieu n’accomplit pas Ses promesses, qu’Il est sourd et aveugle. Dans ces moments de crise, ces paroles peuvent nous donner l’assurance que le Seigneur ne dit et ne fait rien en vain, que pas une parole sortie de Sa bouche ni une alliance conclue avec nous ne passeront.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
Nous sommes habitués à penser que le ciel et la terre, tout ce monde, tout l'Univers, c'est quelque chose de réel, que l'on peut voir et montrer à d'autres, quelque chose qui existe évidemment. Les paroles, elles, sont éphémères : elles ont retenti, et les voilà disparues ; elles se sont envolées, et elles sont parties. « Des mots, des mots, des mots... »
Mais Jésus, comme toujours, renverse tout. La Parole, lorsqu'elle vient de Dieu ou du Dieu-homme, n'est pas éphémère ; elle est plus réelle que toute réalité matérielle, parce que c'est précisément par la parole que ce monde a été appelé à l'existence. Le monde est créé et, par conséquent, il n'est pas éternel ; il a un commencement et une fin. Mais la parole de Dieu n'est pas créée, elle est engendrée par le Dieu éternel ; elle a une nature éternelle, ne disparaît pas et ne demeure pas stérile.
Ainsi, pour que nous, qui appartenons au monde créé, ne passions tout de même pas avec lui, mais entrions dans la vie éternelle, il faut chercher la parole de Dieu, l'écouter, l'accueillir, nous en imprégner, devenant semblables au Christ, la Parole incarnée.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
Le Seigneur décrit tout ce qui se produira avant Son apparition dans la Gloire, et Il nous donne un conseil: «...veillez donc et priez en tout temps, afin que vous soyez jugés dignes d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître devant le Fils de l'homme». C'est-à-dire qu'autour de nous se produira quelque chose de terrible, visiblement proche de ce qu'a vu le prophète Daniel (Dn 7:1-27).
En même temps, la tâche principale de celui qui croit en Jésus est de veiller et de prier pour échapper à tout cela. Non pas vivre tout cela les yeux fermés, non pas se détourner, mais traverser ce temps en regardant le Christ. C'est visiblement le moyen le plus simple de se tenir devant Lui. Il est tout à fait possible que l'on ne puisse éviter toutes les horreurs considérées comme les signes du Second Avènement que de cette manière.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
Le Seigneur appelle les disciples à se retenir afin que leurs coeurs ne soient pas alourdis par les soucis du monde. Il dit que la dépendance envers la chair, l'attachement au manger et à l'ivresse, et l'inquiétude pour les affaires du monde courbent l'homme vers la terre comme un fardeau et ne le laissent pas seulement s'élever vers le ciel, mais même s'en souvenir et le regarder. L'effort du jeûne vise précisément à se retenir de cette captivité. Ensuite, le Seigneur dit que le jour de la rencontre avec Dieu tombera sur nous comme un filet. Dans l'original se trouve un mot qui signifie piège, lacet. On peut échapper à ce filet, dit le Seigneur, seulement en étant libre de ce poids oppressant des soucis du moment.
Remarquable est le but de la veille et de la prière que le Seigneur propose aux disciples : afin que vous puissiez, ou dans d'autres versions « soyez jugés dignes », d'échapper à ce qui vient et de vous tenir devant le Fils de l'homme. C'est une définition très précise et claire du but.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
Jésus achève la description des malheurs qui s’abattront sur l’humanité à la fin des temps par les tentations intérieures qui peuvent atteindre chacun. Il met Ses disciples en garde contre les péchés qui peuvent alourdir le cœur. Le Seigneur parle des soucis de la vie, de l’ivresse et de la gloutonnerie, qui rendent le cœur de plus en plus incapable de percevoir Dieu. Lorsque nous permettons à la vie terrestre de nous absorber entièrement et de prendre la première place par rapport à la vie spirituelle, c’est comme si nous nous endormions, et il devient toujours plus difficile de conserver sobriété et vigilance d’esprit. Cette dernière épreuve peut donc s’avérer la plus terrible, car à cause d’elle la venue du Fils de l’homme peut passer inaperçue. Souvent, le Seigneur Se révèle à nous dans notre vie quotidienne, mais nous sommes incapables de Le voir et d’entendre Sa voix, parce que nous sommes trop absorbés par notre propre vie. Nous sommes parfois si centrés sur nous-mêmes que nous ne pouvons même pas remarquer le Christ, qui peut être tout proche. Ce passage nous met en garde contre cet alourdissement insensible du cœur.
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
Nous aimons beaucoup le Christ, et souvent, à cause de cet amour, nous avons beaucoup de peine pour Lui dans Ses souffrances ; nous voudrions tant que, par quelque miracle, Il les évite. En cela, nous ressemblons un peu à Pierre lorsqu’il disait : « Cela ne T’arrivera pas » (Mt 16:22) ; seulement nous nous écrions : si seulement Tu pouvais éviter une telle souffrance ! Et il nous semble, en ces instants, qu’il aurait suffi d’arrêter Judas pour que rien n’arrive. Judas devient l’objet de notre sentiment involontairement vengeur.
Mais nous ne devons pas oublier l’essentiel. La souffrance du Christ fut volontaire. Dans tout le drame, Judas ne jouait aucun rôle décisif ; il était simplement une victime, victime de sa faiblesse. Il est donc faux de voir en lui l’incarnation du mal mondial ou quelque chose de semblable. Si Judas n’avait pas été là, tout se serait déroulé selon un autre scénario, mais le sens de la Rédemption, comme plus grand événement de l’histoire de l’humanité, n’en aurait pas changé.
Une autre question, souvent soulevée à propos de Judas, concerne la liberté de sa volonté. N’était-il pas un simple instrument entre les mains de la providence ? Car le Christ dit qu’il était « le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie » (Jn 17:12). Bien sûr, il n’en est pas ainsi non plus. Jamais l’homme n’est un simple instrument entre les mains de Dieu ; pour Lui, chaque personne qu’Il a créée « à Son image et à Sa ressemblance » est trop précieuse. Certains exégètes pensent que, lorsque le Christ trempa le morceau et le donna à Judas, Il ne le fit pas pour étonner les disciples par Son omniscience, mais pour donner à Judas une chance de revenir à lui, car la conversation se déroulait à voix basse, comme on le verra si nous lisons attentivement le texte (Jn 13:26).
De plus, Judas pouvait, comme Pierre, se repentir. Mais se repentir précisément comme Pierre, en produisant un fruit digne du repentir. C’est justement cela que Judas ne parvient pas à faire. Et cela le rend très digne de pitié. La pitié, voilà le sentiment qui doit naître en nous à l’égard de cet homme.
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
Beaucoup se sont interrogés sur la raison de la trahison de Judas : historiens, écrivains, spécialistes du Nouveau Testament. Pourtant, elle demeure encore inconnue. Les hypothèses les plus diverses ont été avancées, mais aucune ne peut être considérée comme exhaustive, même si beaucoup semblent avoir effectivement mis en lumière tel ou tel détail important de l'ensemble.
L'évangéliste, quant à lui, n'indique qu'une seule cause : Satan qui, selon ses mots, « entra en Judas ». À un chercheur, historien ou bibliste, une telle explication paraîtra manifestement insuffisante : d'un point de vue scientifique, elle n'explique rien. Mais peut-être l'évangéliste n'avait-il justement pas l'intention de donner une explication historique ? Ce n'est pas qu'il néglige l'histoire ou les faits.
Luc est précisément un historien : il recueille et analyse avec soin tout ce qui se rapporte à la vie terrestre du Sauveur, et ses livres, qu'il s'agisse de son Évangile ou du Livre des Actes, se distinguent par leur richesse factuelle. Mais, dans le cas de Judas, il préfère manifestement éviter les explications que cherchent les historiens. Une telle démarche n'a sans doute rien de fortuit. Certes, il est des choses auxquelles un chrétien trouve pénible de penser, sans même parler d'écrire à leur sujet. Mais est-ce là toute la question ?
Peut-être existe-t-il des choses qui ne s'expliquent par rien, par aucune circonstance, par aucun fait ? Peut-on seulement expliquer le mal ? Et surtout, faut-il l'expliquer ? Certes, tout péché a sa cause. Celui de Judas n'était pas non plus sans cause. Mais, pour la vie spirituelle, ce qui compte, ce ne sont pas les causes de l'acte accompli par l'homme, mais son sens spirituel, qui est déterminé par l'intention qu'il y met. Quels qu'aient été les mobiles de Judas, le résultat est évident : il veut se débarrasser de son Maître, à tout prix, même au prix de la trahison. Une telle intention est, au fond, entièrement irrationnelle, comme tout mal poussé jusqu'au bout.
Il y a ici un but, mais pas de sens. Ce n'est pas un hasard si, après avoir exécuté son projet, Judas s'est pendu : il n'a pas supporté l'absence de sens de son propre acte. Non pas une absence de sens intellectuel — de ce point de vue, il avait tout suffisamment réfléchi et mené à bien — mais spirituel : la trahison n'était que trahison, et rien de plus. Elle n'avait et ne pouvait avoir aucun autre sens spirituel, même si, au moment où Judas la préparait, il lui semblait qu'elle en avait un.
Ce n'est pas un hasard si l'évangéliste mentionne Satan : on retrouve ici le jeu habituel du diable, par lequel l'esprit des ténèbres s'efforce de donner l'illusion que le mal possède un sens et un contenu spirituels, qu'en réalité il n'a pas et ne peut avoir. Et Luc, semble-t-il, ne s'intéresse pas à la raison pour laquelle Judas est tombé dans le piège tendu. Il veut seulement montrer ce qui peut arriver à celui qui y tombe.
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. » |
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
Il est difficile de saisir tout le sens de ce que dit le Christ. Nous sommes habitués à ce que le ciel et la terre, tout ce monde, tout l'Univers, soient quelque chose de réel et de solide, que l'on peut voir, étudier et montrer aux autres. Autrement dit, nous sommes habitués à penser que le monde existe indépendamment de tout et de manière inébranlable. C'est pourquoi le nom de Dieu devient pour nous une telle révélation: «Celui qui est». Les paroles, au contraire, selon nous, sont éphémères; elles ont retenti, puis elles ne sont plus, elles se sont envolées. «Des paroles, des paroles, des paroles...»
Mais Jésus renverse nos représentations habituelles. La Parole, lorsqu'elle vient de Dieu, ou du Dieu-homme, n'est pas éphémère; elle est plus réelle que toute réalité matérielle, parce que c'est précisément par la parole que ce monde a été amené à l'existence. Le monde est créé et, par conséquent, il n'est pas éternel: il a un commencement et une fin. Mais la parole de Dieu n'est pas créée, elle est engendrée par le Dieu éternel; elle a une nature éternelle, ne disparaît pas et ne demeure pas stérile.
Ainsi, pour que nous, qui appartenons au monde créé, ne passions pas tout de même avec lui, mais entrions dans la vie éternelle, il faut chercher la parole de Dieu, l'écouter attentivement, l'accueillir, nous en imprégner, en devenant semblables au Christ, la Parole incarnée.
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ; |
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. |
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. |
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. » |
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
Sur fond des terribles événements de l’apocalypse, lorsque « les hommes défailliront de peur », au milieu des guerres et des ténèbres, les paroles du Christ résonnent de manière paradoxale et étonnante : « ...Alors redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance approche ». C’est précisément cette dimension qui s’est toujours perdue dans toutes sortes de dernières prédictions sur la fin du monde. On n’en attendait rien de bon, et en tout cas on n’en attendait pas la rencontre avec le Christ. Or c’est une question actuelle, et ce n’est pas sans raison que ces paroles s’adressent à tous : « cette génération ne passera pas que tout ne soit accompli » ; quelle que soit l’évolution de l’histoire de la terre dans son ensemble, chacun de nous a devant lui sa propre fin du monde personnelle, lorsque l’histoire poursuivra son cours sans nous. Et ici, le plus important est de se rappeler que la rencontre avec Dieu est joie et délivrance, y compris délivrance de la peur.
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit : |
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. » |
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » |
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite. |
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. » |
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume. |
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes. |
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom, |
13 et cela aboutira pour vous au témoignage. |
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense : |
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. |
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous, |
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. |
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. |
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies ! |
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche. |
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ; |
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit. |
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! « Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. |
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens. |
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ; |
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. |
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. |
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. » |
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
La lecture d'aujourd'hui nous propose un discours de Jésus dans lequel il relie de manière étonnante le début et la fin de notre époque. Pour comprendre ses paroles, il importe de garder à l'esprit que, pour les Juifs croyants de l'époque postexilique, le Temple construit par les rapatriés revenus de Babylone sur la terre de leurs pères était le Temple messianique : il devait subsister jusqu'à la fin des temps et voir la venue du Messie ainsi que le triomphe du Royaume messianique. Plus tard, cependant, vers le IIe siècle avant notre ère, ces conceptions furent complétées par l'enseignement rabbinique sur les « tribulations messianiques », les persécutions qui s'abattraient sur le Temple, le peuple et le pays peu avant l'apparition du Messie, lequel engagerait la dernière guerre sainte messianique. Celle-ci aurait pour issue la victoire du peuple de Dieu et la venue du Royaume messianique.
Pendant les persécutions, estimaient les représentants de certaines écoles rabbiniques, le Temple serait profané, voire détruit, mais il serait rebâti lorsque le Royaume triompherait. Jésus semble présenter toute l'histoire jusqu'à l'an 70, jusqu'à la destruction de Jérusalem et du Temple, dans le cadre de ces conceptions traditionnelles (v. 5–6, 20–22). Pour lui, les événements de l'an 70 semblent effectivement devenir la fin de l'histoire (v. 22–24).
Mais la fin de l'histoire se révèle, pour Jésus, n'être que le début de l'avènement du Royaume messianique ; ce processus s'achève plus tard, et Jésus ne donne ici aucune date. Il parle seulement des signes permettant de juger que la fin est proche (v. 25–28). Au fond, si l'on excepte les signes, les « présages », dont le sens n'est pas entièrement clair — on peut seulement supposer qu'il s'agit de catastrophes naturelles —, le principal signe de la fin prochaine de l'époque de transition est « l'angoisse et la perplexité » qui saisissent non plus certains peuples et pays, comme par le passé, mais l'humanité entière.
Dans le langage actuel, nous appellerions sans doute cela une crise des valeurs, une crise spirituelle et morale, qui toucherait toute l'humanité. Il est toutefois impossible de dire exactement combien de temps l'humanité demeurera dans cet état avant que ne s'achève l'étape actuelle de son histoire ; mais celle-ci s'achèvera par le retour de Jésus (v. 27). Ainsi le Sauveur relie le début et la fin de cette étape historique dont nous sommes devenus les témoins et les acteurs. L'enjeu n'est pas le calendrier, qui ne change rien de fondamental, mais le sens spirituel de ce qui se passe. Nous sommes avertis. La suite ne dépend que de nous-mêmes.
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit : |
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. » |
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » |
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite. |
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. » |
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume. |
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes. |
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom, |
13 et cela aboutira pour vous au témoignage. |
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense : |
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. |
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous, |
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. |
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. |
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies ! |
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche. |
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ; |
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit. |
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! « Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. |
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens. |
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ; |
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. |
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. |
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. » |
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
Dans le passage d'aujourd'hui, le Seigneur dit à Ses disciples que, dans l'avenir, leur vie peut changer très brusquement. Maintenant tout leur est familier : il y a Jérusalem, il y a le Temple, le Maître bien-aimé est auprès d'eux, on ne leur demande rien d'autre que de Le suivre. Mais le Christ leur révèle qu'Il va Lui-même à la mort, que le Temple sera détruit, que Jérusalem sera dévastée, que les disciples attendent persécutions, haine et trahison.
À un degré ou à un autre, ces paroles concernent chacun de nous. Le Seigneur nous appelle à veiller, parce que nous ne savons pas quand la terre se dérobera sous nos pieds, quand viendra le temps des épreuves. Et ici Il nous donne des commandements très importants : comment tenir bon, comment survivre et vaincre dans cette bataille du bien et du mal. Premièrement, « ne craignez pas et ne soyez pas effrayés » : le Seigneur n'abandonnera pas Ses disciples. Il leur donnera des paroles pour le témoignage et une sagesse à laquelle le monde ne pourra résister. Les disciples sont menacés de persécutions et de mort, mais, paradoxe, « pas un cheveu de votre tête ne périra ». Même les souffrances à venir seront pleines de sens et apporteront leur contribution à la victoire du Christ. Deuxièmement, « par votre persévérance sauvez vos âmes » : dans les épreuves, ils auront besoin de constance. Troisièmement, « relevez vos têtes, votre délivrance approche » : la victoire appartiendra inévitablement au Christ, et c'est pourquoi les dernières épreuves seront traversées pour eux par la joie de cette victoire. Et enfin, « veillez, prenez garde à vous-mêmes », afin de ne pas se trouver, au moment nécessaire, non préparés, impuissants, afin de ne pas céder à la panique et de rencontrer le Seigneur qui vient avec un coeur joyeux.
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit : |
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. » |
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » |
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite. |
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. » |
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume. |
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes. |
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom, |
13 et cela aboutira pour vous au témoignage. |
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense : |
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. |
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous, |
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. |
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. |
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies ! |
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche. |
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ; |
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit. |
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! « Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. |
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens. |
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ; |
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. |
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. |
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. » |
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres. |
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. |
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. |
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. |
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous |
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. |
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » |
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
La prophétie de Jésus sur la destruction de la ville et du Temple, que l'on appelle parfois la Petite Apocalypse, déconcerte beaucoup de gens. Cette perplexité apparut pour la première fois dès la deuxième génération de chrétiens, dont certains vécurent jusqu'en l'an 70 et virent de leurs propres yeux la dévastation de Jérusalem et la destruction du Temple dont parle le Sauveur. Cela tenait au fait que ce que Jésus avait prédit s'était accompli, tandis que Lui-même ne revenait toujours pas. Il fallut encore une révélation, donnée à l'apôtre Jean, pour que le sens de l'époque qui commençait devienne plus clair. Jésus Lui-même, cependant, semble ne pas être entré dans les détails lorsqu'Il parlait de la fin des temps et de Son retour dans la gloire. Il ne mentionne que les événements principaux : la fin de l'époque ancienne et la venue du Royaume dans toute sa plénitude.
La révélation reçue par Jean compléta le tableau : elle dépeint toute une époque, celle du Royaume qui vient, dont le Sauveur ne fait aucune mention dans Sa prophétie. Cela se comprend d'ailleurs : Il racontait aux disciples les événements à venir lorsque l'histoire n'était pas encore achevée, lorsque le Temple se dressait encore à sa place. Dans la bouche de Jésus, c'est précisément la fin du Second Temple qui devient la fin des temps.
Cela pourrait sembler étrange : près de deux mille ans se sont écoulés depuis l'an 70, et pourtant l'histoire paraît continuer. Mais du point de vue des processus qui ont commencé avec la venue du Christ dans le monde, l'histoire ancienne s'est réellement achevée avec la fin du Second Temple. Tous les événements ultérieurs appartiennent déjà à une autre époque, entièrement déterminée par le moment de son achèvement et donc par le retour du Sauveur et la manifestation au monde du Royaume dans toute sa plénitude. C'est précisément pourquoi Jésus, aussitôt après avoir parlé de la dévastation de Jérusalem et du Temple, passe au thème de Son retour et du triomphe du Royaume. Il ne dit rien de l'époque transitoire elle-même. C'est pourquoi ceux qui se souvenaient de cette conversation eurent l'impression que Jésus devait revenir immédiatement, ou presque immédiatement, après ces événements.
La révélation reçue par Jean après l'an 70 remit tout en place : il devint clair qu'il s'agissait de toute une époque, celle du Royaume qui vient, dans laquelle nous aussi avons eu à vivre. Mais on peut déjà la considérer comme la dernière ligne droite qui nous conduit au but. L'essentiel est d'arriver jusqu'au bout.
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