13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
|
16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
Dans nos villes aussi s’est manifestée une puissance qui n’est pas moindre qu’à Chorazeïn, Bethsaïde, Tyr, Sidon et Capharnaüm. Car dans presque toute ville, des églises sont ouvertes, et l’Eucharistie est célébrée dans toute église orthodoxe ou catholique. Dans l’Eucharistie, Dieu est entièrement présent dans la chair, c’est-à-dire non moins pleinement qu’à Capharnaüm, Chorazeïn ou Bethsaïde. Mais encore faut-il venir à l’église. Que les hommes y viennent ou non dépend de nous, les chrétiens. « Celui qui vous écoute M’écoute », dit le Seigneur ; mais pouvons-nous dire que nous parlons souvent au nom du Seigneur ? Écoutons-nous souvent Dieu de manière à pouvoir ensuite partager ce que nous avons entendu ?
16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Ainsi, Jésus envoie Ses disciples prêcher. Voyez de quelle autorité Il les investit ! Toute une chaîne de « représentation plénipotentiaire » se met ici en place : le Père envoie Son Fils dans le monde et Lui donne tout pouvoir, toute autorité ; le Fils, en formant Ses disciples, en les préparant à devenir les futurs envoyés et apôtres, en faisant grandir l'Église qui témoignera ensuite du Christ, leur transmet Son autorité.
En devenant chrétiens, nous sommes appelés à témoigner de Lui ; ces paroles de Jésus s'appliquent donc à nous aussi. Celui qui rejette nos paroles et notre témoignage rejette également le Fils et le Père ! C'est saisissant. Nous pourrions nous réjouir de l'autorité qui nous est ainsi accordée. Mais j'ai davantage envie de réfléchir à notre responsabilité pour nos paroles, à la force et à la justesse de notre témoignage, et de prier à ce sujet...
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
À plusieurs reprises, au cours de Son ministère terrestre, Jésus envoya Ses disciples prêcher. Et le sens principal de cette prédication devenait toujours le témoignage du Royaume, du fait qu'il est proche et prêt à entrer dans le monde. Bien sûr, un tel témoignage était important aussi pour préparer les gens à ce qui devait se produire le jour de la Pentecôte. Mais cette mission n'était pas moins importante pour les disciples eux-mêmes. Il leur fallait, à eux aussi, faire l'expérience personnelle de la réalité du Royaume. Comprendre ce que signifie être son habitant. Bien sûr, ce n'était pas encore l'expérience de la Pentecôte; la plénitude du souffle du Royaume faisant irruption dans le monde comme un tourbillon était encore à venir. Cependant, les disciples envoyés prêcher sentirent le premier souffle de cette respiration, encore lointain et faible, mais tout à fait réel.
Il suffit pour que, selon leurs propres paroles, même les démons leur soient soumis. Cependant, le Sauveur attire leur attention sur autre chose. Il dit: ne vous réjouissez pas du pouvoir sur les esprits, mais de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. Car le Royaume n'est pas des pouvoirs extraordinaires, ni la maîtrise de forces secrètes, naturelles ou surnaturelles. Le Royaume, c'est avant tout la participation à une vie nouvelle. Une vie qui n'existe pas dans la nature. Et donc aussi une qualité nouvelle de sa propre vie, intérieure et extérieure. C'est cela, au fond, le christianisme.
En envoyant Ses disciples prêcher, Jésus leur donnait la possibilité de comprendre ce qu'est le christianisme. Bien sûr, plus tard, Il dira beaucoup de choses aux Douze en paroles. Surtout pendant la Cène. Mais sans cette mission, sans l'expérience qui lui était liée, Ses paroles auraient à peine été un tant soit peu compréhensibles, même pour les Douze. Les paroles ne pouvaient que décrire comment vivre pour ne pas perdre ce à quoi ils avaient déjà en partie été associés.
L'expérience du souffle du Royaume entrant dans le monde par un coeur qui a pris part à ce souffle est une expérience extrêmement précieuse, que rien ne remplace. Et le Sauveur donne cette expérience à Ses disciples. Pour qu'ensuite, aux jours de Gethsémani, après la Résurrection et le jour même de la Pentecôte, elle devienne pour eux une mesure. Pour qu'ils ne se trompent pas au sujet de la vie nouvelle et ne doutent pas de ce en quoi il n'était pas du tout facile de croire comme réalité. Et pour qu'en prenant part à la vie du Royaume, ils sentent qu'ils rentrent chez eux, là où on les attend. Et là où Lui-même est prêt à les accueillir.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, appelés à l'apostolat, à la prédication de l'Évangile. Il est clair que tous ne doivent pas être missionnaires, prédicateurs et autres «serviteurs de la parole»; pourtant, le témoignage rendu au Christ est l'affaire de toute l'Église. Le passage d'aujourd'hui nous aidera à comprendre sur quels principes un tel service doit être construit.
D'abord, l'ouverture et la confiance totale en Dieu; ensuite, l'ouverture et la bienveillance envers les personnes auxquelles nous portons l'Évangile; enfin, l'action réelle de la grâce à travers nous, qui peut s'exprimer non seulement dans la guérison des malades et des possédés, mais aussi dans toute bonne action, dans la prière pour ces personnes, dans l'oeuvre de paix ou simplement dans la présence d'un coeur aimant là où l'amour manque.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
Les disciples se réjouissent d'être devenus les hérauts et les coopérateurs du Royaume de Dieu, vainqueurs des démons et guérisseurs des maladies. Mais Jésus les arrête: «Ce n'est pas de cela que vous devez vous réjouir»... Dieu donne à ceux qui croient en Lui beaucoup de choses bonnes et étonnantes, s'ils peuvent les voir, mais la valeur principale de son Royaume n'est pas là.
Les disciples, et avec eux les lecteurs de l'Évangile, sont bienheureux, heureux déjà parce qu'ils ont vu et entendu ce dont les prophètes et les sages de l'Antiquité ne faisaient que rêver: ils sont témoins, témoins non seulement de miracles, de guérisons, de victoires sur le mal; ils se trouvent auprès du Centre même du Royaume de Dieu.
Cela signifie que ce n'est pas une abstraction, ni le paradis, ni la vie d'outre-tombe, ni les dons et les miracles, mais Dieu Lui-même, manifesté aux hommes dans son Fils Jésus.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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16 « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » |
17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ! » |
18 Il leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! |
19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. |
20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » |
21 À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
22 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » |
23 Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! |
24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu ! » |
La lecture d'aujourd'hui nous ramène une fois de plus à un passage lié au thème de la prédication apostolique. Contrairement à Matthieu, Luc mentionne un cercle plus large de soixante-dix apôtres dont Matthieu ne dit rien. Mais cela ne change rien au fond de la question : les soixante-dix apôtres reçoivent de Jésus le même enseignement que celui qui fut donné aux douze disciples les plus proches. De toute évidence, Jésus n'admettait aucun ésotérisme dans Son entourage et n'avait aucun enseignement particulier et secret pour des « initiés ». Et à leur retour, lorsque les apôtres, grisés par la victoire, racontèrent au Maître les guérisons et les expulsions de démons qu'ils avaient accomplies, Il leur conseilla de se réjouir non de ces succès, mais de ce que leurs noms étaient « inscrits dans les cieux » (v. 17–20).
Il ne s'agit évidemment pas de dire que Jésus attachait peu d'importance aux succès de Ses apôtres dans la prédication du Royaume. Il estimait simplement nécessaire de placer correctement les accents dans la vie spirituelle de Ses disciples. Les succès visibles attirent toujours l'attention. Et celle des apôtres était apparemment rivée sur les actions et les manifestations du Royaume qui accompagnaient leur prédication. Or le danger existe toujours de se laisser emporter par le processus et d'oublier l'essentiel. On ne peut témoigner du Royaume que lorsqu'on y est soi-même enraciné. Cet enracinement ne naît pas de lui-même : il est donné par Dieu et doit être constamment affermi. Car pour une personne qui vit physiquement dans un monde qui n'est pas encore transfiguré et qui gît dans le mal, demeurer dans le Royaume constitue en soi une tâche spirituelle distincte.
Mais un autre point est également important. Le témoignage rendu au Royaume n'est pas non plus une fin en soi. À première vue, cela paraît paradoxal, car Jésus Lui-même et tous les apôtres ne font que témoigner de lui en parole et en acte ! Et pourtant, le témoignage rendu au Royaume est secondaire. En définitive, il ressemble à la présentation par un auteur de l'œuvre qu'il a créée : lui-même, et parfois certains de ses amis, invite tous ceux qui le souhaitent à regarder ce que l'auteur a réussi à réaliser. Mais qu'arriverait-il si une telle œuvre avait besoin d'être constamment renouvelée, si elle ne pouvait exister que de cette manière ? Alors, de toute évidence, la tâche principale ne serait pas la présentation comme telle, mais l'effort créateur visant au renouvellement de l'œuvre elle-même.
Dans le cas du Royaume, le témoin se trouve précisément dans cette situation. On ne peut en témoigner qu'en le manifestant, et on ne peut le manifester qu'en renouvelant, par le contact avec lui, sa propre vie spirituelle, qui ne peut être renouvelée autrement. Il apparaît alors que l'œuvre principale du témoin, aussi paradoxal que cela puisse paraître, n'est pas de témoigner du Royaume, mais d'y vivre, et d'y vivre ouvertement, aux yeux de tous. C'est ainsi que s'accomplit la tâche principale que Jésus confie à Ses disciples : la croissance du Royaume qui, après Son retour, embrassera le monde entier.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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Écoutons, puis méditons ce que nous dit saint Théophane le Reclus dans son commentaire du passage de l'Évangile d'aujourd'hui (Pensées pour chaque jour de l'année) : « Les incroyants n'ont donc aucune raison de se rassurer en espérant l'indulgence du Seigneur. C'est seulement sur terre qu'ils peuvent prendre leurs aises ; dès que vient la mort, toute la tempête de la colère de Dieu s'abattra sur eux. Quel grand malheur d'être au nombre des incroyants ! Même sur terre, ils sont sans joie, car sans Dieu et le Seigneur Jésus Christ, Sauveur et Rédempteur, tout est déjà sombre et sans consolation ici-bas ; quant à ce qui les attend là-bas, il est impossible de le décrire par des mots ou de l'imaginer. Il serait plus consolant de cesser d'exister, mais cela même ne leur sera pas accordé. » Sommes-nous prêts à le suivre dans ce rigorisme, cette sévérité et cette dureté ? Certains le sont peut-être, mais l'auteur de ces lignes éprouve une certaine crainte en pensant à ces paroles du saint. Pourquoi donc existons-nous, nous qui croyons ? Seulement pour nous sauver nous-mêmes ? Mais ce n'est pas très noble. Une prière parmi celles de la sainte Communion nous revient à l'esprit : « Car Tu as dit, Toi qui aimes les hommes, par Ton prophète : Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. Car Tu ne veux pas, ô Maître, détruire l'œuvre de Tes mains, et Tu ne prends pas plaisir à la perdition des hommes, mais Tu veux que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité… » (Prières avant la communion, première prière de saint Basile le Grand). Ces paroles déplacent tout à fait l'accent. Qui sont donc les personnes qui doivent aider le Seigneur à accomplir Son désir du salut de tous ? Évidemment, ce sont ceux qui Lui sont le plus proches : c'est par leur travail commun avec le Seigneur que la Terre se maintient. Ainsi, les paroles redoutables que prononce aujourd'hui le Sauveur ont, en réalité, une portée exclusivement didactique, préparatoire et pédagogique. Nous en sommes très certains, même si quelqu'un nous dit que nous avons tort. Mais nous avons une grande confiance en notre grand et saint père Basile, et nous désirons vivement dire avec lui : mais Toi, Seigneur, qui es sans malice… (la même prière).
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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À première vue, les paroles de Jésus sur la paix à offrir à chacun paraissent quelque peu étranges. Bien sûr, il faut toujours saluer en entrant dans une maison, quels qu'en soient les habitants. Mais le sens de la salutation juive traditionnelle est inséparable du souhait, pour la maison où l'on entre, de cette paix de Dieu qui, par définition, ne peut être donnée aux impies. Cela signifie-t-il que Jésus ne distingue pas le péché de la justice ? C'est peu probable. Il donne apparemment à la salutation juive traditionnelle un sens différent, nouveau. Ce sens devient clair dans le contexte du contenu essentiel de la prédication des disciples qu'Il envoie : témoigner que le Royaume s'est approché. Tout se met alors en place. En effet, s'il s'agit du Royaume, ce n'est plus à l'homme de décider qui en est digne et qui ne l'est pas. Chacun de nous est pécheur, et chacun à sa manière ; il ne nous appartient pas de juger de la mesure du péché d'autrui. Si nous pouvons témoigner du Royaume, ce n'est pas grâce à notre propre condition pécheresse, mais malgré elle. Il ne nous reste donc qu'à témoigner de ce qui nous a été révélé et donné sans aucun mérite de notre part. Et la paix du Royaume est la seule chose que nous puissions donner à la maison où nous entrons. Le reste ne nous regarde pas : Celui qui a apporté le Royaume dans le monde décidera qui en est digne. Quant à nous, nous n'y perdrons rien : si quelqu'un, dans la maison visitée, accueille le Royaume, il y en aura davantage dans le monde ; si personne ne l'accueille, il n'y en aura du moins pas moins.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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L'institution des envoyés, ou des apôtres comme on les appelle en grec, existait dans toutes les fraternités religieuses juives dès leur fondation. Ils avaient deux tâches : prêcher et témoigner. La différence était qu'on prêchait habituellement aux gens du dehors, à ceux qui n'avaient pas encore rejoint la fraternité, dans l'espoir qu'ils se joindraient un jour au mouvement. La plupart des fraternités religieuses juives étaient en effet des mouvements de communautés, et non des organisations strictement centralisées. Le témoignage, lui, s'adressait aux membres, qui avaient besoin de soutien spirituel et d'une sorte de partage d'expérience spirituelle : dans les diverses communautés du mouvement survenaient parfois bien des événements remarquables, dont il fallait entendre parler de première main, par les témoins directs.
Il était tout naturel que ces envoyés logent chez les leurs, dans les maisons de ceux qui appartenaient déjà à la fraternité ; pendant leur séjour, ces maisons devenaient le principal centre de la vie communautaire. Et c'était d'abord aux leurs qu'ils témoignaient. Aux autres, ils ne racontaient pas ce dont ils parlaient dans le cercle restreint de ceux qui partageaient leurs convictions ; ils leur parlaient de leur fraternité et les invitaient à rejoindre le mouvement pour entendre ce qu'il y avait de plus intéressant et participer à la vie fraternelle. Jésus, Lui, demande apparemment à Ses envoyés-apôtres de témoigner de l'essentiel devant tous ceux qui sont prêts à l'entendre.
Bien plus, Il les appelle à ne pas diviser les gens entre « les nôtres » et « les autres », à ne pas choisir les maisons où séjourner en arrivant dans une ville inconnue, mais à accepter l'hospitalité de quiconque sera prêt à partager son toit avec eux. Et, à leur tour, à partager aussi généreusement avec chacun ce témoignage vivant du Royaume dont la puissance leur a été donnée, en guérissant tous ceux qui auront besoin de guérison. Car le christianisme n'est pas une nouvelle religion dont le Sauveur voudrait accroître le nombre d'adeptes : c'est la vie du Royaume, à laquelle Il voudrait faire participer le plus grand nombre. Les y faire participer pour les sauver.
1 Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. |
2 Et il leur disait :« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. |
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. |
4 N’emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. |
5 En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : « Paix à cette maison ! » |
6 Et s’il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. |
7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. |
8 Et en toute ville où vous entrez et où l’on vous accueille, mangez ce qu’on vous sert ; |
9 guérissez ses malades et dites aux gens : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » |
10 Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : |
11 « Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. » |
12 Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. |
13 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. |
14 Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. |
15 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras !
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En lisant attentivement le récit de l’évangéliste Luc sur l’envoi des soixante-dix apôtres pour la prédication, il nous importe de préciser autant que possible la mission avec laquelle le Christ les envoie. L’évangéliste transmet en détail les paroles du Seigneur disant que les soixante-dix ne doivent pas se préparer à de longues et pénibles errances, mais, en s’en remettant à Dieu, se contenter de ce qu’Il leur enverra en chemin. L’essentiel, dit le Seigneur, est ceci : là où l’on vous recevra, demeurez ; là où l’on ne vous recevra pas, partez plus loin. Quant au contenu de ce pour quoi le Seigneur les envoie : porter le message de la paix et annoncer que le Royaume de Dieu s’est approché de vous.
Ainsi, la tâche des soixante-dix apôtres (et, après eux, de toute l’Église) est d’annoncer aux hommes que tout près, à côté d’eux, se trouve déjà le Christ. À la suite des apôtres, le Seigneur Lui-même viendra dans ces villages et ces villes, et Il dira la parole à ceux qui voudront l’entendre et guérira ceux qui souffrent. Dans le ministère apostolique de l’Église, l’essentiel est donc d’annoncer au monde la venue du Christ, et ce qui est central dans ce témoignage, selon la parole du Christ, est le service de la paix. Non pas fouetter les vices des hommes et « réorganiser la société », mais apporter la paix à ceux qui voudront la recevoir.
Le Seigneur dit : « s’il y a là un fils de paix, votre paix reposera sur lui ». Il est important qu’Il ne dise pas « Ma paix », bien que les prophètes aient dit depuis longtemps qu’Il est Lui-même la paix pour les hommes, comme l’apôtre Paul le répétera encore : « Il est notre paix ». Pour accomplir ce qui leur a été confié, les soixante-dix apôtres (et toute l’Église après eux) doivent eux-mêmes être remplis de cette paix de Dieu, afin qu’elle soit réellement la nôtre.
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