29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
Le secret de la Nativité est le plus souvent lié à une agréable humeur de fête pour nous. En général, un sentiment d'affection et de joie accompagne, habituellement la nouvelle concernant la naissance de l'enfant dans la famille d’une connaissance, qui n’est pas trop proche; l'apparition de l'enfant dans notre propre famille est souvent liée à une attente pénible et pas toujours positive : nous ne connaissons pas avec certitude comment l’enfant passe ces neuf mois dans le sein de sa mère, n’est-il pas malade, tout est-il normal, comment l’accouchement se passera t-il, les médecins ne feront-ils pas faux bond. Et avec la naissance de l'enfant notre angoisse et notre inquiétude ne s'affaiblissent pas, mais au contraire elles s’aggravent de jour en jour. Nos enfants nous contraignent partout et en tout temps à ressentir le souffle de mort.
La célébration de Noël conduit autant à la compréhension de ce terrible fait: Dieu est venu au monde pour nous donner le Royaume - mais ce Royaume, dont Il possède, ne peut nous être transmis que par un testament. Nous avons refusé la possibilité de vivre dans le Royaume, ayant choisi non la vie et le bien, mais la mort et le mal. Et Il est alors né, devenu minuscule et sans-défense, Se confiant entièrement et souverainement aux gens. Il est né dans le monde – et assume donc tout le poids de la mort. Il veut nous faire entrer dans le Royaume, et il Lui reste une seule voie - nous léguer ce que Lui appartient. Et nous devons nous rappeler que seule la mort du Testateur nous permettra de recevoir l’héritage.
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
Le plus souvent, le mystère de Noël est pour nous lié à une agréable ambiance de fête. En général, un sentiment d’attendrissement et de joie accompagne l’annonce de la naissance d’un enfant dans une famille de connaissances, mais pas trop proches ; la venue d’un enfant dans sa propre famille, elle, est souvent liée à une attente angoissante, et pas toujours positive : nous ne savons pas avec certitude comment il passe ces neuf mois, s’il est en bonne santé, si tout va bien, comment se déroulera l’accouchement, si les médecins ne failliront pas. Et avec la naissance de l’enfant, notre inquiétude et notre trouble ne diminuent pas ; au contraire, ils grandissent chaque jour. Nos enfants nous font sentir sans cesse et partout le souffle de la mort.
La célébration de Noël conduit à prendre conscience d’un fait tout aussi terrible : Dieu est venu dans le monde pour nous donner le Royaume, mais ce Royaume qu’Il possède ne peut nous être transmis que par testament. Nous avons refusé la possibilité de vivre dans le Royaume en choisissant non la vie et le bien, mais la mort et le mal. Alors Il est né, Il est devenu tout petit et sans défense, Se confiant aux hommes entièrement et sans réserve. Il est né dans le monde, et cela signifie qu’Il prend sur Lui tout le poids de la mort. Il veut nous introduire dans le Royaume, et il ne Lui restait qu’un seul chemin : nous léguer ce qui Lui appartient.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
Aujourd’hui, nous lisons un immense passage de l’Évangile selon saint Luc, qui comprend le récit de l’Entrée du Seigneur à Jérusalem et celui de la Cène et du dernier entretien du Christ avec Ses disciples. Il s’agit au fond du récit de la conclusion de la Nouvelle Alliance, qui sera définitivement scellée par le Sang du Christ versé sur la Croix.
C’est pour conclure la Nouvelle Alliance que le Seigneur va à la Croix. Nous lisons aujourd’hui qu’aucun pas du Christ sur Son dernier chemin n’est facile. Comme un rasoir, l’action salvatrice de Dieu sépare les hommes. Quelques disciples acceptent ce que le Christ fait et dit, mais autour de Lui s’élève sans cesse la voix de Ses adversaires, qui s’indignent contre Jésus. Finalement, seuls les douze disciples restent auprès de Lui, et même parmi eux l’un se révèle traître. Au pied de Sa croix, au milieu de la foule qui se moque de Lui, nous ne voyons que Sa Très Pure Mère avec le disciple bien-aimé, quelques femmes et le centurion Longin stupéfait, qui proclame, à sa propre surprise, cette vérité : cet homme était le Fils de Dieu.
Mais malgré l’opposition qui ne cesse de se renforcer, le Fils de l’homme poursuit Son chemin comme il est écrit de Lui. La lecture d’un passage aussi long fait sentir l’accélération continue des événements. Ce n’est pas une procession lente et solennelle. Le récit de l’évangéliste donne plutôt l’impression d’une marche rapide dont le but ultime est la conclusion de la Nouvelle Alliance, cette Alliance à laquelle nous participons en communiant au Corps et au Sang du Christ selon Son commandement.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.
Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
La fête de la Pâque approche, et les disciples sont certains que, dans quelques heures, leur Maître deviendra le Roi d'Israël promis, offrira dans le Temple le sacrifice rédempteur pour Son peuple, et que tous Le serviront, et donc les serviront eux aussi, Ses plus proches compagnons. Jésus confirme pour ainsi dire leurs paroles : tout s'accomplira très bientôt — Il ne goûtera pas au repas pascal avant d'avoir offert le sacrifice dans le triomphe du Royaume de Dieu, et les disciples auront douze trônes et l'autorité sur tout Israël.
Et c'est ici que le paradoxe de l'Évangile atteint son sommet : tout se passera exactement ainsi, mais tout se passera d'une tout autre manière. Jésus deviendra Lui-même le sacrifice pascal pour le péché du monde ; Il sera le moindre des hommes — Il sera exécuté comme un criminel, et les disciples connaîtront les persécutions et l'effondrement de leurs espérances. Le sacrifice a été offert, et ceux qui y ont part sont devenus citoyens du Royaume, qui ne ressemble absolument pas à tous les autres royaumes du monde.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
Au cours du séder pascal qui devint la Cène, Jésus montra plus clairement que jamais à Ses disciples ce qu'est le christianisme. C'est précisément la Cène qui est devenue pour les chrétiens l'événement sur lequel la vie de l'Église devait ensuite être fondée, jusqu'au retour du Christ dans la gloire. Toute fraction chrétienne du pain, toute eucharistie, devient en réalité la continuation de cette même Cène qui, tout en appartenant à l'éternité, se réfracte en même temps encore et encore dans l'histoire, devenant ce que l'Église appelle habituellement un sacrement.
Mais qu'était la Cène ? Extérieurement, un séder pascal ordinaire, le repas rituel et festif traditionnel juif célébré le premier jour, ou plus précisément la première nuit, de la fête de Pessa'h. À cet égard, Jésus n'invente rien de nouveau. Il n'a pas l'intention d'élaborer pour Ses disciples un rite religieux particulier. Et cela se comprend : Jésus n'avait pas l'intention de créer une nouvelle religion. Il parle d'autre chose : de Son corps et de Son sang. Que veut-Il dire ?
Dans l'usage juif traditionnel, qu'il s'agisse de l'hébreu ou de l'araméen, le corps et le sang désignent la personne, la nature humaine, la vie humaine. Mais la vie dans toute sa plénitude, tant naturelle que spirituelle. Dans le cas du Christ, cela représente énormément. On pourrait dire : immensément, car Il porte en Lui la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et les repas rituels juifs avaient toujours été un lieu de rencontre, non seulement de Dieu avec la personne, mais aussi des personnes rassemblées à une même table les unes avec les autres. La présence de Dieu les unissait et les sanctifiait comme un tout unique, un seul organisme, un seul corps spirituel. Aux temps évangéliques, tout le peuple juif était précisément perçu de cette manière, comme un unique organisme spirituel et non pas seulement comme une communauté ethnique. Les repas rituels jouaient un rôle immense dans son existence comme corps spirituel unique : avant tout, bien sûr, les repas du shabbat, mais aussi ceux des autres fêtes juives, qui reposaient sur la fraction du pain comme moment de rencontre des participants avec Dieu et entre eux.
Jésus S'introduit Lui-même dans cette communion. Il y apporte la plénitude de Sa vie, et donc de la vie du Royaume qu'Il a apporté au monde. Il l'y apporte pour tous les temps à venir, jusqu'au jour où Il reviendra comme Roi triomphant de Son Royaume pleinement révélé. Le christianisme est précisément la participation à cette vie du Christ, le fait d'avoir part à la vie de Son Royaume. Tout le reste n'est que son cadre, un contexte historique qui peut prendre n'importe quelle forme, pourvu qu'il ne contredise pas la tâche principale. À la rigueur, on peut même s'en passer complètement, pourvu que demeure ce qui a commencé lors de la Cène. C'est en effet cela qui fait de l'Église l'Église. Le reste sera donné par surcroît, s'il est nécessaire.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
La Cène se déroule dans une grande chambre haute, déjà préparée pour recevoir des invités. Cette chambre haute ressemble à l’homme qui, libéré des forces obscures, doit inviter le Christ chez lui afin qu’Il demeure constamment dans son coeur. Le Christ est entré dans la chambre haute de Jérusalem pour y accomplir la Cène, mais aujourd’hui encore chaque coeur peut devenir une telle chambre haute grâce à l’Eucharistie.
Si Jésus n’est pas invité dans la chambre haute balayée et préparée, des esprits impurs s’y installeront. À de nombreuses reprises, on a tenté de justifier Judas, d’attribuer à sa trahison des motifs élevés, mais l’évangéliste témoigne clairement : Satan entra en Judas. Il entra précisément parce que Judas s’était détourné du Maître. Et nous voyons que les autres disciples aussi, bien qu’ils n’aient pas commis de trahison comme Judas, pensaient dans les catégories du succès terrestre. À la veille des souffrances du Maître, dont ils avaient été avertis, ils discutent avec légèreté de la primauté... La nature humaine déchue est prête à tout déformer ; même le service chrétien, elle s’efforce de le transformer en moyen d’affirmation de soi. Et si une telle tentation commence à nous assaillir, que les paroles du Sauveur ne se taisent pas dans notre conscience : que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
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