1 Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. |
2 Or un centurion avait, malade et sur le point de mourir, un esclave qui lui était cher. |
3 Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques-uns des anciens des Juifs, pour le prier de venir sauver son esclave. |
4 Arrivés auprès de Jésus, ils le suppliaient instamment : « Il est digne, disaient-ils, que tu lui accordes cela ; |
5 il aime en effet notre nation, et c’est lui qui nous a bâti la synagogue. » |
6 Jésus faisait route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis pour lui dire : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; |
7 aussi bien ne me suis-je pas jugé digne de venir te trouver. Mais dis un mot et que mon enfant soit guéri. |
8 Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait. » |
9 En entendant ces paroles, Jésus l’admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait : « Je vous le dis : pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi. » |
10 Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en parfaite santé. |
Quelle est donc cette foi que le Seigneur n’a pas trouvée en Israël, comme Il le dit à propos de la foi du centurion de Capharnaüm ? Premièrement, le centurion professe sa foi en la nature divine du Christ. Il ne s’attend pas à ce que le Maître de Nazareth accomplisse la guérison en touchant le serviteur malade ou par quelque autre moyen exigeant Sa présence personnelle. Selon ses propres paroles, le centurion croit que la seule volonté du Christ, exprimée par Sa parole, suffit pour guérir. Il professe ainsi Sa volonté comme une puissance créatrice agissant dans le monde au-delà des limites des lois physiques, des lois de la nature. De même que les cent hommes placés sous le commandement du centurion lui obéissent, le monde entier obéit au Christ. On peut penser ainsi au Dieu tout-puissant et omniprésent, Créateur du ciel et de la terre, ou à Celui que Dieu Lui-même a envoyé dans le monde. Deuxièmement, cette foi oblige le centurion à porter d’abord son regard sur lui-même. Il ne pense pas à Dieu comme à un moyen de résoudre tel ou tel problème, mais comme à une Personne devant Laquelle il se tiendra lorsque Jésus viendra chez lui. Voilà pourquoi il dit qu’il n’est pas digne de cette visite. Ces deux aspects de la foi du centurion font de lui pour nous un exemple à suivre.
1 Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. |
2 Or un centurion avait, malade et sur le point de mourir, un esclave qui lui était cher. |
3 Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques-uns des anciens des Juifs, pour le prier de venir sauver son esclave. |
4 Arrivés auprès de Jésus, ils le suppliaient instamment : « Il est digne, disaient-ils, que tu lui accordes cela ; |
5 il aime en effet notre nation, et c’est lui qui nous a bâti la synagogue. » |
6 Jésus faisait route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis pour lui dire : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; |
7 aussi bien ne me suis-je pas jugé digne de venir te trouver. Mais dis un mot et que mon enfant soit guéri. |
8 Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait. » |
9 En entendant ces paroles, Jésus l’admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait : « Je vous le dis : pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi. » |
10 Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en parfaite santé. |
Pour les anciens d’Israël bien disposés envers le centurion, il importe de souligner qu’il prend soin du peuple. Ce Romain aime le peuple d’Israël conquis par son État et a même construit une synagogue ; dans le contexte du comportement habituel des conquérants, cela ne pouvait manquer d’attirer l’attention. Mais si la construction de la synagogue est, aux yeux des anciens, un signe de bienveillance, elle s’est révélée pour le centurion une étape de sa recherche spirituelle intérieure.
Le centurion s’est-il jugé indigne uniquement parce qu’il connaissait les règles juives relatives à l’impureté et respectait les coutumes locales ? Et s’il ressentait son propre état de pécheur, et si sa demande à Jésus de ne pas entrer dans sa maison était semblable à celle de Pierre Lui demandant de s’éloigner de lui, « homme pécheur » ? Pour une raison ou une autre, la seconde hypothèse paraît juste, d’autant plus que Jésus, S’adressant au peuple, souligne que le centurion possède une foi telle qu’Il n’en a même pas trouvé en Israël.
Le païen dont le cœur avait été ouvert par la Loi qu’il venait de découvrir s’est montré plus prêt à accueillir Jésus que beaucoup de Juifs qui connaissaient la Loi depuis l’enfance. Mais ne nous élevons pas pour autant au-dessus des Juifs d’alors. Aujourd’hui encore, nous pouvons rencontrer aussi bien des nouveaux convertis ouverts au Christ que des chrétiens de longue date, habitués à posséder des trésors spirituels et qui, pour cette raison, les oublient.
8 Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait. » |
9 En entendant ces paroles, Jésus l’admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait : « Je vous le dis : pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi. » |
10 Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en parfaite santé. |
Comme dans tous les cas de résurrection et de guérison mentionnés par les évangélistes, nous avons ici devant nous la manifestation du Royaume que Jésus a apporté dans le monde. Dans ce Royaume, il n'y a pas de place pour la maladie ni pour la mort, et quiconque entre en contact avec lui reçoit la vie et la santé dans toute leur plénitude, dans la mesure où une telle plénitude lui est accessible dans le cadre de l'humanité pas encore transformée.
Mais le Royaume n'est pas simplement un lieu ou un espace, même spécialement aménagé ou organisé d'une manière quelconque. Le Royaume est d'abord les relations qui lient les hommes au Christ et les uns aux autres. On pourrait même dire que le Royaume comme type particulier de lieu ou d'espace est déterminé par ces relations et dépend d'elles. En effet, si nous prenons par exemple le récit de la guérison du serviteur du centurion, il n'y a pas vraiment ici d'espace physique ou mystique continu unique : au moment où le serviteur du centurion fut guéri, Jésus se trouvait assez loin de lui, et le serviteur lui-même ne savait peut-être même pas que son maître demandait sa guérison. Mais il y a un seul espace spirituel, engendré par les relations d'amour et de confiance qui liaient le centurion à la fois à son serviteur et à Jésus.
Il est tout à fait évident que le centurion avait envers son serviteur, appelé directement esclave dans l'original, une attitude tout à fait particulière : un tel souci pour un esclave malade était manifestement inhabituel chez les Romains, nullement portés au sentimentalisme. De toute évidence, cet amour l'a contraint à se tourner vers le Maître, au sujet duquel circulaient toutes sortes de rumeurs parmi le peuple, mais dont on savait avec certitude qu'il guérissait tous ceux qui étaient prêts à lui faire confiance. Et le centurion réussit vraiment à faire confiance à Jésus d'une manière dont, selon le témoignage de Jésus lui-même, peu lui avaient fait confiance même parmi le peuple de Dieu, verset 9 : il n'osa pas appeler le Maître dans sa maison, étant pleinement certain que son seul désir suffirait pour la guérison, versets 6-8.
La mesure de la confiance et de l'amour se révéla si grande que le Royaume devint réalité non seulement pour le centurion lui-même, mais aussi pour son serviteur, qui ne vit pas Jésus du tout et ne savait peut-être même rien de lui. Ainsi les relations donnent naissance au Royaume. Et alors on comprend pourquoi Jésus est prêt à entrer dans toute maison où on l'attend. Car ceux qui l'attendent et le reçoivent accroissent par là l'espace du Royaume, devenant eux-mêmes une partie de celui-ci, et donc ses témoins et ses serviteurs. C'est ce genre de témoins et de serviteurs que Jésus veut voir en chacun de nous.
8 Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait. » |
Dans la traduction de Mgr Cassien, les paroles du centurion sonnent ainsi : « car moi aussi, je suis un homme placé sous autorité, ayant sous mes ordres des soldats, et je dis à l’un : "va", et il va ; et à un autre : "viens", et il vient ; et à mon serviteur : "fais cela", et il le fait ». Dans la traduction synodale, en revanche : « Car je suis aussi un homme soumis à l’autorité, mais, ayant sous mes ordres des soldats, je dis à l’un : va, et il va ; et à un autre : viens, et il vient ; et à mon serviteur : fais cela, et il le fait. »
Remarquons que, dans les deux cas, les équivalents russes du pronom « je/moi » et de l’adverbe « aussi » apparaissent dans un ordre différent. Cette différence n’est pas fortuite. Quelque chose a poussé les auteurs de la traduction synodale à changer l’ordre des mots (malgré le fait qu’il soit précisément ainsi dans l’original et dans toutes les traductions modernes et anciennes), rendant la phrase difficile à prononcer et peu naturelle en russe. Il est très vraisemblable qu’elle en est venue à signifier : « bien que je sois, moi aussi, un homme soumis à l’autorité, j’ai sous mes ordres... ». Et ce qu’est ce quelque chose, écarté par l’évêque Cassien, nous devons le comprendre, car cela donne beaucoup, à ce qu’il nous semble, pour comprendre le texte.
Si le centurion dit : moi aussi, je suis un homme placé sous autorité, cela signifie qu’il veut dire : moi, comme quelqu’un d’autre (I am also – comme dans la plupart des traductions anglaises). Et qui est cet autre ? Mais il parle avec Jésus. Toutes ces paroles Lui sont adressées... Au fond, le centurion parle ainsi. Au-dessus de moi, il y a une autorité ; j’ai des subordonnés ; il existe une certaine hiérarchie sociale à trois niveaux, dans laquelle il se tient au milieu, entre le niveau inférieur et le niveau supérieur. Et voilà qu’il dit à Jésus : comme Toi. C’est-à-dire : Toi aussi, Tu as au-dessus de Toi Quelqu’un à qui Tu Te soumets, comme moi je me soumets à l’autorité. Et ce quelqu’un est, sans aucun doute, Dieu. Il transpose involontairement cette hiérarchie à trois niveaux, à laquelle il est lui-même habitué, à toute l’organisation de l’univers. Et il place Jésus au milieu, comme médiateur entre Dieu et l’homme.
Pour nous, il n’en est absolument pas ainsi. Car Jésus n’est pas un médiateur : Il est Dieu Lui-même. C’est précisément pourquoi, dans la traduction synodale, ces deux mots ont été inversés et ce sens a été entièrement retiré du texte. Mais si l’on se tourne vers le texte corrigé...
Cependant, cela ne doit en aucun cas nous effrayer ; il n’y a là rien de terrible. Au contraire, c’est un motif non de doute, mais d’admiration, d’admiration devant notre Seigneur, devant Son humilité, prête à Se reconnaître seulement comme médiateur et à déclarer la foi du centurion meilleure que celle qu’Il avait trouvée en Israël. Notons-le : seules des caractéristiques comparatives sont employées ici ; la foi du centurion n’est nullement reconnue comme idéal de foi pour tous les temps et tous les peuples. Mais c’était déjà une percée, déjà un pas : voir en Lui l’envoyé de Dieu, l’Homme qui se soumet à Dieu, c’est déjà énormément, et le Seigneur estime tant ce pas.
Le Seigneur estime d’ailleurs chacun de nos petits pas. Même si, partant d’une foi toute primitive, nous avons fait un petit pas vers la compréhension de quelque chose d’un peu plus complexe, le Seigneur l’estime déjà énormément et ne ménage ni les louanges ni l’aide entière. Il nous semble que ce texte, tel que nous le lisons chez l’évêque Cassien, est un témoignage étonnant de l’humilité du Seigneur et de Son ineffable bonté.
1 Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. |
2 Or un centurion avait, malade et sur le point de mourir, un esclave qui lui était cher. |
3 Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques-uns des anciens des Juifs, pour le prier de venir sauver son esclave. |
4 Arrivés auprès de Jésus, ils le suppliaient instamment : « Il est digne, disaient-ils, que tu lui accordes cela ; |
5 il aime en effet notre nation, et c’est lui qui nous a bâti la synagogue. » |
6 Jésus faisait route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis pour lui dire : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; |
7 aussi bien ne me suis-je pas jugé digne de venir te trouver. Mais dis un mot et que mon enfant soit guéri. |
8 Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait. » |
9 En entendant ces paroles, Jésus l’admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait : « Je vous le dis : pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi. » |
10 Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en parfaite santé. |
11 Et il advint ensuite qu’il se rendit dans une ville appelée Naïn. Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. |
12 Quand il fut près de la porte de la ville, voilà qu’on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve ; et il y avait avec elle une foule considérable de la ville. |
13 En la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle et lui dit : « Ne pleure pas. » |
14 Puis, s’approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s’arrêtèrent. Et il dit : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi. » |
15 Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler. Et il le remit à sa mère. |
16 Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple. » |
17 Et ce propos se répandit à son sujet dans la Judée entière et tout le pays d’alentour. |
Nous croyons tous que le Seigneur, qui a créé ce monde, possède un pouvoir absolu sur la nature. C'est aussi simple à imaginer qu'un officier commandant des soldats sur un terrain de parade: à son ordre, tous vont à droite; à un autre, à gauche!
Mais croyons-nous que le Seigneur puisse guérir un malade sous nos yeux, tout simplement: il dit un mot, et l'homme guérit? « Eh bien, dirons-nous, en théorie nous le croyons aussi... » Voyons-nous cette immense différence entre la foi théorique en la toute-puissance de Dieu et la foi en un miracle qui nous concerne directement? Dans l'esprit militaire du centurion romain, cet écart n'existait pas: sa foi n'était pas théorique, mais vivante, et le miracle eut lieu. Sans doute le Seigneur ne trouverait-il pas une telle foi non seulement en Israël...
1 Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. |
2 Or un centurion avait, malade et sur le point de mourir, un esclave qui lui était cher. |
3 Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques-uns des anciens des Juifs, pour le prier de venir sauver son esclave. |
4 Arrivés auprès de Jésus, ils le suppliaient instamment : « Il est digne, disaient-ils, que tu lui accordes cela ; |
5 il aime en effet notre nation, et c’est lui qui nous a bâti la synagogue. » |
6 Jésus faisait route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis pour lui dire : « Seigneur, ne te dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; |
7 aussi bien ne me suis-je pas jugé digne de venir te trouver. Mais dis un mot et que mon enfant soit guéri. |
8 Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait. » |
9 En entendant ces paroles, Jésus l’admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait : « Je vous le dis : pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi. » |
10 Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en parfaite santé. |
11 Et il advint ensuite qu’il se rendit dans une ville appelée Naïn. Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. |
12 Quand il fut près de la porte de la ville, voilà qu’on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve ; et il y avait avec elle une foule considérable de la ville. |
13 En la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle et lui dit : « Ne pleure pas. » |
14 Puis, s’approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s’arrêtèrent. Et il dit : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi. » |
15 Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler. Et il le remit à sa mère. |
16 Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple. » |
17 Et ce propos se répandit à son sujet dans la Judée entière et tout le pays d’alentour. |
Aujourd’hui, nous revenons à une notion aussi fondamentale que la foi. Dans la Bible, ce mot signifie le plus souvent non pas simplement le fait de tenir une information pour vraie, mais la capacité, au moment critique, de «s’agripper» à Dieu, de s’appuyer sur lui comme sur une colonne solide ou un rocher.
Le récit d’aujourd’hui sur l’officier romain qui demandait à Jésus de guérir son serviteur, et que le Christ donne en exemple à ses disciples, l’illustre bien. Lui, homme de guerre élevé dans la discipline militaire, est absolument certain que son ordre sera exécuté, tout comme il est lui-même prêt à exécuter l’ordre de son commandant. Dans ses relations avec Dieu, cette certitude ne repose pas sur la discipline et l’ordre militaire, où le soldat est puni de mort pour désobéissance, mais sur quelque chose de non moins fort: précisément la foi.
À proprement parler, lorsque l’Écriture parle de foi, il s’agit d’une foi plus forte même que la mort, si bien que les malades sont guéris et les morts ressuscitent.
46 « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ? |
47 « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. |
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. |
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! » |
1 Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. |
Lorsque le Seigneur nous dit qu'il est inutile de L'invoquer sans accomplir ce qu'Il dit, lorsqu'Il nous dit que chacun se reconnaît aux fruits qu'il porte, c'est toute Sa rigueur qui s'exprime. Nous n'y sommes pas habitués : pour nous, l'essentiel est souvent que quelqu'un soit une bonne personne, et nous sommes facilement prêts à lui pardonner d'être malchanceux et de n'avoir rien accompli de particulier. C'est même plutôt l'inverse : si quelqu'un n'est pas très bon, ses véritables mérites nous irritent parfois et nous paraissent déplacés. Pourtant, nous devons accueillir avec joie une telle rigueur du Seigneur, car elle nous donne l'assurance que, si nous suivons ces paroles, nous sommes solides comme le roc et que rien ne peut nous ébranler.
Mais même cela n'est pas l'essentiel. L'essentiel est dans notre amour. L'amour est un sentiment d'une puissance créatrice étonnante. Souvenez-vous de votre amour passionné pour une personne. Il semble que vous pourriez faire trois fois le tour du monde pour trouver ce dont l'être aimé a besoin. Notre amour pour Dieu devrait être pareil. Nous devrions brûler du désir de tout faire pour Lui, de tout faire comme Il le veut, comme Il l'ordonne. Si ce sentiment, semblable à un amour passionné, est présent et si nous ne le laissons pas s'éteindre, nous sommes semblables à celui qui a bâti sa maison sur le roc.
46 « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ? |
47 « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. |
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. |
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! » |
1 Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. |
Pour comprendre justement les paroles du Sauveur, il est important d'imaginer comment on construisait les maisons en Judée, et dans toute la Palestine, aux temps évangéliques. Le sol de la plus grande partie de la Palestine est pierreux ; il n'y avait pas besoin des fondations puissantes nécessaires sur des sols argileux ou sablonneux. Il suffisait de dégager la couche supérieure d'alluvions, généralement assez mince, pour atteindre la pierre. Ensuite on posait une fondation très simple, dont la base était formée de grosses pierres d'angle, les pierres angulaires. Mais enlever la couche supérieure était absolument nécessaire, sans quoi, en hiver, pendant la saison des pluies, lorsque des torrents descendent des montagnes vers les vallées, la maison aurait presque certainement « glissé ».
Le Sauveur compare manifestement la vie spirituelle à une maison qu'il n'est sensé de bâtir que sur le roc, après l'avoir préalablement débarrassé de tout ce qui peut gêner la construction. L'image de la maison bâtie sur le roc devait rappeler aux auditeurs qu'écouter et entendre ne sont pas la même chose. Celui qui a entendu passera nécessairement des paroles aux actes, mettant en pratique ce qu'il a entendu. Mais il y aura évidemment aussi ceux qui, après avoir tout écouté, ne voudront rien changer dans leur vie.
Ce n'est pas étonnant : dans la vie spirituelle, le rôle principal n'appartient ni à l'intelligence ni au sentiment, mais à la volonté. C'est par les actes de volonté que se manifeste le « moi » spirituel de l'homme, qui constitue le centre de la personne humaine. Mais souvent l'homme lui-même ne s'en rend pas compte, du moins dans la vie pratique. Et il vit sans comprendre ni les causes véritables ni la véritable portée de ses décisions et de ses actes.
Une telle vie spirituelle inconsciente ressemble vraiment à une maison bâtie sur le sable : les actes de volonté qui déterminent la vie spirituelle de l'homme restent pour la plupart non réfléchis, souvent même inaperçus, de sorte que l'homme, spirituellement, et parfois pas seulement spirituellement, vit littéralement sans savoir comment.
Toute pensée surgie soudain dans l'esprit et tout sentiment ayant saisi le cœur peuvent conduire à des décisions et à des actes totalement inattendus pour l'homme lui-même, qu'il ne peut souvent ni comprendre ni expliquer. Seule la pleine conscience de chaque choix fait et de chaque décision prise rend la vie spirituelle de l'homme, comme sa vie en général, intérieurement entière et cohérente. Alors chacun de ses actes procède de la profondeur de son « moi » spirituel. Sa vie spirituelle se trouve fondée non sur le sable mouvant de pensées et de sentiments fortuits, mais sur le roc d'un choix conscient.
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