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RÉFLEXIONS pour Dn 9:4-10; Lc 6:36-38

4 Je suppliai Yahvé mon Dieu, faisant confession :
« Ah ! mon Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes l’Alliance et la grâce pour ceux qui t’aiment et observent tes commandements.
5 Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.
6 Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.
7 À toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
9 Au Seigneur notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous l’avons trahi,
10 et nous n’avons pas écouté la voix de Yahvé notre Dieu pour marcher selon les lois qu’il nous avait données par ses serviteurs les prophètes.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
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Chacun connaît des moments où il prend conscience d'être pécheur. Daniel parle d'une faute commune (Dn 9:5), sans la nier ni se justifier sous prétexte qu'il n'est pas le seul à avoir péché. Et il oppose ces péchés non pas à quelque étranger, mais à la sainteté et à la beauté de Dieu Lui-même. Daniel regarde le Seigneur et se purifie sous Son regard miséricordieux, ce regard qui sera manifesté au monde en Jésus.

Jésus parle Lui aussi de la miséricorde de Dieu, rappelant aux Juifs les vérités de l'Ancien Testament. Mais Il va plus loin : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux », les appelant à agir et à imiter. Le verset 38 peut sembler paradoxal, mais telle est la miséricorde de Dieu, telle est Sa loi. Dans la seconde partie du verset, nous lisons l'éternelle inégalité de notre relation avec Dieu : Il ne peut tout simplement pas donner moins—moins que Son Incarnation, Son Amour et Sa Croix. C'est à l'aune de ces dons que nous mesurons tout ce que nous faisons dans le monde.

Autres réflexions

 
Pour Dn 9:4-10
4 Je suppliai Yahvé mon Dieu, faisant confession :
« Ah ! mon Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes l’Alliance et la grâce pour ceux qui t’aiment et observent tes commandements.
5 Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.
6 Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.
7 À toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
9 Au Seigneur notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous l’avons trahi,
10 et nous n’avons pas écouté la voix de Yahvé notre Dieu pour marcher selon les lois qu’il nous avait données par ses serviteurs les prophètes.
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Tout homme connaît des moments où il prend conscience qu’il est pécheur. Daniel parle d’une faute commune, sans se dérober ni se justifier par le fait qu’il n’est pas le seul à avoir péché....  Lire la suite

Tout homme connaît des moments où il prend conscience qu’il est pécheur. Daniel parle d’une faute commune (Dn 9:5), sans se dérober ni se justifier par le fait qu’il n’est pas le seul à avoir péché. Et il oppose ces péchés non pas à quelque «oncle étranger», mais à la sainteté, à la beauté de Dieu lui-même. Daniel regarde le Seigneur, se purifiant sous son regard miséricordieux, qui sera manifesté au monde en Jésus.

Jésus parle lui aussi de la miséricorde de Dieu, rappelant aux Juifs les vérités de l’Ancien Testament. Mais il va plus loin: «Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux», appelant à l’action et à l’imitation. Le verset 38 paraît contradictoire, mais c’est ainsi que se présente la miséricorde de Dieu, sa loi. Dans la seconde partie du verset, nous lisons l’inégalité éternelle de nos relations avec Dieu: il ne peut tout simplement pas donner moins, moins que son Incarnation, son Amour et la Croix. C’est par ces dons qui sont les siens que nous éprouvons tout ce que nous accomplissons dans le monde.

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Pour Dn 9:4-10
4 Je suppliai Yahvé mon Dieu, faisant confession :
« Ah ! mon Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes l’Alliance et la grâce pour ceux qui t’aiment et observent tes commandements.
5 Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.
6 Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.
7 À toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
9 Au Seigneur notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous l’avons trahi,
10 et nous n’avons pas écouté la voix de Yahvé notre Dieu pour marcher selon les lois qu’il nous avait données par ses serviteurs les prophètes.
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Lorsque nous parlons de repentir, nous entendons parfois par là ce qui, du point de vue biblique, n’est pas du tout le repentir. Le mot même...  Lire la suite

Lorsque nous parlons de repentir, nous entendons parfois par là ce qui, du point de vue biblique, n’est pas du tout le repentir. Nous comprenons le plus souvent le mot « repentir » comme la reconnaissance de notre état de péché et de notre insignifiance, nécessairement suivie d’une autoflagellation et de timides promesses de nous corriger à l’avenir, si nous y parvenons, et de commencer une vie nouvelle, si cela nous réussit.

Or, tant le mot hébreu que le mot grec correspondant, traduit en russe par « repentir », signifie « retour ». Ainsi, dans le repentir, l’essentiel n’est ni l’autoflagellation ni les promesses, ni même la conscience de son péché, bien qu’elle soit naturellement nécessaire elle aussi, mais la résolution de se tourner vers Dieu. De se tourner vers Lui tel que l’on est, sans désir d’embellir la situation ou de « devenir meilleur » par ses propres forces.

Le désir de paraître plus présentable aux yeux de Dieu est bien sûr tout à fait compréhensible. Il n’est pas nécessairement question ici de peur du châtiment : après tout, on veut toujours paraître sous son meilleur jour aux yeux de celui qu’on aime, parfois même meilleur qu’on ne l’est en réalité. Mais ces tentatives sont inutiles : Dieu connaît déjà chacun de nous sur le bout des doigts, Il voit à travers nous, et nous ne pourrons de toute façon rien Lui cacher.

Daniel n’essaie ni de Lui cacher quoi que ce soit ni d’embellir la situation. En se tournant vers Dieu, il Lui dit directement : toute la vérité et toute la justice sont auprès de Toi, et nous n’avons rien d’autre que nos péchés. Ce n’est pas de l’humiliation de soi, mais un regard simple et lucide sur lui-même, sur son peuple et sur son histoire. Et c’est en même temps l’espérance qu’une vie nouvelle reste possible, possible parce que le désir de cette vie nouvelle est présent non seulement chez Daniel personnellement, mais dans le peuple entier.

Alors quoi ? Le seul désir d’une vie nouvelle suffit-il ? Peut-on oublier tous les péchés du passé et ne plus jamais s’en souvenir ? À la fois oui et non. Il est absolument nécessaire de prendre conscience de ses péchés et de ses erreurs, avant tout pour ne pas les répéter. Mais quel sens y a-t-il à se tourmenter pour eux ?

Dieu n’a besoin de notre autoflagellation sous aucune forme et d’aucune manière. Il n’est pas un sadique qui désire punir le pécheur aussi sévèrement que possible. Elle ne nous aidera pas davantage : pour nous éloigner du péché, il nous faut seulement comprendre ce qui s’est passé et prendre la résolution de ne plus agir ainsi ; le reste est l’affaire de Dieu, Il sait soutenir notre disposition à résister à nos péchés. L’essentiel est que cette disposition existe. Daniel comprend qu’elle est là. Et il se tourne vers Dieu pour Lui demander de soutenir ceux qui sont prêts à renoncer à la vie de péché et à Le suivre en choisissant Son chemin, le chemin qui conduit à la vie.

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Pour Dn 9:4-10
4 Je suppliai Yahvé mon Dieu, faisant confession :
« Ah ! mon Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes l’Alliance et la grâce pour ceux qui t’aiment et observent tes commandements.
5 Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.
6 Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.
7 À toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
9 Au Seigneur notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous l’avons trahi,
10 et nous n’avons pas écouté la voix de Yahvé notre Dieu pour marcher selon les lois qu’il nous avait données par ses serviteurs les prophètes.
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La prière de Daniel rapportée dans le livre est un exemple typique de prière de repentir. Elle exprime avant tout l'essentiel, sans quoi il n'y a pas de repentir : la crainte de Dieu. Non la peur du châtiment que l'on pourrait recevoir de Dieu pour avoir transgressé les commandements donnés...  Lire la suite

La prière de Daniel rapportée dans le livre est un exemple typique de prière de repentir. Elle exprime avant tout l'essentiel, sans quoi il n'y a pas de repentir : la crainte de Dieu. Non la peur du châtiment que l'on pourrait recevoir de Dieu pour avoir transgressé Ses commandements, mais la conscience d'avoir fait quelque chose qui pourrait détruire notre relation avec Lui, la détruire une fois pour toutes. C'est là, au fond, que commence tout repentir.

Tant que l'homme est convaincu que rien de catastrophique ne s'est produit, qu'il ne s'agit que d'un petit malentendu facile à réparer par ses propres forces, il n'y a pas encore de véritable repentir. Il n'y a que la conscience de certaines erreurs que l'on peut pourtant corriger aisément sans se tourner vers Dieu. Or, sans se tourner vers Dieu, on ne peut rien corriger dans la vie spirituelle. Non parce qu'après la chute l'homme serait devenu absolument impuissant.

Certes, après la chute, l'homme n'est plus celui qu'il était, mais il peut tout de même encore faire certaines choses. La question est ailleurs : dans sa relation avec Dieu. Ce qui rend le péché terrible, ce n'est pas qu'il soit immoral et déplaise à Dieu. Bien des choses en nous Lui déplaisent, mais Il ne nous abandonne pas pour autant. Le péché est terrible parce qu'il dresse un mur entre l'homme et Dieu, nous séparant de Lui.

Seul un mouvement et un effort conjoints de Dieu et de l'homme l'un vers l'autre peuvent abattre ce mur. Conjoints, précisément : sinon, rien n'aboutira. Car l'homme est libre, et l'absence d'effort de sa part ne peut signifier qu'une chose : Dieu lui est indifférent, la situation présente lui convient parfaitement, il n'a pas l'intention d'abattre le mur qui le sépare de Dieu. Dans ce cas, Dieu ne l'abattra pas non plus. Il n'imposera à l'homme ni Sa présence ni la communion avec Lui.

Et voici un deuxième point très important : l'espérance en la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde inséparable de l'amour, qui se manifeste dans la disposition de Dieu à faire bien davantage que ce que le pécheur mérite et que ce à quoi il a droit. Ce n'est qu'à cette condition que l'homme peut compter sur quelque chose. Espérer en ses mérites et revendiquer ses droits devant Dieu est une impasse spirituelle. Et ce n'est même pas parce que Dieu a, en tout état de cause, plus de mérites, mais parce qu'une telle attitude limite Ses possibilités.

L'homme est libre, et s'il n'accepte de recevoir de Dieu que ce qu'il a mérité ou ce à quoi il a droit, il recevra exactement ce qu'il demande. Il n'aura alors plus rien à incriminer, sinon sa propre présomption. C'est pourquoi le repentir est aussi une confiance entière en Dieu, malgré notre propre état de pécheur. Et la disposition à recevoir de Lui un don que rien ne nous a fait mériter : la libération du pouvoir du péché, auquel on s'est soumis par sa propre sottise et sa légèreté, voire tout à fait consciemment. Et non seulement ce don, mais un don plus grand encore : la plénitude de la vie du Royaume, sans laquelle il n'y a pas de salut.

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Pour Dn 9:8
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
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La repentance est le début de la guérison, cette conversion à Dieu pour le pardon et le salut. C'est pourquoi, si nous sommes inquiétés par le sort de notre peuple, alors il nous faut nous s’interroger notamment sur ce verset. Y a-t-il la honte sur nos visages, n'avons-nous pas désappris à éprouver la honte? Et nos rois, et les princes, et nos pères? Ne vous semble t-il pas que dans notre monde plusieurs problèmes sont liés notamment à cela?...  Lire la suite

La repentance est le début de la guérison, cette conversion à Dieu pour le pardon et le salut. C'est pourquoi, si nous sommes inquiétés par le sort de notre peuple, alors il nous faut nous s’interroger notamment sur ce verset. Y a-t-il la honte sur nos visages, n'avons-nous pas désappris à éprouver la honte? Et nos rois, et les princes, et nos pères? Ne vous semble t-il pas que dans notre monde plusieurs problèmes sont liés notamment à cela?

Nous savons même faire de notre situation critique un objet d'orgueil. Le nombre de tueries dans le monde ne fait qu’augmenter. Quelle est notre réaction? Mais, seulement?! Où est la honte sur nos visages, où est notre cri : «nous avons péché contre Toi»? Dieu a dit : «Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie.» (Ezechiel. 33:11). Mais nous non seulement nous ne nous convertissons pas, mais semble t-il, avons déjà oublié que nous sommes des pécheurs.

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Pour Lc 6:36-38
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
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Tout homme connaît des moments où il prend conscience qu’il est pécheur. Daniel parle d’une faute commune, sans se dérober ni se justifier par le fait qu’il n’est pas le seul à avoir péché....  Lire la suite

Tout homme connaît des moments où il prend conscience qu’il est pécheur. Daniel parle d’une faute commune (Dn 9:5), sans se dérober ni se justifier par le fait qu’il n’est pas le seul à avoir péché. Et il oppose ces péchés non pas à quelque «oncle étranger», mais à la sainteté, à la beauté de Dieu lui-même. Daniel regarde le Seigneur, se purifiant sous son regard miséricordieux, qui sera manifesté au monde en Jésus.

Jésus parle lui aussi de la miséricorde de Dieu, rappelant aux Juifs les vérités de l’Ancien Testament. Mais il va plus loin: «Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux», appelant à l’action et à l’imitation. Le verset 38 paraît contradictoire, mais c’est ainsi que se présente la miséricorde de Dieu, sa loi. Dans la seconde partie du verset, nous lisons l’inégalité éternelle de nos relations avec Dieu: il ne peut tout simplement pas donner moins, moins que son Incarnation, son Amour et la Croix. C’est par ces dons qui sont les siens que nous éprouvons tout ce que nous accomplissons dans le monde.

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Pour Lc 6:37
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
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A première vue, ce verset est juste un concret supplément à la «règle d’or générale de l’éthique» : «Ne faites pas à autrui ce que vous n'aimerez pas qu'on vous fasse». Mais il faut plus profondément jeter un coup d’œil...  Lire la suite

A première vue, ce verset est juste un concret supplément à la «règle d’or générale de l’éthique» : «Ne faites pas à autrui ce que vous n'aimerez pas qu'on vous fasse». Mais il faut plus profondément jeter un coup d’œil. Nous ne voulons pas que les gens nous jugent, parce que nous ne faisons pas confiance à leurs jugements: peu importe, ils ne pourront en rien arranger la situation. Nous n’acceptons pas leurs condamnations, parce que nous considérons qu’elles ne sont en rien meilleures aux nôtres. Et c’est pourquoi nous refusons orgueilleusement leurs pardons, ce qui nous permet aussi de ne pardonner personne. Ainsi, nous jugeons, condamnons, et ne pardonnons pas. Mais Jésus ne parle en effet pas seulement de la justice et du pardon humain, mais aussi du Divin.  Tout est différent ici, Dieu a absolument le droit de juger, ce jugement nous fait peur parce que le Juge nous voit entièrement.  Voila ici nous commençons à «rêver» du pardon, de la grâce dont nous ne méritons pas. Mais nous devons alors reconnaitre la supériorité de la grâce sur la justice et sur la manière dont nous nous comportons envers les autres. Et ceci veut dire -ne peut pas juger, ne pas condamner, pardonner.  

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Pour Dn 9:1-19
1 En l’an I de Darius, de la race des Mèdes, fils d’Artaxerxès, qui régna sur le royaume de Chaldée,
2 en l’an I de son règne, moi, Daniel, je scrutai les Écritures, computant le nombre des années — tel qu’il fut révélé par Yahvé au prophète Jérémie — qui doivent s’accomplir pour les ruines de Jérusalem, à savoir soixante-dix ans.
3 Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu pour implorer un délai de prière et de supplications dans le jeûne, le sac et la poussière.
4 Je suppliai Yahvé mon Dieu, faisant confession :
« Ah ! mon Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes l’Alliance et la grâce pour ceux qui t’aiment et observent tes commandements.
5 Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.
6 Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.
7 À toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.
8 Yahvé, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
9 Au Seigneur notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous l’avons trahi,
10 et nous n’avons pas écouté la voix de Yahvé notre Dieu pour marcher selon les lois qu’il nous avait données par ses serviteurs les prophètes.
11 Tout Israël a transgressé ta loi, a déserté sans écouter ta voix, et se sont répandues sur nous la malédiction et l’imprécation inscrites dans la loi de Moïse, le serviteur de Dieu — car nous avons péché contre lui.
12 Et il a mis a exécution les paroles qu’il avait dites contre nous et contre les princes qui nous gouvernaient : il ferait venir à nous calamité si grande qu’il n’en sera pas sous le ciel de plus grande qu’à Jérusalem.
13 Ainsi qu’il est écrit dans la loi de Moïse, toute cette calamité est venue sur nous, mais nous n’avons pas rasséréné la face de Yahvé, notre Dieu, en revenant de nos iniquités, en apprenant à connaître ta vérité.
14 Yahvé a veillé à la calamité, il l’a fait venir sur nous. Car juste est Yahvé notre Dieu, dans toutes les œuvres qu’il a faites, mais nous, nous n’avons pas écouté sa voix.
15 Et maintenant, Seigneur notre Dieu, qui par ta main puissante as fait sortir ton peuple du pays d’Égypte, — et ton renom en perdure jusqu’à ce jour —, nous avons péché, nous avons commis le mal.
16 Seigneur, par toutes tes justices, détourne ta colère et ta fureur de Jérusalem, ta ville, ta montagne sainte, car à cause de nos péchés et des fautes de nos pères, Jérusalem et ton peuple sont en opprobre à tous ceux qui nous environnent.
17 Et maintenant, écoute, ô notre Dieu, la prière de ton serviteur et ses supplications. Que ta face illumine ton sanctuaire désolé, par toi-même, Seigneur !
18 Prête l’oreille, mon Dieu, et écoute ! Ouvre les yeux et vois nos désolations et la ville sur laquelle on invoque ton nom ! Ce n’est pas en raison de nos œuvres justes que nous répandons devant toi nos supplications, mais en raison de tes grandes miséricordes.
19 Seigneur, écoute ! Seigneur, pardonne ! Seigneur, veille et agis ! Ne tarde point ! — par toi-même, mon Dieu ! car ton nom est invoqué sur ta ville et ton peuple. »
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Aujourd'hui nous lisons la prière de repentir du prophète Daniel. Daniel est un homme resté fidèle à Dieu dans les épreuves les plus dures. Au fond, il a pleinement le droit...  Lire la suite

Aujourd'hui nous lisons la prière de repentir du prophète Daniel. Daniel est un homme resté fidèle à Dieu dans les épreuves les plus dures. Au fond, il a pleinement le droit de dire: «Seigneur, voilà, Tu vois tout ce que j'ai enduré en Ton nom, et je Te suis resté fidèle». Mais Daniel regarde la situation autrement. Il ne se sépare pas de son peuple. «Nous, Ton peuple, avons péché devant Toi, nous nous sommes écartés de Tes commandements». Daniel s'adresse au Seigneur au nom de tout le peuple, qui est peut-être occupé à ses affaires et ne pense à aucun repentir. Au nom de tous, il dit: «À Toi la justice, et à nous la honte sur nos visages». Il ne vérifie pas quelle expression ont les visages de ceux qui l'entourent; il apporte au Seigneur son propre repentir, sa propre honte pour tous. Et cette prière de Daniel plaît à Dieu.

Dans la lecture d'aujourd'hui, le Seigneur nous appelle à ne pas nous rappeler combien de fois nous avons personnellement agi correctement, mais à recevoir la situation présente comme notre douleur et notre honte, et à Lui apporter notre repentir pour tout ce qui s'est passé et se passe dans nos familles, dans l'Église, dans le pays, dans le monde. Et si nous ne cherchons pas les coupables et ne nous séparons pas des autres, Il aura la possibilité d'agir.

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Pour Lc 6:37-45
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
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« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. » Il est effrayant de penser à la fréquence avec laquelle nous enfreignons ce commandement sans le remarquer, sans en avoir conscience. En fait, nous avons pris l’habitude de porter sans cesse un jugement sur « tout et tous ». Et il pourrait sembler que, si nous n’imposons notre jugement à personne, si nous ne l’exprimons peut-être même pas à voix haute, alors...  Lire la suite

« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. » Il est effrayant de penser à la fréquence avec laquelle nous enfreignons ce commandement sans le remarquer, sans en avoir conscience. En fait, nous avons pris l’habitude de porter sans cesse un jugement sur « tout et tous ». Et il pourrait sembler que, si nous n’imposons notre jugement à personne, si nous ne l’exprimons peut-être même pas à voix haute, qu’y a-t-il de mal à cela ? Mais non. En disant « Ne jugez pas », le Seigneur signifie qu’une telle attitude est absolument inadmissible. Pourquoi ? La réponse se trouve dans la notion complexe et multidimensionnelle de l’être humain comme microcosme. Nous ne connaissons personne dans toute la diversité unique de ses relations avec les autres et, surtout, avec Dieu. Même lorsque nous pensons tout savoir d’une personne, certains détails particuliers nous échappent, qui pourraient renverser toute notre vision d’elle.

De cette compréhension naît le fait de se tenir devant Dieu avec le sentiment d’être le plus indigne des hommes. Sans le commandement « Ne jugez pas », il est impossible de le comprendre. Il semble pourtant évident qu’il existe des personnes bien plus indignes. Mais nous devons raisonner ainsi : il y a simplement quelque chose qui plaide en leur faveur et que j’ignore. Même de moi-même, je ne sais pas tout, bien que je sache combien peu de choses me justifient et combien m’accusent.

Mais nous ne devons pas non plus nous juger nous-mêmes. Car le commandement dit : « Ne jugez pas », et non : « Ne jugez pas les autres ». C’est infiniment difficile, tant nous y sommes habitués. Il semble parfois que ce soient les structures sur lesquelles repose toute notre vie. Mais le temps viendra où toutes les structures de soutien seront retirées.

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Pour Lc 6:37-45
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
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Les paroles du Sauveur, « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés », pourraient évidemment être rapportées principalement ou exclusivement aux relations entre les hommes ; elles pourraient alors...  Lire la suite

Les paroles du Sauveur, « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés », pourraient évidemment être rapportées principalement ou exclusivement aux relations entre les hommes ; elles pourraient alors sembler une concession, voire une complaisance envers la faiblesse humaine : une invitation à fermer les yeux sur les péchés d'autrui pour que les autres ferment également les yeux sur les vôtres.

À vrai dire, la « société civilisée » et la « bonne conduite » supposent précisément quelque chose de cet ordre. Dans une telle société, si les personnes qui se conduisent « convenablement » parlent des péchés d'autrui, elles ne le font en tout cas pas ouvertement, et certainement pas en face de celui qu'elles considèrent comme un pécheur. Apparemment, l'instinct de conservation, sinon spirituel, du moins psychologique, suggère à chacun que, lorsqu'on habite une maison de verre, il vaut mieux ne pas jeter de pierres.

Mais est-ce bien ce que le Sauveur veut dire ? Il existe aussi une autre attitude : s'abstenir de juger par souci d'une objectivité extrême face aux actes humains. L'un des grands maîtres de la Torah, Hillel, qui vécut environ deux siècles avant la venue du Christ, conseillait de ne pas juger son prochain avant de s'être trouvé dans sa situation. À première vue, Jésus pourrait sembler appeler Lui aussi à quelque chose de semblable.

Il y a pourtant une différence : tout ce qu'Il dit s'inscrit dans le contexte de la vie du Royaume à laquelle Il appelle Ses disciples. Or personne n'est prêt pour cette vie : il n'existe dans le monde aucun homme sans péché, hormis le Sauveur Lui-même. Personne n'a donc à juger qui que ce soit, puisque tous sont dans la même situation. Chacun doit avant tout penser à son propre salut, à son propre chemin vers le Royaume.

Il n'est alors plus question de condamner les péchés d'autrui. Mais le refus de condamner auquel Jésus appelle Ses disciples a aussi un autre aspect. Chacun reçoit le Royaume comme un don immérité, à la seule condition que tous ceux qui sont prêts à l'accueillir le reçoivent de la même manière, comme un don immérité. Toute tentative de distinguer les personnes dignes n'aura qu'une issue : celui qui évalue se retrouvera lui-même parmi les indignes. Jésus ne veut pas que ceux qui cherchent le Royaume en soient privés par une attitude de supériorité spirituelle. Il leur conseille donc de ne pas adopter cette attitude, pour leur propre salut.

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Pour Lc 6:37-45
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
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Le Christ appelle Ses disciples à bâtir une maison sur le roc. Mais cette image n'est pas aussi simple qu'elle le paraît...  Lire la suite

Le Christ appelle Ses disciples à bâtir une maison sur le roc. Mais cette image n'est pas aussi simple qu'elle le paraît, car ce roc n'est ni un ensemble de conceptions « universellement humaines » de la vie, ni des commandements et des lois solidement établis. C'est la parole de Jésus, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle, qui demeure toujours nouvelle pour l'homme et ne se fige jamais en une masse de pierre. Essayez de bâtir votre vie sur l'amour de votre adversaire, sur un pardon conscient et honnête. On ne peut pas s'habituer à de telles choses, pas plus qu'on ne peut aimer « par habitude ». Le paradoxe de la vie chrétienne est qu'elle se bâtit sur un roc fixé non pas dans la terre, mais dans le ciel, là où il n'existe aucun autre appui que Dieu. Mais pour parvenir à s'accrocher « à l'air », il faut un désir courageux, la volonté de trouver ce qui est plus solide que toute pierre terrestre.

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Pour Lc 6:37-49
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
46 « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ?
47 « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable.
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie.
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! »
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En comparant le Sermon sur la montagne chez Matthieu et chez Luc, il apparaît clairement que Luc l'a présenté de manière généralement moins détaillée. Bien sûr, il est peu probable que l'un des évangélistes ait transmis mot pour mot les paroles de Jésus. À l'époque, on avait coutume de compiler les paroles des maîtres et des prédicateurs pour en faire...  Lire la suite

En comparant le Sermon sur la montagne chez Matthieu et chez Luc, il apparaît clairement que Luc l'a présenté de manière généralement moins détaillée. Bien sûr, il est peu probable que l'un des évangélistes ait transmis mot pour mot les paroles de Jésus. À l'époque, on avait coutume de compiler les paroles des maîtres et des prédicateurs pour en faire des textes littéraires d'un genre particulier, et parfois des recueils entiers. Mais même en tenant compte de ce fait, il est évident que Luc a distingué dans la prédication de Jésus ce qu'il tenait pour principal. Pour l'évangéliste, le principal est l'absence de condamnation. « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés »: ce sont précisément ces paroles du Sauveur que Luc considère comme les plus importantes de tout le Sermon sur la montagne. Pourquoi celles-là? Chez Matthieu, par exemple, il existe beaucoup d'autres thèmes qui ne sont pas moins importants.

Pourtant, l'absence de condamnation peut réellement être considérée comme un critère de la qualité de la vie intérieure de l'homme. Il ne s'agit évidemment pas d'évaluer, mais précisément de condamner. Évaluer un acte concret d'une personne dans une situation donnée est tout à fait naturel. La condamnation est autre chose: il ne s'agit déjà plus de l'acte, mais de la personne elle-même. Un homme devient ainsi le juge d'un autre, alors que Dieu ne l'a nullement établi comme tel. Le chemin d'un homme, son aboutissement et leur évaluation sont la prérogative de Dieu et de Dieu seul. Même si quelqu'un se dirige manifestement tout droit vers l'étang de feu, Dieu seul peut le condamner à cet étang.

Tout homme peut seulement constater que le pécheur avance dans cette direction. Pourquoi donc prononçons-nous si facilement une sentence là où personne ne nous a donné le droit de le faire? Manifestement parce que nous ne voyons pas la situation comme Dieu la voit et que nous ne suivons pas les mêmes critères: non des critères absolus, mais relatifs. Nous ne voyons pas l'homme dans toute la plénitude de la vie que Dieu lui a donnée, mais seulement dans son état concret du moment. Nous appliquons à cet état certains critères formels, le plus souvent moraux et religieux, et nous obtenons naturellement une image entièrement déformée de la réalité. Rien d'étonnant à cela: tant que notre vie est déterminée non par le souffle de vie que Dieu nous a donné, mais par notre propre nature, on ne peut rien attendre d'autre.

Mais si nous vivons de la vie du Royaume, une telle déformation de la réalité est tout simplement impossible. Et si elle existe, c'est que nous sommes encore loin du Royaume, comme l'évangéliste nous en témoigne.

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Pour Lc 6:37-49
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
46 « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ?
47 « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable.
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie.
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! »
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Comment comprendre la parabole du mauvais ou du bon arbre? Car tous les hommes, y compris nous-mêmes, portent parfois de bons fruits et parfois de mauvais fruits. Il apparaît qu’ici surgit encore la tentation...  Lire la suite

Comment comprendre la parabole du mauvais ou du bon arbre? Car tous les hommes, y compris nous-mêmes, portent parfois de bons fruits et parfois de mauvais fruits. Il apparaît qu’ici surgit encore la tentation de diviser les hommes, et soi-même, en bons et mauvais. (Et parfois il est même agréable de dire: «Oh, comme je suis mauvais!»; cela semblerait utile à l’humilité.) Mais ici encore nous jugeons, alors qu’il est dit: «Ne jugez pas.»

Il s’agit très probablement ici du fait que derrière nos actes se tient une orientation intérieure, spirituelle, qui dépend de nous. C’est pourquoi, pour ne pas être un mauvais arbre, il faut porter un bon fruit, et pour que les paroles du Seigneur nous soient profitables, il faut les accomplir. Voilà la tâche morale fondamentale du chrétien: faire le bien, et non juger. C’est le Christ qui jugera.

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Pour Lc 6:37-49
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
46 « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ?
47 « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable.
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie.
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! »
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La parabole de la maison bâtie sur le roc conclut le sixième chapitre de l’Évangile selon Luc. Elle conclut aussi le Sermon sur la montagne...  Lire la suite

La parabole de la maison bâtie sur le roc conclut le sixième chapitre de l’Évangile selon Luc. Elle conclut aussi le Sermon sur la montagne, dans lequel Jésus explique ce qu’Il attend de Ses disciples et ce que signifie être « fils du Très-Haut ». Dans cette parabole, Il attire encore une fois notre attention sur l’importance non seulement d’écouter et d’accueillir les vérités évangéliques, mais aussi d’agir dans leur esprit.

Si, après avoir entendu les béatitudes, nous disons avec réserve : « Oui, c’est très sage et très beau », mais sans les incarner en aucune manière dans notre vie, nous ne serons pas Ses disciples. Notre christianisme restera seulement un système éthique, qui peut se briser sous l’assaut des épreuves. Mais si nous vivons réellement selon Ses commandements, si nous regardons le monde avec Ses yeux et accomplissons Sa volonté, ce sera un fondement que rien ne pourra plus ébranler.

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Pour Lc 6:37-49
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
39 Il leur dit encore une parabole : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil », toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
43 « Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit.
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces.
45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche.
46 « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ?
47 « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable.
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie.
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! »
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La lecture d'aujourd'hui est consacrée à l'un des thèmes centraux du Sermon sur la montagne : le jugement. Jésus, manifestement...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui est consacrée à l'un des thèmes centraux du Sermon sur la montagne : le jugement. Jésus, manifestement, relie directement la possibilité pour l'être humain de demeurer dans le Royaume à la manière dont il juge son prochain (v. 37–42). À première vue, une telle attitude envers autrui devrait exclure toute appréciation portée sur lui. Mais une lecture plus attentive montre que ce n'est pas tout à fait le cas. Car Jésus relie manifestement l'interdiction de juger au risque que celui qui juge se trompe au sujet de son prochain (v. 41–42).

On pourrait penser qu'une telle erreur n'a rien de terrible. Il en serait ainsi si nous ne donnions pas à nos jugements sur le prochain une valeur absolue. Ce n'est pas un hasard si Jésus compare nos appréciations au comportement d'un aveugle qui en guide un autre, tout aussi aveugle que lui (v. 39). Il ne s'agit pas ici de savoir qui est le plus pécheur. Le fait est que chacun de nos péchés, même s'il est réellement, face au péché de notre prochain, comme une paille face à une poutre, nous empêche à la fois de porter un regard lucide sur celui qui est à nos côtés et de l'aider. Les seules choses que nous puissions apprécier de manière plus ou moins juste sont les actes et les comportements concrets, que Jésus nous conseille de prendre pour repères (v. 43–44).

En un sens, on pourrait dire qu'en dehors du Royaume nous sommes tous également impuissants face au péché, et que, dans cet état de péché et d'impuissance, nous sommes égaux devant Dieu et les uns devant les autres. On peut certes tenter de nier l'évidence et commencer à compter ses propres péchés et ceux des autres ; mais alors Dieu comptera lui aussi nos péchés avec la même minutie que nous mettrons à compter ceux de notre prochain (v. 37). Il ne s'agit ni de tout pardonner ni d'une volonté de Dieu de nous « humilier ». Le fait est qu'une position nous donnant le droit moral de compter nos péchés et ceux d'autrui exclut d'emblée la possibilité de demeurer dans le Royaume. Car, dans le Royaume, chacun reçoit la vie dans toute sa plénitude, une plénitude qui exclut tout péché, même le plus infime : notre arithmétique morale terrestre y perd donc tout son sens. Et si cette arithmétique compte encore pour nous, c'est que nous ne sommes pas encore prêts à entrer dans le Royaume.

Mais un autre élément importe aussi pour demeurer dans le Royaume : le degré de notre ouverture au prochain. Car le Royaume n'est pas seulement un espace ; il est aussi une relation, ou plutôt tout un ensemble de relations des êtres humains avec Dieu et entre eux. Or les relations du Royaume supposent une ouverture inconditionnelle, la volonté de partager ce qui nous a été donné avec quiconque a besoin de ce que nous avons reçu. Et si nous décidons de ne partager qu'avec ceux que nous jugeons dignes, il n'y aura pas de place pour nous dans le Royaume. Car la plénitude du Royaume peut nous être donnée si nous sommes prêts à la partager avec chacun. Non pas avec chacun de ceux qui en sont dignes, mais avec chacun de ceux qui cherchent le Royaume et en ont soif.

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Pour Lc 6:35-36
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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C’est le plus difficile des commandements de Jésus. Allant à l’Eglise, la plupart de nous comprend ceci exactement comme cela, en ressentant leur désintéressement et leur cruauté. Et après...  Lire la suite

C’est le plus difficile des commandements de Jésus. Allant à l’Eglise, la plupart de nous comprend ceci exactement comme cela, en ressentant leur désintéressement et leur cruauté. Et après… nous nous habituons, nous devenons des chrétiens «habituels», l’amour envers l’ennemi est remplacé par «la non volonté de lui faire du mal», nous sommes prêts à rapprocher la charité de l’aumône, et nous opposons la proposition de prêter sans restitution aux mots de jésus «soyez sages comme des serpents». Alors nous oublions que ce commandement est le plus difficile à accomplir, nous arrêtons d’aspirer à l’inaccessible, on se renferme dans notre optimisme béat.

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Pour Lc 6:31-36
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Les commandements que le Seigneur Jésus donne à Ses disciples paraissent, au premier regard, impossibles et excessifs. Impossibles, parce que...  Lire la suite

Les commandements que le Seigneur Jésus donne à Ses disciples paraissent, au premier regard, impossibles et excessifs. Impossibles, parce qu'aucun homme n'est capable d'agir comme le commande le Seigneur. Excessifs, parce que notre mesure de la justice est étroite et limitée, et se contente de bien moins que de la miséricorde envers les ennemis. Bien sûr, comparée à la vantardise de Lamek, qui, dans la haute antiquité, se faisait un mérite d'avoir tué pour une seule égratignure reçue, la conception, entrée dans notre psychologie, d'une rétribution adéquate, le bien pour le bien et le mal pour le mal («oeil pour oeil, dent pour dent»), peut être considérée comme un grand progrès. Mais le Seigneur ne regarde pas du point de vue de la profondeur de la chute morale dont nous devons sortir, mais du point de vue de la hauteur vers laquelle nous devons monter. Il conclut Sa parole sur l'attitude envers les autres par un appel à être miséricordieux comme le Père est miséricordieux. En effet, c'est Dieu qui nous aime, nous qui sommes devenus Ses ennemis et L'avons rejeté; c'est Dieu qui donne infiniment à nous qui ne pouvons rien Lui rendre.

Nous pensons souvent que ces commandements sur l'amour des ennemis et la miséricorde envers ceux qui nous haïssent sont donnés «pour plus tard», qu'un jour nous «grandirons» assez pour devenir capables de les accomplir. Cette position n'est pas dépourvue de sens, mais elle reste loin d'être satisfaisante. Qui, en effet, peut «grandir» jusqu'à la perfection propre au Créateur? Et le temps de notre vie est si bref que nous n'avons pas la possibilité d'attendre. C'est pourquoi le Seigneur, qui connaît parfaitement notre nature, nous propose un principe étonnamment pratique: «en tout, ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux». On ne peut pas dire que ce soit facile à accomplir, mais lorsque nous essayons de comprendre comment nous devons agir dans une situation concrète, nous pouvons nous laisser guider par ce principe.

Le point principal où le Seigneur nous appelle à appliquer ce principe est le pardon. À de nombreuses reprises, Il répète que si nous voulons être pardonnés par Dieu et par les hommes, nous devons savoir pardonner nous-mêmes. Il est évident que le principe proposé par le Christ est beaucoup plus large qu'il ne paraît au premier regard. Il peut s'étendre non seulement aux relations avec les hommes, mais aussi aux relations avec le Tout-Puissant Lui-même. Autrement dit, en tout, comme nous voulons que Dieu agisse envers nous, nous devons agir ainsi envers Dieu et envers les hommes.

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Pour Lc 6:31-36
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Quand on est quelqu’un de bon, il est facile de prêter sans rien attendre en retour, surtout si la situation matérielle est plus ou moins stable. Même si tu comprends que tu te prives toi-même...  Lire la suite

Quand on est quelqu’un de bon, il est facile de prêter sans rien attendre en retour, surtout si la situation matérielle est plus ou moins stable. Même si tu comprends que tu te prives toi-même de quelque chose, au contraire, cela te fait en quelque sorte grandir à tes propres yeux. Mais voilà le piège. En retour, tu attends une croissance personnelle, premièrement ; tu attends la faveur de Dieu, deuxièmement ; la faveur des personnes envers qui tu as fait miséricorde, ou, si tu la fais anonymement, celle des personnes par l’intermédiaire desquelles tu la fais, troisièmement. Et se débarrasser de ces trois choses n’est pas du tout si simple ; cela paraît parfois même impossible.

Essayons de les analyser. Il semblerait que la faveur des hommes et de Dieu soit le signe d’un accroissement de l’amour entre nous — et que, par conséquent, elle se situe elle aussi dans le courant des commandements de Dieu, et qu’il n’y ait pas lieu d’en avoir honte ; mais en réalité, même si c’est très difficile à comprendre, il n’en est pas ainsi, car l’amour est par principe un acte entre deux personnes absolument égales. Le sentiment, chez celui qui est devenu l’objet de ta bienfaisance, qu’il t’est désormais redevable et qu’il n’a rien avec quoi te rendre, peut détruire les relations entre vous, même si extérieurement cela aura l’apparence de l’amour. Et c’est uniquement pour cela, uniquement pour ne pas détruire l’amour, qu’il vaut la peine de s’efforcer de toutes ses forces de faire en sorte que la personne à qui tu fais du bien — même si elle t’est très proche — ne sache pas que c’est toi, afin de ne pas ruiner cette égalité de l’amour qui existe entre vous.

Quant à la croissance personnelle… On peut, immédiatement après un acte de miséricorde, faire quelque chose qui raye aussitôt tout le bien ; on peut commettre quelque chose à cause de quoi aucune bonne œuvre ne sera plus portée au crédit. Nous, notre destinée dans l’éternité, restons toujours en question jusqu’à l’instant de notre mort — et qu’importe que nous ayons un peu grandi : c’est peut-être un pas en avant après lequel il y aura deux pas en arrière, sans même que nous nous en apercevions. Tout cela est donc bien peu de chose : croissance, chute... On ne peut pas garder en permanence la main sur le pouls, on ne peut pas tenir sans cesse une règle dans une main pour noter chaque jour de combien j’ai grandi, parce qu’on ne peut pas occuper ses mains : elles sont nécessaires pour agir. Comme le disent en plaisantant les physiciens expérimentateurs, pour toute opération raisonnable il faut trois mains. Ou au moins deux, mais sûrement pas une seule.

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Pour Lc 6:31-36
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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L'idée d'aimer ses ennemis ne peut guère être considérée comme entièrement nouvelle et inconnue du monde préchrétien. La Torah exige déjà que l'on s'abstienne de nuire à un ennemi qui se trouve en difficulté. Toutefois, dans ce cas, la Torah ne part pas de la nécessité d'aimer ses ennemis en tant que telle, mais du fait que...  Lire la suite

L'idée d'aimer ses ennemis ne peut guère être considérée comme entièrement nouvelle et inconnue du monde préchrétien. La Torah exige déjà que l'on s'abstienne de nuire à un ennemi qui se trouve en difficulté. Toutefois, dans ce cas, la Torah ne part pas de la nécessité d'aimer ses ennemis en tant que telle, mais du fait que l'inimitié entre les êtres humains ne peut ni ne doit justifier une transgression de la Torah. Autrement dit, si nous voulons nous en tenir strictement à la Torah comme à la loi donnée par Dieu, nous devons suivre ses préceptes même lorsqu'il s'agit d'ennemis qui nous veulent du mal. Certains philosophes du monde païen partageaient cet avis, notamment Socrate, pour qui le sens premier de la philosophie était d'apprendre à distinguer le bien du mal et à suivre le bien. Il était convaincu que, puisqu'il ne faut jamais faire de mal à personne, on ne doit pas non plus en faire à ses ennemis : tout mal commis par un être humain nuit avant tout à celui qui le commet. Pourtant, les paroles de Jésus sur l'amour des ennemis s'inscrivent dans un contexte tout à fait particulier, lié à Son témoignage sur le Royaume qu'Il a apporté dans le monde.

Il s'agit bien sûr, avant tout, de l'amour comme attitude envers autrui, d'une attitude qui suppose de vouloir du bien à son ennemi, et non du mal. En ce sens, les paroles de Jésus s'accordent aussi bien avec la Torah qu'avec les philosophes païens qui, à l'instar de Socrate, comprenaient que le mal infligé à un ennemi retombe inévitablement, et en premier lieu, sur celui qui l'a commis. Mais si, dans le monde non transfiguré, un tel comportement ne caractérisait que les véritables justes, il doit, selon le Sauveur, devenir pour les habitants du Royaume la norme, la seule manière possible de vivre spirituellement. Non seulement parce que toute autre voie détruit spirituellement celui qui s'écarte de cette norme, mais aussi parce qu'elle est inadmissible dans le Royaume en tant que milieu d'amour universel. En effet, dans le monde non transfiguré, le milieu psychique, fondamentalement naturel, au sein duquel se développent toutes les relations admet en principe aussi bien le positif que le négatif, les interactions constructrices comme les interactions destructrices.

La nature du Royaume est différente : ici, c'est précisément l'amour qui constitue le milieu dans lequel se développent toutes les relations entre ses habitants. On pourrait dire qu'ici l'amour n'est pas seulement une attitude, mais la nature même, de même que les éléments constituent la nature du monde non transfiguré. Il n'est pas étonnant qu'aucune relation négative ne puisse trouver place dans un tel milieu, même lorsqu'il s'agit d'ennemis. Non que les ennemis du Christ puissent entrer dans le Royaume et en devenir les habitants sans se repentir, mais parce que la haine, même envers les ennemis du Christ et du Royaume, est incompatible avec la nature même de ce Royaume.

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Pour Lc 6:27-38
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
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En poursuivant Sa prédication des béatitudes, le Christ dit ce qu’il faut précisément faire pour « être fils du Très-Haut »...  Lire la suite

En poursuivant Sa prédication des béatitudes, le Christ dit ce qu’il faut précisément faire pour « être fils du Très-Haut ». Si, dans les béatitudes, il était question des états de l’homme, des qualités et des propriétés qui lui sont propres, ici Jésus énumère une série d’actions que le chrétien doit accomplir. « Mais à vous qui écoutez, Je dis », s’adresse-t-Il à ceux qui ont déjà entendu et accepté les béatitudes radicales, contraires à la compréhension habituelle de la vie.

Il apparaît que le chrétien ne doit pas seulement accepter passivement la vie, mais aussi porter activement le Christ dans le monde. Bénir ceux qui maudissent, donner sa dernière tunique, présenter la joue... Le Seigneur, en disant : « Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux », appelle Ses disciples à accomplir des actions qui pourraient aussi inciter d’autres hommes à agir chrétiennement.

En répondant au mal par le bien, en essayant d’aimer là où règne la haine, en manifestant une véritable miséricorde envers nos prochains, nous ne faisons que donner aux autres ce que nous avons nous-mêmes reçu de Dieu comme Ses enfants.

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Pour Lc 6:27-38
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »
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Les sceptiques qui s’élèvent contre le christianisme et les chrétiens parlent souvent d’intérêt personnel. Ils disent qu’en faisant le bien...  Lire la suite

Les sceptiques qui s’élèvent contre le christianisme et les chrétiens parlent souvent d’intérêt personnel. Ils disent qu’en faisant le bien, les chrétiens se préoccupent d’une récompense d’en haut, et qu’ils accomplissent tout « en vue des biens futurs promis ». Que leur répondre, puisque nous disons réellement à la suite de l’évangéliste : « ...et votre récompense sera grande » ?

Sans doute, la première chose à comprendre est que le Seigneur nous appelle à un désintéressement absolu. Et le passage d’aujourd’hui, dans lequel le Seigneur appelle à donner sans rien recevoir en retour, et même sans espérer recevoir quoi que ce soit, doit servir d’avertissement contre cette espérance pseudo-chrétienne en une rétribution posthume, ou en quelque autre rétribution du Seigneur.

C’est autre chose que le Seigneur soit juste. Et Sa justice est au-dessus de tout. Mais elle n’appartient qu’à Lui ; nous n’avons pas le droit de juger ni d’elle, ni de nous-mêmes à sa lumière. C’est précisément pourquoi le Seigneur dit : « À Moi la vengeance, et Moi, Je rendrai ». Dans ces paroles, il n’y a pas seulement la promesse du triomphe final du bien sur le mal, ou, plus exactement, de la conversion du mal en bien. Il y a aussi la condition de notre désintéressement devant Lui.

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Pour Lc 6:27-36
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Il n'est sans doute aucun passage de l'Évangile qui ait suscité autant de controverses, de perplexité et de rejet que celui-ci. Que d'ironie et de moqueries ouvertes ont accompagné, au fil des siècles, ces paroles sur l'amour des ennemis et sur l'autre joue à tendre ! Le plus souvent, les chrétiens eux-mêmes étaient gênés par ces paroles et, en réponse...  Lire la suite

Il n'est sans doute aucun passage de l'Évangile qui ait suscité autant de controverses, de perplexité et de rejet que celui-ci. Que d'ironie et de moqueries ouvertes ont accompagné, au fil des siècles, ces paroles sur l'amour des ennemis et sur l'autre joue à tendre ! Le plus souvent, les chrétiens eux-mêmes étaient gênés par ces paroles et, en réponse non seulement à une gifle, mais à toute offense, souvent imaginaire, cherchaient à rendre un coup plus fort encore.

Or tendre l'autre joue demande souvent plus de courage que de rendre un coup. Celui que l'on bat est contraint de tendre l'autre joue lorsqu'il se tient en silence devant ses bourreaux, que son calme met hors d'eux ; ce n'est pas du masochisme, mais de la fermeté. Les soldats aussi tendent l'autre joue lorsqu'ils ne répondent pas aux provocations armées de l'ennemi, afin de le frapper au moment calculé. Enfin, songeons aux assauts destinés à intimider l'ennemi, lorsque les rangs des assaillants s'éclaircissent sous le feu des mitrailleuses, mais que l'avance se poursuit.

Bien sûr, même si les auteurs bibliques emploient à plusieurs reprises un vocabulaire militaire, il ne faut pas voir dans ces images uniquement un sens pratique et militaire. Les fidèles du Seigneur sont appelés à une fermeté comparable à celle des soldats, mais notre combat n'est pas contre la chair et le sang. Il faut donc voir, même dans celui qui nous est hostile, un frère digne d'amour, atteint par la contagion du mal comme par la lèpre. Même lorsqu'il faut employer la force pour l'arrêter, il convient de s'en souvenir, si difficile que cela soit.

Ces paroles sont difficiles et paraissent irréalisables. Mais si nous espérons limiter nos possibilités au peu dont nous sommes déjà capables, nous n'accomplirons même pas ce peu. Pour atteindre quelque chose, il faut se fixer un but au-delà de ses capacités habituelles. Un minimum de bien est déjà une bonne chose, mais le Christ nous propose davantage. Et avec Son aide, nous pourrions être capables de davantage.

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Pour Lc 6:17-36
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait :
« Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. »
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation.
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim.
Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes.
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Le texte habituellement appelé les Béatitudes constitue le fondement du Sermon sur la montagne. Pourtant, à vrai dire, il est difficile de les qualifier de commandements. Qu'est-ce, en effet, qu'un commandement ? Prenons le Décalogue, les dix commandements : que sont-ils ? À première vue, un ensemble de prescriptions et de restrictions. À y regarder de plus près...  Lire la suite

Le texte habituellement appelé les Béatitudes constitue le fondement du Sermon sur la montagne. Pourtant, à vrai dire, il est difficile de les qualifier de commandements. Qu'est-ce, en effet, qu'un commandement ? Prenons le Décalogue, les dix commandements : que sont-ils ? À première vue, un ensemble de prescriptions et de restrictions. À y regarder de plus près, les intentions de Dieu adressées à l'être humain. Et quelle que soit la manière de les envisager, un impératif. Pour les uns, extérieur — juridique ou moral. Pour les autres, intérieur — spirituel et éthique. Mais dans tous les cas, un impératif. Quelque chose qui exige d'être accompli. Suivi. Ou édifié en soi, s'il s'agit de la Torah intérieure. Il s'agit donc, dans tous les cas, d'une activité, extérieure ou intérieure. De quelque chose qui demande à l'être humain d'agir. Pour accomplir les commandements du Décalogue, il faut faire quelque chose. Il est impossible d'accomplir les Béatitudes en ce sens.

Tout au long de l'histoire chrétienne, les théologiens ont tenté de déterminer ce qu'il fallait précisément faire pour accomplir les Béatitudes. Les opinions les plus diverses ont été exprimées, ce qui ne fait que confirmer ceci : on ne peut accomplir les Béatitudes au sens où l'on parle, par exemple, d'accomplir les commandements du Décalogue. Là, il faut faire quelque chose — peu importe ici quoi exactement. Ici, il faut être. Exister. Demeurer. Là, il est question de l'activité humaine ; ici, de la qualité de l'existence. Pour accomplir ce que l'on appelle les commandements des Béatitudes, l'être humain doit commencer à vivre d'une vie autre, nouvelle.

On pourrait dire que les neuf Béatitudes se ramènent à une seule : le commandement de la vie nouvelle. Et toutes ne font que décrire sous différents angles cette vie nouvelle. Une vie que l'être humain ne possède pas. Une vie à laquelle il peut participer s'il accueille le Christ comme Roi du Royaume qui entre dans le monde, mais qu'il ne possède pas et ne peut posséder par lui-même. Tout le Sermon sur la montagne parle de la même chose : de cette vie nouvelle dans laquelle l'être humain peut entrer et qui peut entrer en lui. Sinon, il ne peut aimer ses ennemis. Et encore moins devenir parfait comme le Père céleste.

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Pour Lc 6:17-36
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait :
« Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. »
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation.
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim.
Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes.
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Comme certains autres épisodes du ministère terrestre du Sauveur, Luc ne décrit pas le Sermon sur la montagne tout à fait comme Matthieu. Pour Luc, la base de l’exposé de ce que Jésus a dit pendant ce sermon devient...  Lire la suite

Comme certains autres épisodes du ministère terrestre du Sauveur, Luc ne décrit pas le Sermon sur la montagne tout à fait comme Matthieu. Pour Luc, la base de l’exposé de ce que Jésus a dit pendant ce sermon devient l’opposition de deux chemins: le chemin des riches, que l’évangéliste identifie au chemin des païens, et le chemin des pauvres, qui se révèle être le chemin vers le Royaume.

En soi, l’idée des deux chemins n’est nullement nouvelle; elle est bien connue dans les textes de l’Ancien Testament, et pour Luc c’est précisément elle qui devient le prisme à travers lequel il perçoit les paroles du Sauveur. En mentionnant les pauvres, Jésus avait sans doute en vue non pas simplement les indigents, mais ceux qui comprenaient la pauvreté comme un état spirituel. Les prophètes de l’Ancien Testament parlaient déjà de tels pauvres. Et les riches se distinguent d’eux non par un critère patrimonial, mais par un critère spirituel: si les pauvres ne trouvent leur consolation que dans le Royaume (v. 20-23), les riches reçoivent la leur dans ce monde, sans avoir besoin du Royaume (v. 24-26).

Mais pour entrer dans le Royaume, il faut lui rester fidèle jusqu’au bout. C’est pourquoi ceux qui ont soif du Royaume ne peuvent pas vivre selon les lois de ce monde, qui n’est pas encore transfiguré, même si les lois du Royaume n’y agissent pas encore. Ce n’est pas un hasard si Luc met en relief, dans la prédication de Jésus, l’appel à agir envers les hommes comme nous voudrions qu’ils agissent envers nous (v. 31), en en faisant le centre de composition de la partie de son récit où il rapporte l’enseignement de Jésus à ceux qui veulent vivre selon les lois du Royaume (v. 27-36).

À première vue, cet appel rappelle la «règle d’or» bien connue, mais il y a dans la formulation du Sauveur une différence qui ne saute pas immédiatement aux yeux: si, dans sa forme traditionnelle, la «règle d’or» appelle à traiter les gens comme ils nous traitent, Jésus conseille de traiter les gens comme nous voudrions qu’ils nous traitent. Autrement dit, si nous cherchons vraiment le Royaume, dans nos relations avec les hommes, selon la parole du Sauveur, nous devons en un certain sens prendre de l’avance, leur donnant d’avance notre bonne attitude sans attendre qu’ils se manifestent d’abord envers nous.

Selon les lois de notre monde encore non transfiguré, c’est bien sûr un comportement tout à fait irrationnel: chacun sait que l’homme déchu est très peu capable de bonnes actions comme de bonne disposition envers ses prochains. Mais, d’un autre côté, une autre approche des personnes qui nous entourent ne suppose pas l’ouverture, et sans elle il est impossible d’entrer dans le Royaume. Car le Royaume est fait de telle sorte qu’on ne peut pas en jouir seul. On ne peut pas l’acquérir en se coupant de tous. Le Royaume ne peut être acquis que si l’on en devient soi-même une partie, et on ne peut le devenir que lorsque ce que nous avons reçu, nous le transmettons aux autres, à ceux qui, comme nous, cherchent la plénitude de la vie dans ce Royaume. Alors nous devenons serviteurs du Royaume, ceux que Jésus choisit pour que, par eux, tout le monde créé par Dieu devienne Royaume.

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Pour Lc 6:17-36
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon,
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris,
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait :
« Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. »
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation.
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim.
Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes.
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement.
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant.
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent.
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
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Ces paroles semblent délibérément aller à l'encontre des représentations humaines ordinaires. Pourquoi les pauvres et les affamés, ceux qui pleurent et les rejetés sont-ils soudain bienheureux, tandis que le malheur est promis aux riches, aux rassasiés et à ceux qui rient? On pourrait penser que...  Lire la suite

Ces paroles semblent délibérément aller à l'encontre des représentations humaines ordinaires. Pourquoi les pauvres et les affamés, ceux qui pleurent et les rejetés sont-ils soudain bienheureux, tandis que le malheur est promis aux riches, aux rassasiés et à ceux qui rient? On pourrait penser que le Christ annonce une révolution qui retournera le monde sens dessus dessous! Le Royaume de Dieu qu'il apporte sur la terre diffère réellement de façon radicale de l'ordre du monde qui nous est familier. Les relations y sont fondées sur la miséricorde du Père, non sur la lutte pour l'existence. Même croyants, nous oublions souvent que des lois tout autres règnent dans ce Royaume: nous appelons bonheur ce que le Christ appelle malheur et, inversement, nous considérons ses béatitudes comme un malheur. Combien devons-nous changer pour devenir de véritables citoyens de ce Royaume!

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