14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
« Et Jésus lui dit : les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête. » À la lecture de ces paroles de l’Évangile d’aujourd’hui, une tendresse merveilleuse pour notre Seigneur nous traverse, avec une compassion incomparable et le désir de Lui offrir un toit... Mais c’est impossible : Il vivait alors et là-bas, tandis que nous sommes ici et maintenant. Pourtant, telle est la nature divine de Jésus, ce qui Le distingue de l’homme : ici même et maintenant, nous pouvons Lui offrir un toit — notre cœur. Que le cœur de chacun devienne le lieu où le Seigneur reposera la tête. Prions de telle sorte que le Seigneur vienne chez nous non pour travailler, mais pour se reposer ; qu’Il trouve dans notre cœur repos et paix, car Il est très fatigué.
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
Notre Dieu, Dieu d'harmonie et d'ordre, aime beaucoup ce que nous appelons le « juste milieu » ou la « voie royale ». Lui qui tient l'univers en équilibre sait combien il est difficile de trouver l'équilibre. Et pour nous, hommes qui ne possédons ni sa sagesse ni sa vision, ne pas glisser vers l'une ou l'autre des extrémités qui s'ouvrent devant nous est pratiquement impossible. Une telle « marche sur la corde » dépasse nos forces, surtout si l'on tient compte du fait que nous essayons de marcher sur cette corde non comme des saints, dans la confiance en Dieu en ayant tout laissé derrière nous, mais avec tous les paquets de nos propres représentations sur ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, avec tout notre bagage culturel et autre. Peut-être ces choses sont-elles utiles en quelque chose, mais sur le chemin vers Dieu elles ne font que troubler notre regard. Alors nous devenons très semblables à l'homme de la lecture évangélique d'aujourd'hui qui s'approcha de Jésus en second (voir Mt 8:21-22): il nous est très difficile de nous séparer de ce qui nous sépare de Dieu.
Cet appel, qui paraît cruel à beaucoup, à laisser le père non enterré et à suivre Jésus, transmet très précisément ce que le Seigneur veut réellement de nous. Il nous propose de ne pas nous accrocher à ce monde, mais, après avoir tout pesé, de renoncer aux tentations et de partir en route vers le bonheur. Mais précisément après avoir pesé les choses, car en face d'un extrême, ne pas se décider à suivre le Christ, il y en a toujours un autre: courir tête baissée sans savoir où, faire beaucoup de dégâts et blesser profondément ceux qui nous entourent. Le Christ retient légèrement un tel disciple emporté (voir Mt 8:19-20) et l'appelle à une décision mesurée.
Il apparaît donc que, pour suivre Dieu, il faut à la fois le radicalisme, la résolution de suivre le Christ en laissant tout, et une décision volontaire sérieuse, une concentration extrême. Il ne reste qu'à apprendre à trouver l'équilibre...
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
Ce n’est sans doute pas par hasard que Matthieu souligne que les malades furent amenés au Christ lorsque le soir était venu. Cela peut indiquer que les gens craignaient de venir à la lumière du jour. Mais cela peut aussi témoigner du fait que tout cela se passait un sabbat, et que les gens venaient aussitôt après la fin du repos sabbatique, sans perdre une minute.
Remarquons que la belle-mère de Pierre, une fois guérie, se mit aussitôt à servir ; ainsi, elle ne reprit pas seulement ses occupations habituelles de la maison, mais se mit aussi, à sa manière coutumière, à servir le Christ. Nous ne trouvons nulle part ailleurs de mention d’elle, et il n’est dit nulle part que le Christ l’ait envoyée à quelque service particulier. Mais on peut servir le Christ en tout lieu, au milieu des occupations habituelles.
Mais ceux qui veulent être auprès de Lui, Il les place devant la réalité des difficultés. Au scribe qui promet de suivre le Christ partout où Il ira, Jésus annonce les difficultés et dit qu’il ne faut pas compter sur le confort. Une telle réponse se comprend. En revanche, la réponse faite à un autre disciple, qui veut ensevelir son père, suscite l’étonnement. Mais ici aussi, grâce aux commentateurs qui connaissent les coutumes anciennes, nous pouvons comprendre que le père du disciple est vivant ; cela signifie donc que le disciple s’apprête à rester des années à la maison, sans suivre le Christ.
Pourtant, il est impossible d’éluder indéfiniment le choix de suivre ou non le Christ.
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
L'évangéliste Matthieu choisit une citation étonnante de l'Ancien Testament pour expliquer les innombrables guérisons miraculeuses accomplies par le Seigneur Jésus Christ. De toute la vaste tradition « victorieuse » de l'Ancien Testament, qui parle du Royaume à venir du Messie, il rappelle la prophétie la plus étrange et la plus difficile d'Isaïe sur le rejet du Messie, la prophétie de la Croix. Toutes ces guérisons, selon la pensée de l'évangéliste, se produisent parce que le Christ « a pris sur Lui nos infirmités et s'est chargé de nos maladies ».
La pensée humaine est ainsi faite que nous nous représentons le Dieu qui guérit comme un bon médecin, différent du docteur Aïbolit seulement en ce qu'Il peut tout soigner. Mais cette représentation est loin d'être exacte et complète. Le Christ guérit parce que, sur la Croix, Il prend sur Lui nos infirmités et nos maladies. L'instrument de la guérison est la Croix du Christ, sur laquelle Il partage nos souffrances. L'apôtre Paul écrit dans la première épître aux Corinthiens : « ...vous avez été rachetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu... » (1 Co 6.20). Il est nécessaire de se souvenir de ce prix pour ne pas rester ingrats.
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
L'évangéliste met à part, dans un groupe de paroles de Jésus-Christ, Ses brèves répliques adressées à diverses personnes et destinées à changer radicalement leurs représentations de la vie. En voici deux exemples remarquables : les paroles disant que « l'homme n'a pas où reposer la tête » et celles sur les « morts qui enterrent leurs morts ». Dans le premier cas, un nouveau disciple, brûlant du désir ardent de suivre le Maître dans le feu et dans l'eau, apprend soudain que, sur ce chemin, il devra envier « les renards et les oiseaux du ciel », que le sort du Maître et des disciples ne correspondra pas du tout à ses représentations de la vie d'un homme glorieux et sage. Dans le second cas, le disciple apprend que la différence entre les morts et les vivants passe au second plan par rapport à cette transfiguration qui attend les disciples de Jésus, si bien qu'à côté d'eux tous les autres apparaissent comme des « morts ». Mais le plus étonnant est que ces deux paroles se suivent dans l'Évangile, révélant les contrastes du Royaume des Cieux : le Maître méprisé et humilié se révèle en réalité le centre de la vie.
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
Que signifient les paroles de Jésus sur la maison qu’Il n’a pas ? Bien sûr, on pourrait les comprendre ainsi : après être sorti pour Son ministère, Jésus menait la vie d’un prophète itinérant qui, par définition, ne pouvait pas avoir de logement permanent. Ce mode de vie était propre à certains prophètes, même si, bien entendu, pas à tous.
Mais il ne s’agit sans doute pas seulement du mode de vie que Jésus menait alors. Il s’agit de l’essence même du Royaume qu’Il a apporté dans le monde. Car la maison n’est pas seulement une habitation ; la maison est avant tout le lieu que l’on éprouve comme celui où l’on se sent chez soi, à sa place. Or le Royaume de Jésus n’est pas de ce monde. Il ne peut Se sentir organiquement, naturellement, chez Lui que là-bas. Ici, dans le monde non transformé, Il ne peut pas avoir de maison au plein sens du terme.
Bien sûr, Il pouvait Se trouver un refuge temporaire, et Il en trouvait toujours. Rien d’étonnant à cela : Jésus ne pouvait Se sentir chez Lui dans ce monde que si ce monde devenait le Royaume. Sans doute, lorsqu’Il reviendra à la fin des temps, en sera-t-il ainsi, car Il reviendra dans un monde transformé, devenu partie du Royaume. Pour l’instant, tout homme qui cherche le Royaume se trouve être un pèlerin dans notre monde en voie de transformation, mais pas encore transformé.
Les paroles de Jésus : « laisse les morts ensevelir leurs morts », en témoignent au mieux. Peu de choses témoignent aussi vivement du mal dans lequel gît le monde que la mort triomphante, et peu de choses attachent autant l’homme au monde dans son état non transformé que les tombes ou les sépulcres des ancêtres morts. Ce n’est pas un hasard si, dans le processus de la résurrection, les tombeaux se vident : les morts reviennent à la vie, et leur abri provisoire n’est plus nécessaire ni à eux-mêmes ni à leurs proches. Le tombeau vide est le signe et le symbole du Royaume triomphant. Le tombeau fermé, qui ne laisse pas partir le mort, est le signe et le symbole de la mort triomphante. Et Jésus appelle Son possible futur disciple à Le suivre, loin du tombeau où triomphe la mort, vers Son Royaume où triomphe la vie.
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
Conformément à son dessein, l’évangéliste Matthieu rapporte deux brèves histoires qui concernent la manière dont Jésus construit la communauté de Ses disciples, la future Église. Bien qu’il ne s’agisse que de deux cas particuliers (remarquons encore une fois combien la relation du Christ avec chaque personne est unique), nous pouvons en tirer quelques conclusions pour nous-mêmes. Qu’attendons-nous lorsque nous nous engageons sur le chemin à la suite du Christ ? Bien sûr, que tout aille mieux pour nous ! Et c’est juste, mais dans quel domaine se situe ce « mieux » ? La réponse laconique de Jésus au scribe montre qu’en tout cas, ce n’est pas dans le domaine de la vie quotidienne. Et il semble encore que Ses paroles laissent entendre de la tristesse…
La seconde scène met toujours en difficulté ceux qui commencent à lire la Bible. Comment Jésus peut-Il se montrer si insensible, presque cruel face à la mort ? Bien sûr, Jésus ne s’oppose pas à ce que l’on enterre ses proches ; par cette parole si choquante, Il force les hommes à réfléchir à ce qu’ils considèrent comme allant de soi. À cette époque, comme de nos jours, beaucoup avaient tendance à considérer la mort comme presque l’événement principal de la vie et à rendre honneur aux défunts au lieu de prendre soin de ces personnes pendant qu’elles étaient encore vivantes. Quoi qu’il en soit, Jésus, qui ouvre en Lui-même le chemin de la vie, place chaque homme devant un choix évident entre la vie et la mort. L’Évangile ne dit pas ce que ce disciple a choisi. Et nous, que choisissons-nous ?
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
Les paroles de Jésus sur les morts qu’il faut laisser enterrer leurs morts peuvent sembler trop dures. Pourtant, Il parle ici de ce qui constitue l’essence de cette vie nouvelle qui, avec Lui, est entrée dans le monde. La situation elle-même pose des questions. On ne sait pas très bien s’il s’agit d’un père déjà mort qui attend d’être enseveli, ou d’un vieillard dont le fils demande la permission de vivre avec lui pour qu’il ne reste pas seul au soir de sa vie. Mais, quoi qu’il en soit, une chose est claire : il s’agit d’aider quelqu’un à finir sa vie. À mourir paisiblement. À l’accompagner dans son dernier voyage.
En un mot, de tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, est lié à la mort. Or Jésus a apporté au monde la plénitude de la vie. Une plénitude que le monde ne connaît pas. Ce que nous appelons ici habituellement la vie se révèle en réalité être une mort différée. Une lente agonie. Et la seule question est de savoir dans quelle mesure nous réussirons à repousser la fin inévitable dans le monde déchu. Le Sauveur propose une alternative à tout cela. La plénitude de la vie. On peut l’accueillir, mais il faudra alors laisser cette apparence de vie qui nous est si familière.
Cesser de mourir et commencer à vivre. C’est étrange, incompréhensible, inhabituel. Plus encore : cela paraît impossible. Même aujourd’hui. Même aux chrétiens. Et aujourd’hui, dans les hôpitaux et les hospices, des chrétiens aident d’autres chrétiens à finir leur vie. Ils les accompagnent dans leur dernier voyage. Et ils cherchent sans cesse de nouveaux moyens de réconcilier ces chrétiens qui s’en vont avec une mort inévitable, qui, pour ces mêmes chrétiens, dans une situation normale, ne devrait tout simplement pas exister.
Et si elle existe, si aujourd’hui ce problème se pose pour les chrétiens qui achèvent leur parcours terrestre avec la même acuité que pour les juifs des temps préchrétiens (et parfois avec plus d’acuité encore, non pas même comme pour des juifs, mais comme pour de véritables païens), cela signifie que quelque chose ne va pas dans notre christianisme. Dans notre rapport à la vie et à la mort. Au chemin. Au Royaume, non pas en général, mais dans notre vie. Si ceux qui s’en vont et ceux qui restent sentent de tout leur être que devant ceux qui partent il n’y a pas le chemin du Royaume, mais la mort et seulement la mort, alors, en vérité, ni les uns ni les autres n’ont jamais vécu de la vie du Royaume. Or Jésus nous oriente précisément vers cette vie-là. Et ce n’est pas du maximalisme : car elle seule mérite sans réserve le nom de vie. Et elle seule vaut la peine d’être vécue.
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
28 Quand il fut arrivé sur l'autre rive, au pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des tombeaux, vinrent à sa rencontre, des êtres si sauvages que nul ne se sentait de force à passer par ce chemin. |
29 Les voilà qui se mirent à crier : " Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? " |
30 Or il y avait, à une certaine distance, un gros troupeau de porcs en train de paître. |
31 Et les démons suppliaient Jésus : " Si tu nous expulses, envoie-nous dans ce troupeau de porcs. " - |
32 " Allez ", leur dit-il. Sortant alors, ils s'en allèrent dans les porcs, et voilà que tout le troupeau se précipita du haut de l'escarpement dans la mer et périt dans les eaux. |
33 Les gardiens prirent la fuite et s'en furent à la ville tout rapporter, avec l'affaire des démoniaques. |
34 Et voilà que toute la ville sortit au-devant de Jésus ; et, dès qu'ils le virent, ils le prièrent de quitter leur territoire. |
La lecture d’aujourd’hui nous ramène de nouveau au thème principal des quatre Évangiles : le thème du Royaume. Nous avons devant nous deux récits : celui de l’apaisement de la tempête (v. 23-27) et celui de la guérison des possédés, des démoniaques (v. 28-34). On pourrait croire qu’il s’agit d’événements très différents, car dans un cas Jésus a affaire à un élément naturel, et dans l’autre à des hommes et à des forces obscures. Mais, au fond, dans les deux cas il s’agit de la manière dont le Royaume de Dieu, que Jésus porte en lui, transfigure le monde qui l’entoure.
Ceux qui l’entourent ont l’impression qu’il possède des capacités surhumaines ou des forces particulières données par Dieu, et qu’il peut donc accomplir des miracles que personne d’autre ne peut accomplir (v. 27). Mais en réalité, il ne s’agit ni de forces ni de capacités, mais du fait que le monde autour de lui est transfiguré ; c’est pourquoi la tempête s’apaise et les démons ne tiennent pas, fuyant au loin (v. 32). Aucune force, même la force de Dieu, n’agit ainsi sur le monde : elle peut certes y changer beaucoup de choses, mais dans le cas présent il ne s’agit déjà plus simplement de changements, mais d’une transfiguration complète, de sorte que les lois mêmes de l’univers changent. Selon les lois du monde non transfiguré, une tempête ne peut pas s’apaiser sans cause. À proprement parler, dans ce monde elle ne s’apaise pas ; mais dans le Royaume elle n’existe pas. Ensuite, tout dépend de la réalité à laquelle participe l’homme qui se trouve au milieu de la tempête : la réalité du monde déchu ou la réalité du Royaume. Et ici, tout est déterminé uniquement par la foi, par la confiance envers celui qui a apporté ce Royaume dans le monde (v. 26).
Mais s’il n’y a pas de foi, même les manifestations du Royaume ne la remplaceront pas par elles-mêmes. Il en fut ainsi avec les démoniaques gergéséniens : la manifestation du Royaume était évidente, et les démons, qui naturellement ne pouvaient la supporter, l’ont senti très vite (v. 29). Avec les hommes, en revanche, tout s’est révélé moins simple. Il était difficile de ne pas croire le récit des témoins oculaires (v. 33), mais ce récit, semble-t-il, produisit sur les habitants du lieu une impression paradoxale : ils demandèrent à Jésus de les laisser en paix (v. 34). Et il est peu vraisemblable que ce fût parce qu’ils avaient pitié du troupeau perdu.
Bien sûr, les habitants de ces lieux étaient païens et pensaient sans doute peu au Messie ou au Royaume. Mais ils comprirent une chose : quelqu’un était entré dans leur vie et y avait apporté quelque chose avec quoi il deviendrait impossible de vivre comme avant. S’il restait parmi eux, toute leur vie changerait brusquement. Et cela, selon toute apparence, ils ne le voulaient pas.
Jésus rencontra ici l’obstacle principal sur son chemin : le refus des hommes d’accueillir le Royaume qu’il leur propose. Alors il s’en va. Car si l’homme refuse le Royaume, le Sauveur n’a plus rien à lui donner.
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Les disciples étaient prêts à suivre le Christ partout où il irait. À sa suite, ils montèrent dans la barque pour l'accompagner. Mais même en suivant le Christ, les disciples mirent trop longtemps à le comprendre. Il est remarquable qu'en décrivant la réaction des disciples à la manière dont Jésus calma la tempête, l'évangéliste écrive: « Les hommes, étonnés, disaient... » Car au moment où les disciples ne comprennent pas le Maître, ils ne peuvent pas être appelés disciples.
Le sommeil du Christ au milieu de la mer agitée frappe non seulement parce qu'il garde une maîtrise de soi saisissante au milieu des éléments déchaînés, alors que tous les disciples sont inquiets. On peut voir aussi dans cette image un autre sens: elle rappelle le repos de Dieu à la fin de la création, lorsque le monde se développait déjà selon le cours qui lui avait été prescrit. Même dans le repos, le Seigneur demeurait Créateur et Seigneur de l'univers en mouvement. Et l'on y devine aussi sa Résurrection à venir, lorsque, se levant du repos du tombeau, il ramènera de nouveau à eux les apôtres désemparés.
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Lorsque les disciples réveillent le Christ, qui dort pendant la tempête, et demandent le salut, Il leur reproche leur crainte et leur peu de foi: mais seulement cela. Il ne fallait pas que des croyants aient peur, mais s'adresser à Dieu, en l'occurrence réveiller le Christ, il fallait sans aucun doute le faire. C'est un détail important: bien sûr, les disciples devaient Le réveiller, que pouvaient-ils faire d'autre? Mais avoir peur, s'agiter nerveusement, se débattre dans la panique, cela, il ne le fallait pas.
Nous pensons souvent que la confiance consiste à somnoler à côté du Maître sur le même coussin de la barque et à essayer nous aussi de nous endormir, en faisant semblant qu'il ne se passe rien. Non, telle n'est pas la tâche des disciples. Nous sommes appelés à vaincre la peur dans notre coeur et à ne pas céder à la désagrégation. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons présenter notre vie à Dieu, afin qu'Il accomplisse Ses miracles et nous sauve.
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Que s’est-il donc réellement passé lors de cette traversée du lac de Génésareth ? Un miracle ? Une intervention surnaturelle de Dieu dans les événements de notre monde non transfiguré ? On peut sans doute envisager la situation de cette manière aussi. Et pourtant, tous les miracles accomplis par Jésus durant Son ministère terrestre témoignent du Royaume. Peut-être cette manifestation de pouvoir sur les éléments peut-elle, elle aussi, être considérée comme un tel témoignage ? Que prouve-t-elle ? La force et l’autorité du Sauveur Lui-même ? Sans doute. Mais seulement cela ? Pour répondre à cette question, il faut essayer de comprendre quelle force a apaisé la tempête. La force de Dieu ? Celle de Jésus Lui-même, qui porte en Lui toute la plénitude de Dieu ? Ou quelque chose d’autre ? Et surtout : la tempête s’est-elle réellement calmée ? À première vue, la question peut paraître étrange. Mais qu’est-ce donc qu’un miracle ? Une simple modification des lois de la nature, survenant en un lieu et à un moment déterminés ? Une telle modification détruirait instantanément notre monde : celui-ci n’existe que parce que les lois sur lesquelles il repose s’y appliquent partout sans exception. Or ce monde a été créé par Dieu avec les lois qui le fondent. Dieu se contredirait-Il donc Lui-même ? Cela paraît peu probable. On peut plutôt supposer que, dans ce cas, d’autres lois, celles d’un autre monde, entrent en jeu parce que ce monde a soudain touché le nôtre. Mais le Royaume est précisément un tel monde ! Il vit selon d’autres lois, différentes de celles du monde non transfiguré, et il est entré en contact avec notre monde non transfiguré grâce à Jésus, qui nous l’a apporté. Le monde qui L’entoure vit selon les lois du Royaume, et non selon celles du monde non transfiguré. Or il n’y a pas de tempêtes dans le Royaume ; sa nature est entièrement soumise à l’esprit. Tant que Jésus dort, le Royaume ne se manifeste d’aucune manière, car Sa volonté ne participe pas à ce qui se passe. Mais dès qu’Il se réveille, le monde qui L’entoure devient le Royaume. Et la tempête s’apaise, car il n’y a pas de place pour elle dans le Royaume.
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Sur le fond des catastrophes qui poursuivent l'humanité, ces paroles sont à la fois un reproche et une espérance. Les terribles malheurs qui frappent le monde s'expliqueraient-ils par une chose aussi simple ? La mort et les souffrances humaines seraient-elles le résultat de la colère de Dieu devant notre peu de foi ? Et pourquoi le Seigneur dit-Il cela, seulement pour nous effrayer ?
Et si nous n'étions pas des gens de peu de foi, qu'arriverait-il ? Les paroles du Christ sur notre crainte supposent que, dans leurs causes, les catastrophes dépendent peu de nous ; sinon, pourquoi en aurions-nous peur ? Le Seigneur ne dit donc nullement que les malheurs sont envoyés comme châtiment. Nous sommes néanmoins appelés à une foi telle que nous puissions assumer la responsabilité du monde où nous avons été placés et résister aux forces de désagrégation. Notre peu de foi constitue, au fond, un refus de cet appel.
Il n'est pas moins important que le Seigneur parle moins de ce qui s'est déjà produit que de « l'avenir ». En pratique, cela signifie pour nous que la foi, c'est-à-dire la confiance en Dieu, peut nous rendre invulnérables à ces malheurs sans cause, « entropiques ». Nous avons les moyens de leur résister : la confiance, la prière et l'amour des hommes. Cela donne de l'espérance, car ces moyens nous sont réellement accessibles.
10 Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : " En vérité, je vous le dis, chez personne je n'ai trouvé une telle foi en Israël. |
11 Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, |
12 tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents. " |
13 Puis il dit au centurion : " Va ! Qu'il t'advienne selon ta foi ! " Et l'enfant fut guéri sur l'heure. |
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
Il est intéressant de se demander qui Jésus appelle au juste « fils du Royaume ». Dans l’usage sémitique traditionnel, hébreu comme araméen, cette expression désigne ceux qui appartiennent au Royaume. Dès lors, à en juger par le contexte de cette parole, il faut penser que Jésus parle de ses compatriotes, des Juifs, du peuple de Dieu. Il est clair que l’appartenance au peuple juif ne garantit pas à elle seule le salut ni l’entrée dans le Royaume : elle n’est qu’un bon fondement sur lequel on peut édifier son salut. Pourtant, le sens des paroles du Sauveur semble être qu’Il parle de ceux qui appartiennent au peuple juif comme de personnes qui possèdent déjà le Royaume, mais qui peuvent, sous certaines conditions, le perdre. Que veut-Il donc dire ? Et de quel Royaume pouvait-il être question avant sa venue dans le monde ? L’histoire même de l’alliance, l’histoire des relations de Dieu avec son peuple, pourrait peut-être répondre à cette question. Dès l’origine, cette histoire supposait non seulement un commencement, mais aussi une fin, un accomplissement, et donc le Royaume. Selon le dessein du Créateur, le destin de chacun de ceux qui appartiennent au peuple de Dieu doit s’accomplir dans le Royaume. Toute l’histoire de l’alliance n’a de sens que dans ce contexte. Or le Royaume embrasse non seulement notre présent, mais aussi notre passé et notre avenir ; il comprend la plénitude des temps et tout le temps existant. Pour le Royaume, semble-t-il, le passé, le présent et l’avenir n’existent pas au sens où nous les entendons : seul est réel pour lui ce qui en fait partie, et, du point de vue du Royaume, le monde entier se divise entre ce qui appartient au Royaume et ce qui ne lui appartient pas. Le temps de notre monde ne joue donc ici aucun rôle particulier : si quelqu’un ou quelque chose a un rapport avec le Royaume, même seulement potentiel, alors, du point de vue de ceux qui demeurent dans le Royaume, cette personne ou cette chose lui appartient également. Notre monde non transfiguré ne commence à prendre conscience de leur appartenance au Royaume que lorsque celui-ci se révèle à lui avec la plénitude nécessaire à cette compréhension. Il n’est donc pas étonnant que Jésus, regardant la situation précisément depuis le Royaume, voie l’appartenance au Royaume du peuple de Dieu tout entier et de chacun de ses membres en particulier. Mais, d’un autre côté, l’histoire de ce peuple se déroule aussi dans notre monde non transfiguré ; elle est, au fond, ou du moins aurait dû être, l’histoire de sa transfiguration. Tant que ce processus n’est pas achevé, le chemin vers le Royaume ne l’est pas non plus. Il reste donc possible de quitter ce chemin et de ne pas entrer là où il conduisait.
5 Comme il était entré dans Capharnaüm, un centurion s'approcha de lui en le suppliant: |
6 " Seigneur, dit-il, mon enfant gît dans ma maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement. " |
7 Il lui dit : " Je vais aller le guérir. " - |
8 " Seigneur, reprit le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon enfant sera guéri. |
9 Car moi, qui ne suis qu'un subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait. " |
10 Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : " En vérité, je vous le dis, chez personne je n'ai trouvé une telle foi en Israël. |
11 Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, |
12 tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents. " |
13 Puis il dit au centurion : " Va ! Qu'il t'advienne selon ta foi ! " Et l'enfant fut guéri sur l'heure. |
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
Comme nous paraîtrions étranges si nous venions chez le médecin avec un bras cassé en lui demandant de l'aide, mais sans lui permettre d'y toucher. On peut dire la même chose de notre prière où nous demandons de l'aide, mais sans foi...
En réponse à la demande du centurion, Jésus ne dit pas quelque chose comme « qu'il te soit fait ce que tu demandes » ou « ton serviteur est guéri, va ». Il dit: « Va, et qu'il te soit fait selon ta foi » (Mt 5:13). Il nous parle ainsi de l'essentiel: il ne suffit pas de demander, la foi est nécessaire. C'est précisément la foi qui remplit la demande de « force », qui la rend réelle, pleine. Car si l'on demande de l'aide à quelqu'un sans croire qu'il puisse l'apporter, on ne la recevra guère. En outre, si nous ne croyons pas que le Seigneur puisse nous aider, nous lui fermons en quelque sorte le chemin, c'est-à-dire que nous ne lui donnons tout simplement pas la possibilité d'apporter cette aide même.
C'est précisément pourquoi le Christ a dit: « Ayez la foi de Dieu. En vérité, je vous le dis, si quelqu'un dit à cette montagne: soulève-toi et jette-toi dans la mer, et s'il ne doute pas dans son cœur, mais croit que ce qu'il dit arrivera, cela lui sera accordé. C'est pourquoi je vous dis: tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et cela vous sera accordé » (Mc 11:23-24).
1 Quand il fut descendu de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre. |
2 Or voici qu'un lépreux s'approcha et se prosterna devant lui en disant : " Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. " |
3 Il étendit la main et le toucha, en disant : " Je le veux, sois purifié. " Et aussitôt sa lèpre fut purifiée. |
4 Et Jésus lui dit : " Garde-toi d'en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et offre le don qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
5 Comme il était entré dans Capharnaüm, un centurion s'approcha de lui en le suppliant: |
6 " Seigneur, dit-il, mon enfant gît dans ma maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement. " |
7 Il lui dit : " Je vais aller le guérir. " - |
8 " Seigneur, reprit le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon enfant sera guéri. |
9 Car moi, qui ne suis qu'un subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait. " |
10 Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : " En vérité, je vous le dis, chez personne je n'ai trouvé une telle foi en Israël. |
11 Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, |
12 tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents. " |
13 Puis il dit au centurion : " Va ! Qu'il t'advienne selon ta foi ! " Et l'enfant fut guéri sur l'heure. |
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
L'évangéliste Matthieu mène son récit de façon très cohérente. Après nous avoir dit, au chapitre 4, en quoi consistait le ministère public de Jésus (vous vous souvenez ? la prédication de l'Évangile du Royaume, la guérison et l'édification de l'Église), il donne aux chapitres 5-7 un exemple de prédication, puis il raconte maintenant les guérisons et les autres miracles.
Les miracles furent nombreux, et Matthieu choisit dans son récit ceux qui lui paraissent les plus révélateurs et les plus importants pour le lecteur juif. Dans la guérison du lépreux, les moments essentiels sont le contact de Jésus avec le malade (on ne peut pas toucher un lépreux !) et l'ordre d'aller se montrer au prêtre et d'offrir le sacrifice. Jésus ne méprise pas la loi de Moïse, mais Il la dépasse par la miséricorde. Dans le cas du centurion, Jésus entre en relation avec un païen (on ne peut pas fréquenter les païens !), mais, au fond, qu'est-ce qui distingue un païen d'un Juif ? La foi. Et le Seigneur montre que la foi vivante du centurion est plus forte que la foi traditionnelle et livresque d'Israël.
Nous voyons que les miracles qu'Il accomplit ne sont pas faits simplement ainsi, mais dans le prolongement de Sa prédication ; et l'apôtre Matthieu, selon son habitude, donne le fondement vétérotestamentaire de ce ministère de Jésus par un passage du célèbre chapitre 53 d'Isaïe.
1 Quand il fut descendu de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre. |
2 Or voici qu'un lépreux s'approcha et se prosterna devant lui en disant : " Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. " |
3 Il étendit la main et le toucha, en disant : " Je le veux, sois purifié. " Et aussitôt sa lèpre fut purifiée. |
4 Et Jésus lui dit : " Garde-toi d'en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et offre le don qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
5 Comme il était entré dans Capharnaüm, un centurion s'approcha de lui en le suppliant: |
6 " Seigneur, dit-il, mon enfant gît dans ma maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement. " |
7 Il lui dit : " Je vais aller le guérir. " - |
8 " Seigneur, reprit le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon enfant sera guéri. |
9 Car moi, qui ne suis qu'un subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait. " |
10 Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : " En vérité, je vous le dis, chez personne je n'ai trouvé une telle foi en Israël. |
11 Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, |
12 tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents. " |
13 Puis il dit au centurion : " Va ! Qu'il t'advienne selon ta foi ! " Et l'enfant fut guéri sur l'heure. |
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre. |
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait. |
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques; il chassa les esprits d'un mot, et il guérit tous les malades, |
17 afin que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies. |
Dans l’Évangile, nous pouvons trouver de nombreux récits de guérisons miraculeuses et d’expulsions de démons hors de différentes personnes. Ces miracles sont d’ordinaire appelés « signes », c’est-à-dire qu’ils servent à montrer quelque chose. Par exemple, dans les récits d’aujourd’hui, les miracles doivent illustrer l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe sur la venue du Messie, qui devait « prendre sur lui nos infirmités et nos maladies ».
Pour les premiers lecteurs de l’Évangile, qui connaissaient ces prophéties par cœur, l’allusion était parfaitement claire : ces guérisons ne sont que le commencement de l’œuvre du salut du monde, que le Christ accomplit dans l’histoire par sa souffrance volontaire (Is 53). Ainsi, le contexte de cette prophétie, et les références que Matthieu y fait, nous conduit au-delà du miracle concret, qui n’a somme toute que peu de rapport direct avec nous-mêmes, et nous introduit dans l’histoire du salut du monde, où se trouvent tous les événements dans lesquels la prophétie s’est accomplie, ainsi que dans notre vie, lorsque le Christ a sauvé notre vie, guéri notre mal, vaincu le mal autour de nous ou en nous.
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