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RÉFLEXIONS pour Ac 8:1-25

1 Saul, lui, approuvait ce meurtre.
En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie.
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations.
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison.
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle.
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ.
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient.
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris.
8 Et la joie fut vive en cette ville.
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand,
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. »
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges.
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes.
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux.
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean.
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné.
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint.
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent.
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. »
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent !
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu.
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ;
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. »
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. »
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains.
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Il est intéressant que l'Évangile annoncé par les disciples, séparé du don de l'Esprit Saint qui est donné aux croyants par les apôtres, puisse facilement se transformer en un nouvel enseignement magique ésotérique. C'est précisément ainsi que Simon le Magicien le perçoit. Ne connaissant ni la liberté ni la grâce de l'Esprit Saint, ni les relations avec Dieu fondées exclusivement sur la miséricorde et sur le don libre de la communion, il pense que dans la vie chrétienne on peut acheter ou vendre quelque chose. Cette erreur est très universelle. Dès que nous perdons, ou oublions, cette expérience de la joie en Dieu, dès que nous cessons de vivre par l'Esprit, nous commençons aussitôt à penser qu'on peut gagner quelque chose auprès de Dieu, Le forcer à faire quelque chose, ou Le soudoyer d'une manière quelconque.

Autres réflexions

 
Pour Ac 8:1-25
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre.
En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie.
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations.
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison.
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle.
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ.
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient.
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris.
8 Et la joie fut vive en cette ville.
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand,
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. »
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges.
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes.
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux.
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean.
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné.
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint.
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent.
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. »
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent !
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu.
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ;
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. »
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. »
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains.
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La lecture d'aujourd'hui nous permet de regarder le Royaume sous un angle nouveau, peut-être un peu inattendu...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous permet de regarder le Royaume sous un angle nouveau, peut-être un peu inattendu. Il s'agit de l'histoire d'un certain magicien nommé Simon (v. 9–24). À la lecture du récit, on remarque immédiatement que, très peu de temps après l'arrivée de Philippe dans la ville, Simon devint l'un de ses auditeurs les plus attentifs et semblait déjà prêt à devenir l'un de ses disciples (v. 9–13). Mais, lorsque les apôtres vinrent dans la ville et prièrent pour que l'Esprit descende sur les nouveaux convertis, Simon s'approcha d'eux, leur proposant de l'argent et demandant en échange cette puissance de prière qui permettait à l'Esprit de descendre sur ceux pour qui ils priaient (v. 18–19). Un tel désir de la puissance divine chez un magicien pourrait sembler étrange et contre nature. Mais, si l'on réfléchit à l'essence de la magie, on n'y verra rien de particulièrement étrange. Depuis longtemps, les magiciens considèrent le monde comme l'expression et l'incarnation d'une force ou d'une énergie surnaturelle, dont la maîtrise passait pour le but de la magie et le sens de la vie du magicien. Apparemment, Simon avait lui aussi obtenu certains succès dans ce domaine, peut-être même considérables (v. 10–11). Mais voici qu'un inconnu apparaît dans la ville : il semble mieux connaître cette force et la maîtriser avec art. Simon voulut évidemment devenir le disciple de ce mystérieux inconnu et, cette décision prise, ne le quittait plus (v. 13). Il avait probablement négligé le baptême, l'estimant inutile pour lui. Apparemment, comme la plupart des magiciens, Simon était un athée pratique. S'il pensait à Dieu, c'était probablement en ce sens que Dieu ne pouvait ni l'aider ni l'entraver : le magicien doit acquérir lui-même la force, sans s'adresser à aucun dieu ni à aucun esprit. Lorsqu'il fut convaincu que les apôtres possédaient réellement une puissance tout à fait réelle, capable de changer l'homme, il voulut naturellement apprendre à la maîtriser comme eux. Mais tout se révéla à la fois plus simple et plus compliqué que Simon ne l'attendait. Il ne s'agissait pas simplement d'une force, mais du Royaume entrant dans le monde, la force n'étant que l'une de ses manifestations. Or Simon voulait acquérir la force sans le Royaume. Ce n'est pas par hasard que Pierre porte un jugement extrêmement sévère sur son état spirituel (v. 22–23). Le problème n'est pas que la force dont le magicien veut obtenir la maîtrise soit mauvaise en elle-même. En fin de compte, rien dans le monde n'est démoniaque à l'origine : le diable est incapable de créer, il ne peut qu'abîmer et pervertir ce qu'il n'a pas créé. Le plus effrayant est ailleurs : même lorsqu'il entre en contact avec le Royaume, le magicien demeure toujours fermé aux autres, y compris à Dieu, et reste totalement égocentrique. Le Royaume suppose au contraire une ouverture entière à Dieu et au prochain. À en juger par la réaction de Simon aux paroles de Pierre (v. 24), il commence probablement à le comprendre. Et peut-être fait-il ainsi son premier pas vers le Royaume.

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Pour Ac 8:1-8
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre.
En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie.
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations.
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison.
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle.
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ.
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient.
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris.
8 Et la joie fut vive en cette ville.
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Comme il est étonnant et effrayant de se trouver à Jérusalem pendant la persécution, de sentir l’agitation, la peur et le tremblement des hommes, et en même temps...  Lire la suite

Comme il est étonnant et effrayant de se trouver à Jérusalem pendant la persécution, de sentir l’agitation, la peur et le tremblement des hommes, et en même temps leur foi et leur joie toujours croissantes à suivre le Christ. Nous avons devant nous quelque chose qui ressemble beaucoup aux événements de l’Évangile : persécution, trouble et pleurs sur celui qui a été tué. Seulement, cette fois, il s’agit déjà des disciples du Christ, et c’est Étienne qui a été tué. Comme alors, il se trouve des « hommes pieux » pour ensevelir le martyr. Les pleurs sur Étienne s’apaisent, mais déjà un écho se fait entendre : des hommes sont dans le deuil parce que Saul jette leurs proches en prison. Pourtant, en même temps, nous voyons Philippe annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, le Messie venu parmi nous. Nous voyons des miracles et des guérisons, des hommes attentifs à la parole, et une « grande joie » (Ac 8:8). Il en va de même à notre époque : les difficultés peuvent être un terrain fécond pour éprouver la présence de Dieu, approfondir la prière et connaître la joie. C’est précisément pourquoi le Seigneur demande d’accueillir sans résistance tout ce qu’Il donne, car « tout concourt au bien de ceux qui aiment le Seigneur » (Rm 8:28). Toutes les difficultés sont appelées à nous affermir sur le chemin où nous Le suivons.

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Pour Ac 8:4-25
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle.
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ.
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient.
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris.
8 Et la joie fut vive en cette ville.
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand,
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. »
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges.
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes.
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux.
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean.
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné.
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint.
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent.
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. »
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent !
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu.
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ;
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. »
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. »
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains.
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Le terme « simonie » est entré dans l'usage ecclésiastique dès le Moyen Âge. Il désignait l'achat et la vente de charges dans l'Église. Il est évident qu'il vient du nom du magicien Simon, mentionné dans les Actes, qui semblait s'être converti et avoir renoncé à la magie, mais... demeurait pourtant magicien en un certain sens. Certes, les disciples médiévaux...  Lire la suite

Le terme « simonie » est entré dans l'usage ecclésiastique dès le Moyen Âge. Il désignait l'achat et la vente de charges dans l'Église. Il est évident qu'il vient du nom du magicien Simon, mentionné dans les Actes, qui semblait s'être converti et avoir renoncé à la magie, mais... demeurait pourtant magicien en un certain sens. Certes, les disciples médiévaux du Simon biblique avaient manifestement perdu en ambition : ils voulaient obtenir une charge ecclésiastique contre de l'argent, tandis que Simon visait plus haut. Il voulait s'acheter un peu de grâce. Autant que son argent le permettrait. Et c'est là quelque chose de plus sérieux qu'une charge dans l'Église. C'est ici que commence le plus intéressant et le plus révélateur. La vente des charges ecclésiastiques est facile à comprendre : toutes les structures de l'Église sont l'œuvre de mains humaines. L'achat et la vente de places dans ces structures se comprennent aussi humainement, si répugnants soient-ils. Mais, avec la grâce, la question devient vraiment intéressante. Comment Simon se représentait-il la grâce, s'il était convaincu qu'elle pouvait s'acheter ou se vendre ?

Probablement à peu près comme cette énergie surnaturelle qu'il avait lui-même cherché toute sa vie à maîtriser. Il avait sans doute obtenu certains succès, puisque ses nombreuses « pratiques magiques » réussissaient. Le magicien est toujours certain que l'énergie dont il sent la présence, même s'il n'en a pas clairement conscience, cette énergie qui sous-tend l'univers, est réelle. Et qu'on peut la maîtriser. Surtout, qu'il y parviendra lui-même. Sans cette certitude, il n'y a pas de magicien. Ni de magie. Mais voici que le magicien rencontre des manifestations de la puissance de Dieu. De la puissance du Royaume.

Et... il se convertit facilement et rapidement. Puis il demande qu'on lui vende de la grâce. Étrange conversion ! Pourtant, à bien y réfléchir, cela n'a rien d'étonnant. Pas plus qu'il n'y a là, évidemment, de véritable conversion. Il y a seulement la reconnaissance d'un fait évident pour le magicien : il existe dans le monde une puissance qui dépasse tout ce à quoi il a eu affaire jusqu'alors. Et il y a des gens qui possèdent cette puissance : voilà comment le magicien voit la situation. Il faut s'entendre avec ces gens. Il faut adopter leur religion : pour le magicien, le christianisme ne sera jamais qu'une religion ; comme vie du Royaume, il lui est par définition inconnu. À la limite, le magicien peut même admettre l'existence de Dieu, s'il voit que la puissance vient de Lui. Mais il ne pourra jamais se confier à Dieu. Car se confier à Lui, c'est Le reconnaître non seulement plus fort, mais aussi supérieur à soi.

Pour Le reconnaître ainsi, le magicien doit cesser d'être magicien. Cesser d'être ce qu'il est. Tant que cela ne s'est pas produit, sa religion repose sur le principe du donnant-donnant. Dieu est plus fort : il faut donc conclure un marché avec Lui, afin qu'Il partage Sa puissance. Peut-être par l'intermédiaire de certaines personnes, de certains médiateurs qui ont accès à Sa puissance. Mais... soudain, à la grande surprise de Simon, les apôtres lui adressent une réprimande sévère. Et il comprend quelque chose : sinon tout, du moins une partie.

Il comprend que ces hommes portent quelque chose qui ne s'achète pas avec de l'argent. Ce n'est pas que Dieu refuse de partager Sa puissance avec l'homme. C'est que cette puissance fait partie de Son Royaume. On ne peut la recevoir qu'en entrant dans le Royaume, avec l'amour de Dieu, comme l'une de ses manifestations. Hors du Royaume et sans l'amour de Dieu, le magicien restera magicien, quelle que soit la religion qu'il professe et aussi souvent qu'il s'adresse à Dieu. On ne peut pas conclure de marché avec Lui. On peut seulement se donner entièrement à Lui et tout recevoir de Lui en retour. Tout le Royaume, dans toute sa plénitude.

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Pour Ac 8:9-11
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand,
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. »
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges.
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Simon le Magicien est une figure très actuelle. De nos jours encore...  Lire la suite

Simon le Magicien est une figure très actuelle. De nos jours encore, il n'est pas difficile de rencontrer des mages et des médiums qui se présentent comme quelqu'un de grand, et dont beaucoup confondent la puissance avec la puissance de Dieu. Pour beaucoup de nos contemporains, il est devenu habituel de placer le christianisme sur le même rang que d'autres systèmes de vision du monde et de l'« enrichir » en l'associant à des pratiques occultes et à d'autres pratiques « paranormales ».

Simon le Magicien crut et fut baptisé. Mais son exemple nous montre le premier cas où l'inertie de l'ancienne spiritualité continue de se manifester, et même de se renforcer après la conversion. Il est compréhensible que les forces auxquelles un homme s'est longtemps adressé ne veuillent pas le laisser partir ; mais un tel homme lui-même doit aussi distinguer clairement la foi nouvellement acquise de ses anciens engouements. Simon pensait que la force de l'Esprit Saint était semblable aux forces avec lesquelles il avait eu affaire jusque-là, seulement beaucoup plus puissante. Il semble que c'est en cela, et non seulement dans le désir d'obtenir le don de Dieu pour de l'argent, dans la volonté d'introduire dans la vie spirituelle des rapports d'achat et de vente, que consistait la fausseté de Simon.

Par la suite, beaucoup de légendes sont nées au sujet de Simon le Magicien, selon lesquelles il serait retourné à la pratique magique ; mais le livre des Actes interrompt le récit sur Simon aux paroles concernant la possibilité de son repentir. Cette possibilité existait pour Simon ; elle demeure aussi pour ses imitateurs actuels, pourvu seulement qu'ils reviennent à eux. Mais Simon s'est-il repenti ? Cela non plus n'est pas dit. Il demande aux apôtres de prier pour lui, les considérant apparemment plus forts que lui, mais il ne prie pas lui-même. Quelque chose, semble-t-il, l'en empêchait...

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Pour Ac 8:24
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. »
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Il nous arrive d’entendre, de la part de nos parents ou d’autres personnes, quelque chose dont le sens se rapproche de ceci : « Tu vis mal, et si cela continue ainsi, cela finira mal pour toi ». Et nous répondons : « Ne porte pas malheur ! »...  Lire la suite

Il nous arrive d’entendre, de la part de nos parents ou d’autres personnes, quelque chose dont le sens se rapproche de ceci : « Tu vis mal, et si cela continue ainsi, cela finira mal pour toi ». Et nous répondons : « Ne porte pas malheur ! » Nous avons tellement peu envie de voir la cause des ennuis, ou même des malheurs, en nous-mêmes que nous sommes prêts à la trouver dans le fait qu’on nous a repris.

Il en va de même ici : Simon le magicien, repris par les apôtres pour son approche païenne de la vie chrétienne et appelé par eux à la repentance personnelle, c’est-à-dire au changement intérieur et au retour vers Dieu, leur demande de prier pour lui, pensant qu’ainsi leur « malédiction » sera levée. Comme si ce n’était pas le paganisme intérieur de Simon, mais les paroles des apôtres, qui le menaient à une future catastrophe spirituelle.

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Pour Ac 7:52-8:3
52 Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner,
53 vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. »
54 À ces mots, leurs cœurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne.
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.
56 « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui,
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »
60 Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » Et en disant cela, il s’endormit.
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre.
En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie.
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations.
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison.
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De manière tout à fait inattendue, Étienne change à la fois le sujet et le ton de son discours. Il commence manifestement dans l'intention de se justifier devant ses juges, d'expliquer le sens des paroles qui ont servi de motif à son accusation. Tout son assez long...  Lire la suite

De manière tout à fait inattendue, Étienne change à la fois le sujet et le ton de son discours. Il commence manifestement dans l'intention de se justifier devant ses juges, d'expliquer le sens des paroles qui ont servi de motif à son accusation. Tout son assez long parcours à travers l'histoire du peuple juif et de la Révélation devait l'amener au thème du Temple comme sanctuaire et de la Torah comme instrument de sanctification.

Il était apparemment prévu de passer ensuite à l'image du Christ comme sanctuaire vivant, comme nouveau Temple et comme Torah vivante. Ce passage aurait pu expliquer le sens des paroles qu'Étienne répétait après Jésus sur la destruction du Temple, ces paroles mêmes qui avaient servi de motif à l'accusation. Mais soudain, sans raison apparente, Étienne passe d'un exposé historique calme à des accusations directes contre les personnes présentes, dans l'esprit et le style des anciens prophètes. Que s'est-il passé ?

La réponse peut se trouver dans le témoignage d'Étienne lui-même : selon ses propres paroles, il a vu le ciel ouvert et le Christ Lui-même, qu'il a appelé le « Fils de l'homme », debout « à la droite de Dieu ». Une telle révélation ne pouvait manquer d'interrompre le cours de son discours et d'en changer le sujet comme le ton. Apparemment, ce qu'Étienne a vu marquait le début de son départ, le prélude à sa mort de martyr. Sa tâche avait changé : un instant auparavant, il s'agissait de prononcer un discours pour sa défense ; maintenant qu'il devenait clair que son chemin et son ministère terrestres touchaient à leur fin, il devait dire avant de partir l'essentiel que les personnes venues l'écouter avaient besoin d'entendre. Dans cette situation, un plaidoyer en tant que tel n'avait naturellement plus de sens.

L'essentiel était ce que Jésus Lui-même avait dit à Ses auditeurs durant Son ministère terrestre : au fond, l'état spirituel du peuple n'avait en rien changé depuis les derniers prophètes. Les prédécesseurs de ceux qui accusaient maintenant Étienne avaient tué les prophètes parce qu'ils ne voulaient pas entendre le témoignage de Dieu que ceux-ci portaient. Ceux qui accusaient Étienne avaient, de la même manière, tué le Messie Lui-même, parce que le témoignage du Royaume leur était aussi insupportable que la révélation des prophètes l'avait été à leurs prédécesseurs. Voilà l'essentiel que les auditeurs d'Étienne devaient entendre avant que le martyr ne quitte notre monde. Et ils entendirent tout. Puis ils agirent comme leurs pères.

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