2 Je ne veux savoir de vous qu'une chose: est-ce pour avoir pratiqué la Loi que vous avez reçu l'Esprit, ou pour avoir cru à la prédication?
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Qu’est-ce que l’apôtre appelle les « œuvres de la Torah », ou « œuvres de la Loi » ? Les actes du juste ? Le fait de suivre la Torah et d’accomplir les commandements donnés par Dieu ? Et pourquoi les oppose-t-il au « témoignage de la fidélité », littéralement, le texte grec correspondant sonnant comme « l’écoute de la fidélité » ou « l’écoute de la foi » ? Pour répondre à la question, il importe de savoir ce qu’on entendait au temps de Paul par « œuvres de la Torah ». À l’origine, il s’agissait de l’observance des commandements et des œuvres de justice. Mais avec le temps et au cours d’une certaine formalisation de la vie religieuse, on s’est mis à appeler ainsi ce que nous définirions aujourd’hui comme des obligations religieuses. Ce sont ces obligations religieuses que Paul oppose au témoignage de la foi, ou de la fidélité, en ayant à l’esprit l’autre sens du mot grec correspondant. Dans ce contexte, la situation devient plus compréhensible : d’un côté le témoignage, de l’autre les obligations religieuses. Et les paroles de l’apôtre adressées à l’Église de Galatie deviennent elles aussi plus claires. En effet, quel rapport l’accomplissement ou le non-accomplissement d’obligations religieuses peut-il avoir avec le Royaume ? Sans doute le même rapport que la religion comme telle. À cet égard, Paul lui-même a toujours tenu une position bien définie. Il ne s’opposait évidemment pas à la religion en principe : après tout, il était lui-même un homme religieux, comme tout Juif de son époque. Mais il s’est toujours opposé fermement à toute tentative d’imposer la religion à l’Église et à chacun de ses membres. Pour lui, l’Église était, selon ses propres paroles, le « corps du Christ », et non une organisation religieuse. Elle était composée non de personnes professant telle ou telle religion, mais de personnes vivant dans le Royaume. Or le Royaume est ouvert à chacun, quelle que soit sa religion ; pour y entrer, il ne faut pas une religion, mais la fidélité au Christ qui a apporté le Royaume dans le monde. Cela est nécessaire, et cela suffit. Et voici que dans l’Église, à en juger par le sens de ce qu’écrit l’apôtre, sont apparus des gens qui ont commencé à mettre précisément la religion, les obligations religieuses, au premier plan, comme si la religiosité en elle-même pouvait sauver quelqu’un ! Paul pose donc à ses frères dans la foi une question parfaitement légitime dans une telle situation : lorsque vous avez éprouvé sur vous ce souffle du Royaume qui a fait de vous des personnes autres, nouvelles, à quoi ce souffle était-il lié pour vous : au témoignage rendu au Christ et à ce qu’Il a fait pour notre salut, ou à quelque religion ? Et s’il en est ainsi, pourquoi mettez-vous donc la religion au premier plan ? Question rhétorique. Et actuelle. En tout temps.
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