RÉFLEXIONS pour Qo 8:17 — le 21 juillet 2018

RÉFLEXIONS pour Qo 8:17

En parlant des œuvres qui « se font sous le soleil », l'Ecclésiaste les appelle « insondables ». Que veut-il dire? La science ne vaut-elle donc rien? Bien sûr, à son époque, la science savait bien moins de choses qu'aujourd'hui, mais la science est toujours restée la science; dans ses traits essentiels, la connaissance scientifique était alors la même qu'aujourd'hui.

Il ne s'agit pas ici de la science comme telle, mais de ce qu'à l'époque de l'Ecclésiaste on appelait la sagesse. Or on n'appelait pas sagesse la connaissance scientifique en soi, ni même la connaissance comme telle. On appelait sage non un spécialiste intellectuel, mais un homme qui comprenait qui il était, d'où il venait, pourquoi il était venu au monde, et où il allait. La sagesse consistait à répondre non à la question « comment », mais à la question « pourquoi ».

C'était cette même vieille question, toujours actuelle aujourd'hui, du sens de la vie. Et l'Ecclésiaste a manifestement compris que la connaissance comme telle n'y répond pas. La science peut étudier beaucoup de choses; la raison humaine n'est pas du tout aussi faible que certains croyants le disent parfois, mais l'essentiel ne se comprend pas par la raison seule.

De fait, la question du sens, la question « pourquoi » et « dans quel but », n'est pas une question scientifique; la raison seule ne suffit pas ici. En fin de compte, la réponse à cette question n'est connue que de Dieu. Dans la nature créée par Dieu, que la science étudie, il n'y a pas de réponse: ni les pierres, ni les arbres, ni les animaux ne la connaissent; ils ne se posent même pas une telle question. Pour les pierres, les arbres et les animaux, c'est Dieu Lui-même qui répond à la question du sens de leur existence; mais ni les pierres, ni les arbres, ni les animaux ne sont capables de comprendre ni même d'entendre Ses réponses.

À l'homme il est donné davantage: il peut et doit comprendre pourquoi et dans quel but il vit en ce monde, de même que le but pour lequel lui a été donné le monde où Dieu l'a placé. Mais, pour obtenir la réponse, il faut s'adresser non au monde, mais à Dieu. Ici vient au premier plan non l'intellect, non la raison, mais la foi: la foi comme confiance avant tout envers Dieu, comme capacité de Lui poser une question et d'entendre la réponse.

De Dieu on peut apprendre le sens de tout ce qui existe, pourvu seulement qu'Il juge nécessaire de le révéler. C'est alors, après avoir reçu la réponse aux questions principales, que l'homme devient vraiment sage: sa vie acquiert le but et le sens pour lesquels seuls il vaut la peine de vivre.