5 Vos pères, où sont-ils ? Et les prophètes, sont-ils toujours en vie ? |
6 Mais mes ordres et mes décrets, ceux que j’avais donnés à mes serviteurs les prophètes, n’ont-ils pas atteint vos pères ? Alors ils se sont convertis et ont dit : « Yahvé Sabaot nous a traités comme il avait résolu de le faire, selon nos voies et nos actions. » |
Les mots de Zacharie, bien qu'à première vue cela puisse se montrer un peu étrange, nous permettent de comprendre, qu'est-ce que c'est la Tradition spirituelle dans le sens original du mot. Semblerait-il que ce, dont dit le prophète est assez loin de ce que nous comprenons d'habitude par Tradition. Et Zacharie cependant rappelle à ses auditeurs: à la base de la vraie Tradition se trouve toujours l'histoire de la Révélation. Pas l'histoire de la tradition religieuse, pas l'histoire de la manière donc l’homme a cherché Dieu, mais l'histoire de comment Dieu S’est révélée à l’homme, a cherché l’homme, lui a tendu la main. Et aussi comment l’homme a réagi à cette main tendue: l'acceptait ou la repoussait, répondait «oui» ou «non» à Dieu. Et le problème ici n’est pas dans les gens concrets, non pas dans les prophètes, qui témoignaient au peuple cette volonté de Dieu, qui leur était révélée dans un moment historique concret, dans une situation historique concrète, mais dans ce plan général de Dieu, dont font partie des gens spécifiques, et des générations entières.
Voici ce plan de Dieu est la Révélation, et les révélations concrètes données à des gens concrets, sont seulement ses éléments, qui devaient être révélés au peuple dans n'importe quelle étape de son histoire. Pour le peuple de Dieu, qui était initialement conçu par Dieu, comme peuple-communauté, de telles révélations avaient une signification décisive: car notamment elles indiquaient au peuple sa voie spirituelle, la voie de son devenir, comme peuple-communauté. Et ce fait que les contemporains du prophète appelant le peuple à faire tel ou autre choix spirituel, n'ont pas vu les conséquences de leur choix, dit seulement que le plan de Dieu est trop grand pour la vie d'une seule génération. Mais en effet, la Tradition suppose non seulement la succession de la révélation, mais aussi la succession de l'expérience spirituelle liée à sa perception par la communauté.
Cette succession, que le peuple a démontrée pendant la captivité et à l'époque d’après captivité, lorsque toute l'histoire d’avant captivité était interprétée dans le contexte de ce que les prophètes disaient (les livres de l'Ancien Testament appelés chez les chrétiens historiques, et chez les Juifs – des premiers prophètes, et représentent tout juste le fruit de cette compréhension). Voici cette logique de la compréhension de l'histoire de la perception de la révélation par la communauté est la deuxième partie de la Tradition. Et ce n'est pas étonnant : car la vraie Tradition a toujours en vue, en premier lieu, la relation entre Dieu et l’homme. Et tout le reste seulement aussi longtemps qu'il est lié à ces relations.
1 La deuxième année de Darius, au huitième mois, la parole de Yahvé fut adressée au prophète Zacharie, (fils de Bérékya), fils de Iddo, en ces termes : |
2 Yahvé s’est grandement irrité contre vos pères. |
3 Tu leur diras : Ainsi parle Yahvé Sabaot. Revenez à moi — oracle de Yahvé Sabaot — et je reviendrai vers vous, dit Yahvé Sabaot. |
4 Ne soyez pas comme vos pères à qui les prophètes du passé lancèrent cet appel : Ainsi parle Yahvé Sabaot. Revenez donc de vos voies mauvaises et de vos actions mauvaises. Mais eux n’écoutèrent pas et ne me prêtèrent pas attention — oracle de Yahvé. |
5 Vos pères, où sont-ils ? Et les prophètes, sont-ils toujours en vie ? |
6 Mais mes ordres et mes décrets, ceux que j’avais donnés à mes serviteurs les prophètes, n’ont-ils pas atteint vos pères ? Alors ils se sont convertis et ont dit : « Yahvé Sabaot nous a traités comme il avait résolu de le faire, selon nos voies et nos actions. » |
7 Le vingt-quatrième jour du onzième mois (le mois de Shebat), la deuxième année de Darius, la parole de Yahvé fut adressée au prophète Zacharie, (fils de Bérékya), fils de Iddo, en ces termes. |
8 J’eus une vision pendant la nuit. Voici : Un homme montant un cheval roux se tenait parmi les myrtes qui ont leurs racines dans la profondeur ; derrière lui, des chevaux roux, alezans, et blancs. |
9 Je dis : « Qui sont ceux-là, mon Seigneur ? » Et l’ange qui me parlait me dit : « Je te ferai voir qui ils sont. » |
10 L’homme qui se tenait parmi les myrtes répondit : « Ce sont ceux que Yahvé a envoyés parcourir la terre. » |
11 Or ils s’adressèrent à l’ange de Yahvé qui se tenait parmi les myrtes, et ils dirent : « Nous venons de parcourir la terre, et voici que toute la terre est en repos et tranquillité. » |
12 Alors l’ange de Yahvé prit la parole et dit : « Yahvé Sabaot, jusques à quand tarderas-tu à prendre en pitié Jérusalem et les villes de Juda auxquelles tu as fait sentir ta colère depuis soixante-dix ans ? » |
13 À l’ange qui me parlait, Yahvé répondit par des paroles de bonté, des paroles de consolation. |
14 Alors l’ange qui me parlait me dit : « Fais cette proclamation : Ainsi parle Yahvé Sabaot. J’éprouve un amour très jaloux pour Jérusalem et pour Sion, |
15 mais une très grande irritation contre les nations tranquilles ; car moi, je n’étais que peu irrité, mais elles, elles ont concouru au mal. |
16 C’est pourquoi, ainsi parle Yahvé : Je me tourne de nouveau vers Jérusalem avec compassion ; mon Temple y sera rebâti — oracle de Yahvé Sabaot — et le cordeau sera tendu sur Jérusalem. |
17 Fais encore cette proclamation : Ainsi parle Yahvé Sabaot. Mes villes abonderont encore de biens. Yahvé consolera encore Sion, il fera encore choix de Jérusalem. » |
Le prophète Zacharie, dont nous commençons aujourd'hui à lire le livre, vécut tout à la fin du Ve siècle avant Jésus-Christ. Le livre qui porte son nom comprend deux parties nettement distinctes, peut-être rédigées par des personnes différentes. Les huit premiers chapitres sont dus à un homme de noble naissance nommé Zacharie, venu de Babylone à Jérusalem avec les premières caravanes de rapatriés. Selon la tradition, il vécut longtemps et mourut à Jérusalem comme membre du Grand Conseil, le Sanhédrin. La seconde partie appartient, autant qu'on puisse en juger, à un prophète au nom inconnu, qui vécut un siècle plus tard, au tournant des IVe et IIIe siècles avant Jésus-Christ. Cette composition complexe des livres bibliques est assez fréquente et caractérise la littérature religieuse de l'Antiquité dans son ensemble.
La première partie du livre de Zacharie fut écrite peu après le retour, au moment où se construisait le nouveau Temple à Jérusalem. Les Juifs revenus de Babylone, sous la conduite de leurs chefs — Zorobabel, prince de la lignée de David, et le grand prêtre Josué —, restauraient la ville en ruines et tout le pays. Leurs efforts suscitaient la fureur des peuples voisins, mécontents de voir les Juifs se réinstaller sur leur terre ; presque la même chose se produira ici deux millénaires et demi plus tard. Mais l'unité faisait également défaut parmi les rapatriés eux-mêmes : beaucoup pensaient qu'il fallait d'abord rétablir la puissance économique et militaire du pays, puis seulement entreprendre le renouveau religieux. Seul le soutien du roi perse Darius permettait aux chefs des Juifs de commencer malgré tout les constructions.
Dans ce contexte, le Seigneur annonce par Zacharie Sa parole de miséricorde et de consolation. La vision de l'Ange du Seigneur révèle au prophète que Dieu « Se tourne vers Jérusalem avec miséricorde », que la ville sera restaurée et que le Temple redeviendra le lieu de la présence de l'Invisible. Mais la miséricorde divine ne ressemble pas à l'attitude des rois orientaux envers leurs vizirs favoris : dès le début du chapitre, le Seigneur dit que Sa miséricorde ne peut être reçue automatiquement. Elle exige que les hommes se tournent vers Dieu : « Tournez-vous vers Moi, et Je Me tournerai vers vous », dit le Seigneur. La Parole de Dieu, transmise par Zacharie, appelle les Juifs à tirer les leçons spirituelles de l'histoire de la captivité. La captivité et la dévastation du pays se présentent de nouveau à nous comme le résultat direct du péché humain, ainsi que l'avaient dit les prophètes d'avant l'exil. Le fait que tout se soit passé exactement comme le Seigneur l'avait annoncé par eux devient le sceau qui confirme la vérité de la révélation prophétique. Aujourd'hui encore, dit le prophète, Dieu attend que le peuple se tourne vers Lui, afin que Sa consolation devienne réalité et que l'arbre abattu d'Israël reverdisse.
Le prophète dit que les événements tragiques du siècle ne correspondent pas à la volonté de Dieu ; cela tient au fait que, dans l'histoire, Dieu agit par les hommes. « Alors que Je n'étais qu'un peu irrité, ils ont aggravé le mal » : c'est un exemple d'un phénomène très fréquent, lorsque des hommes qui cherchent inconsciemment, voire consciemment, à accomplir la volonté du Créateur le font à leur manière. Combien de fois cherchons-nous la destruction quand Dieu ne veut que la correction ! C'est précisément ce qu'Israël dut vivre au temps de la captivité babylonienne. Mais désormais le Seigneur parle d'une époque nouvelle de l'histoire, où les hommes seront guidés non par la colère de Dieu, mais par la manifestation de Sa miséricorde.
1 La deuxième année de Darius, au huitième mois, la parole de Yahvé fut adressée au prophète Zacharie, (fils de Bérékya), fils de Iddo, en ces termes : |
2 Yahvé s’est grandement irrité contre vos pères. |
3 Tu leur diras : Ainsi parle Yahvé Sabaot. Revenez à moi — oracle de Yahvé Sabaot — et je reviendrai vers vous, dit Yahvé Sabaot. |
4 Ne soyez pas comme vos pères à qui les prophètes du passé lancèrent cet appel : Ainsi parle Yahvé Sabaot. Revenez donc de vos voies mauvaises et de vos actions mauvaises. Mais eux n’écoutèrent pas et ne me prêtèrent pas attention — oracle de Yahvé. |
5 Vos pères, où sont-ils ? Et les prophètes, sont-ils toujours en vie ? |
6 Mais mes ordres et mes décrets, ceux que j’avais donnés à mes serviteurs les prophètes, n’ont-ils pas atteint vos pères ? Alors ils se sont convertis et ont dit : « Yahvé Sabaot nous a traités comme il avait résolu de le faire, selon nos voies et nos actions. » |
7 Le vingt-quatrième jour du onzième mois (le mois de Shebat), la deuxième année de Darius, la parole de Yahvé fut adressée au prophète Zacharie, (fils de Bérékya), fils de Iddo, en ces termes. |
8 J’eus une vision pendant la nuit. Voici : Un homme montant un cheval roux se tenait parmi les myrtes qui ont leurs racines dans la profondeur ; derrière lui, des chevaux roux, alezans, et blancs. |
9 Je dis : « Qui sont ceux-là, mon Seigneur ? » Et l’ange qui me parlait me dit : « Je te ferai voir qui ils sont. » |
10 L’homme qui se tenait parmi les myrtes répondit : « Ce sont ceux que Yahvé a envoyés parcourir la terre. » |
11 Or ils s’adressèrent à l’ange de Yahvé qui se tenait parmi les myrtes, et ils dirent : « Nous venons de parcourir la terre, et voici que toute la terre est en repos et tranquillité. » |
12 Alors l’ange de Yahvé prit la parole et dit : « Yahvé Sabaot, jusques à quand tarderas-tu à prendre en pitié Jérusalem et les villes de Juda auxquelles tu as fait sentir ta colère depuis soixante-dix ans ? » |
13 À l’ange qui me parlait, Yahvé répondit par des paroles de bonté, des paroles de consolation. |
14 Alors l’ange qui me parlait me dit : « Fais cette proclamation : Ainsi parle Yahvé Sabaot. J’éprouve un amour très jaloux pour Jérusalem et pour Sion, |
15 mais une très grande irritation contre les nations tranquilles ; car moi, je n’étais que peu irrité, mais elles, elles ont concouru au mal. |
16 C’est pourquoi, ainsi parle Yahvé : Je me tourne de nouveau vers Jérusalem avec compassion ; mon Temple y sera rebâti — oracle de Yahvé Sabaot — et le cordeau sera tendu sur Jérusalem. |
17 Fais encore cette proclamation : Ainsi parle Yahvé Sabaot. Mes villes abonderont encore de biens. Yahvé consolera encore Sion, il fera encore choix de Jérusalem. » |
Lorsque la colère du Seigneur est faible, les hommes accroissent le mal... Dans les périodes agitées, on voudrait espérer qu'il suffit de vivre jusqu'à des jours meilleurs pour que la vie s'arrange et que le bien triomphe. Mais les temps paisibles arrivent, et il apparaît une fois encore que de telles espérances étaient sans fondement. La présence ou l'absence du mal ne dépend pas des circonstances extérieures ; elle découle de l'état de nos cœurs et de l'orientation de nos volontés. C'est souvent précisément dans un environnement calme que nous nous relâchons spirituellement et devenons capables de succomber à la séduction de l'ennemi. Le Seigneur peut alors détruire une telle « paix » meurtrière.
Ce n'est sans doute pas un hasard si, dans la vision prophétique, ceux qui vont s'opposer aux forces du mal ne sont pas des guerriers, mais des ouvriers. La lutte contre le mal et le péché a souvent été comparée à un combat, et elle exige réellement un courage et une fermeté comparables à ceux des soldats. Mais elle est aussi un travail pénible et persévérant, un travail béni par le Seigneur, Qui donne la force de l'accomplir.
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