24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
|
28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
Jésus attire avec insistance l'attention des disciples sur l'essence du ministère de Jean, sur sa vocation: préparer les chemins du Seigneur. En quoi consiste donc le sens de cette préparation? On pourrait croire que nous ne pouvons jamais être définitivement prêts à sa venue. Et ailleurs, le Christ dit (Mt 24:36-39) que nous ne pouvons connaître ni le jour ni l'heure de la venue du Fils de l'homme. En effet, quels que soient nos efforts sur nous-mêmes, notre nature pécheresse se laisse difficilement vaincre. Et par Jean, le Christ nous indique l'unique manière d'être prêts à Le rencontrer: le repentir, la conscience de nos péchés. Le repentir ne signifie nullement se vêtir pour toujours de vêtements noirs et pleurer sans fin sur son indignité. Le repentir est la rencontre avec la réalité de notre péché, de notre défiguration, dont nous sommes le plus souvent nous-mêmes coupables. Et cette prise de conscience est le début de notre chemin vers Dieu, le « redressement » de ce chemin.
Mais la rencontre suivante qui doit nous arriver est la conscience de la miséricorde de Dieu, de son pardon qui dépasse toute profondeur de notre chute. Dans la vie de chacun de nous, il y a des situations où il paraît que nous nous sommes irrémédiablement détachés de Dieu, où nous pensons que notre péché nous a définitivement séparés du salut. Mais quelle que soit la fréquence avec laquelle nous nous détournons de Dieu, quels que soient nos péchés, Il nous attend, Il attend notre repentir. Car « les montagnes s'éloigneront et les collines chancelleront, mais ma miséricorde ne se retirera pas de toi, et mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur qui te fait miséricorde ». Et le premier pas vers Lui est le baptême de Jean, c'est-à-dire le repentir.
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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Jésus attire avec insistance l’attention des disciples sur l’essence du ministère de Jean, sur sa vocation : préparer les chemins du Seigneur. Quel est donc le sens de cette préparation ? Il semblerait que nous ne puissions jamais être définitivement prêts à Sa venue. Et ailleurs, le Christ dit (Mt 24:36-39) que nous ne pouvons connaître ni le jour ni l’heure de la venue du Fils de l’homme. En effet, quels que soient nos efforts sur nous-mêmes, notre nature pécheresse n’est vaincue par nous qu’avec difficulté. Et le Christ, par Jean, nous indique l’unique manière d’être prêts à Le rencontrer : le repentir, la conscience de nos péchés. Et le repentir ne signifie nullement se revêtir pour toujours de vêtements noirs et pleurer sans fin sur son indignité. Le repentir est la rencontre avec la réalité de notre péché, de notre défiguration, dont nous sommes le plus souvent nous-mêmes responsables. Et la conscience de cela est le commencement de notre chemin vers Dieu, le « redressement » de ce chemin.
Mais la rencontre suivante qui doit nous arriver est la conscience de la miséricorde de Dieu, de Son pardon qui dépasse toute profondeur de notre chute. Dans la vie de chacun de nous, il y a des situations où il semble que nous soyons irrémédiablement tombés loin de Dieu, où nous pensons que notre péché nous a définitivement séparés du salut. Mais aussi souvent que nous nous détournions de Dieu, aussi souvent que nous péchions, Il nous attend, Il attend notre repentir. Car « les montagnes s’éloigneront et les collines chancelleront, mais Ma miséricorde ne s’éloignera pas de toi, et Mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur qui a compassion de toi » (Is 54:10). Et le premier pas vers Lui est le baptême de Jean, c’est-à-dire le repentir.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
Dans l'Évangile de Luc, nous lirons encore plus d'une fois le récit des différents miracles accomplis par Jésus-Christ. Le moment est venu pour l'évangéliste d'expliquer au lecteur pourquoi il rapporte toutes ces histoires dans son livre. Le mystère nous est révélé lorsque Jésus, répondant aux disciples du Baptiste, cite les prophéties d'Isaïe (Is 35,5-6 ; 61,1-2), qui annonçaient le Jour du Seigneur et la venue du Royaume messianique de Dieu. Les aveugles et les boiteux de ce Royaume sont les hommes que Jésus a guéris, mais pas seulement eux : ce sont aussi ceux dont le cœur a retrouvé la vue, dont l'esprit a été guéri et qui ont découvert leur vocation et le but de leur vie. Ce n'est pas par hasard que le Seigneur les oppose aux pharisiens et aux légistes qui n'ont pas voulu retrouver la vue ni être guéris, incapables de répondre à l'Évangile et de comprendre le message du Baptiste et de Jésus sur la venue du Royaume. Ainsi, le sens des miracles messianiques s'étend aussi à la vie de ceux qui n'ont jamais boité et ont toujours bien vu, aux lecteurs de l'Évangile, anciens et modernes.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
La lecture d’aujourd’hui touche un thème très important, lié au service et au témoignage non seulement de Jean le Baptiste, mais aussi de Jésus Lui-même. Pour Jésus, ce que beaucoup de ceux qui venaient à Jean n’ont pas vu est absolument évident : il était le plus grand de tous les prophètes qui aient jamais prêché au peuple de Dieu (v. 28). Or ceux qui ne reconnaissent pas Jean sont justement ceux qui se considéraient comme le reste messianique dont parlaient les prophètes : les pharisiens et les maîtres de la Torah, les « scribes » (v. 30). Et dans le passage d’aujourd’hui, nous voyons comment Jésus explique ce refus. Il compare ceux qui rejettent Jean à des enfants vexés contre leurs camarades, qui ne veulent pas jouer selon les règles qu’ils ont fixées (v. 32). Voilà pourquoi ni l’ascétisme strict de Jean ni l’accessibilité et l’ouverture de Jésus ne leur conviennent (v. 33–34).
Jésus exprime le fond du problème en une seule phrase : la sagesse est justifiée par ses enfants (v. 35). Pour mieux comprendre cette phrase, il faut garder à l’esprit que, chez les Juifs, la notion de sagesse était depuis longtemps associée non pas tant à la théorie et au savoir abstrait qu’à la pratique. Au début, il s’agissait des compétences pratiques de tel ou tel métier ; plus tard, de la pratique des relations humaines, si nécessaire aux dirigeants, aux juges et aux hommes d’État ; puis, après l’exil de Babylone, on associa aussi à la sagesse la pratique de l’observance de la Torah, qui exigeait elle aussi une certaine compétence, que l’on pourrait appeler, en un sens, l’art de vivre dans la justice.
Jésus a en vue une autre compétence et une autre pratique : la pratique de ces débats théologiques qu’aimaient tant les rabbins savants et les croyants simplement instruits. À l’époque évangélique, ce genre de débats était l’occupation et le passe-temps favori de beaucoup d’habitants de Jérusalem. Et il arriva que, pour beaucoup, à ce qu’il semble, ces débats devinrent une fin en soi. Il ne s’agissait plus de comprendre, en lisant l’Écriture, la volonté de Dieu à travers elle, mais d’imaginer encore d’autres interprétations de ce qu’on avait lu.
Bien sûr, de tels exercices intellectuels sont en eux-mêmes assez inoffensifs, et ils peuvent même parfois être utiles. Mais si l’on s’y attache trop, ils éloignent parfois de la réalité. Car tous ces exercices gardent toujours, dans une certaine mesure, un caractère conventionnel. Et si l’on s’habitue à voir le monde exclusivement à travers le prisme de concepts théologiques, même fondés sur l’Écriture, il devient très facile de ne pas voir derrière eux Dieu et Celui qu’Il envoie dans le monde. D’autant plus qu’en accueillant le Christ, il faudra renoncer à beaucoup de concepts. On voudrait bien sûr que le Messie réel leur corresponde, afin de n’avoir à renoncer à rien. Mais la correspondance n’existe pas, et il faut alors choisir. Pour certains, leur propre sagesse peut devenir plus importante que le Royaume. Et là, même Dieu ne peut rien y faire : tel est le prix de la liberté humaine.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
Pourquoi Jean, qui avait lui-même témoigné de Jésus et vu l'Esprit descendre sur lui, lui envoie-t-il soudain ses disciples avec une telle question? Veut-il peut-être affermir leur foi? Ou peut-être traversait-il lui-même en prison les dernières épreuves de la foi?
Dans tous les cas, cette question est extrêmement importante pour nous: « Es-tu celui qui doit venir? » Nous sommes appelés non simplement à « croire », mais à faire un pas tout à fait décisif: nous charger de la croix et le suivre. Et pour cela, nous devons être certains que c'est bien lui.
Jésus répond par les paroles d'une prophétie messianique: que les disciples de Jean jugent d'après les œuvres mêmes qu'il accomplit. Il semble qu'il ne nous reste rien d'autre non plus: regarder ce qu'il accomplit dans notre vie et dans celle de nos proches, et en tirer les bonnes conclusions.
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