2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
En réponse à la demande des disciples de leur apprendre à prier, le Seigneur Jésus Christ leur propose la prière du « Notre Père » et y ajoute un bref enseignement. La brièveté même de la réponse du Christ à une question aussi importante est frappante. Dans le christianisme contemporain, on parle toujours de la prière beaucoup plus longuement que ne l'a fait le Seigneur. Et dans ses paroles, on peut distinguer plusieurs points d'une importance fondamentale. Tout d'abord, le Seigneur ne dit rien aux disciples de semblable à : « Vous ne pouvez pas encore comprendre cela », comme il le dit parfois aux disciples et surtout aux Juifs au sujet du mystère de l'Incarnation. Ses recommandations sont assez simples et pratiques, et il ne fait pas de la prière une action ésotérique réservée aux élus et aux initiés, fermée aux profanes.
Le Seigneur propose de s'adresser à son Père céleste avec révérence et de demander l'accomplissement de sa volonté et de son dessein sur le monde. Il propose aussi une demande très brève pour les besoins quotidiens, une demande de pardon, de capacité à pardonner et de protection contre le mal. Ensuite, dans l'explication qu'il donne aux disciples, il ne parle que de persévérance et d'humilité dans la prière. Tout le reste, sur quoi des volumes ont été écrits, se rapporte au fond moins à la prière qu'à notre besoin de rassembler en une unité notre personnalité morcelée.
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
Le Seigneur Jésus Christ propose à Ses disciples la prière de «notre Père» et la complète d’une petite recommandation en réponse à la demande de ces derniers de les enseigner à prier. Le laconisme de la réponse du Christ à une si importante question, est en soi abracadabrant. Les conversations sur la prière dans le christianisme contemporain sont bien plus amples que ce que dit le Seigneur. En outre, on peut relever de Ses mots quelques moments très importants. Prioritairement, Jésus ne dit rien de semblable à ces mots: «vous ne pouvez pas comprendre cela maintenant» à Ses disciples, comme Il l’a fait parfois aux disciples et surtout aux Juifs sur le mystère de l’incarnation. Sa recommandation est d’un caractère assez simple et pratique; Il ne fait pas de la prière une action ésotérique, c'est-à-dire accessible seulement aux élus et initiés et voilée aux profanes.
Le Seigneur Jésus propose de s’adresser à Son Père Céleste avec dévotion et demander l’accomplissement de Sa volonté et de Son dessein pour le monde. Il propose aussi une très brève demande de nos besoins journaliers, une demande de pardon, de l’aptitude de pardonner les autres, et la protection du mal. Et Jésus ne parle ensuite que de l’insistance et de l’humilité dans la prière dans Son explication aux disciples. Tout le reste, ce qui est écrit dans des tomes ne concerne en effet non seulement la prière, mais aussi le fait que nous devons réunir notre personnalité qui est divisée en partie.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l’admiration. |
15 Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le prince des démons, qu’il expulse les démons. » |
16 D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s’écroule. |
18 Si donc Satan s’est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il ?... puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. |
21 Lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté ; |
22 mais qu’un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. |
24 « Lorsque l’esprit impur est sorti de l’homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N’en trouvant pas, il dit : « Je vais retourner dans ma demeure, d’où je suis sorti. » |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l’état final de cet homme devient pire que le premier. » |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » |
28 Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! » |
La demande des disciples au Sauveur au sujet de la prière peut, à première vue, sembler étrange. Qui donc, dans la société juive alors si religieuse, ne savait pas prier ? Les parents enseignaient les prières traditionnelles à leurs enfants dès le plus jeune âge, de même que tout garçon juif était initié dès l'enfance à la lecture de la Torah à la maison. En ce sens, il ne pouvait tout simplement pas y avoir, dans la société juive de l'époque, de personnes ne sachant pas prier. Mais il s'agit ici d'autre chose. À l'époque évangélique, des pratiques de prière très diverses existaient dans le milieu religieux juif.
La prière intérieure continuelle était assez répandue, surtout parmi les pharisiens. Certains cherchaient même à souligner leur ferveur particulière : ils marchaient en heurtant les gens et les arbres, comme s'ils ne voyaient rien ni personne, ou s'arrêtaient soudain au milieu de la rue, feignant d'être absorbés dans la contemplation priante. Et les manières de prier étaient nombreuses.
Différents maîtres proposaient leurs propres formes de prière, si bien que la question des disciples à Jésus était tout à fait compréhensible. Les pratiques de prière sont nombreuses. Laquelle nous recommandes-tu ? Or Jésus ne propose aux apôtres rien de particulièrement compliqué. La prière qu'il leur donne est courte ; elle ne contient que les demandes principales, essentielles à la vie spirituelle du chrétien qui cherche le Royaume. Aucun verbiage, rien de superflu. Pas de longues prières, pas de méthodes particulières.
Cela se comprend : il s'agit de communion avec Dieu. Non de se plonger dans un état particulier de conscience modifiée, non de vivre telle ou telle expérience, mais de rencontrer Dieu. De faire se rejoindre deux volontés : celle de Dieu et celle de l'homme. Alors aura lieu la Rencontre. Ensuite, il ne restera qu'à maintenir le contact établi. À ne pas perdre Dieu de vue.
L'essentiel dans la prière est la continuité de la présence intérieure devant Dieu. La constance de la volonté et des intentions que l'homme dirige vers lui. Ce n'est pas un hasard si Jésus parle de demandes incessantes et persévérantes. Il ne s'agit pas d'avoir Dieu à l'usure, mais de garder avec lui un contact permanent, pour qu'il puisse agir avec l'homme continuellement, et non de temps à autre. Sans cela, la vie du Royaume est impossible : elle n'est possible que comme cette communion ininterrompue avec Dieu. Toutes les pratiques de prière et de vie spirituelle n'existent que pour cette communion ininterrompue. Elles ne sont qu'un moyen. Le but est la vie avec Dieu. Dans toute sa plénitude.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l’admiration. |
15 Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le prince des démons, qu’il expulse les démons. » |
16 D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s’écroule. |
18 Si donc Satan s’est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il ?... puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. |
21 Lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté ; |
22 mais qu’un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. |
24 « Lorsque l’esprit impur est sorti de l’homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N’en trouvant pas, il dit : « Je vais retourner dans ma demeure, d’où je suis sorti. » |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l’état final de cet homme devient pire que le premier. » |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » |
28 Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! » |
La lecture d’aujourd’hui comprend deux épisodes que l’évangéliste réunit en un seul récit. Il commence par la question des disciples au sujet de la prière ; en réponse, Jésus leur propose, et par là même à nous tous, la prière du « Notre Père » (v. 1–4). Luc, comme on le voit, accorde une attention principale à l’importance de la demande, et même de la demande insistante, comme condition nécessaire pour obtenir ce qui est demandé (v. 5–13). Il semblerait que Dieu ne soit pas un homme, pour qu’il faille Lui rappeler encore et encore, comme à un intendant oublieux ou malveillant, ce que l’on demande. Mais, d’autre part, l’insistance apparaît ici avant tout comme le témoignage que l’homme se souvient de sa demande, qu’elle est réellement importante pour lui. En effet, vaut-il la peine d’exaucer une demande que celui qui la formule oublie dès le lendemain ? On ne peut demander ainsi que des bagatelles ; quant aux demandes importantes, celui pour qui elles sont réellement importantes est prêt à les répéter encore et encore, confirmant le sérieux de ses intentions.
Il est question du même sérieux dans la seconde partie du passage d’aujourd’hui. Et il ne s’agit pas seulement du fait que l’idée même de pouvoir chasser les démons par la puissance de leur chef était absurde (v. 17–18, 21–22). Il s’agit aussi du fait que, pour ceux qui discutaient, tout ce que faisait Jésus était une sorte de jeu, quelque chose qui rappelait de loin leurs propres débats, lesquels étaient sans doute très captivants, mais au fond n’engageaient à rien. De là vient l’exigence d’un signe, qui deviendrait la preuve que Jésus avait raison (v. 14–16).
La preuve devait être théologiquement correcte, elle devait correspondre aux représentations « justes » de l’école rabbinique « juste », afin d’être acceptée. Et tant qu’une telle preuve n’était pas présentée, tout convenait pour expliquer ce qui se passait, y compris des affirmations absurdes au sujet du « prince des démons ». Mais Jésus Lui-même n’avait pas l’intention de jouer à ces jeux, car pour Lui tout ce qu’Il faisait était absolument sérieux. Et Il essaie d’expliquer à Ses interlocuteurs tout le sérieux de ce qui se passe (v. 24–26). Les jeux sont finis ; il est question de la vie spirituelle et de la mort spirituelle de l’homme.
Mais les disputeurs professionnels, semble-t-il, n’en ont cure. Ce qui leur importe, c’est de vérifier si Jésus saura les vaincre dans la discussion ou non. Et, dans leurs disputes, ils perdent le Royaume sans s’en apercevoir. Car le Royaume n’est pas un jeu, il est sérieux. Et pour toujours.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l’admiration. |
15 Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le prince des démons, qu’il expulse les démons. » |
16 D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s’écroule. |
18 Si donc Satan s’est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il ?... puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. |
21 Lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté ; |
22 mais qu’un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. |
24 « Lorsque l’esprit impur est sorti de l’homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N’en trouvant pas, il dit : « Je vais retourner dans ma demeure, d’où je suis sorti. » |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l’état final de cet homme devient pire que le premier. » |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » |
28 Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! » |
On ne se tromperait sans doute pas en disant que le message central de la prédication du Christ est le message du Père. Dans beaucoup d'autres paraboles, le Seigneur présente une image de Dieu proche des conceptions juives et peut-être parfois nécessaire pour nous : celle d'un Roi qui exerce un pouvoir absolu sur Ses sujets. Mais dans les paraboles d'aujourd'hui, Il apparaît seulement comme un père qui aime ses enfants quels qu'ils soient, ou comme un ami prêt à venir en aide même au moment qui lui convient le moins.
Les auditeurs de Jésus savent par leur propre expérience que, si sombre et malveillant que soit un homme, il demeure capable de tendresse et de sollicitude envers ce qu'il a de plus cher : ses enfants. Ils savent également que les hommes sont capables de s'entraider dans le besoin, même lorsque cela leur est désagréable. Maintenant, dit Jésus, comprenez une chose simple : Dieu est meilleur que vous, plus bienveillant et plus généreux ; serait-Il donc pour vous un Père moins bon que vous ne l'êtes pour vos enfants ? Dans cette lumière, la prière du « Notre Père » devient non pas simplement l'une des manières possibles de s'adresser à Dieu, mais une révélation étonnante du mystère de l'amour du Père, plus fort et plus tendre que tout ce qui existe au monde.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Il y a quelque chose de commun entre les lectures d’aujourd’hui tirées de la Genèse et de l’Évangile selon Luc. Abraham parle avec son hôte (ses hôtes ?), tout en comprenant qu’il parle avec Dieu. Et cela transforme toute la conversation en prière. Cette prière atteint-elle son but ? Si son but était l’intercession pour Sodome et Gomorrhe, alors non ! Mais si le but consiste à approfondir la relation avec Dieu, à discerner Sa volonté et à pénétrer les profondeurs de Sa miséricorde, alors oui, ce but est atteint ! Tout le passage de l’Évangile selon Luc parle de la même chose. Que doit être notre prière, quel est son but ? Et la réponse de Jésus est la prière du « Notre Père » et l’acquisition de l’Esprit Saint.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Aujourd’hui, le Seigneur parle aux disciples de la prière et, en réponse à leur demande de leur apprendre à prier, leur propose le Notre Père, qu’Il complète par une brève instruction. La brièveté même de la réponse du Christ à une question si importante est frappante. Dans le christianisme contemporain, le discours sur la prière est toujours bien plus développé que les paroles du Seigneur. On peut distinguer dans celles-ci plusieurs points d’une importance fondamentale. Tout d’abord, le Seigneur ne dit rien aux disciples qui ressemble à : « Vous ne pouvez pas comprendre cela maintenant », comme Il le dit parfois aux disciples, et surtout aux Juifs, au sujet du mystère de l’Incarnation. Ses recommandations sont plutôt simples et pratiques, et Il ne fait pas de la prière un acte ésotérique accessible à quelques élus et initiés, mais fermé aux profanes.
Le Seigneur propose de s’adresser à Son Père céleste avec révérence et de demander l’accomplissement de Sa volonté et de Son dessein pour le monde. Il propose aussi une très brève demande concernant les besoins de la vie quotidienne, une demande de pardon, de capacité à pardonner et de protection contre le mal. Puis, dans Son explication aux disciples, Il ne parle que de persévérance et d’humilité dans la prière. Tout le reste, sur lequel des volumes ont été écrits, concerne au fond moins la prière que la nécessité pour nous de rassembler notre personnalité morcelée.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
La question que les disciples adressent à Jésus au sujet de la prière était tout à fait traditionnelle à l'époque évangélique. Les rabbins savants et les maîtres de la Torah accordaient alors, en général, une grande attention à la prière et aux règles qui la régissaient : leur étendue, leur forme et leur contenu. La prière correcte était considérée comme le fondement de toute relation de l'homme avec Dieu ; on attribuait à la parole une importance presque autonome dans cette relation. Sans aller, bien sûr, jusqu'à la magie pure et simple, les prescriptions relatives à la prière étaient empreintes de formalisme, et même largement. Jésus, Lui, propose à Ses disciples une prière brève, mais d'une extraordinaire densité spirituelle.
Chaque mot, chaque demande y est chargé d'un sens profond. En deux mille ans d'histoire chrétienne, on a tant écrit sur chacun qu'une vie humaine entière ne suffirait probablement pas à étudier ces seuls commentaires du Notre Père. Mais il ne s'agit évidemment pas seulement de ce que nous appellerions aujourd'hui la richesse théologique de cette courte prière proposée par Jésus à Ses disciples. Il s'agit avant tout de sa qualité spirituelle. Ce n'est pas un hasard si le Sauveur prend l'exemple d'un homme qui demande de l'aide à son ami : Dieu est précisément un ami pour l'homme, et un ami qui comprend que l'affaire est sérieuse ne refusera pas son aide.
Mais, pour qu'il le comprenne, la demande doit être insistante et persévérante. Celui qui s'adresse à Dieu sans croire pleinement qu'il recevra ce qu'il demande ne recevra très probablement rien. Non parce que Dieu l'entendrait moins bien qu'un homme persévérant, mais parce que la persévérance n'est ici que l'expression de la profondeur et de l'intensité des relations qui unissent le demandeur à Dieu, et de la profondeur de sa confiance en Lui. Sans cela, aucune relation avec Dieu n'est possible, et il est vain de s'adresser à Lui.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
Dans la prière du Seigneur, nous demandons au Père de nous donner notre pain quotidien, entendant par là les biens matériels sans lesquels la vie ne pourrait se poursuivre. Par exemple, lorsqu'il fallut traduire la Bible en langue esquimaude, les spécialistes durent employer le mot « poisson » au lieu de « pain », car, pour ce peuple, le pain est davantage un produit de luxe que la base de l'alimentation quotidienne.
On peut aussi l'interpréter plus largement et comprendre cette phrase de la prière comme une demande de recevoir des forces pour chaque jour. Mais bien pour chaque jour pris séparément, et non pour toute la vie. Le Christ nous appelle à demander notre « pain quotidien », celui d'aujourd'hui, et à ne pas nous soucier du lendemain. Pourtant, combien de fois commençons-nous à demander quelque chose pour l'avenir — quelque chose qui n'existe encore que dans nos projets et nos rêves...
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||