14 Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection. |
Le plus souvent, les gens appellent amour un certain sentiment, une sensation intérieure agréable au souvenir de quelqu’un ou de quelque chose, la joie de rencontrer cette personne ou cette chose, voire le désir aigu de la posséder. C’est peut-être pourquoi l’on entend sans cesse, de la part de personnes très différentes, des choses du genre : « je ne sens pas d’amour pour Dieu » ou « je ne peux pas aimer mon ennemi ».
Tout ce que la Bible dit de l’amour est tout autre. L’amour n’est ni un sentiment ni une sensation, bien qu’il puisse en être accompagné. L’amour est ce qui demeure non dans la sphère psychique, mais dans la sphère spirituelle, et seule une personne peut en être porteuse. L’amour est une certaine manière de vivre spirituellement, qui se manifeste dans des relations et des actes. Lesquels ? Ceux dans lesquels l’autre, vers qui ces relations et ces actes sont dirigés, est pour moi plus important que moi-même. Tel est précisément l’amour de Dieu ; bien plus, Dieu est amour (1 Jn 4:16). Alors nous comprenons que l’amour n’est pas une qualité qui serait mienne, mais quelque chose qui me dépasse. Et nous pouvons précisément « revêtir » l’amour, entrer en lui, de telle sorte que toutes nos relations et tous nos actes soient remplis de la perfection de Dieu. Jésus est précisément ainsi, et, en nous unissant à Lui, nous devenons participants de la vie-amour.
14 Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection. |
Le plus souvent les gens appellent amour un certain sentiment, la sensation d’agréabilité interne du souvenir de quelqu'un ou quelque chose, la joie à la rencontre avec ce quelqu'un ou cette quelque chose, et le vif désir de la posséder. Peut être, c'est pourquoi il arrive à entendre tout le temps de très différentes personnes quelque chose comme «Je n'ai pas d’amour pour Dieu» ou «je ne peux pas aimer mon ennemi».
Tout ce que la Bible dit de l’amour est tout à fait différent. L'amour n’est pas le sentiment et ni la sensation, bien qu’il puisse être accompagné par ceux-ci. L'amour n’est pas quelque chose qui habite dans le psychique, mais plutôt dans la sphère spirituelle, et son porteur ne peut être qu’une personnalité.
L'amour est un moyen défini de la vie spirituelle apparaissant dans les relations et les actions. Les quelles? Mais celles, dont lorsqu’une certaine personne autre, vers qui sont dirigées ces relations et actions, est pour moi plus important, que moi-même. L’amour de Dieu est vraiment tel, en outre, Dieu est amour (1Jn 4:16).
Nous comprenons alors que l'amour n’est pas notre quelconque qualité, mais quelque chose de supérieure à nous (vous et moi). Et nous pouvons notamment nous "revêtir" de l'amour, entrer en lui – de sorte que toutes nos relations et actions soient exécutées par la perfection de Dieu. Jésus est justement Tel, et, en se liant à Lui, nous devenons des participants à la vie-amour.
12 Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience ; |
13 supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour. |
14 Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection. |
15 Avec cela, que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même Corps. Enfin vivez dans l’action de grâces ! |
16 Que la Parole du Christ réside chez vous en abondance : instruisez-vous en toute sagesse par des admonitions réciproques. Chantez à Dieu de tout votre cœur avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés. |
17 Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père ! |
18 Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. |
19 Maris, aimez vos femmes, et ne leur montrez point d’humeur. |
20 Enfants, obéissez en tout à vos parents, c’est cela qui est beau dans le Seigneur. |
21 Parents, n’exaspérez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent. |
22 Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres d’ici-bas, non d’une obéissance tout extérieure qui cherche à plaire aux hommes, mais en simplicité de cœur, dans la crainte du Maître. |
23 Quel que soit votre travail, faites-le avec âme, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, |
24 sachant que le Seigneur vous récompensera en vous faisant ses héritiers. C’est le Seigneur Christ que vous servez : |
25 qui se montre injuste sera certes payé de son injustice, sans qu’il soit fait acception des personnes. |
Le texte d’aujourd’hui est assez simple. Non pas parce qu’il est facile à accepter, mais parce que chacun a des parents, et que beaucoup ont une épouse, un mari et des enfants. Il nous est donc très facile de voir combien nous sommes souvent loin de ce que nous lisons. Si ce n’est pas avec nos parents que quelque chose ne va pas, c’est avec nos enfants ; si ce n’est pas avec nos enfants, c’est avec notre épouse ou notre mari : quelque part, quelque chose ne va pas. Pourtant, il existe un précédent : des personnes ont réussi à réaliser de telles relations au sein d’une famille, lorsqu’une réserve inépuisable de bonne volonté leur a permis de vivre dans la paix et l’amour et, lorsque cela était nécessaire, dans le pardon. Dans la Sainte Famille, nous voyons qu’il est réellement possible à l’être humain de vivre ainsi. Quelqu’un dira peut-être : « Évidemment, Marie et Joseph élevaient Jésus, l’Homme parfait, alors que mes enfants ne le sont pas du tout. » Pourtant, c’était plutôt une difficulté supplémentaire dans la vie de la Sainte Famille, puisqu’ils portaient la responsabilité du Sauveur. Pour les parents, le plus difficile est habituellement d’accepter que leur propre enfant suive son propre chemin et le choisisse lui-même. Dans ce cas précis, les parents durent accepter le chemin de Croix de Jésus et L’aider à avancer sur ce chemin.
12 Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience ; |
13 supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour. |
14 Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection. |
15 Avec cela, que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même Corps. Enfin vivez dans l’action de grâces ! |
16 Que la Parole du Christ réside chez vous en abondance : instruisez-vous en toute sagesse par des admonitions réciproques. Chantez à Dieu de tout votre cœur avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés. |
17 Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père ! |
18 Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. |
19 Maris, aimez vos femmes, et ne leur montrez point d’humeur. |
20 Enfants, obéissez en tout à vos parents, c’est cela qui est beau dans le Seigneur. |
21 Parents, n’exaspérez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent. |
22 Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres d’ici-bas, non d’une obéissance tout extérieure qui cherche à plaire aux hommes, mais en simplicité de cœur, dans la crainte du Maître. |
23 Quel que soit votre travail, faites-le avec âme, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, |
24 sachant que le Seigneur vous récompensera en vous faisant ses héritiers. C’est le Seigneur Christ que vous servez : |
25 qui se montre injuste sera certes payé de son injustice, sans qu’il soit fait acception des personnes. |
En parlant de la vie spirituelle, Paul attire l'attention sur les relations qui forment le fondement du milieu familial comme du milieu social de son époque: les relations conjugales (v. 18-19), les relations des enfants avec les parents (v. 20-21), les relations des esclaves avec leurs maîtres (22-4:1). L'appel de l'apôtre à ce thème pourrait être considéré comme tout à fait traditionnel: les prophètes aussi, en effet, abordaient souvent dans leur prédication des thèmes sociaux. Mais ce n'était jamais pour eux une fin en soi; les prophètes soulignaient seulement la nécessité de suivre la Torah non seulement dans la vie personnelle, mais aussi dans la vie sociale, considérant la Torah comme une base tout à fait adéquate pour organiser la société. On pourrait dire que Paul suit lui aussi cette tradition prophétique. Mais il va encore plus loin. En effet, les prophètes qui vécurent avant la venue dans le monde du Messie-Christ parlaient de ce qui était accessible en leur temps: du chemin de la justice et de l'observance de la Torah comme moyen permettant de marcher sur ce chemin.
Paul, lui, parle de davantage: du chemin du Royaume, qui ne s'est ouvert à l'homme qu'avec la venue du Christ. Ce n'est pas par hasard qu'il fait précéder son discours sur les relations dans la famille et dans la société par la description de la vie du Royaume, au centre de laquelle se trouve la mention de l'amour qui unit ses habitants (v. 12-17). Car dans le Royaume, l'amour n'est déjà plus seulement une relation qui relie les hommes, ce qu'il est dans notre monde encore non transfiguré. Dans le Royaume, l'amour est aussi le milieu spirituel dans lequel existent toutes les relations, une sorte de substance spirituelle sans laquelle il n'y a pas de Royaume. Et l'Église, comme communauté de personnes vivant dans le Royaume, doit être la manifestation du Royaume dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré jusqu'au bout. Elle doit devenir pour chacun un exemple montrant qu'il est possible dès maintenant de construire des relations selon les lois du Royaume et qu'aucune structure sociale, en elle-même, n'y fait obstacle, pourvu que les personnes soient réellement liées entre elles par les relations d'amour propres aux habitants du Royaume. Ainsi, chacun qui cherche une alternative aux lois du monde non transfiguré verra qu'une telle alternative existe, qu'il est possible de vivre selon les lois du Royaume ici et maintenant.
12 Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience ; |
13 supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour. |
14 Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection. |
15 Avec cela, que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même Corps. Enfin vivez dans l’action de grâces ! |
16 Que la Parole du Christ réside chez vous en abondance : instruisez-vous en toute sagesse par des admonitions réciproques. Chantez à Dieu de tout votre cœur avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés. |
17 Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père ! |
L’expression « revêtez-vous », employée par l’apôtre Paul, peut stimuler notre imagination. Se revêtir de quelque chose signifie demeurer en cette chose. Nous nous trouvons alors à l’intérieur d’une sorte d’enveloppe qui filtre notre interaction avec le monde qui nous entoure. Paul énumère certaines qualités, ou propriétés, de ce filtre, plaçant au-dessus de tout l’amour comme expression parfaite de relations parfaites. À l’intérieur de cette enveloppe, Paul établit un état de paix qui vient de Dieu, ce qui rappelle les paroles de saint Séraphin de Sarov sur la vie du chrétien comme acquisition de l’Esprit Saint, l’Esprit de paix. Et voici ce qui traverse l’enveloppe pour atteindre le cœur : la parole du Christ. Alors tout ce qui vient de nous devient une œuvre accomplie au nom du Seigneur et une action de grâce envers Dieu. Il semble que cette pensée soit développée dans le passage de l’Évangile selon Luc, qui parle des œuvres auxquelles nous sommes appelés, œuvres d’amour, car c’est précisément par l’amour que nous devenons semblables au Père, nous rapprochant de Sa perfection (comparer le verset 36 à Mt 5,48).
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