28 Ennemis, il est vrai, selon l’Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l’Élection, chéris à cause de leurs pères. |
La vie spirituelle et l'histoire du peuple de Dieu sont pleines de paradoxes. Et le paradoxe principal consiste dans la manière dont s'accomplissent les plans de Dieu avec la participation de ceux qu'il considère comme siens. À proprement parler, la situation que Paul décrit au sujet du peuple juif dans sa relation avec l'Église n'est qu'un cas particulier de ce paradoxe. Le paradoxe tient au fait que Dieu réalise le plus souvent ses plans avec la participation de ceux qui, choisis par lui-même, se révèlent pourtant d'ordinaire, lors de la réalisation du plan, plutôt un fardeau qu'une aide. Il en fut ainsi depuis le début de l'histoire juive, depuis le don même de la Torah, depuis le Sinaï.
Depuis cette histoire du veau d'or, après laquelle Dieu prend une décision paradoxale : le peuple ne mérite pas d'entrer dans la terre promise autrefois aux pères, mais il doit aller précisément là, vers les frontières de cette même terre. Parce que la terre a été promise à Abraham. Parce que c'est le dessein de Dieu, une partie de son plan encore plus vaste de salut de l'humanité. Et parce que Moïse, bien sûr, ne renonce pas à son peuple, ne renonce pas à le conduire plus loin. Il y a le plan de Dieu, il y a quelqu'un qui le comprend suffisamment pour y participer consciemment : voilà le minimum nécessaire à l'accomplissement du plan de Dieu. Et le reste du peuple, qu'est-il ? Un fardeau ? Non.
Plutôt un champ de possibilités. Des possibilités dont on ne peut jamais être sûr qu'elles seront réalisées, mais qui existeront dans le champ de l'attention de Dieu, ou, pour parler le langage biblique, de la mémoire de Dieu, jusqu'à l'achèvement de la grande époque spirituelle actuelle. Jusqu'au second avènement. Jusqu'au moment du plein triomphe du Royaume. Alors seulement viendra le temps de faire le bilan. Les Juifs demeurent donc eux aussi un tel champ de possibilités. Dans leur masse, ils n'acceptent pas le Messie, comme les contemporains de Moïse n'acceptaient souvent ni ses paroles ni sa conduite.
Ils sont ennemis des chrétiens simplement parce qu'ils ne veulent pas du chemin chrétien, ne l'acceptent pas, préférant leur propre chemin. Mais pour Dieu ils sont un potentiel non dévoilé, une possibilité non réalisée. Cela se comprend : aucun de ceux qui ont participé au moins une fois à l'accomplissement du plan de Dieu ne sort définitivement de l'attention de Dieu. Et ce que produira son attention dans chaque cas concret, lui seul le sait. Il nous reste seulement à attendre patiemment. Peut-être jusqu'à la fin des temps.
28 Ennemis, il est vrai, selon l’Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l’Élection, chéris à cause de leurs pères. |
La vie spirituelle et l'histoire du peuple de Dieu sont pleines de paradoxes. Et le paradoxe principal tient à la façon dont les plans de Dieu s'accomplissent avec la participation de ceux qu'Il considère comme les Siens. En réalité, la situation que Paul décrit au sujet du peuple juif dans son rapport à l'Église n'est qu'un cas particulier de ce paradoxe. Le paradoxe consiste en ceci : Dieu réalise le plus souvent Ses plans avec la participation de ceux qui, choisis par Lui-même, se révèlent pourtant d'ordinaire, dans la mise en œuvre du plan, être plutôt un fardeau qu'une aide. Il en fut ainsi dès le début de l'histoire juive, dès le don de la Torah, dès le Sinaï.
Depuis l'histoire même du veau d'or, après laquelle Dieu prend une décision paradoxale : le peuple ne mérite pas d'entrer dans la terre promise autrefois aux pères, mais il doit pourtant marcher précisément vers elle, vers les frontières de cette terre. Parce que la terre a été promise à Abraham. Parce que c'est le dessein de Dieu, une partie de Son plan de salut de l'humanité, encore plus vaste. Et aussi, bien sûr, parce que Moïse ne renonce pas à son peuple, ne renonce pas à le conduire plus loin. Il y a le plan de Dieu, il y a quelqu'un qui le comprend assez pour y participer consciemment : voilà le minimum nécessaire à l'accomplissement du plan de Dieu. Et le reste du peuple, qu'est-il ? Un fardeau ? Non.
Plutôt un champ de possibilités. Des possibilités dont on ne peut jamais être certain qu'elles seront réalisées, mais qui, dans le champ de l'attention de Dieu, ou, pour parler le langage biblique, de la mémoire de Dieu, existeront jusqu'à l'achèvement de la grande époque spirituelle présente. Jusqu'au second avènement. Jusqu'au moment du plein triomphe du Royaume. Ce n'est qu'alors que viendra le temps de tirer les conclusions. Voilà pourquoi les Juifs demeurent eux aussi un tel champ de possibilités. Dans leur ensemble, ils n'accueillent pas le Messie, comme les contemporains de Moïse n'accueillaient pas toujours ses paroles ni sa conduite.
Pour les chrétiens, ils sont des ennemis, simplement parce qu'ils ne veulent pas du chemin chrétien, ne l'acceptent pas, préférant leur propre voie. Mais pour Dieu, ils sont un potentiel non révélé, une possibilité non réalisée. Cela se comprend : nul de ceux qui ont au moins une fois participé à l'accomplissement du plan de Dieu ne disparaît définitivement de l'attention de Dieu. Quant à ce que donnera Son attention dans chaque cas concret, Lui seul le sait. Il ne nous reste qu'à attendre patiemment. Peut-être jusqu'à la fin des temps.
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse : une partie d’Israël s’est endurcie jusqu’à ce que soit entrée la totalité des nations, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob.
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27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j’enlèverai leurs péchés.
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28 Ennemis, il est vrai, selon l’Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l’Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. |
30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu’au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, |
31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu’eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. |
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde. |
33 Ô abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! |
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?
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35 Ou bien qui l’a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ?
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36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. À lui soit la gloire éternellement ! Amen. |
Parlant du salut de son peuple, Paul le lie à la fin des temps, à ce triomphe du Royaume qui est impossible sans la participation du peuple de Dieu dans toute sa plénitude. L'apôtre comprend parfaitement que le sens principal de l'époque présente est l'avènement du Royaume, qui se révèle de plus en plus dans le monde. L'attitude de chacun envers ce processus n'est déterminée que par son propre choix, de sorte que les Juifs, comme les représentants de tout autre peuple, peuvent en devenir soit participants, soit adversaires ; et Paul est contraint de constater avec regret que la majorité de ses compatriotes a choisi la seconde voie (v. 28). Leur propre religion et leur tradition se sont révélées plus importantes pour eux que le Royaume.
Mais dans la perspective eschatologique, ce qui compte n'est pas seulement le choix d'une personne concrète, qui détermine avant tout son propre chemin, mais aussi le dessein de Dieu concernant Son peuple, capable de changer radicalement le destin de quiconque s'y rattache. Car Dieu ne modifie pas les promesses données une fois pour toutes et ne rompt pas les alliances conclues une fois pour toutes ; cela signifie que Son alliance avec le peuple juif continue d'agir, et que le destin de chacun de ceux qui appartiennent au peuple juif ne peut être considéré en dehors du contexte de cette alliance nullement rompue (v. 28 – 29).
L'apôtre espère que le retour du Sauveur à la fin des temps sera pour le peuple juif ce que fut pour lui la visite de Dieu au temps de l'exil de Babylone : alors, à Babylone, l'histoire du judaïsme d'avant l'exil prit effectivement fin, mais c'est précisément là, à Babylone, pendant l'exil, que naquit miraculeusement, uniquement parce que Dieu n'avait pas abandonné le reste de Son peuple, un nouveau judaïsme, et toute l'histoire juive des siècles suivants remonte précisément à lui. Et de même qu'alors tout ce qui arriva eut lieu seulement parce que Dieu ne change pas Ses plans concernant Son peuple, de même, lors du retour du Sauveur, l'histoire du peuple juif commencera de nouveau par sa transformation, précisément parce que Dieu est fidèle à Ses promesses et aux alliances qu'Il a conclues (v. 25 – 27).
En fin de compte, aucun homme ni aucun peuple n'a mérité le Royaume ; tous le reçoivent également par la miséricorde de Dieu (v. 30 – 32). S'il en est ainsi, ce n'est qu'à la fin des temps, lorsque le Sauveur reviendra et que le Royaume se révélera dans toute sa plénitude, que se déterminera le destin de chaque homme et de chaque peuple.
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse : une partie d’Israël s’est endurcie jusqu’à ce que soit entrée la totalité des nations, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob.
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27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j’enlèverai leurs péchés.
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28 Ennemis, il est vrai, selon l’Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l’Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. |
30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu’au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, |
31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu’eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. |
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde. |
33 Ô abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! |
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?
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35 Ou bien qui l’a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ?
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36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. À lui soit la gloire éternellement ! Amen. |
Nous vivons dans un monde où chacun est pour soi. Dans notre vie, l'essentiel est de devenir autonome; nous aimons tellement parler d'indépendance. Dans ce monde, chacun de nous est comme une petite particule suivant son propre chemin. Dans cette société atomisée disparaît ce qui est le plus important, ce qui fait de l'homme un homme: la miséricorde, la compassion, le sentiment de responsabilité pour ceux qui sont proches. Quelque part, quelque chose de terrible se produit, des gens meurent, mais notre émotion dure exactement le temps d'un journal télévisé. Dans le meilleur des cas, encore une demi-heure; dans le meilleur des meilleurs, quelques jours. Car c'est là-bas, quelque part, cela ne nous concerne pas. Bien plus, la contemplation du malheur d'autrui, de la catastrophe d'autrui, remplace en nous la compassion.
Mais quel que soit le nombre de murs que nous construisions pour nous séparer des autres hommes, quels que soient nos efforts pour nous enfermer dans notre petit monde confortable, nous n'abolirons pas le fait que le Seigneur a conçu notre monde tout autrement. En réalité, nous sommes tous liés les uns aux autres, et quelque chose de terrible qui se produit à l'autre bout du monde nous concerne tout de même, parce que la mort de chacun de nous change irréparablement notre monde. Bien plus, le fait que notre monde présente un spectacle si triste est aussi notre faute, notre responsabilité. Cela ne signifie pas que nous devons nous arracher les cheveux ou tomber dans la dépression; mais cela signifie qu'il faut prendre conscience de la mesure de notre responsabilité personnelle et nous efforcer de ne pas la rejeter sur les autres. Et même dans les moments où nous ne pouvons aider en rien, nous pouvons toujours prier pour les autres.
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse : une partie d’Israël s’est endurcie jusqu’à ce que soit entrée la totalité des nations, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob.
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27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j’enlèverai leurs péchés.
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28 Ennemis, il est vrai, selon l’Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l’Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. |
Si nous ne lisons pas le chapitre 11 de l'Épître aux Romains en le prenant comme un guide pour agir, nous nous retrouverons ensuite assis au bout de la table, nous souvenant du chapitre 14 de l'Évangile selon Luc. Et c'est encore l'issue la moins grave. Car Dieu a dit, par exemple, à Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront, et celui qui te maudira, je le maudirai. » Or le Seigneur ne manque jamais à Sa parole.
13 Or je vous le dis à vous, les nations, je suis bien l’apôtre des nations et j’honore mon ministère, |
14 mais c’est avec l’espoir d’exciter la jalousie de ceux de mon sang et d’en sauver quelques-uns. |
15 Car si leur mise à l’écart fut une réconciliation pour le monde, que sera leur admission, sinon une résurrection d’entre les morts ? |
16 Or si les prémices sont saintes, toute la pâte aussi ; et si la racine est sainte, les branches aussi. |
17 Mais si quelques-unes des branches ont été coupées tandis que toi, sauvageon d’olivier tu as été greffé parmi elles pour bénéficier avec elles de la sève de l’olivier, |
18 ne va pas te glorifier aux dépens des branches. Ou si tu veux te glorifier, ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte. |
19 Tu diras : On a coupé des branches, pour que, moi, je fusse greffé. |
20 Fort bien. Elles ont été coupées pour leur incrédulité, et c’est la foi qui te fait tenir. Ne t’enorgueillis pas ; crains plutôt. |
21 Car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, prends garde qu’il ne t’épargne pas davantage. |
22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et envers toi bonté, pourvu que tu demeures en cette bonté ; autrement tu seras retranché toi aussi. |
23 Et eux, s’ils ne demeurent pas dans l’incrédulité, ils seront greffés : Dieu est bien assez puissant pour les greffer à nouveau. |
24 En effet, si toi tu as été retranché de l’olivier sauvage auquel tu appartenais par nature, et greffé, contre nature, sur un olivier franc, combien plus eux, les branches naturelles, seront-ils greffés sur leur propre olivier ! |
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse : une partie d’Israël s’est endurcie jusqu’à ce que soit entrée la totalité des nations, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob.
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27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j’enlèverai leurs péchés.
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28 Ennemis, il est vrai, selon l’Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l’Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. |
30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu’au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, |
31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu’eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. |
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde. |
33 Ô abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! |
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?
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35 Ou bien qui l’a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ?
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36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. À lui soit la gloire éternellement ! Amen. |
Dans l’ensemble de l’Épître aux Romains, y compris dans le passage d’aujourd’hui, l’apôtre Paul parle longuement et en détail du destin d’Israël et de l’attitude des chrétiens envers lui. Hélas, au cours des deux millénaires écoulés, le problème n’a rien perdu de son acuité, et l’antisémitisme demeure l’une des graves maladies spirituelles des chrétiens. Dans la Rome antique, il n’avait pas encore de coloration religieuse prononcée. Mais, dans les pays appartenant à la civilisation chrétienne — l’Espagne médiévale, l’Allemagne avant 1945, notre propre pays — il s’y mêle une prétendue justification chrétienne.
L’apôtre Paul considère sous différents angles le problème de l’attitude des chrétiens envers les Juifs. Dans le passage d’aujourd’hui, il nous propose une image qui lui est importante : celle de l’olivier cultivé et de l’olivier sauvage. Juif issu de Juifs, l’apôtre entend par l’olivier cultivé toute la tradition spirituelle de l’Ancienne Alliance et, principalement, les apôtres et la majorité des chrétiens de la première génération. Ils étaient tous Juifs, et c’est à eux que nous devons notre foi. Si toi, olivier sauvage, nous dit-il à nous, chrétiens issus des nations, tu as été greffé à la place des branches tombées de l’olivier cultivé, il ne te convient pas de t’élever au-dessus de toute sa racine. Ne t’enorgueillis pas, dit l’apôtre, mais crains. Car nous pouvons tomber exactement comme les Juifs.
Dans l’esprit de l’universalisme de la Nouvelle Alliance, l’apôtre Paul n’explique la sévérité et la bonté de Dieu que par la chute ou la fidélité des hommes. Cela signifie que l’appartenance nationale n’a ici aucune importance. Toute personne, païenne aussi bien que juive, peut rejeter le don de la grâce divine. Ainsi, du point de vue de l’apôtre, l’antisémitisme ne possède aucun fondement théologique. Il s’ensuit tout aussi clairement que, comme toute xénophobie, l’antisémitisme, pour le dire avec modération, ne sied guère à un chrétien.
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