RÉFLEXIONS pour Ga 5:4-5 — le 6 juillet 2018

RÉFLEXIONS pour Ga 5:4-5

Aux temps évangéliques, on regardait la Torah, la Loi, de diverses manières. Pour la majorité des Juifs croyants, la Torah était une sorte de code moral et juridique qui devait être accepté et accompli sans réserve. Il était alors supposé comme allant de soi que ce code était accomplissable. Et au niveau auquel se limitait la majorité religieuse, l'accomplissement de la Torah ne posait réellement pas de problème insoluble. Certes, cela demandait des efforts, mais les personnes sincèrement religieuses n'épargnent d'ordinaire pas ces efforts. Ayant fait l'effort et accompli la Torah, à ce qu'il leur semblait, jusqu'au bout, ces personnes se considéraient naturellement comme justes.

En effet, de leur propre point de vue, du point de vue de l'homme religieux, elles n'avaient rien à se reprocher. Que Dieu aurait-Il encore pu leur demander? Il avait exposé Ses exigences dans la Torah, et elles l'avaient accomplie. Cependant, il existait en ces temps-là un autre regard sur la Torah et sur la vie spirituelle. Un regard qui, en réalité, sortait déjà du cadre de la religiosité juive traditionnelle, et même de toute religiosité en général. Il s'agissait alors de la Torah intérieure, de la Torah perçue non comme un code juridique ou moral, mais comme la révélation de la volonté de Dieu.

De la volonté de Dieu au sens le plus littéral. Au sens des intentions de Dieu tournées vers l'homme. Des intentions qui doivent déterminer toute la vie spirituelle de l'homme, et même toute sa vie. Devenir cette colonne vertébrale spirituelle qui seule peut faire de l'homme un juste, si elle détermine entièrement sa vie. En parlant de la Torah, Paul oppose souvent la Torah intérieure à la Torah extérieure. Il ne s'agit pas du fait qu'il serait par principe adversaire de toute religiosité. Il sait simplement trop bien, par sa propre expérience, que la religion n'a encore jamais rendu personne juste, et qu'elle ne le peut pas.

L'homme religieux peut faire beaucoup pour Dieu. Mais dans la vie spirituelle, l'essentiel n'est pas de faire, mais d'être. Il faut non pas un ensemble de bonnes œuvres pieuses, mais un changement qualitatif de la vie. Et ici la religion se révèle impuissante: elle change l'homme de l'extérieur, au moyen des normes et des règles qu'elle propose. Les vrais changements, eux, se produisent toujours de l'intérieur. Ici, il faut précisément la Torah intérieure, mais l'homme déchu est incapable de la conduire jusqu'à sa plénitude.

Le péché originel l'en empêche. Et cela aussi, l'apôtre le comprend parfaitement: il a lui-même essayé de vivre ainsi et a subi un échec complet, décrit par lui avec une entière franchise dans la Lettre aux Romains. Il ne reste que l'espérance dans ce souffle de Dieu, le souffle du Royaume, qui seul peut rendre l'homme juste. Bien sûr, c'est reconnaître sa propre incapacité spirituelle. Mais mieux vaut reconnaître l'évidence et acquérir la plénitude de la vie du Royaume que tenter de sauver les apparences dans une mauvaise partie et tout perdre.