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RÉFLEXIONS pour Lc 20:1-26

1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Un chrétien doit-il payer des impôts ? Les paroles du Christ sur le tribut à César ont souvent été comprises comme la justification d’un certain « équilibre raisonnable » entre la vie séculière et la vie religieuse. César aurait sur nous certains droits, et Dieu les Siens. Mais César et Dieu sont incomparables, tant par leur autorité que par notre responsabilité envers eux. Dieu seul nous a créés et nous donne la vie. Dieu seul doit être servi et adoré. Nous avons tout reçu de Dieu. On sous-entend qu’il faut d’abord rendre « à César ce qui est à César », puis donner à Dieu ce qui restera. Mais si nous rendons d’abord à Dieu ce qui Lui est « dû »—et nous Lui devons bien plus que nous ne possédons, comme nous le rappelle la parabole des talents—que restera-t-il au pauvre César ? Bien sûr, le chrétien doit participer à la vie de la société, notamment en payant des impôts à l’État, mais il ne s’agit pas là de servir César, car on ne peut servir deux maîtres. Il s’agit de servir la société, les hommes, le prochain, et par conséquent de servir l’amour et Dieu. Ainsi, les paroles de Jésus sur l’impôt prolongent Sa parabole de la vigne : nous cultivons la vigne de Dieu et devons Lui en remettre les fruits.

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Pour Lc 20:1-26
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Un chrétien doit-il payer des impôts ? Les paroles du Christ sur le tribut à César ont souvent été comprises comme la justification d'une sorte d'« équilibre raisonnable » entre vie séculière et vie religieuse. César, dit-on, a ses droits sur nous, et Dieu a les Siens. Mais César et Dieu ne sont comparables ni par leur pouvoir ni...  Lire la suite

Un chrétien doit-il payer des impôts ? Les paroles du Christ sur le tribut à César ont souvent été comprises comme la justification d'une sorte d'« équilibre raisonnable » entre vie séculière et vie religieuse. César, dit-on, a ses droits sur nous, et Dieu a les Siens. Mais César et Dieu ne sont comparables ni par leur pouvoir ni par notre responsabilité envers eux. Dieu seul nous a créés et nous donne la vie. Dieu seul doit être servi et adoré par nous. Nous avons tout reçu de Dieu.

Beaucoup pensent qu'il faut d'abord rendre « à César ce qui est à César », puis donner à Dieu ce qui restera. Mais si nous rendons d'abord à Dieu ce qui Lui est « dû » (et nous Lui devons bien plus que nous ne possédons — souvenons-nous de la parabole des talents), que restera-t-il au pauvre César ? Bien sûr, le chrétien doit participer à la vie de la société, notamment en payant des impôts à l'État, mais ce n'est pas servir César (on ne peut servir deux maîtres) : c'est servir la société, les hommes, le prochain, et donc servir l'amour et Dieu. Ainsi, les paroles de Jésus sur le tribut prolongent Sa parabole de la vigne : nous cultivons la vigne de Dieu et devons Lui en remettre les fruits.

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Pour Lc 20:1-26
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Tel est le destin difficile de la révélation chrétienne : tous ceux qui pouvaient en tirer quelque chose pour eux-mêmes ont sans cesse tenté de l'utiliser à leurs propres fins...  Lire la suite

Tel est le destin difficile de la révélation chrétienne : tous ceux qui pouvaient en tirer quelque chose pour eux-mêmes ont sans cesse tenté de l'utiliser à leurs propres fins. Mais sa véritable divinité tient précisément à ce que ces tentatives n'ont jamais réussi jusqu'au bout et que, tôt ou tard, elles ont échoué.

Tel est aussi le destin de ceux qui essaient de présenter la Bonne Nouvelle chrétienne comme un manuel de révolution, et le Christ comme le principal révolutionnaire de tous les temps et de tous les peuples. De telles tentatives ont été entreprises plus d'une fois dans l'histoire de la culture européenne. Pourtant, c'est précisément à elles que l'on peut opposer les paroles de la lecture évangélique d'aujourd'hui : « rendez à César ce qui est à César ». C'est sans doute de ces paroles que s'inspiraient les apôtres Paul et Pierre lorsqu'ils disaient au peuple de Dieu les paroles suivantes. « Soyez donc soumis, à cause du Seigneur, à toute institution humaine, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs » (1 P 2:13). « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été établies par Dieu » (Rm 13:1).

Dans un seul cas la soumission aux autorités est impossible : lorsque le pouvoir s'attribue des prérogatives divines ; ce qui est à Dieu ne peut être donné qu'à Dieu. C'est précisément pourquoi les premiers chrétiens sont allés, d'un côté, contre les paroles de Pierre et de Paul ; mais, d'un autre côté, si l'on regarde plus profondément les trois citations mentionnées ici, on comprend qu'ils suivaient le seul chemin juste.

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Pour Lc 20:1-26
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Luc souligne à plusieurs reprises l'insistance avec laquelle les représentants des milieux religieux officiels posent encore...  Lire la suite

Luc souligne à plusieurs reprises l'insistance avec laquelle les représentants des milieux religieux officiels posent encore et encore la même question à Jésus : « Par quelle autorité fais-tu cela ? » (v. 1–2). Et Jésus, encore et encore, ne répond pas directement. Pourtant, à vue humaine, la question pourrait paraître tout à fait pertinente : Jésus vient d'entrer triomphalement à Jérusalem, une foule enthousiaste l'a acclamé comme le Messie, et voilà qu'il se comporte de nouveau d'une manière tout à fait incompréhensible. On ne sait plus à quoi s'attendre de la part de cet Homme étrange qui refuse obstinément d'entrer dans quelque cadre que ce soit.

Bien sûr, Jésus ne refuse pas de répondre pour s'entourer, lui et la situation, d'un mystère qu'il a toujours évité. S'il ne répond pas, c'est manifestement parce que sa mission ne tenait réellement pas dans les cadres habituels de ses interlocuteurs. Il est le Messie, mais pas celui que le peuple attendait ; on pourrait aussi l'appeler Maître, mais pas au sens où ce mot était employé dans les milieux religieux. Certes, on aurait pu élargir ces cadres, mais cela n'était possible qu'avec l'accord de ceux qui l'interrogeaient. Jésus essaie de le faire : ce n'est pas un hasard s'il leur pose la question de l'ablution, du « baptême », de Jean. D'une réponse honnête dépend la mesure dans laquelle ses interlocuteurs pourront comprendre et accueillir non seulement Jean, mais Jésus lui-même. Or ils refusent de répondre, préférant éluder une question difficile et désagréable ; Jésus comprend alors qu'il est inutile de poursuivre la discussion (v. 3–8).

Sa seule réponse devient la parabole de la vigne (v. 9–16), dont ses auditeurs ont parfaitement compris le sens, à en juger par leur réplique : « Que cela n'arrive pas ! » Mais Jésus ne leur laisse aucun faux espoir : sa remarque sur la pierre angulaire met les points sur les i (v. 17–18). C'est alors qu'ils veulent tuer Jésus, se débarrasser de ce Prédicateur sans compromis (v. 19–20), dont il est désormais parfaitement clair qu'il ne les laissera pas tranquilles et n'acceptera aucun arrangement. On a aussi essayé de le prendre au piège de son refus du compromis (v. 21–22) : la question posée plaçait délibérément celui qui répondait dans une situation perdante. Répondre « oui », c'était passer pour un traître et un collaborateur ; répondre « non » équivalait, selon la loi romaine, à appeler à la révolte, avec toutes les conséquences que cela impliquait.

Ici encore, Jésus reste fidèle à lui-même : il témoigne du Royaume, mais non de celui dont rêvaient ses auditeurs ; il témoigne de celui qu'il a lui-même apporté au monde. Ainsi, n'entrant dans aucun cadre et n'acceptant aucun compromis, le Sauveur qui avait apporté le Royaume au monde se retrouvait peu à peu seul, et sa mission devenait un chemin de croix.

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Pour Lc 20:1-26
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Les lecteurs de la Bible perçoivent souvent la question sur l’autorité posée à Jésus par les représentants des dirigeants du Temple comme une sorte de piège, une volonté de Le faire taire...  Lire la suite

Les lecteurs de la Bible perçoivent souvent la question sur l’autorité posée à Jésus par les représentants des dirigeants du Temple comme une sorte de piège, une volonté de Le faire taire ou de Lui faire reconnaître publiquement l’autorité et la primauté du sacerdoce en matière de vie spirituelle. Pourtant, la question était sincère à sa manière, même si, bien sûr, elle n’était pas posée dans le sens où Jésus Lui-même aurait pu y répondre.

Ce n’est pas par hasard qu’Il répond à une question par une question, interrogeant ceux qui L’interrogent sur le baptême de Jean. Le baptême de Jean était une sorte de pierre de touche spirituelle qui éprouvait la sincérité d’une personne, quelle que fût sa condition sociale. Il fallait soit reconnaître l’action évidente de l’Esprit de Dieu, soit éluder la réponse pour ne pas passer pour un blasphémateur. Ceux qui demandaient à Jésus d’où venait Son autorité préférèrent eux aussi éluder la réponse. Jésus leur fait ainsi comprendre qu’ils n’ont pas le droit de Lui poser les questions qu’ils Lui posent. Ils n’en ont pas le droit devant Dieu.

Il existe des questions et des réponses qui supposent une sincérité absolue. On peut, par exemple, poser à Dieu n’importe quelle question, mais à une condition indispensable : être prêt à entendre n’importe quelle réponse, peut-être tout à fait inattendue pour celui qui interroge. Sans cette disposition, il est inutile de demander : Dieu ne répond généralement pas à celui qui n’est pas prêt à entendre toute réponse possible. Mais il arrive aussi que l’on pose aux personnes les plus ordinaires des questions dont on ne peut entendre la réponse que si l’on est prêt à tout. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de Jésus. Et le problème n’est pas que, lorsqu’une personne entend ce qu’elle ne veut pas entendre, elle risque fort d’ignorer la réponse, voire de faire semblant de ne pas avoir entendu ou compris.

Le fait est qu’une réponse donnée par Dieu implique toujours des conséquences. Ce n’est pas une simple information, c’est la volonté de Dieu en action. Et celui qui a reçu une réponse de Dieu devient partie prenante de cette action, du dessein de Dieu. Ce n’est pas une réponse dont on puisse simplement prendre acte et continuer à vivre comme si de rien n’était. Mais si l’être humain résiste à Dieu, s’il ne veut pas de la réponse qu’il a entendue, il devient l’adversaire de Dieu. Ce n’est pas par hasard qu’aussitôt après le dialogue sur l’autorité, l’évangéliste rapporte la parabole du Sauveur sur la vigne, dont le sens était parfaitement clair pour tous ceux qui écoutaient Jésus.

Jésus semble dire à ceux qui L’interrogent : vous résistez déjà à Dieu, alors, au moins, ne posez pas de questions superflues, ne cherchez pas à vous attirer des ennuis ici et maintenant. Lui comprend ce qu’une réponse directe signifierait pour eux. Bien sûr, chacun devra, d’une manière ou d’une autre, se tenir devant Dieu. Mais Jésus ne précipite pas les événements. Ce qui Lui importe, ce n’est pas de rapprocher le jour du Jugement, mais d’apporter le Royaume dans le monde, afin que le plus grand nombre possible ait le temps d’être sauvé avant ce jour du Jugement. Voilà pourquoi Il agit comme Il le fait : non pour perdre, mais pour sauver.

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Pour Lc 20:1-18
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
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Les grands prêtres et les scribes qui demandent de quelle autorité agit le Christ se sont empêtrés dans leurs propres raisonnements. Aussi Jésus ne S'est-Il pas contenté de refuser de répondre : Il a également fait comprendre aux scribes que ceux à qui la vérité est indifférente sont incapables de l'entendre et de l'accueillir. À la question posée par le Christ aux anciens du peuple, ils auraient pu répondre de l'une des deux manières indiquées dans la question elle-même : du ciel ou des hommes. « Nous ne savons pas » aurait bien sûr été une réponse possible et acceptable s'il s'était agi d'une ignorance sincère. Mais les scribes ne veulent même pas réfléchir, pour eux-mêmes, à la réponse qui est vraie. Au lieu de cela, ils se creusent la tête pour savoir dans quelle situation ils se retrouveront et de quoi ils auront l'air selon chacune des réponses possibles. Ce faisant, ils manifestent leur indifférence à la volonté de Celui qui est la Vérité même.

C'est pourquoi la parabole des vignerons mauvais, dans les personnages de laquelle les chefs du peuple se sont reconnus, a suscité leur colère. Mais en racontant cette parabole de gens qui remplacent le service par l'exploitation d'une position avantageuse, le Christ S'adresse non seulement à Ses interlocuteurs, mais aussi à nous tous. Si nous regardons l'Église comme une source de bien-être terrestre, tôt ou tard le Christ nous gênera et nous voudrons nous passer de Lui. Mais alors, nous aussi, nous serons chassés de la vigne.

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Pour Lc 20:1-18
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
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Il y a une sorte de fatalisme dans la parabole des vignerons : les grands prêtres doivent tuer le Fils envoyé, tout comme...  Lire la suite

Il y a une sorte de fatalisme dans la parabole des vignerons : les grands prêtres doivent tuer le Fils envoyé, tout comme leurs ancêtres tuaient et persécutaient les prophètes. Mais il existe une issue à ce cercle fatal, car tout auditeur d’une parabole peut s’identifier à tel ou tel personnage et voir comment il lui faut agir pour suivre le chemin qu’il a choisi. En ce sens, chacun de nous choisit librement son propre chemin, tandis que la parabole ne fait que lui indiquer les alternatives existantes et le moyen de sortir de la situation. Ici aussi, la question est posée sans détour : les grands prêtres peuvent soit s’identifier à ceux qui tuaient et persécutaient les prophètes, soit ne pas le faire et obtenir la possibilité de reconnaître librement en Jésus l’Oint, le Christ. Mais ils préfèrent ne pas prendre de risques et simplement écarter Jésus, qui les a offensés. Si seulement nous savions utiliser les paraboles conformément à leur but et y voir non pas le constat d’une tragédie à venir, mais un défi, une occasion de plus de choisir...

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Pour Lc 20:1-8
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
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La question de l'autorité, posée par les pharisiens à Jésus, leur revient manifestement comme un boomerang : à Son tour, Il leur pose une question en retour...  Lire la suite

La question de l'autorité, posée par les pharisiens à Jésus, leur revient manifestement comme un boomerang : à Son tour, Il leur pose une question en retour, à laquelle ils n'ont pas tant du mal à répondre qu'ils ont simplement peur de répondre franchement. D'où vient donc cette peur ? Bien sûr, il existe des questions « gênantes », auxquelles on n'a pas envie de répondre, et auxquelles on oppose d'ordinaire, sous une forme ou sous une autre, le traditionnel « sans commentaire ». Mais en posant leur question, les pharisiens devaient-ils s'attendre à une question en retour ?

Pouvaient-ils prévoir qu'à une question « gênante » ils recevraient une réponse « gênante » ? Oui, sans doute. Mais peut-être ne s'attendaient-ils tout de même pas à ce que ce Prédicateur se mette à jouer autrement que selon les règles qu'ils avaient établies. Car derrière la question de l'autorité se tenait quelque chose de tout à fait compréhensible et déterminé, à peu près dans le même sens où, plus tôt déjà, les représentants du Sanhédrin avaient posé une question à Jean le Baptiste : qui es-tu ? Un prophète ? Le Messie ? Que devons-nous rapporter à ton sujet ? Et si tu n'es ni l'un ni l'autre, sur quel fondement fais-tu ce que tu fais ? On pose à Jésus la question de l'autorité manifestement dans le même sens, en attendant qu'Il Se déclare prophète, Messie... enfin, quelqu'un qui ait le droit de faire ce qu'Il a fait dans le Temple en chassant les marchands.

Il n'a pas l'intention de « rentrer dans le cadre ». Il pose une question de fond : par quelle autorité Jean faisait-il ce qu'il faisait ? Il comprend évidemment très bien que Jean, comme tout véritable prophète, a reçu son autorité de Son Père céleste ; et si les pharisiens reconnaissaient Jean comme un homme de Dieu, il leur faudrait regarder Son ministère à Lui aussi avec d'autres yeux. Bien sûr, il ne s'agit pas ici de prouver quelque chose à quelqu'un ni de Se justifier aux yeux de qui que ce soit.

Il s'agit du fait que, pour les pharisiens eux-mêmes, un tel regard, un regard « hors des règles », était au fond la seule possibilité de voir le Christ Lui-même et Son Royaume dans leur vraie lumière. Mais il fallait commencer par rejeter toutes les peurs, les craintes et les préjugés humains. En posant aux pharisiens la question sur Jean, Jésus leur propose au fond de faire précisément cela. Mais ils refusent : ils ont peur. Et par ce refus, eux aussi font leur choix. Pas le meilleur, loin de là, mais un choix pleinement conscient.

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Pour Lc 20:1-8
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
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La scène décrite dans la lecture évangélique d'aujourd'hui est remarquable par la sagesse et même, pourrait-on dire, par l'esprit du Sauveur. Essayons pourtant de pénétrer son sens théologique, car, contrairement à notre habitude humaine, le Christ...  Lire la suite

La scène décrite dans la lecture évangélique d'aujourd'hui est remarquable par la sagesse et même, pourrait-on dire, par l'esprit du Sauveur. Essayons pourtant de pénétrer son sens théologique, car, contrairement à notre habitude humaine, le Christ ne fait pas preuve d'esprit pour le simple plaisir de l'esprit.

Pourquoi parle-t-Il précisément de Jean ? L'essentiel est sans doute que Jean se manifeste comme le Précurseur du Christ non seulement au sens historique, événementiel, mais aussi au sens spirituel. Il proclame le repentir sans lequel la venue au Christ est impossible. C'est précisément pourquoi le Seigneur ne donne aucune réponse à ceux qui L'interrogent : la donner n'aurait pas de sens, comme il n'a pas de sens d'expliquer le calcul intégral à quelqu'un qui ne maîtrise pas encore l'arithmétique.

Le fait que Jean ne nous amène qu'à la première marche est également montré par l'épisode du livre des Actes (19:1-6) : « Il leur dit : De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? Ils répondirent : Du baptême de Jean. Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en Celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus-Christ. Après l'avoir entendu, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus ».

Et bien que, maintenant, nous ne soyons pas formellement baptisés du baptême de Jean (puisqu'il s'est spirituellement uni à celui de Jésus), en réalité nous le vivons comme ce repentir même qui nous conduit au temple. Souvenons-nous que notre Seigneur, qui n'a pas besoin de repentir, passe Lui aussi par le baptême de Jean pour nous montrer le chemin, car Il est « le chemin, la vérité et la vie ». Et c'est précisément ce chemin qu'Il rappelle aux grands prêtres, aux scribes et aux anciens qui L'interrogent.

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Pour Lc 20:1-8
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
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Au fond, les grands prêtres posent au Seigneur Jésus, qui enseigne dans le Temple, une question tout à fait légitime : de quelle autorité fait-Il cela ?...  Lire la suite

Au fond, les grands prêtres posent au Seigneur Jésus, qui enseigne dans le Temple, une question tout à fait légitime : de quelle autorité fait-Il cela ? Depuis les temps anciens, des prophètes et des prédicateurs issus d'Israël prenaient la parole dans le Temple de Jérusalem pour annoncer la Parole de Dieu et prêcher au peuple. On leur posait aussi une telle question, et les prophètes répondaient généralement qu'ils prêchaient en vertu de l'appel de l'Esprit du Tout-Puissant. Parfois, on les chassait, mais très souvent les autorités religieuses d'Israël se satisfaisaient de cette réponse. Ainsi, Osée — dans le sanctuaire du Royaume du Nord —, Nahum, Habacuc, Malachie et quelques autres furent des prophètes du Temple. La réponse du Seigneur Jésus-Christ est d'un autre ordre. Il Se tourne vers les grands prêtres et les interroge sur la source du repentir. Le baptême de Jean venait-il du ciel, Jean par qui l'Esprit de Dieu attirait les cœurs pour qu'ils accueillent dans le repentir l'Agneau de Dieu ? Au fond, la question que le Christ leur renvoie porte sur le pouvoir ou l'autorité de l'Esprit Saint, sur ce témoignage intérieur que l'on ne peut accepter qu'après avoir vécu une rencontre avec Dieu dans le repentir. Et c'est précisément à cette question que les grands prêtres refusent de répondre. C'est avec ce refus que commence leur complot contre le Christ, qui Le conduira à la gloire de la Croix et de la Résurrection, tandis qu'il se terminera, pour les grands prêtres et les scribes, par la destruction de Jérusalem.

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Pour Lc 20:1-8
1 Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
2 et lui parlèrent en ces termes : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ? »
3 Il leur répondit : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? »
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
7 Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
8 Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »
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Pourquoi Jean était-il là ? Pourquoi le Seigneur avait-Il besoin d'un Précurseur ? Quel en est le sens théologique, philosophique, existentiel ?...  Lire la suite

Pourquoi Jean était-il là ? Pourquoi le Seigneur avait-Il besoin d'un Précurseur ? Quel en est le sens théologique, philosophique, existentiel ? Cela nous paraît si clair : le repentir, voilà le sens de son message. Il devait apporter ce repentir sans lequel le rétablissement, le renouvellement de l'Alliance est impossible ; il devait tourner les cœurs vers Dieu pour que ces cœurs puissent voir Dieu.

Tout cela est bon et clair, et il en est bien ainsi. Mais pourquoi le Seigneur ne pouvait-Il venir Lui-même appeler au repentir ? D'ailleurs, Il y appelait bel et bien et parlait de Sa longanimité, comme dans la parabole du figuier de trois ans (Lc 13:6–9). Il en découle que cette interprétation n'épuise pas tous les sens du rôle de cette personne. C'est pourquoi la réflexion ci-dessus sur Jean comme celui qui appelle au repentir, comme la voix qui crie dans le désert, si connue et si compréhensible, n'a de valeur qu'a posteriori ; mais, si nous voulons comprendre la situation a priori, il nous faut approfondir notre réflexion sur cet homme. Peut-être le texte d'aujourd'hui nous permettra-t-il justement de le faire.

Nous savons bien, ne serait-ce que par les paroles des disciples (Mt 17:11), que tous attendaient la venue d'Élie avant celle du Messie ; il devait donc en être ainsi, conformément à ce qui était écrit. Mais une telle explication ne fait que contrarier l'esprit rationnel d'aujourd'hui. Si c'est aussi votre cas, tournons-nous vers le psaume 85 (84 dans la numérotation russe). Chacune de ses lignes nous importe maintenant.

Ne pouvant citer le psaume entier, écoutons-en l'essentiel. Sa fin : « Miséricorde et vérité se rencontreront, justice et paix s'embrasseront ; la vérité surgira de la terre, et la justice se penchera des cieux ; le Seigneur donnera le bien, et notre terre donnera son fruit ; la justice marchera devant Lui et posera ses pas sur le chemin » (Ps 85:11–14). Rien n'indique directement ici une personne qui devrait venir. Peut-être ne s'agit-il pas du tout d'une personne. Il est simplement dit : la justice marchera devant Lui, comme le dit le slavon. Mais le fait est que toutes ces paroles du psaume que nous venons de citer sont profondément des paroles de la Nativité. Peut-être ne le voyez-vous pas maintenant, mais vous le verrez ensuite : notre terre donnera son fruit, la vérité a resplendi de la terre, la justice s'est penchée des cieux — toutes ces paroles parlent de la Nativité. Alors, la justice qui « marchera devant » est Jean.

Et regardez : miséricorde et vérité se sont rencontrées ; tout cela semble parler de cette rencontre tant désirée sur les rives du Jourdain. Mais de quoi parle le début du psaume ? Du repentir, de la colère de Dieu détournée de nous, du pardon. Et, enfin, en son centre se trouvent ces mots : « Montre-nous, Seigneur, Ta miséricorde, et accorde-nous Ton salut. » Que demande cette requête si humble, mais aussi si audacieuse ? N'est-ce pas la venue du Christ ? Et voici que le Seigneur nous a accordé miséricorde et salut. Il est ici, Il est avec nous.

Pourtant, ces paroles du psaume ne disent rien directement de ce que doit être le Précurseur. Cela désarme les critiques de l'interprétation a posteriori, mais nous donne un nouveau sens a priori — théologique, philosophique et existentiel — au message de Jean.

Mais nous avions promis que la parabole d'aujourd'hui nous aiderait d'une certaine manière, et nous semblons n'en avoir encore rien dit. Or c'est précisément de cela qu'elle parle ; elle nous rattache étroitement à toute la trame du psaume. Regardons-la. Premièrement, Jésus place Son autorité, le fondement de Son autorité, à côté du ministère de Jean. Non dans sa dépendance, mais précisément à côté. Deuxièmement, Jésus en parle de façon tout aussi implicite, sans donner non plus aucun outil aux critiques de l'interprétation a posteriori. Mais combien donne-t-Il ici au cœur aimant, prêt à répondre à Son appel et à entendre ce qui est presque inaudible !

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Pour Lc 20:5-6
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
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La question posée par Jésus aux pharisiens au sujet de Jean et de sa prédication avec le baptême n'a évidemment pas retenti par hasard. Elle n'est pas fortuite précisément en ce qu'elle est devenue réponse à la question sur Lui-même, sur Son autorité et Son ministère...  Lire la suite

La question posée par Jésus aux pharisiens au sujet de Jean et de sa prédication avec le baptême n'a évidemment pas retenti par hasard. Elle n'est pas fortuite précisément en ce qu'elle est devenue réponse à la question sur Lui-même, sur Son autorité et Son ministère. Au fond, la question du Sauveur devient pour les pharisiens qui parlent avec Lui un test de sincérité et d'honnêteté, avant tout devant eux-mêmes. On pourrait penser qu'il s'agit de choses non seulement différentes, mais incomparables: Jean, même grand, n'est qu'un prophète, tandis que Jésus est le Messie et le Fils de Dieu.

Mais cette différence n'est pas ici si importante. Ce qui importe, c'est ce que les pharisiens qui interrogent Jésus sur Son autorité sont prêts à voir et à entendre. Et il valait mieux qu'ils répondent eux-mêmes à cette question. La question sur Jean les conduit précisément à cette réponse. Il ne s'agit pas ici du Messie, mais seulement d'un prophète, d'un prophète que le peuple honorait et contre lequel il était dangereux de se prononcer.

Il est tout à fait possible que, si ces mêmes pharisiens avaient répondu directement à Jésus ce qu'ils pensaient, «des hommes», Sa réponse leur aurait été différente. Il ne prive personne de liberté; Il demande seulement honnêteté et sincérité. L'homme peut se tromper, peut tout voir sous une fausse lumière; plus encore, du point de vue du Sauveur Lui-même, tous les hommes se trompent dans une mesure ou une autre, car aucun homme ne voit la réalité telle qu'Il la voit.

Dans chaque situation concrète, autant Lui est ouvert qu'à Son Père céleste, et aucun homme ne peut dire cela de lui-même. Mais ce qui Lui importe, ce n'est pas notre infaillibilité, c'est notre intégrité intérieure. Celle-là même qui est inséparable de la sincérité et de l'honnêteté envers soi-même, et donc envers les autres. Jésus pose aux pharisiens une question dont la réponse devait leur montrer à eux-mêmes s'ils possédaient cette intégrité. Et voici qu'il apparut que les interlocuteurs de Jésus avaient échoué au test.

Ils ne Lui répondirent pas, non parce qu'ils ne connaissaient pas la réponse, mais parce qu'ils eurent peur. Or céder à la peur est la manière la plus simple et la plus répandue de détruire cette même intégrité intérieure. Dès lors, il n'avait plus de sens que Jésus réponde à la question posée par Ses interlocuteurs: Il aurait dû parler d'une façon ou d'une autre du Royaume, où l'homme au cœur divisé et aux pensées doubles ne peut entrer. La réponse des pharisiens à la question de Jésus devint aussi la réponse à la question qu'ils avaient eux-mêmes posée. Réponse triste, mais seule possible.

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Pour Lc 20:5-6
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : « Si nous disons : « Du Ciel », il dira : « Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? »
6 Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
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Il y avait une différence importante entre les chefs de la fraternité religieuse pharisienne et ceux qu’on pourrait, par convention, appeler «le peuple simple», notamment dans la perception de certaines personnes et de certains événements...  Lire la suite

Il y avait une différence importante entre les chefs de la fraternité religieuse pharisienne et ceux qu’on pourrait, par convention, appeler «le peuple simple», notamment dans la perception de certaines personnes et de certains événements. Bien sûr, en parlant du «peuple simple», il faut tenir compte du fait qu’il n’était pas si simple que cela. Un Juif illettré, aux temps évangéliques, était une grande rareté, tout comme un Juif qui ne lisait pas, et même n’étudiait pas, la Torah et les Prophètes, ce que nous appellerions aujourd’hui l’Écriture sainte.

Chaque synagogue avait nécessairement une école religieuse où l’on enseignait à tous les garçons du lieu, et parfois aux filles, non seulement l’écriture et la lecture, mais aussi le travail élémentaire avec les livres saints, y compris une pratique particulière de lecture priante ou méditative. La culture du travail avec les livres saints était largement répandue dans la société juive, et parmi les maîtres de la Torah, que l’Évangile appelle habituellement «scribes», la majorité s’occupait précisément d’enseigner ce travail aux enfants et aux adultes, souvent gratuitement ou pour une très modeste rémunération.

Mais, d’un autre côté, il existait dans le monde juif des académies où la Torah et les autres livres saints étaient étudiés de manière très détaillée. C’était un monde particulier de connaisseurs, de théologiens instruits, de commentateurs subtils des textes sacrés, qui s’aventuraient parfois dans des finesses et atteignaient des profondeurs dont les simples lecteurs de la Torah ne se doutaient même pas. Malheureusement, ce petit monde assez fermé de théologiens académiques avait, comme cela arrive souvent dans de tels cas, sa part notable de snobisme savant, qui le poussait à regarder les simples lecteurs mentionnés comme des ignorants de la Torah.

Et ce même snobisme savant obligeait à traiter, sinon avec mépris, du moins avec soupçon ceux que l’on pourrait appeler des autorités spirituelles populaires, au nombre desquelles appartenait d’ailleurs Jean le Baptiste. Bien sûr, cette réserve était souvent justifiée: la conscience religieuse de masse n’est pas très exigeante dans le choix de ses chefs religieux. Mais la méfiance a priori empêchait parfois les scribes académiques et les chefs instruits des fraternités religieuses de reconnaître les vrais hommes de Dieu, comme cela s’est produit dans le cas de Jean le Baptiste.

Il ne restait alors aux chefs du mouvement pharisien qu’à louvoyer entre leur propre méfiance, et même une certaine répugnance spirituelle, d’un côté, et les sympathies populaires de l’autre: exprimer ouvertement leur position pouvait mal finir pour eux. Or un tel louvoiement ne favorise ni l’intégrité spirituelle ni une vie spirituelle complète; et la question du Sauveur devait pousser Ses interlocuteurs à réfléchir à cette vérité simple, mais peu évidente pour eux.

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Pour Lc 20:9-18
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
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La parabole de la vigne, comme toutes les paraboles de ce genre, concerne avant tout le peuple de Dieu : car c'est précisément lui qui, dans la tradition prophétique, est habituellement appelé symboliquement...  Lire la suite

La parabole de la vigne, comme toutes les paraboles de ce genre, concerne avant tout le peuple de Dieu : car c'est précisément lui qui, dans la tradition prophétique, est habituellement appelé symboliquement la vigne. Dans un tel contexte, le sens de la parabole devient tout à fait compréhensible, et tous ceux qui écoutent Jésus le comprennent sans exception. Bien plus : ceux que ce qui était dit concernait directement comprirent parfaitement que cela les concernait précisément eux ; le cri « que cela n'arrive pas ! » en est la meilleure preuve.

La réponse du Sauveur à ce « que cela n'arrive pas ! » est elle aussi assez univoque : Il rappelle à ceux qui L'écoutent la pierre angulaire. L'image de la pierre angulaire apparaît constamment dans les paraboles de Jésus, et son sens tient à ce que ces pierres, utilisées lors de la construction d'une maison comme éléments d'angle de la fondation en bandes, ne convenaient à rien d'autre qu'à l'usage auquel elles étaient destinées. Il ne fait aucun doute qu'en parlant de la pierre angulaire, Jésus pense à Lui-même, faisant ainsi de Ses auditeurs les personnages de la parabole qu'Il a racontée. Manifestement, Il veut faire comprendre à ceux qui L'écoutent que chacun d'eux se trouve devant un choix auquel on ne peut se soustraire.

Beaucoup, sans doute, auraient voulu que Jésus soit l'un parmi beaucoup d'autres, prophètes, prédicateurs, maîtres de la Torah, bref, qu'Il soit un homme ordinaire. Alors on aurait pu L'écouter sans vraiment Lui prêter attention, et L'accepter sans L'accepter, comme nous le faisons toujours lorsque, dans notre âme, nous ne sommes pas d'accord avec celui qui parle. Dans ce cas, une acceptation polie et formelle ne signifie rien de plus que l'accord avec le droit de l'interlocuteur à sa propre opinion, à un point de vue différent du nôtre, dont au fond nous n'avons parfois aucun souci. Mais celui qui avance ce point de vue doit alors reconnaître notre droit à notre propre compréhension de la vérité, différente de celle qu'il propose. Il doit admettre ce qu'on appelle aujourd'hui le pluralisme, reconnaître la relativité de toute vérité et de toute opinion, y compris la sienne propre, et alors on lui permettra à son tour de s'exprimer, comme à tous les autres.

Si Jésus avait accepté de telles règles du jeu, Il n'aurait peut-être pas eu à mourir sur la croix. Mais c'est précisément là le point : Il ne pouvait en aucune manière les accepter, non parce qu'Il Lui fallait absolument prouver quelque chose à quelqu'un et gagner toutes les disputes dans lesquelles Ses auditeurs L'entraînaient, mais parce que l'acceptation de telles règles serait devenue pour Lui un faux témoignage et l'effondrement de Sa mission.

Car Il a apporté dans le monde le Royaume et a manifesté au monde la plénitude de Dieu, et ce n'était déjà plus simplement une opinion parmi beaucoup d'autres, ni même une révélation parmi beaucoup d'autres : Il a réellement manifesté au monde toute la plénitude de la vérité et toute la plénitude de la révélation. Tous les grands sages et prophètes venus avant Lui posaient des questions et exprimaient des opinions ; Lui ne posait pas de questions, Il y répondait, et Il est Lui-même devenu la réponse à toutes les questions possibles. Et on ne pouvait L'accueillir qu'en cette qualité : toute autre attitude envers Lui aurait été duplicité.

Bien sûr, si l'homme ne comprend réellement pas Qui se tient devant lui, la situation peut encore être réparée : ce qui n'est pas compris aujourd'hui peut l'être demain. Mais s'il s'agit d'un refus d'accueillir l'évidence, d'un refus de renoncer à son propre droit à l'opinion devant la Vérité vivante, la situation est sans issue : car la Vérité ne peut cesser d'être la vérité, quoi que quelqu'un puisse désirer. Il reste soit à L'accueillir, soit à Le rejeter. Soit considérer cet étrange Maître comme Celui qu'Il Se considère Lui-même être, soit Le traiter, au mieux, comme un fou, et au pire comme un apostat conscient et un blasphémateur qui prétend à ce à quoi aucun homme ne peut prétendre. Il fallait choisir : il n'y avait pas de troisième voie.

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Pour Lc 20:9-18
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 « Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : « Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. »
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : « Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. »
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
« Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
À ces mots, ils dirent : « À Dieu ne plaise ! »
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit :La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
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La parabole de la vigne du Seigneur est racontée pour la première fois par le prophète Isaïe à la fin du VIIIe siècle avant la naissance du Christ...  Lire la suite

La parabole de la vigne du Seigneur est racontée pour la première fois par le prophète Isaïe à la fin du VIIIe siècle avant la naissance du Christ. En y revenant à la veille de Sa Passion, le Seigneur attire l’attention sur certains détails qui font de cette parabole non seulement une image des relations d’Israël avec Dieu, mais aussi une image de la chute dans le péché en général. « Tuons-le, et l’héritage sera à nous » : ces paroles pourraient devenir le sombre mot d’ordre de toute l’humanité dans son opposition à Dieu. Mais le Seigneur parle tout d’abord des grands prêtres et des scribes, des chefs du peuple. Ils considèrent le peuple de Dieu comme leur domaine propre, qui leur serait donné « pour les nourrir », comme on disait dans l’ancienne Russie. L’absurdité de la situation tient aussi au fait que les vignerons de la parabole tentent de faire comme si le véritable Propriétaire n’existait pas, comme si Dieu ne voyait pas leurs actes. Mais Dieu ne disparaît pas parce que certains hommes voudraient se débarrasser de Lui. Ainsi, pour les grands prêtres, le Seigneur qu’ils ont rejeté devient la pierre angulaire sans laquelle s’effondre tout l’édifice de la religion juive construit au fil des siècles.

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Pour Lc 20:19-26
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Pour les Juifs du début du Ier siècle de notre ère, l'impôt à César était un signe humiliant de dépendance envers les Romains. Si le Seigneur avait dit...  Lire la suite

Pour les Juifs du début du Ier siècle de notre ère, l'impôt à César était un signe humiliant de dépendance envers les Romains. Si le Seigneur avait dit qu'il fallait le payer, on aurait pu L'accuser de manque de patriotisme (alors les grands prêtres seraient soudain devenus patriotes). S'Il avait dit qu'il ne fallait pas le payer, on aurait pu L'accuser d'incitation à la révolte (dans ce cas, les grands prêtres auraient dû se montrer des collaborateurs constructifs des Romains, ce qu'en fin de compte ils firent). La réponse du Christ est frappante d'abord parce qu'Il distingue clairement le domaine de l'organisation terrestre de la vie, auquel appartiennent toutes les formes de pouvoir national et supranational, et le domaine de la vie de l'esprit. Le Seigneur ne rejette pas l'État et n'appelle pas à une réorganisation religieuse de l'administration de l'État. Sa réponse place la vie de l'esprit et le pouvoir séculier sur des plans différents.

D'un côté, cela nous donne la possibilité de voir l'utilité réelle du pouvoir pour assurer la vie normale de la société, comme les apôtres l'écriront en détail. De l'autre côté, la réponse du Christ rend Ses disciples libres de la divinisation du pouvoir et rejette les prétentions des pouvoirs terrestres sur la vie spirituelle des hommes. Pour cette époque, c'était précisément une révélation inouïe, et c'est précisément pour cela que l'État romain persécuta les chrétiens.

Mais le plus important dans les paroles du Christ est l'appel à rendre à Dieu ce qui est à Dieu, à nous soucier de l'accomplissement de nos devoirs envers le Créateur du monde non moins qu'envers ses maîtres temporaires. Et c'est cela le plus difficile.

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Pour Lc 20:19-26
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Nous avons devant nous une tentative de provocation menée sous le masque de la piété. Nous voyons comment une fausse piété...  Lire la suite

Nous avons devant nous une tentative de provocation menée sous le masque de la piété. Nous voyons comment une fausse piété, séparée d’une authentique marche devant Dieu, devient opposition à Dieu. La construction même de la phrase, qui prend les choses de loin et abonde en faux compliments, révèle le manque de franchise de ceux qui posent cette question provocatrice. Mais on ne se moque pas de Dieu, et le Christ ne s’est pas seulement soustrait avec dignité au piège qui lui était tendu : il a aussi exposé, comme en passant, le principe sur lequel doivent reposer les relations entre la foi et l’État.

La vie spirituelle et le gouvernement de l’État relèvent de sphères différentes et ne doivent pas être confondus. Vivant dans un État, nous sommes appelés à respecter ses lois et à ne pas nous couper de la réalité de la vie civique. Mais il est inadmissible de remplacer les principes de l’Évangile par des principes politiques ou de déclarer que tous les actes des gouvernants terrestres sont conformes à la volonté de Dieu. À l’époque où fut posée la question de savoir s’il était permis de payer le tribut à l’empereur romain, celui-ci exigeait d’être honoré comme un dieu. Le Christ ne s’oppose pas au paiement des impôts, qui est le devoir de tout citoyen, mais si l’empereur exige de ses sujets qu’ils commettent un péché grave, aucune concession n’est permise.

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Pour Lc 20:19-26
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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La question posée au Sauveur pour Le piéger et Le mettre dans une situation sans issue n'avait aucun rapport avec la nécessité...  Lire la suite

La question posée au Sauveur pour Le piéger et Le mettre dans une situation sans issue n'avait aucun rapport avec la nécessité de payer les impôts ou de s'y soustraire. À vrai dire, elle ne pouvait être posée et n'avait de sens que dans la situation particulière de la Judée du Ier siècle de notre ère. Il ne s'agissait pas de savoir s'il fallait payer les impôts, mais s'il était permis à un Juif fidèle à sa foi de le faire.

Une telle manière de poser la question pourrait paraître étrange sans les particularités de la situation. La Judée faisait alors partie de l'Empire romain, et les impôts étaient perçus par les autorités romaines à leur profit. D'où le regard porté sur les collecteurs d'impôts comme sur des collaborateurs, avec toutes les conséquences que cela entraînait. Mais si le cas des collecteurs — les publicains — était clair, puisqu'on les considérait comme des exclus et des renégats, celui du paiement des impôts ne l'était pas autant. Les zélotes radicaux s'opposaient à toute coopération avec les autorités romaines, y compris au paiement des impôts ; mais cette position les mettait automatiquement hors la loi : selon les lois romaines, appeler au refus de payer les impôts équivalait à la trahison et à la rébellion.

Les pharisiens, plus modérés, estimaient que, puisqu'il s'agissait d'une contrainte et d'un paiement forcé, on pouvait malgré tout payer les impôts pour éviter la mort. Bien qu'en désaccord avec eux sur ce point, les zélotes ne leur posaient pas de questions superflues, du moins publiquement. D'autant que beaucoup de pharisiens, sans oser soutenir ouvertement les radicaux, leur étaient pourtant favorables au fond d'eux-mêmes, et les zélotes savaient qu'en cas de besoin ils pouvaient toujours compter sur l'appui de leurs sympathisants moins radicaux, dans la mesure du possible, bien sûr.

La question provocatrice fut posée à Jésus précisément pour Le mettre dans une situation où aucune réponse n'était « commode » : appeler publiquement à payer les impôts aux Romains signifiait reconnaître et approuver tout aussi publiquement le pouvoir d'occupation, tandis qu'appeler à refuser de les payer revenait à appeler à la révolte, avec toutes les conséquences d'un tel appel. Or Jésus, comme toujours, répond tout à fait « en dehors des règles » : Il parle non de politique, mais du Royaume. À qui appartient l'argent ? À celui qui le frappe ? Alors, laissez-le-lui.

Pour le Royaume, la question des impôts n'est pas pertinente : la vie d'une personne dans le Royaume ne dépend en rien du fait qu'elle paie ou non des impôts, pas plus qu'elle ne dépend de celui à qui elle les paie. Car tout cela ne concerne que ce qui ne dépasse pas et ne dépassera jamais les limites du monde non transfiguré. Aucun argent ne fera jamais partie de la vie du Royaume, et il n'y aura jamais d'impôts là-bas. Tous les impôts payés dans ce monde y resteront. Dès lors, on peut rester un habitant du Royaume en payant des impôts à n'importe quel gouvernement terrestre. Ou en n'en payant à aucun.

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Pour Lc 20:25
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
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Une réponse très logique, n’est ce pas? Mais est ce que nous ne pouvons pas dire que nous avons un seul Roi, que tout ce que nous possédons est à Dieu? Ainsi nous ne devons alors rien donner à...  Lire la suite

Une réponse très logique, n’est ce pas? Mais est ce que nous ne pouvons pas dire que nous avons un seul Roi, que tout ce que nous possédons est à Dieu? Ainsi nous ne devons alors rien donner à César (plus précisément à l’Etat)?

Si tout pour nous était vraiment à Dieu…, toute pensée, tout acte…, non seulement les nôtres, mais aussi pour tous ceux qui nous entourent; s’aurait réellement été le Royaume de Dieu, le Royaume d’amour; il n’y aurait pas eu de biens, d’argent (rappelez-vous des premiers jours de l’Eglise), il n’y aurait pas eu de violences, des crimes et en général des mauvaises actions – et on n’aurait pas eu besoin de la police, de l’armée, des fonctionnaires, le gouvernement en tout. Alors tout serait divin et appartenant à Dieu.

Mais tel n’est pas le cas en pratique. Regardons honnêtement combien de nos actes sont motivés par l’amour, et combien par quelque chose d’autre. Et si personne de nous n’est capable de vivre selon la volonté de Dieu, alors sont nécessaires ne serait ce que certaines institutions humaines maintenant l’ordre dans le monde, et ne lui permettant pas de tomber dans le chaos. C’est l’argent, le gouvernement, «César». Malheureusement toutes ces institutions commencent toujours par prétendre que le maintient de l’ordre dans la société en ce qui concerne la conscience, la foi, la liberté spirituelle de l’homme n’entre pas dans leur compétence. Et ici, avec toute précision devrait être appliquée la règle de Jésus: «à Dieu ce qui est à Dieu».

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Pour Lc 20:19-47
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l’interrogèrent donc en disant : « Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? »
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit :
24 « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils dirent : « De César. »
25 Alors il leur dit : « Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
27 S’approchant alors, quelques Sadducéens ­ ceux qui nient qu’il y ait une résurrection ­ l’interrogèrent
28 en disant : « Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu’un a un frère marié qui meurt sans avoir d’enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère.
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant.
30 Le second aussi,
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d’enfant après eux.
32 Finalement, la femme aussi mourut.
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d’entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l’auront eue pour femme. »
34 Et Jésus leur dit : « Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari ;
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d’avoir part à ce monde-là et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari ;
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection.
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l’a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.
38 Or il n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. »
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : « Maître, tu as bien parlé. »
40 Car ils n’osaient plus l’interroger sur rien.
41 Il leur dit : « Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ?
42 C’est David lui-même en effet qui dit, au livre des Psaumes :Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
Siège à ma droite
,
43  jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis
un escabeau pour tes pieds.
44 David donc l’appelle Seigneur ; comment alors est-il son fils ? »
45 Comme tout le peuple écoutait, il dit aux disciples :
46 « Méfiez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, qui aiment les salutations sur les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins,
47 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère ! »
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Aujourd'hui, même lorsque nous ne cherchons nullement à « prendre Jésus au piège » dans Ses paroles et que nous Lui posons simplement, en toute honnêteté, les questions qui nous tourmentent, nous les formulons encore souvent...  Lire la suite

Aujourd'hui, même lorsque nous ne cherchons nullement à « prendre Jésus au piège » dans Ses paroles et que nous Lui posons simplement, en toute honnêteté, les questions qui nous tourmentent, nous les formulons encore souvent de manière « incorrecte », en termes tranchés, selon un « ou bien... ou bien ». La simple question de payer ou non les impôts devient ainsi (pas pour tous, bien sûr, mais pour certains) un dilemme : « Faut-il aimer l'État de toute son âme ou le haïr de toute son âme ? »... Et la réponse simple, selon laquelle l'État ne peut revendiquer que notre argent et nullement notre âme, devient la tâche extrêmement difficile de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ». De même, nous sommes prêts à échafauder les conjectures les plus étonnantes sur « la vie après la mort » et « l'état des défunts », mais nous ne parvenons pas à comprendre que, pour Dieu, la mort n'existe pas et qu'il n'y a donc aucune division entre les morts et les vivants. Pourquoi tout nous est-il si difficile ? Peut-être nous manque-t-il simplement l'expérience de la vie de Dieu et la capacité de regarder le monde avec Ses yeux.

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