19 Faites-moi voir l'argent de l'impôt. " Ils lui présentèrent un denier
20 et il leur dit : " De qui est l'effigie que voici ? et l'inscription ? " Ils disent :
21 " De César. " Alors il leur dit : " Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est Dieu. "
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La question des pharisiens et la réponse du Christ sur l'impôt dû à César révèlent une immense différence dans les positions de départ. En cherchant à piéger le Seigneur, les pharisiens posent une question de priorités : qu'est-ce qui est plus important, obéir à un pouvoir étranger mais effectivement fort, ou préserver l'autodétermination nationale ? Il importe de noter que ces deux valeurs supposées se situent hors de la sphère religieuse. Plus encore, l'histoire d'Israël connaissait déjà à cette époque des exemples où la dignité nationale exigeait la résistance, tandis que le Seigneur, par la bouche du prophète, appelait à se soumettre au conquérant, car il était l'instrument du Seigneur.
Ensuite, les pharisiens s'attendent à ce que le Sauveur, partant de l'idée que le Royaume, c'est-à-dire la souveraineté unique de Dieu, est au-dessus de tout, dise qu'il ne faut pas obéir aux autorités terrestres. C'est précisément pour ce cas qu'ils ont appelé avec eux les hérodiens, afin de livrer aussitôt le Seigneur à ces mêmes autorités. Mais toute la question est que les pharisiens pensent que le Royaume de Dieu et le principat d'Auguste sont des réalités comparables par leur nature et leur échelle, pouvant être mises en relation l'une avec l'autre dans le cadre de l'alternative proposée, même si elle est perfide. Pour eux, le Royaume de Dieu est un État israélite terrestre politiquement réussi, que dirigera le Messie attendu.
Mais la réponse du Seigneur ne laisse rien subsister d'une telle position des pharisiens. Dans la réponse du Christ, le Royaume de Dieu et le royaume de César apparaissent comme deux plans qui ne se croisent pas, incomparables par leur échelle. Le Royaume de Dieu appartient à l'éternité et embrasse tout ce qui existe ; un royaume terrestre, limité dans le temps et l'espace, ne peut même pas en être une petite ressemblance, pas plus qu'une bande d'infusoires dans une flaque de cour ne peut être une ressemblance comparable de la biosphère terrestre. Ainsi, la réponse du Christ rejette complètement la sacralisation romaine, et aussi juive tardive, du royaume terrestre. Plus tard, l'apôtre Paul donnera les explications définitives sur ce thème lorsqu'il dira que notre citoyenneté est dans les cieux, et qu'il nous faut obéir aux autorités terrestres seulement parce qu'elles s'opposent au mal et à la violence, et dans cette mesure.
Mais l'essentiel dans les paroles du Christ est l'appel à rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Même la question du rapport entre le royaume terrestre et le Royaume céleste passe au second plan. L'essentiel n'est pas la manière dont tu organises tes affaires et tes relations terrestres ; l'essentiel est la manière dont tu construis ta relation avec Dieu. Faut-il payer l'impôt à César ? La question n'est pas si simple ni si évidente, mais elle peut être résolue. La vie de l'homme, elle, n'est pas déterminée par cela, mais par ce qu'il apporte à Dieu.
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