19 Le vent les emportera de ses ailes, et ils auront honte de leurs sacrifices.
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Dans la Bible le méchant est assez souvent comparé à la vannure emportée par le vent. Certains commentateurs voyaient dans le mot correspondant hébreu l'indication non pas sur le vent, mais sur l'esprit de Dieu (le vent et l'esprit dans le texte hébreu de l'Ancien Testament sont vraiment désignés par le même mot).
Mais cela ne change pas le fond du problème : que ce soit le vent envoyé par Dieu, que ce soit Sa propre respiration, — le méchant sera emporté de la même manière loin. L’impiété, le rejet de Dieu s'associe chez les prophètes, et chez les hymnographes avec la facilité, l'apesanteur du paria, avec sa vacuité. Parfois ce vide est découvert au jour du dernier Jugement, parfois — au jour du désastre, que les prophètes voient assez souvent comme le jour de jugement préalable, pas encore définitif, mais déjà significatif : car chacun d’un tel jugement devient l'indication de Dieu sur l’état pécheur et l’impiété de l’homme.
Qu’est-ce qui se trouve derrière le vide de l'impie ? On peut, certes, voir en cela seulement une image littéraire, le comprenant dans ce sens, dans lequel on peut parler même en français d’une personne vide, comme d’une personne, ne présentant rien de lui-même. Mais le problème n’est tout de même pas, on croit bien, seulement dans les images littéraires. En effet, dans les livres bibliques on parle assez souvent de la mort, comme d’une dévastation de celui qui meurt, qui perd la force vive et se transforme de plus en plus en ombre, en enveloppe vide du soi-même ancien. Et la mort, comme on parle d’elle dans les livres prophétiques et dans le Livre des Psaumes, commence souvent non pas lorsque quelqu’un meurt physiquement (l’homme peut quitter ce monde, étant, au contraire, «rempli de vie», comme parle, par exemple, la Torah du décès des patriarches), mais plutôt lorsqu’il perd Dieu, se détourne de Lui.
Et cela n'est pas surprenant : car la plénitude de la vie est chez Dieu, et celui qui ignore Dieu ou Lui résiste, naturellement, cesse graduellement d’avoir de relation avec la vie, au départ spirituel, et ensuite physique aussi. Et la première chose qui se perd dans le processus de la perte de la vie de Dieu c’est la stabilité, d’abord spirituelle, puis psychologique, et finalement parfois et physique. Et alors l’homme commence déjà à ne pas se réjouir pendant le sacrifice, mais à avoir honte de son état : car découvrir la faiblesse au moment solennel et responsable n’est pas l'événement le plus joyeux dans la vie. Ainsi la perte du pivot spirituel dévaste l’homme, faisant de lui une proie facile pour tout vent soufflant sur lui.
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