Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mi 7:18

18 Quel est le dieu comme toi, qui enlève la faute, qui pardonne le crime, qui n'exaspère pas pour toujours sa colère, mais qui prend plaisir à faire grâce?
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Michée relie la disposition de Dieu à pardonner les péchés de Son peuple, plus exactement de son reste, à la miséricorde propre à Dieu. Un tel lien, bien sûr, n'est pas fortuit, et on peut l'expliquer le plus simplement à partir de la compréhension de la miséricorde qui existait déjà chez Osée et qui, par la suite, devint une partie de la tradition prophétique dans son ensemble. Du point de vue d'Osée, la miséricorde de Dieu était, au fond, l'unique espérance d'un peuple qui, ayant violé la Torah à maintes reprises, avait depuis longtemps perdu ses droits à ce qu'il avait autrefois possédé selon l'union-alliance conclue au Sinaï.

Il ne restait qu'à espérer que Dieu n'abandonnerait tout de même pas Son peuple et ferait pour lui ce qu'Il n'était tenu de faire selon aucune loi ni aucun accord. Cependant, une telle possibilité ne pouvait s'ouvrir au peuple qu'après le repentir des péchés commis et une nouvelle conversion qui restaurerait les relations d'autrefois. Mais il y avait ici une difficulté essentielle : beaucoup des péchés commis par le peuple l'avaient été tout à fait consciemment et volontairement.

Bien sûr, on pouvait se repentir aussi d'un tel péché ; mais se purifier de ses conséquences avant la venue du Christ dans le monde était impossible : aucun rite de purification ni aucun sacrifice n'y aidait. En fait, toute l'histoire préexilique du peuple juif, qui s'est achevée par l'exil de Babylone, est une preuve visible de cette vérité. Bien sûr, avec la venue du Christ, tout a changé ; mais Michée prêchait naturellement encore dans le monde préchrétien.

Et pourtant Dieu manifesta Sa miséricorde à Son peuple. Le délivrer entièrement des conséquences des péchés commis pendant la période préexilique était impossible ; l'exil était inévitable, et pour l'éviter il aurait fallu recréer le monde à neuf. Mais faire croître un peuple nouveau, en substance, à partir de ce reste de fidèles qui gardaient leur fidélité même lorsque celle-ci semblait n'avoir aucun sens parce que tout était fini, cela était possible.

Dieu agit précisément ainsi, manifestant par là la miséricorde la plus authentique : car, au fond, Il donne à Son peuple une autre vie historique en échange de celle qui s'était achevée après la défaite de Jérusalem par l'armée babylonienne. Selon toutes les lois de l'histoire, le peuple juif aurait dû disparaître après la défaite babylonienne, comme ont disparu dans le creuset babylonien beaucoup d'autres peuples qui habitaient la Palestine. Et le fait qu'il existe encore jusqu'à ce jour ne peut s'expliquer que par la miséricorde de Dieu.

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