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RÉFLEXIONS pour Mc 14:1-72; Mc 15:1-47

1 La Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.
2 Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. »
3 Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint, avec un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
4 Or il y en eut qui s’indignèrent entre eux : « À quoi bon ce gaspillage de parfum ?
5 Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
6 Mais Jésus dit : « Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie sur moi.
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
8 Elle a fait ce qui était en son pouvoir : d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement.
9 En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. »
10 Judas Iscarioth, l’un des Douze, s’en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 À cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l’argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »
15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. »
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera, un qui mange avec moi. »
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l’un après l’autre : « Serait-ce moi ? »
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l’homme s’en va selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! »
22 Et tandis qu’ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. »
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : « Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. »
29 Pierre lui dit : « Même si tous succombent, du moins pas moi ! »
30 Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »
31 Mais lui reprenait de plus belle : « Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Restez ici tandis que je prierai. »
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. »
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : « Abba (Père) ! tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39 Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis ; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. »
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
2 Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
3 Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
4 Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
5 Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
6 À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
7 Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
8 La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
9 Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
16 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! »
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements.
Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. »
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [
28 ].
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! »
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! »
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! »
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.
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Les disciples de Jésus savaient bien que le Maître était sous la surveillance attentive des pharisiens et des anciens. Ce qu'il prêchait ne rentrait aucunement dans les cadres habituels de leurs représentations religieuses. Il était tout simplement dangereux pour lui de s'approcher de Jérusalem. Les apôtres avaient tenté à plusieurs reprises de dissuader le Maître de venir dans cette ville. Leurs craintes étaient réellement sérieuses, puisqu'ils estimaient qu'aller avec lui à Jérusalem équivalait à mourir.

C'est pourquoi il est si étonnant qu'ils aillent si volontiers et si docilement, à la demande de Jésus, chercher l'âne sur lequel il doit entrer dans la ville. Très probablement, cela est lié à cette foi en lui comme Messie qui s'est répandue après la résurrection de Lazare, mort depuis quatre jours. Il leur semblait apparemment qu'était enfin venu le moment où leur Maître manifesterait sa vraie force et révélerait le Royaume promis. On comprend alors pourquoi ils se justifient sans l'ombre d'un doute auprès des propriétaires de l'âne, en disant simplement que l'animal est nécessaire au Maître. On ne peut se justifier ainsi que si ton maître est, à tout le moins, presque un grand souverain. Et leurs attentes furent justifiées, mais pas du tout comme ils le pensaient. Car son Royaume n'était pas de ce monde.

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Pour Mc 14:1-31
1 La Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.
2 Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. »
3 Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint, avec un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
4 Or il y en eut qui s’indignèrent entre eux : « À quoi bon ce gaspillage de parfum ?
5 Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
6 Mais Jésus dit : « Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie sur moi.
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
8 Elle a fait ce qui était en son pouvoir : d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement.
9 En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. »
10 Judas Iscarioth, l’un des Douze, s’en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 À cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l’argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »
15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. »
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera, un qui mange avec moi. »
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l’un après l’autre : « Serait-ce moi ? »
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l’homme s’en va selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! »
22 Et tandis qu’ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. »
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : « Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. »
29 Pierre lui dit : « Même si tous succombent, du moins pas moi ! »
30 Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »
31 Mais lui reprenait de plus belle : « Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
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La lecture d’aujourd’hui comprend plusieurs épisodes liés entre eux par un même thème : celui de la fidélité et de la trahison...  Lire la suite

La lecture d’aujourd’hui comprend plusieurs épisodes liés entre eux par un même thème : celui de la fidélité et de la trahison. Elle commence par le récit de la femme qui a oint Jésus d’une huile parfumée précieuse, le myrrhe (v. 1-11). Il est remarquable que la description de l’événement lui-même soit précédée ici de la mention du désir des grands prêtres et des scribes de tuer Jésus (v. 1-2), et qu’elle soit immédiatement suivie de la mention de la trahison de Judas (v. 10-11), de sorte que le récit de l’onction de Jésus et le récit de la trahison de Judas se fondent en un seul récit. Dans le récit de l’évangéliste, la trahison de Judas se trouve en quelque sorte liée à l’acte de la femme qui a versé le parfum sur la tête de Jésus. On pourrait croire qu’il ne peut y avoir aucun lien, d’autant plus que l’idée de la trahison, comme cela arrive d’ordinaire, avait dû naître dans l’esprit de Judas bien avant la décision définitive. Mais il est tout à fait possible qu’à ce moment précis quelque chose dans la situation ait servi de dernier élan, après lequel il se décide à réaliser ce qu’il méditait depuis longtemps. Un indice peut être ici la mention du mécontentement manifesté par certains des présents, qui jugeaient une telle dépense de parfum précieux trop prodigue (v. 4-5). Mais Jésus remet aussitôt tout à sa place : d’abord Lui-même, et ensuite seulement l’aide aux pauvres (v. 6-9). Il nous indique ainsi l’une des lois les plus importantes de la vie spirituelle : les relations concrètes et vivantes avec Dieu et avec le Christ sont plus importantes que tout le reste, et tout le reste, même des choses aussi importantes que les œuvres de miséricorde, n’est que la conséquence de ces relations. Les pauvres seront toujours dans le monde ; les projets visant à débarrasser complètement le monde de la pauvreté sont une utopie, et la bienfaisance n’a manifestement pas cet objectif. Elle n’est qu’un moyen en vue d’autre chose, une manière d’exprimer son amour du prochain qui a besoin d’aide. Si cette relation profondément personnelle envers celui que l’on aide disparaît, la bienfaisance cesse d’être une œuvre d’amour et devient une idée abstraite, que l’on peut bien sûr servir comme toute idée, mais qui cesse alors d’être miséricorde au sens évangélique. L’amour évangélique n’est ni une idée ni une émotion ; c’est une relation, et c’est pourquoi, à la différence des idées ou des émotions, souvent assez abstraites, il est toujours absolument concret. Voilà pourquoi, lors de la Cène, où cette relation de Jésus avec Ses disciples se révèle dans toute sa plénitude, le pain et le vin deviennent Son Corps et Son Sang (v. 22-25). Car tout repas sacré chez les Juifs croyants a toujours été avant tout l’expression de l’unité spirituelle et de l’amour fraternel, précisément de ce qui, dans l’amour évangélique, atteint sa plénitude ultime. Et plus cette unité et cet amour se manifestaient clairement, plus il y avait dans un tel repas d’esprit et moins de nature pure, non spiritualisée. Mais l’amour d’un homme ordinaire n’atteint jamais par lui-même cette plénitude capable de transformer entièrement la nature et de la spiritualiser. Cela n’est accessible qu’à Celui qui porte en Lui toute la plénitude de Dieu et qui peut aimer jusqu’au bout, de telle sorte que, dans Sa relation avec celui qu’Il aime, il n’y ait plus de place pour la nature non transfigurée. Alors nous n’avons plus devant nous du pain et du vin, comme auparavant, mais le Corps et le Sang, qui nous unissent tout à fait réellement à Celui qui est venu nous donner le Royaume. Mais c’est précisément cette profondeur de relation qui peut devenir insupportable pour celui qui n’est pas prêt à faire confiance jusqu’au bout. Il est impossible de suivre Jésus seulement au nom d’une idée ; sans relation personnelle avec Lui, sans cet amour qu’Il donne à quiconque est prêt à Lui faire confiance, une telle marche ne peut se terminer que par un effondrement spirituel. C’est apparemment ce qui est arrivé à Judas, qui était peut-être prêt à accepter Jésus comme chef et inspirateur idéologique, mais qui, semble-t-il, ne L’aimait pas du tout. Et cette absence d’amour conduisit Judas à un effondrement spirituel qui, dans son cas, se transforma en trahison du Maître. L’élan décisif fut manifestement précisément le fait que Jésus Se désigna Lui-même comme ce que Ses disciples avaient de plus important. Car il fallait alors accepter Jésus Lui-même, non comme chef d’un mouvement ou porteur d’une idée, mais précisément Lui-même, comme Personne, comme Homme qu’il fallait simplement aimer, aimer humainement, comme on aime ses amis. Aimer ou trahir. Tel est le choix devant lequel, à un certain moment de sa vie spirituelle, se trouve quiconque a décidé, pour une raison quelconque, de suivre Jésus. Un choix dont dépend notre présence dans le Royaume ou dans les ténèbres.

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Pour Mc 14:1-31
1 La Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.
2 Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. »
3 Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint, avec un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
4 Or il y en eut qui s’indignèrent entre eux : « À quoi bon ce gaspillage de parfum ?
5 Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
6 Mais Jésus dit : « Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie sur moi.
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
8 Elle a fait ce qui était en son pouvoir : d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement.
9 En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. »
10 Judas Iscarioth, l’un des Douze, s’en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 À cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l’argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »
15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. »
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera, un qui mange avec moi. »
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l’un après l’autre : « Serait-ce moi ? »
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l’homme s’en va selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! »
22 Et tandis qu’ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. »
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : « Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. »
29 Pierre lui dit : « Même si tous succombent, du moins pas moi ! »
30 Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »
31 Mais lui reprenait de plus belle : « Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
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L'affaire approche de son dénouement. Les traits véritables des personnages, leurs désirs profonds, se manifestent avec toujours plus de netteté. Les scribes et les pharisiens ne...  Lire la suite

L'affaire approche de son dénouement. Les traits véritables des personnages, leurs désirs profonds, se manifestent avec toujours plus de netteté. Les scribes et les pharisiens ne discutent plus. Ils ont perdu toutes les discussions. Et cela ne les a ni convaincus, ni arrêtés, ni fait douter. «Engeance de vipères», comme Jean les a appelés. Ils ont longtemps disputé avec la Vérité; il ne reste maintenant qu'à la tuer. Ils ont enfin compris ouvertement leur véritable désir: «s'emparer de lui par ruse et le tuer». Ils l'avaient fait depuis longtemps dans leur coeur. Ils ne se soucient que d'une chose: que le peuple ne pense rien de mauvais d'eux.

La femme, elle, «qui était connue dans la ville comme pécheresse», aurait pu craindre la colère et la condamnation. Il lui est impossible de cacher ses vices. Mais c'est précisément elle qui apporte le parfum précieux. L'élan de son coeur l'entraîne irrésistiblement vers Jésus. Tout s'y exprime: l'amour, la gratitude, le repentir. Elle ne pense pas à ce que les gens diront d'elle.

Judas part enfin pour accomplir sa trahison. Lui aussi a pris sa décision.

Que peut encore avoir le temps de faire Jésus pour nous, pour ses disciples, pour les hommes? Que pouvait-il faire, au fond? Se donner lui-même. Rester avec nous. Le repas pascal avec les disciples continue jusqu'à ce jour. Jésus vient à nous, comme il l'a promis, dans le sacrement de l'Eucharistie. L'alliance avec Dieu, la Nouvelle Alliance, est renouvelée à chaque Liturgie. Le Pain et le Vin, transformés par son Esprit, nourrissent et rassasient chacun: «...et ils en burent tous». Il reste fidèle jusqu'à la fin et pour les siècles des siècles. Et notre coeur exulte après la communion, comme celui des disciples: ils «chantèrent l'hymne».

Mais en même temps, un autre thème traverse le passage: celui de la trahison. Judas trahit. Pierre reniera. Les disciples s'attristent et doutent d'eux-mêmes: «serait-ce moi?». Ils ne savent pas ce qu'il y a dans leur coeur. On voudrait «mourir avec lui», mais il se trouve que cela ne marche pas. Ils ne peuvent pas encore se déterminer. Et nous?

Et pourquoi cela nous arrive-t-il sans cesse? Tout nous a été donné: la sagesse, la vérité, l'amour, la vie. Et nous doutons, nous renions et souvent nous trahissons. Est-il possible de rester fidèles jusqu'à la fin? Quelle est notre décision? Qu'y a-t-il dans notre coeur?

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Pour Mc 14:3-9
3 Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint, avec un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
4 Or il y en eut qui s’indignèrent entre eux : « À quoi bon ce gaspillage de parfum ?
5 Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
6 Mais Jésus dit : « Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie sur moi.
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
8 Elle a fait ce qui était en son pouvoir : d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement.
9 En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. »
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Dans la lecture d'aujourd'hui, le Christ arrête ceux qui, à voix haute et devant Lui, condamnent une femme pour avoir versé...  Lire la suite

Dans la lecture d'aujourd'hui, le Christ arrête ceux qui, à voix haute et devant Lui, condamnent une femme pour avoir versé de l'huile sur Sa tête. Dans l'Évangile, il n'y a que quelques exemples d'une telle offrande faite au Christ. Les premiers furent les mages au jour de Sa naissance.

Le Christ dit aux gens qui condamnent la femme : « Pourquoi la troublez-vous ? » Il arrive que, dans un élan de l'âme, dans une impulsion du coeur, nous accomplissions des actes personnels et sincères pour lesquels nous sommes tournés en ridicule et condamnés. Cette femme, dans un amour silencieux et une ouverture du coeur, a versé une huile précieuse. Elle a apporté un don. « Dans le monde entier, on dira cela en mémoire d'elle. »

Dans le texte, nous ne trouvons pas ses paroles. Mais le Christ dit : « Elle a fait ce qu'elle pouvait : elle a d'avance oint Mon corps pour la sépulture. » Cette femme est l'un de ces témoins et artisans muets du Christ, comme ceux qui donnèrent l'ânon avant l'entrée du Seigneur à Jérusalem, ou la chambre où Il pouvait manger la Pâque. Et cette femme est devenue témoin du chemin du Christ. Du chemin de la vie du Christ, de Son supplice, de Sa sépulture et de Sa Résurrection dans la gloire et pour le salut du monde.

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Pour Mc 14:3-9
3 Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint, avec un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
4 Or il y en eut qui s’indignèrent entre eux : « À quoi bon ce gaspillage de parfum ?
5 Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
6 Mais Jésus dit : « Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie sur moi.
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
8 Elle a fait ce qui était en son pouvoir : d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement.
9 En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. »
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L’une des propriétés uniques, infiniment précieuses et chères pour nous, de l’Évangile selon Marc est qu’il remarque des détails de vie, ou même pourrait-on dire du quotidien...  Lire la suite

L’une des propriétés uniques, infiniment précieuses et chères pour nous, de l’Évangile selon Marc est qu’il remarque des détails de vie, ou même pourrait-on dire du quotidien, apparemment insignifiants, mais toujours remplis d’un sens immense. Rappelez-vous comment lui seul, parmi les synoptiques, remarque que l’aveugle Bartimée jette son manteau avant de s’approcher de Jésus. Ici aussi, dans notre lecture d’aujourd’hui, lui seul remarque que la femme brisa le vase. Image simple, très visuelle, mais remplie d’un sens très profond. Arrêtons aujourd’hui sur elle notre regard priant. Pourquoi l’a-t-elle fait ? La première réponse possible : pour que plus jamais rien ne soit versé dans ce vase. C’est une remarquable interprétation, que l’on rencontre dans l’exégèse contemporaine, et elle est sans doute pleinement juste. Par ce geste, elle a accompli la plénitude du moment. Mais permettons-nous encore une autre interprétation. Rappelons-nous que cette femme est pécheresse, comme la dépeignent les évangélistes. Et que signifie pour elle cet état de péché ? Rappelons les psaumes. « À cause de tous mes adversaires je suis devenu un objet d’opprobre, même pour mes voisins, et d’effroi pour mes connaissances ; ceux qui me voient dans la rue fuient loin de moi. Je suis oublié des coeurs comme un mort ; je suis comme un vase brisé, car j’entends les médisances de beaucoup ; la terreur m’environne quand ils se concertent contre moi, ils méditent de m’ôter la vie (Ps 31:12-14) ». L’intégrité du vase dont le parfum est versé sur la tête de Jésus, et son brisement dès qu’il cesse de le servir. L’intégrité auprès de Dieu, le brisement entre les mains du péché. Oui, tout simplement l’impossibilité, l’inutilité d’une chose (et d’un homme, « je suis comme un vase brisé ») si elle ne sert pas le Christ.

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Pour Mc 14:4-5
4 Or il y en eut qui s’indignèrent entre eux : « À quoi bon ce gaspillage de parfum ?
5 Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. » Et ils la rudoyaient.
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La fête approche, et une séparation se produit. Elle ne tient pas seulement au fait que les adversaires du Christ, préparant le meurtre...  Lire la suite

La fête approche, et une séparation se produit. Elle ne tient pas seulement au fait que les adversaires du Christ, préparant le meurtre, se préoccupent beaucoup plus de la réaction possible du peuple à un bain de sang pendant la fête que de la monstruosité même du supplice. La séparation tient aussi au fait que la division annoncée par le Maître se produit parmi Ses disciples.

En versant sur Jésus un parfum précieux, la femme accomplit un acte extravagant, impratique, ne correspondant pas aux idées sur un comportement normal. La réaction des disciples correspond au «bon sens»: pourquoi ne pas utiliser une telle valeur pour les besoins de la charité? Jean témoigne que Judas a parlé ainsi, mais Marc parle de quelques disciples. Cela signifie que le trouble était collectif. D’ailleurs, la réaction de la plupart d’entre nous serait-elle différente?

La manifestation visible de l’amour avec ses folies a troublé les disciples et est devenue l’une des pierres contre lesquelles l’un d’eux a trébuché. Mais on ne peut pas toujours justifier avec calcul la foi, l’espérance et l’amour; et pourtant, combien de fois ceux qui se sont laissé guider par eux ont accompli l’impossible.

Dans le quotidien, bien sûr, il n’est pas demandé de rejeter ni l’économie ni la sobriété pratique: elles ont leur place légitime dans le monde. Seulement, il ne faut pas oublier la faillite du calculateur Judas.

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Pour Mc 14:7
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
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En parlant des pauvres, que Ses disciples avaient toujours, et de Lui-même, qu'ils n'avaient pas toujours avec eux, Jésus attire l'attention sur ce système de priorités propre à la vie chrétienne normale. Le problème principal ici est que...  Lire la suite

En parlant des pauvres, que Ses disciples avaient toujours, et de Lui-même, qu'ils n'avaient pas toujours avec eux, Jésus attire l'attention sur ce système de priorités propre à la vie chrétienne normale. Le problème principal est que les chrétiens, de tout temps, ont regardé le christianisme d'abord comme une religion par excellence, et ensuite comme une religion pratique, une religion des «bonnes oeuvres».

Cette manière de voir a été beaucoup favorisée par le fait que Jésus Lui-même met au centre l'amour: envers Dieu, envers Lui-même et les uns envers les autres. Dans la pratique, on oubliait souvent l'amour de Dieu et du Christ, et l'amour du prochain était compris précisément comme une religion des «bonnes oeuvres». Bien sûr, on gardait aussi formellement mémoire de l'amour du Christ, mais il était entendu comme allant de soi: à la différence des pauvres, Il ne semble avoir besoin d'aucune aide, surtout maintenant, après la résurrection, après l'ascension, après qu'Il siège déjà à la droite du Père, tandis que les prochains se trouvent dans une situation bien moins avantageuse et ont besoin de cette aide pratique.

Lorsque, dans l'histoire chrétienne, l'accent était mis sur l'amour du Christ, il se transformait souvent en quelque chose de mièvre et d'émotionnel, parfois même franchement sensible, si bien que les personnes observant une telle religiosité de l'extérieur pensaient raisonnablement qu'il valait mieux suivre la voie du service pratique, celle de la religion des «bonnes oeuvres», que de s'abandonner à une exaltation religieuse aussi étrange, et parfois malsaine. On le formulait d'habitude en disant que l'amour du Christ et de Dieu va de soi, et qu'il se manifeste dans ces mêmes «bonnes oeuvres» au profit du prochain. Mais Jésus rappelle à Ses disciples que le christianisme suppose d'abord des relations intenses avec Lui-même, et seulement ensuite tout le reste.

L'amour n'est pas une émotion ni une exaltation; il est volonté et état spirituel. Mais un tel état spirituel n'apparaît ni ne se maintient de lui-même; il faut le faire grandir, et pour cela il faut une concentration constante sur le Christ et sur la relation avec Lui, concentration de la volonté, non intellectuelle ni émotionnelle et sensible. L'amour comme état spirituel naît de ces relations et se maintient par cet effort de la volonté; comme tout amour, il suppose des efforts spirituels orientés et le travail spirituel de deux personnes. Quant aux bonnes oeuvres, pour être bonnes sans guillemets, elles doivent découler de l'amour qui unit le disciple à Jésus; elles doivent être faites et exister dans l'espace des relations qui relient celui qui les accomplit à Jésus. Des pauvres, il s'en trouvera toujours; mais qu'il y ait ou non une relation dépend de l'homme. C'est pourquoi Jésus attire l'attention des disciples sur Lui-même: sans Lui, les «bonnes oeuvres» resteront bonnes entre guillemets, quels que soient les efforts de ceux qui les font «pour le Christ».

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Pour Mc 14:7
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
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L'histoire de l'Église connaît bien des débats sur la destination de l'Église, sur les tâches qui se tiennent devant elle, sur son rôle...  Lire la suite

L'histoire de l'Église connaît bien des débats sur la destination de l'Église, sur les tâches qui se tiennent devant elle, sur son rôle dans la société. D'ailleurs, l'aide aux pauvres et aux démunis, ce qu'on appelle d'habitude aujourd'hui le service social, était considérée comme l'une des formes les plus importantes de l'activité ecclésiale. Mais Jésus, évaluant l'acte de la femme qui L'a oint de parfum, indique quelque chose de plus important que possède l'Église: Lui-même.

Que signifient donc Ses paroles selon lesquelles nous ne L'«avons pas toujours»? Bien sûr, il s'agit aussi de ce qui attendait les apôtres, quand Lui-même devrait aller à la croix. Mais il ne s'agit pas seulement de cela. Il s'agit encore du fait que les problèmes sociaux, parmi lesquels la pauvreté, ont existé et existeront aussi longtemps qu'a existé et existera l'humanité déchue. Tandis que le Royaume n'a jamais été et ne sera jamais dans le monde; il vient dans le monde de l'extérieur, et il ne vient pas de lui-même: il est apporté avec Lui par le Messie envoyé par Dieu.

C'est pourquoi la tâche principale de l'Église, en tout temps, a été de porter le Royaume dans le monde et d'en témoigner. Toutes les autres formes d'activité ecclésiale ne sont qu'un moyen de résoudre cette tâche principale, car tout le reste dont s'occupent les communautés ecclésiales pourrait très bien être confié à d'autres organisations sans lien direct avec l'Église. Mais témoigner du Royaume et le porter dans le monde, personne ne le peut sinon l'Église. C'est pourquoi Jésus attire l'attention de Ses disciples sur ce qui est le fondement et le sens de l'existence de leur communauté: sur Lui-même et sur le Royaume qu'Il a apporté dans le monde.

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Pour Mc 14:7
7 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.
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Jésus nous propose-t-il vraiment, en serrant un rouble dans le poing et en plaçant à côté de lui, sain, grand, fort, et ce mendiant-ci, sale, malade, à demi vêtu, de faire un choix et de donner le rouble à Jésus?...  Lire la suite

Jésus nous propose-t-il vraiment, en serrant un rouble dans le poing et en plaçant à côté de lui, sain, grand, fort, et ce mendiant-ci, sale, malade, à demi vêtu, de faire un choix et de donner le rouble à Jésus?

Non, bien sûr. De tout ce qu'il dit découle tout autre chose: lorsqu'il y a le choix de faire quelque chose de bon pour ce Jésus concret, debout à côté de nous, ou pour quelque mendiant abstrait en général, le choix doit être fait en faveur de Jésus. Mais lorsque nous nous trouvons face à face avec un mendiant concret qui tend vers nous la main, il n'y a plus aucun choix, parce que Jésus lui-même a dit: «Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait».

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Pour Mc 14:10-42
10 Judas Iscarioth, l’un des Douze, s’en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 À cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l’argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »
15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. »
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera, un qui mange avec moi. »
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l’un après l’autre : « Serait-ce moi ? »
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l’homme s’en va selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! »
22 Et tandis qu’ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. »
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : « Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. »
29 Pierre lui dit : « Même si tous succombent, du moins pas moi ! »
30 Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »
31 Mais lui reprenait de plus belle : « Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Restez ici tandis que je prierai. »
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. »
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : « Abba (Père) ! tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39 Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis ; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. »
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En lisant les récits évangéliques de la Cène et de tout ce qui suivit, on se demande malgré soi...  Lire la suite

En lisant les récits évangéliques de la Cène et de tout ce qui suivit, on se demande malgré soi: pouvait-il en être autrement? Et si cela ne pouvait pas être autrement, si «le Fils de l’homme s’en va selon ce qui est écrit de Lui», cela ne signifie-t-il pas que personne n’est coupable de rien, que tous les participants à ces événements ne faisaient que jouer un drame écrit non par eux, prédéterminé d’avance, de sorte qu’aucun d’eux ne pouvait rien y changer? Mais pourquoi alors Jésus Lui-même, parlant de l’inévitabilité de ce qui arrive, ajoute-t-Il aussitôt: «mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré»? Peut-être existe-t-il tout de même inévitabilité et inévitabilité? En effet, après la chute, le chemin terrestre du Messie ne pouvait être sans obstacle; d’une manière ou d’une autre, il devait se terminer par la souffrance et la mort. Et pourtant, même dans une telle situation, chacun reste libre de prendre la décision qu’il estime juste. Oui, dans le monde déchu, il se trouve inévitablement dans chaque communauté son Judas; mais cela ne prédétermine pas le choix concret d’une personne concrète, qui, précisément pour cette raison, n’est pas déchargée de sa responsabilité pour le choix qu’elle a fait. De plus, aucun des participants à ce drame, de toute évidence, ne pensait à quelque prédestination que ce soit; les beaux récits à la manière de Léonid Andreïev sont ici déplacés, et cela est peut-être le plus terrible. Jésus gênait simplement beaucoup de gens, pour des raisons différentes, mais très terrestres. Et s’il en est ainsi, aussi triste que ce soit de le reconnaître, chacun de nous aurait potentiellement pu se trouver à la place de Ses persécuteurs. Le choix demeure toujours. L’essentiel est qu’il soit le bon.

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Pour Mc 14:12-25
12 Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »
15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. »
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera, un qui mange avec moi. »
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l’un après l’autre : « Serait-ce moi ? »
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l’homme s’en va selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! »
22 Et tandis qu’ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. »
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Le Sauveur a parlé un jour de l'importance de ne pas laisser vide l'âme, comparée à une chambre balayée, après qu'elle a été délivrée de...  Lire la suite

Le Sauveur a parlé un jour de l'importance de ne pas laisser vide l'âme, comparée à une chambre balayée, après qu'elle a été délivrée d'un esprit impur. Et voici que le Christ entre dans la chambre préparée pour la remplir de Sa présence et, dans ce lieu pur à la veille de Sa Passion, unir à Lui Ses disciples par le Pain et le Vin, les unir en connaissant leurs cœurs et en prévoyant le trouble de la nuit qui approche...

Lorsque les disciples entendirent que l'un d'eux commettrait une trahison, ils se mirent à se demander les uns aux autres : « Qui ? Est-ce moi ? » Une conscience inquiète obligea chacun à regarder en lui-même, et personne ne reprocha au Maître ni de manquer d'impartialité ni de porter une accusation injuste.

Même abandonné par Ses disciples les plus proches, Il demeurait uni à eux par Son Corps et Son Sang. Abandonné par le monde entier, Lui-même n'abandonna personne.

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Pour Mc 14:21
21 Oui, le Fils de l’homme s’en va selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! »
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Combien souvent pose-t-on la question : « De quoi Judas, Pilate et les grands prêtres sont-ils coupables si Jésus devait tout de même souffrir et être tué ? Sinon il ne serait pas mort »...  Lire la suite

Combien souvent pose-t-on la question : « De quoi Judas, Pilate et les grands prêtres sont-ils coupables si Jésus devait tout de même souffrir et être tué ? Sinon il ne serait pas mort. »

Ici tout est renversé. Ces hommes ne deviennent pas meurtriers parce que Jésus doit mourir ; au contraire, Jésus doit mourir parce que les hommes sont meurtriers. Par sa chute, l'homme a introduit la mort humaine dans le monde. Plus encore, la première mort humaine n'est pas venue d'une maladie ni d'un tremblement de terre, mais de la main d'un frère. Nous sommes tous pécheurs, et le péché est mort ; nous sommes tous meurtriers. Et le seul non-meurtrier venu dans ce monde était condamné. Mais ce qui effraie, c'est la ténèbre intérieure, et donc la « qualité » de vie, de ceux qui deviennent les exécutants de cet acte de ce monde.

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Pour Mc 14:29-30
29 Pierre lui dit : « Même si tous succombent, du moins pas moi ! »
30 Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »
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Combien souvent ce qui est dit «en général» est mieux reçu que ce qui est adressé personnellement. La prophétie sur la trahison prochaine...  Lire la suite

Combien souvent ce qui est dit «en général» est mieux reçu que ce qui est adressé personnellement. La prophétie sur la trahison prochaine a suscité chez les disciples une vive réaction et les a poussés à se regarder eux-mêmes encore une fois. Mais l’avertissement impartial adressé personnellement à Pierre a été rejeté par lui. Dans ses objections, on entend une blessure orgueilleuse: cela ne peut pas être, puisque je suis si bon!

Et aussitôt Pierre s’est assoupi, laissant le Christ seul avec l’abandon de Dieu à Gethsémani. S’approchant pour une minute, le Sauveur ne l’appelle pas Pierre, mais Simon. À cet instant, Simon, fils de Jonas, n’est déjà plus, mais n’est pas encore, le roc de pierre...

Ceux qui se sont demandé: «Est-ce moi?» se sont enfuis, mais ils n’avaient pas promis de ne fléchir en aucune circonstance. Ils ont manifesté de la faiblesse, mais ils n’ont pas commis de trahison et ne L’ont pas renié.

Combien souvent il nous est insupportable d’entendre de la part de ceux qui nous entourent un reproche amer; nous voulons aussitôt contester les accusations désagréables. Mais sans accueillir l’insupportable vérité sur nous-mêmes, il est difficile de nous débarrasser de nos propres ordures.

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Pour Mc 14:32-52
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Restez ici tandis que je prierai. »
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. »
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : « Abba (Père) ! tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39 Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis ; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. »
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
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Après le repas pascal, Jésus se rendit avec Ses disciples au village de Gethsémani. Là, Il demanda aux disciples d’attendre pendant...  Lire la suite

Après le repas pascal, Jésus se rendit avec Ses disciples au village de Gethsémani. Là, Il demanda aux disciples d’attendre pendant qu’Il priait. Jésus se retirait souvent pour prier, mais cette fois, pour Le soutenir, Il prit avec Lui Ses disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean. Sur la montagne de la Transfiguration, ils avaient été témoins de la gloire divine du Maître (Mc 9:3-8). Cette fois leur est pleinement révélée la nature humaine du Sauveur ; pour la première fois, le Maître leur apparaît comme ayant besoin d’un soutien humain ordinaire. Mais ils furent incapables de le Lui donner : la somnolence les enchaîna.

Jésus savait ce qui L’attendait. Son heure approchait, et tout ce qui était humain se révolta. Tombé à genoux, Il pria pour que, si possible, cette heure s’éloigne de Lui. Le poids du combat vécu par le Sauveur entre les sentiments humains et la volonté divine restera pour toujours un mystère. « Cependant, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux », put dire Jésus. Revenant vers les trois disciples, Il les trouve endormis et dit : « Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». S’éloignant des disciples, Il pria de nouveau, prononçant les mêmes paroles, jusqu’à ce que l’amour du Père Le fortifie.

Ensuite, l’Évangile raconte comment l’un des Douze trahit le Maître par un baiser, comment, en disant « mais que les Écritures s’accomplissent », Jésus Se livra aux mains des soldats venus L’arrêter, et comment tous les disciples s’enfuirent dans une confusion totale. Mais d’une manière particulière nous parviennent les paroles du Christ, dites aussi pour nous : « Veillez et priez, l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». Ce n’est qu’en veillant et en priant que nous pourrons, en surmontant toutes nos peurs devant l’avenir et devant l’incompréhensible, dire avec le Christ à notre Père céleste : « Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux ».

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Pour Mc 14:32-52
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Restez ici tandis que je prierai. »
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. »
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : « Abba (Père) ! tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39 Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis ; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. »
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
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Le passage d'aujourd'hui est consacré à ce à quoi il ne nous est d'ordinaire pas du tout joyeux de penser et qu'il n'est nullement agréable de rappeler...  Lire la suite

Le passage d'aujourd'hui est consacré à ce à quoi il ne nous est d'ordinaire pas du tout joyeux de penser et qu'il n'est nullement agréable de rappeler: la faiblesse humaine. Car la prière de Jésus à Gethsémani a révélé non seulement les souffrances de l'âme de Jésus lui-même, mais aussi la faiblesse de ses disciples, qui se sont trouvés tout à fait incapables de le soutenir (v. 33-41). Il est remarquable qu'à la fin ils se soient tous dispersés (v. 50-52), alors que tout récemment encore ils exprimaient unanimement leur disposition à mourir avec leur Maître (v. 27-31).

Bien sûr, le plus simple serait d'expliquer tout cela par l'emportement et peut-être par un maximalisme juvénile, qui trahit souvent celui qui en est possédé au moment le plus inopportun. Mais parmi les apôtres il y avait des hommes d'âges et de tempéraments divers, et beaucoup d'entre eux n'étaient déjà plus des garçons. De toute évidence, la résolution exprimée par les apôtres de suivre Jésus, si nécessaire jusqu'à la mort, n'était pas le fruit des seules émotions. Et pourtant, au moment où le Maître avait tant besoin de soutien, les disciples, même les plus proches, n'ont pas tenu et se sont endormis.

Mais à quoi n'ont-ils pas résisté? À la tension de l'attente? À une nuit sans sommeil? Sans doute aussi à cela. Mais il y avait autre chose: ici, au jardin de Gethsémani, ils ont vu pour la première fois leur Maître ainsi: souffrant, épuisé par l'angoisse, suppliant le Père d'avoir pitié, demandant que la coupe préparée pour lui s'éloigne de lui d'une manière ou d'une autre, par quelque miracle invraisemblable. Ils avaient toujours et partout vu le Maître fort; et soudain, de façon tout à fait inattendue, ils le virent faible. Ils étaient habitués à toujours espérer en lui, à s'appuyer sur lui dans toutes les vicissitudes qui leur étaient arrivées jusque-là; et voilà que maintenant le Maître lui-même leur demande de l'aide et cherche auprès d'eux un appui.

À cela les apôtres n'étaient manifestement pas préparés. Ils étaient certes prêts à mourir près de lui, mais ils pensaient sans doute que ce serait une mort héroïque dans la lutte pour le triomphe de ce Royaume dont le Maître avait tant et si souvent parlé, et non une perte absurde dans une guerre qui n'avait même pas encore commencé. Il n'est pas étonnant que la seule réaction de l'un des disciples à l'apparition de ceux qui venaient arrêter Jésus ait été un coup d'épée (v. 47): s'il faut périr, que ce soit tout de même au combat. Et lorsqu'il s'avéra qu'il n'y aurait pas de combat, tous se dispersèrent aussitôt, ne voyant plus de sens à rester là, sur le lieu de ce qui leur semblait alors une catastrophe totale et définitive.

Et c'est maintenant, lorsque les apôtres se dispersent, que devient compréhensible la raison pour laquelle aucun des trois n'a pu tenir sans s'endormir pendant la prière du Maître: ils ont évidemment compris, pas moins que Jésus lui-même, que ce qui les attendait n'était pas du tout ce qu'ils avaient attendu. C'était impossible à supporter, et, comme il arrive souvent en de telles minutes, leur conscience s'est simplement éteinte, incapable de soutenir la tension. Les apôtres ont peut-être même fui d'une manière tout à fait inattendue pour eux-mêmes, comme cela arrive parfois à un homme en état de choc, lorsqu'il ne sait tout simplement pas comment réagir à une situation survenue de façon absolument inattendue.

Et nous avons ici devant nous un exemple très instructif, qui révèle la cause principale de toute faiblesse humaine: l'absence de préparation spirituelle à accepter la situation telle qu'elle est. En règle générale, nous sommes prêts à ce que nous attendons, et tout à fait démunis devant l'inattendu. Or la disponibilité à l'inattendu suppose précisément une préparation spirituelle, et non seulement psychologique. À ce que nous attendons, nous nous préparons d'avance: nous élaborons des modèles de conduite possibles, nous préparons des réponses aux questions possibles. Parfois cela fonctionne, mais il importe de se souvenir que notre psychisme est une partie de la nature au même titre que notre corps. Et notre «moi» spirituel, le centre véritable de notre personnalité, ce que la Bible appelle le coeur, se manifeste lorsque toutes les préparations domestiques, tous les plans et toutes les attentes se révèlent inconsistants et inutiles.

Et c'est ici que commence pour nous l'essentiel: car ce n'est que lorsque la décision est prise par notre «moi» spirituel qu'elle peut être juste dans n'importe quelle situation, même la plus inattendue. Alors deviennent impossibles les situations de trahison «accidentelle» et de perfidie irréfléchie, «automatique».

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Pour Mc 14:43-51
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
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La trahison a eu lieu; contre Jésus, comme contre un brigand, une battue est organisée. La tentative de l'un des disciples de défendre...  Lire la suite

La trahison a eu lieu; contre Jésus, comme contre un brigand, une battue est organisée. La tentative de l'un des disciples de défendre le Christ selon les règles de ce monde est arrêtée par Lui-même.

Ceux qui L'arrêtaient ne croyaient pas que le Christ commencerait à résister activement. Mais les mesures de précaution trahissent une autre peur: la peur de l'inconnu, la peur d'une autre vie apportée par ce prédicateur incompréhensible, enfin la peur de regarder en soi et d'y voir la conscience de son propre tort. Une peur qui pousse à attribuer à sa victime les absurdités les plus monstrueuses, pourvu que soit étouffée la voix de la conscience.

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Pour Mc 14:50
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
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On explique d’ordinaire la fuite des apôtres lors de l’arrestation de Jésus par la peur et la lâcheté. Pourtant, nous n’avons pas de raisons de penser qu’ils étaient tous à ce point lâches, du moins...  Lire la suite

On explique d’ordinaire la fuite des apôtres lors de l’arrestation de Jésus par la peur et la lâcheté. Pourtant, nous n’avons pas de raisons de penser qu’ils étaient tous à ce point lâches, du moins les récits évangéliques n’en témoignent pas. Bien au contraire: certains d’entre eux, et d’abord Pierre, étaient disposés de manière très résolue; ce même Pierre, par exemple, au moment de l’arrestation du Maître, saisit une épée, et si Jésus l’avait approuvé, il est tout à fait possible que, sinon tous, du moins la plupart des disciples auraient soutenu Pierre d’une manière ou d’une autre. Les apôtres étaient prêts à l’insurrection et à la guerre; ils étaient prêts à combattre pour défendre leur Maître, et dans cette guerre ils étaient prêts à mourir pour Lui.

Le problème était qu’aucune guerre ne se profilait. Jésus n’allait pas faire la guerre; Il n’allait même pas se défendre contre les hommes venus L’arrêter. La guerre messianique à laquelle les apôtres se préparaient intérieurement n’existait que dans leur imagination, et c’était le principal problème. Ils se préparaient à une chose, et en réalité il leur est arrivé tout autre chose; dans une telle situation, une rupture spirituelle est non seulement possible, mais presque inévitable.

Plus précisément, elle est inévitable dans la mesure où l’homme est plongé dans sa réalité imaginaire, dans la mesure où il dépense beaucoup, ou au contraire relativement peu, d’efforts spirituels pour y exister. Pour les disciples, l’image de la guerre messianique qu’ils avaient peinte était si réelle qu’ils ne pouvaient même pas imaginer un autre développement des événements. Pierre saisit l’épée précisément parce que son image de la réalité, dans la situation donnée, ne supposait qu’une seule option d’action possible. Pourtant, Jésus agit tout autrement, non comme les apôtres l’attendent.

C’est alors qu’ils se perdent: que reste-t-il à faire aux soldats lorsque leur commandant non seulement ne tente pas de résister, mais se livre lui-même, absolument volontairement, comme prisonnier? Se livrer avec lui? C’est absurde, cela ne tient pas dans la conscience. La réalité construite par les apôtres s’effondre sous leurs yeux, et ils fuient, parce qu’en une telle situation il ne leur reste rien d’autre. Jésus, voyant leur état spirituel, ne doutait pas dès la Cène que tout se passerait exactement ainsi; car dans le monde déchu, tout cela est si compréhensible, si humain.

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Pour Mc 14:53-72
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
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Le récit évangélique du procès de Jésus est intéressant non pas tant par son caractère inhabituel que, hélas, par sa banalité...  Lire la suite

Le récit évangélique du procès de Jésus est intéressant non pas tant par son caractère inhabituel que, hélas, par sa banalité. L'histoire connaît nombre de procès mis en scène et motivés politiquement, et, à cet égard, le procès de Jésus n'a rien de nouveau ni d'étonnant. Mais pourquoi les sommets du Temple avaient-ils besoin de ce procès? Sans leur participation, il n'aurait pas pu avoir lieu du tout. Il semblerait que Jésus ait donné bien des motifs de haine aux orthodoxes religieux, et le sacerdoce du Temple était manifestement préoccupé par Son activité. Et pourtant cette inquiétude seule n'aurait pas suffi: en ces années-là, en Judée, la décision d'une condamnation à mort n'était pas si fréquente, et il aurait fallu soumettre la sentence à l'approbation des autorités romaines, connues pour leur minutie juridique. Ce n'était pas du tout la même chose qu'un attentat organisé en secret: l'affaire devenait publique et politique. De plus, l'hostilité du sacerdoce du Temple envers Jésus ne pouvait guère avoir une coloration proprement religieuse: ces hommes avaient traditionnellement une attitude réservée, et même sceptique, envers les livres prophétiques en général et les prophéties sur le Messie en particulier, et ils ne considéraient comme Écriture sainte que la Torah proprement dite (le Pentateuque). Les attentes messianiques de la Synagogue étaient en grande partie étrangères au Temple. C'est pourquoi ils considéraient tout mouvement messianique d'un point de vue exclusivement religieux et politique, ce qui n'a rien d'étonnant: c'est en effet au Temple (plus précisément, au Grand Prêtre) qu'appartenait alors en Judée le pouvoir politique suprême; au-dessus de lui, il n'y avait que le représentant de Rome, le procurateur (celui-là même qui, à cette époque, était Ponce Pilate, mentionné dans l'Évangile). Et du point de vue de la grande politique, tout mouvement messianique était indésirable; le procurateur et le Grand Prêtre s'accordaient là-dessus, car un tel mouvement pouvait facilement se transformer en révolte contre Rome, ce qui finit par se produire en 70 apr. J.-C. Mais les représentants du Temple, et surtout le Grand Prêtre lui-même, jouaient leur propre jeu, utilisant les attentes messianiques répandues dans le peuple et la tension religieuse et politique qui leur était liée en Judée pour faire pression sur le pouvoir romain et obtenir des concessions politiques. Ils considéraient ce jeu politique comme un bien pour la Judée et pour le peuple juif, et leur tâche principale était de garder le processus sous contrôle afin, d'une part, d'obtenir le plus possible de Rome et, d'autre part, de ne pas lui donner de prétexte à une intervention militaire directe. Et Jésus ne fut dans ce jeu qu'une monnaie d'échange: Sa prédication pouvait moins que toute autre chose représenter une menace pour Rome, mais, à travers Son exemple, on pouvait démontrer au pouvoir romain une lutte active contre les fauteurs de troubles en Judée. Et en même temps se débarrasser d'une figure qui irritait à la fois le Temple et la Synagogue. Ainsi, en passant, en jouant à la politique, les sommets du Temple livrèrent à la mort le Messie-Christ envoyé par Dieu.

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Pour Mc 14:53-72
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
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Ayant saisi Jésus, on le conduisit dans la maison de Caïphe. Pour le livrer à la mort, il fallait le témoignage concordant d'au moins deux...  Lire la suite

Ayant saisi Jésus, on le conduisit dans la maison de Caïphe. Pour le livrer à la mort, il fallait le témoignage concordant d'au moins deux personnes, mais ce n'était pas simple. Enfin, il s'en trouva qui, déformant les paroles du Christ, dirent: "Nous l'avons entendu dire: Je détruirai ce temple fait de main d'homme et, en trois jours, j'en bâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme» (cf. Jn 2.19).

Mais cela non plus ne suffit pas. L'accusé ne répondait rien, comme Isaïe l'avait prophétisé (Is 53.7). Le grand prêtre s'étonnait: «Tu ne réponds rien?» (v. 60). En réponse, le silence. «Es-tu le Christ, le Fils du Béni?» Que dira-t-il? Cette fois, la réponse retentit ferme et sûre: «Je le suis; et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel».

C'était plus que suffisant. En se reconnaissant Messie, Jésus se condamnait lui-même à mort. Le blasphème est un crime qui, selon les lois juives, mérite la mort. Le grand prêtre, déchirant ses vêtements, comme le faisaient les Juifs en signe de douloureuse affliction ou lorsqu'ils devenaient témoins d'un sacrilège, dit: «Qu'avons-nous encore besoin de témoins?». Jésus fut déclaré passible de mort.

Pierre était pendant tout ce temps dans la cour; une des servantes le reconnut: «Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth», dit-elle. Pierre aimait le Maître de toute son âme. Poussé par cet amour, il avait suivi le Maître jusqu'à la maison du grand prêtre. Pierre était prêt même à mourir pour lui (Mc 14.31). Mais maintenant celui qui deviendra le premier des apôtres céda à la peur. Tout n'était pas comme Pierre l'avait attendu. «Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis», répondit-il à la servante. Deux fois encore ce jour-là il renia le Maître. Deux fois le coq chanta, et lui, se souvenant de la prophétie du Christ, sortit et pleura amèrement.

Combien souvent nous aussi cédons à la peur et sommes prêts à renier le Seigneur, en grande partie parce que ses actes n'entrent pas dans nos représentations de lui.

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Pour Mc 14:53-65
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
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Les ténèbres se sont épaissies et une succession de faux témoignages a commencé. Pierre témoigne faussement en Le reniant. Beaucoup...  Lire la suite

Les ténèbres se sont épaissies et une succession de faux témoignages a commencé. Pierre témoigne faussement en Le reniant. Beaucoup témoignent faussement devant le Sanhédrin. Pourtant, personne ne s'est trouvé pour donner un témoignage fiable qui L'aurait convaincu de mauvaises actions.

Lorsque la calomnie et les déformations se sont tues, Son témoignage sur Lui-même a retenti. Il n'a pas été donné au tout début de l'interrogatoire, mais seulement lorsque toutes les versions avaient déjà été exposées et qu'il fallait faire un choix : accepter ou rejeter la vérité venue de Dieu.

Nous pouvons construire des théories, envisager différentes situations et nous entourer d'un petit monde inventé, mais tôt ou tard vient l'heure d'un choix auquel on ne peut se dérober. Celui qui espère s'y soustraire rejette la vérité par le fait même d'esquiver ce choix.

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Pour Mc 14:53
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
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Le « procès » de Jésus ne peut être appelé procès qu'entre guillemets. Il est tout à fait évident que personne au Sanhédrin n'avait l'intention d'examiner le fond ni de comprendre quoi que ce soit...  Lire la suite

Le « procès » de Jésus ne peut être appelé procès qu'entre guillemets. Il est tout à fait évident que personne au Sanhédrin n'avait l'intention d'examiner le fond ni de comprendre quoi que ce soit. L'évangéliste le dit directement : le Sanhédrin s'est réuni pour condamner Jésus, pour Le condamner à tout prix, même s'il fallait pour cela recourir à de faux témoignages. D'où vient une telle haine ? Et est-ce bien de la haine ?

En un certain sens, sans aucun doute : tous ceux qui étaient alors rassemblés dans la maison de Caïphe voulaient que l'Homme qui se tenait devant eux disparaisse de la surface de la terre. Cependant la haine était ici froide et calculatrice ; elle n'avait rien de personnel, il n'y avait que la politique et des intérêts religieux et politiques. On se représente souvent, à soi-même et aux autres, les dirigeants du Temple comme des scélérats infernaux. Si c'était le cas, nous serions plus tranquilles aujourd'hui, car nous ne pouvons guère être qualifiés de scélérats infernaux.

En réalité, malheureusement pour nous, tout est plus terrible : Jésus est tué par des gens tout à fait ordinaires, quoique haut placés, pour des motifs tout à fait ordinaires, terrestres, et non pour des intérêts « d'outre-monde » : des intérêts de politique religieuse et de politique tout court, que l'on appelle d'ordinaire « supérieurs », mais qui, sous ce nom, ne cessent pas d'être parfaitement terrestres. Il gênait simplement les dirigeants du Temple, Il gênait dans le jeu complexe qu'ils menaient avec le pouvoir romain, avec la Synagogue, avec les zélotes. Dans ce jeu, Jésus était devenu le facteur extérieur au système qui pouvait tout gâcher, et il fallait faire quelque chose de Lui. Toute l'horreur de la situation tenait au fait que les « juges » de Jésus se moquaient absolument de savoir qui se tenait devant eux. Cela aurait très bien pu être un maître ou un prédicateur tout à fait ordinaire, à qui aurait été réservé le même sort.

Personne au Sanhédrin n'avait l'intention de tuer le Messie ; ils voulaient seulement écarter de la route un homme qui gênait la grande politique, et ils ont finalement « écarté » le Messie Lui-même. Cela se comprend : un meurtre est un meurtre, et le meurtre de tout innocent est le même péché que le meurtre du Messie. C'est dans le monde déchu que la vie d'un homme éminent est évaluée autrement que celle d'un homme obscur ; dans le Royaume, l'arithmétique est autre. Le Messie meurt comme l'homme le plus ordinaire parce que chaque homme a pour Dieu autant de prix que Lui.

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Pour Mc 14:71-72
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
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Pierre ne s'est pas limité à nier connaître Jésus; il s'est mis à jurer, et il a ainsi aggravé son reniement par le blasphème d'un faux serment. Dans de nombreux épisodes évangéliques, les paroles prononcées par Pierre se sont trouvées...  Lire la suite

Pierre ne s'est pas limité à nier connaître Jésus; il s'est mis à jurer, et il a ainsi aggravé son reniement par le blasphème d'un faux serment. Dans de nombreux épisodes évangéliques, les paroles prononcées par Pierre se sont trouvées dites au nom de tous les apôtres. Il en fut ainsi, par exemple, lorsqu'au nom de tous il confessa Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant.

Faut-il considérer qu'il prononça aussi les paroles du reniement non seulement en son nom? Si c'est le cas, cela signifie que, dans diverses situations, il exprimait non seulement la foi et la sagesse données d'en haut aux apôtres, mais aussi leurs anciennes faiblesses humaines. Alors il apparaît qu'il a aussi reçu la honte pour tous ceux qui ont tremblé, pour tous ceux qui ont eu honte de leur foi, et pas seulement pour sa propre faiblesse. Mais il lui a aussi été donné, semble-t-il, de prendre conscience de sa chute plus profondément que les autres. Et donc les paroles pénitentes d'amour pour le Christ, Pierre les prononça par la suite non seulement pour lui-même. Peut-être même pas seulement pour les apôtres...

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Pour Mc 15:1-15
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
2 Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
3 Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
4 Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
5 Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
6 À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
7 Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
8 La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
9 Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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Le procès de Pilate est l'un des moments les plus terribles du récit évangélique. Le sort de Jésus de Nazareth ne dépend déjà plus du tout de Son enseignement ni de l'attitude des autorités juives envers Lui. Ce qu'Il a fait et ce qu'Il a dit, tout cela...  Lire la suite

Le procès de Pilate est l'un des moments les plus terribles du récit évangélique. Le sort de Jésus de Nazareth ne dépend déjà plus du tout de Son enseignement ni de l'attitude des autorités juives envers Lui. Ce qu'Il a fait et ce qu'Il a dit, tout cela n'a déjà plus d'importance. Le Seigneur se heurte ici à une machine impersonnelle créée par les hommes, construite à partir de l'équilibre de leurs intérêts du moment et de leurs calculs de carrière. Même la question de la responsabilité de Pilate paraît pâle et peu intelligible... Et, bien sûr, ce qui frappe, c'est l'incompatibilité de Dieu avec cette machine impersonnelle.

Le comportement de tous les participants au procès, sauf le Seigneur Jésus Lui-même, nous donne un exemple très vif de ce qu'est la non-liberté. Même Pilate, qui fait semblant que tout dépend de sa décision, n'est pas libre. Car ses actes sont déterminés par les circonstances. Juste devant lui se tient le Fils de Dieu, et lui fonctionne au lieu de vivre. En un certain sens, c'est un moment très instructif, parce que la plupart d'entre nous participent d'une manière ou d'une autre au fonctionnement effrayant de cette machine sociale.

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Pour Mc 15:1-15
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
2 Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
3 Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
4 Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
5 Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
6 À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
7 Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
8 La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
9 Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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Dans la situation qui mena à la crucifixion de Jésus, ce qui nous effraie le plus est peut-être précisément qu'elle...  Lire la suite

Dans la situation qui mena à la crucifixion de Jésus, ce qui nous effraie le plus est peut-être précisément qu'elle se soit produite de manière assez ordinaire. Ordinaire en ce sens que le Christ ne fut pas crucifié par d'horribles malfaiteurs ou par des serviteurs du diable poursuivant des buts mystérieux connus d'eux seuls, mais par des gens tout à fait ordinaires, mus par des mobiles et des intérêts tout à fait ordinaires, humains. Si les choses avaient été autrement, nous pourrions nous sentir étrangers à la mort du Sauveur; mais il apparaît qu'en principe n'importe lequel d'entre nous aurait pu y prendre part, si nous avions fait le mauvais choix dans telle ou telle situation de vie très concrète. Qu'est-ce qui poussait ceux qui voulaient se débarrasser de Jésus? Pour certains, comme par exemple une partie de la confrérie pharisienne, Il était un destructeur des fondements et des traditions religieuses, et pour cela déjà Il méritait la mort. Pour d'autres (pour les sommets du Temple, par exemple), Il était une menace pour la paix et le bien-être nationaux; et s'il en était ainsi, qu'Il meure pour le bien et la tranquillité du peuple (Jn 11:50). Pour Ponce Pilate, Il n'était qu'une menace pour son bien-être personnel et sa carrière: quel sens y a-t-il à « se brouiller avec le peuple » s'il est plus simple de faire ce que réclame la foule hurlante et, par là même, de l'apaiser (v. 5-15)? Et les représentants du Temple sont là aussi: l'affaire peut arriver jusqu'à Rome, et alors il ne sera peut-être pas si facile de se laver des accusations (Jn 19:12)... Tous ces mobiles et considérations ont poussé les hommes de tous les temps; il n'y a là rien de nouveau. Mais dans une situation où il faut choisir entre le Christ et quelque chose qui Le masque, ces mobiles et considérations humains deviennent un véritable instrument du diable, et cet instrument agit d'autant plus efficacement qu'il passe inaperçu. Il devient particulièrement dangereux lorsqu'il ne s'agit pas d'un simple égoïsme humain, mais de notions aussi élevées, quoique quelque peu abstraites, que le « bien du peuple » ou la « tradition religieuse ». Bien sûr, ni le souci du bien du peuple ni la conservation de la tradition religieuse ne sont mauvais en eux-mêmes. Le malheur arrive lorsqu'ils passent au premier plan et deviennent une fin en soi. Il suffit de placer le bien du peuple avant Dieu et le Christ pour perdre l'un et l'autre (le destin de la Judée et de Jérusalem en 70 apr. J.-C. en est un témoignage éclatant). Et on ne peut conserver la religiosité en en faisant l'unique but: elle dégénérera spirituellement et mourra. Mais le plus terrible n'est même pas la mort de la religion ni la catastrophe sociale. Le plus terrible, c'est ce qui les précède: le refus de Dieu et du Christ. Ce refus même qui condamne le Sauveur à la croix.

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Pour Mc 15:1-15
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
2 Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
3 Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
4 Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
5 Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
6 À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
7 Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
8 La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
9 Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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Debout devant Pilate, Jésus ne se justifie pas. Cela ne surprend pas, car ce que les membres du sanhédrin ont rejeté, Pilate a encore plus de mal à le percevoir...  Lire la suite

Debout devant Pilate, Jésus ne se justifie pas. Cela ne surprend pas, car ce que les membres du sanhédrin ont rejeté, Pilate a encore plus de mal à le percevoir.

N’ayant trouvé aucune faute en Christ, Pilate n’amnistie pourtant pas Lui, mais Barabbas, que réclame le peuple. À vrai dire, Pilate n’a que faire des désirs de provinciaux conquis, mais la conjoncture exigea alors de les flatter. Jusqu’à présent, même beaucoup de chrétiens répètent le proverbe païen: «La voix du peuple est la voix de Dieu», oubliant ou ignorant cette autre sagesse populaire: «La voix du peuple a crucifié le Christ». Ce jour-là, Pilate, païen manifeste, et la foule juive qui semblait connaître l’Écriture s’unirent dans le refus du vrai Dieu au nom d’intérêts immédiats et fragiles.

L’Écriture ne dit rien du destin ultérieur de Barabbas libéré. Pourtant, il devint le premier des pécheurs que le Christ sauva en mourant à sa place. Barabbas reçut le salut non pour la vie éternelle, mais pour une vie terrestre temporaire, et nous ne savons pas s’il profita de cette chance en vue du salut complet. Mais après Barabbas, cette chance est désormais donnée à chacun de nous par le sacrifice de Jésus. La manière dont nous l’utiliserons dépend de nous.

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Pour Mc 15:1-15
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
2 Pilate l’interrogea : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « Tu le dis. »
3 Et les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
4 Et Pilate de l’interroger à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! »
5 Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.
6 À chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.
7 Or, il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition.
8 La foule, étant montée, se mit à demander la grâce accoutumée.
9 Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10 Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
11 Cependant, les grands prêtres excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas.
12 Pilate, prenant de nouveau la parole, leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13 Mais eux crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14 Et Pilate de leur dire : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils n’en crièrent que plus fort : « Crucifie-le ! »
15 Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.
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La grande politique ne remarque pas le petit homme: il en a toujours été ainsi, et cela est connu depuis longtemps. Dans le monde déchu, le chemin du Messie ne pouvait être que le chemin du petit homme. Cela se comprend: il disait lui-même...  Lire la suite

La grande politique ne remarque pas le petit homme: il en a toujours été ainsi, et cela est connu depuis longtemps. Dans le monde déchu, le chemin du Messie ne pouvait être que le chemin du petit homme. Cela se comprend: il disait lui-même que son Royaume «n'est pas de ce monde». Et s'il en est ainsi, pour le monde déchu il n'est personne, et son Royaume n'est rien. On le traite donc en conséquence: non comme un grand personne, mais comme un personne tout à fait ordinaire. Comme on aurait traité n'importe quel petit homme en ce temps-là et en ce lieu.

Et ailleurs aussi: dans la forme, peut-être autrement, mais dans le fond de la même façon. L'arrestation de Jésus, la sentence du Sanhédrin, la confirmation de la sentence par Pilate comme représentant de Rome, l'exécution honteuse elle-même: tout cela était ordinaire, typique; cela pouvait arriver en Judée à n'importe qui en ces temps-là dans des circonstances semblables. Pilate n'a personnellement rien contre Jésus; celui-ci lui est même, par quelque côté, sympathique. Mais pour un haut fonctionnaire, il y a bien sûr des choses plus importantes que les sympathies et antipathies personnelles.

Il comprend que Jésus n'est coupable de rien; mais quelle importance cela a-t-il lorsqu'il s'agit des intérêts... sinon de Rome, du moins de sa propre carrière, celle de Ponce Pilate? Se brouiller avec l'élite du Temple, aller contre la foule excitée par elle? Pour quelle raison? Au nom de la justice? Pilate, à ce qu'il paraît, était sceptique et cynique, comme la plupart de la haute société romaine à cette époque. À la justice suprême, il ne croyait manifestement pas plus qu'il ne croyait à la vérité: l'une et l'autre étaient pour lui relatives.

Il aurait pu, si cela avait été sans danger, briller d'une noblesse et d'une fermeté de principes ostentatoires; peut-être savait-il même être bon et généreux tant que l'une et l'autre ne le chargeaient pas trop et ne le menaçaient en rien. Ici pourtant il y avait une menace: le grand prêtre et son entourage pouvaient avoir leurs relations à Rome, et qui sait comment on y regarderait un procurateur favorisant de dangereux prédicateurs... Mieux valait se couvrir, et le sort d'un quelconque maître errant, qui s'en soucie? Ainsi passe le chemin vers la croix: par la haine des uns et l'indifférence des autres.

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Pour Mc 15:16-47
16 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! »
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements.
Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. »
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [
28 ].
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! »
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! »
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! »
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.
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La lecture d'aujourd'hui nous aidera peut-être, dans une certaine mesure, à réfléchir à la question la plus aiguë qui se pose à l'homme: comment le Dieu tout-puissant permet-Il l'existence...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous aidera peut-être, dans une certaine mesure, à réfléchir à la question la plus aiguë qui se pose à l'homme: comment le Dieu tout-puissant permet-Il l'existence des souffrances, du mal, alors que ce sont toujours les personnes les plus pures et les plus innocentes qui souffrent? Aujourd'hui nous est un peu dévoilée la manière dont Dieu se rapporte au mal dans le monde. Nous lisons comment le Seigneur Lui-même traverse le coeur même de la souffrance humaine. Il descend des cieux pour partager avec l'homme toute la noirceur, toute l'horreur de sa solitude et de sa douleur. Jésus est abandonné par Ses disciples, Il passe par les moqueries des soldats, la marche infamante vers le lieu d'exécution, la crucifixion douloureuse sur la croix. Pour boire jusqu'au bout toute l'amertume des tourments humains, Il refuse de boire le vin mêlé de myrrhe qui atténue la douleur.

Le Roi de toute la terre, le Fils de Dieu, est «compté parmi les malfaiteurs». Il ne descend pas de la croix, afin de traverser ce qu'il y a de plus terrible: «Mon Dieu! pourquoi M'as-Tu abandonné?»; afin de traverser les ténèbres de l'abandon de Dieu propres à l'humanité déchue. Après cela, Lui, comme chacun de nous, plonge dans le froid de la mort. Le voile du temple, qui séparait Dieu des hommes, s'est déchiré: le Fils de Dieu a parcouru jusqu'au bout le chemin humain. Les quelques disciples restés près de Lui L'ensevelissent comme n'importe lequel des mortels.

Telle est la réponse de Dieu à l'existence des souffrances sur la terre. Il ne fait pas que compatir: Il souffre pleinement avec nous, Il souffre avec nous et pour nous.

Ici se trouve aussi notre réponse: les chrétiens, chacun à sa mesure, participant aux souffrances du Christ, compatissent au monde, participant ainsi au sacrifice rédempteur du Christ, et par là aussi à Sa Résurrection.

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Pour Mc 15:16-47
16 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! »
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements.
Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. »
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [
28 ].
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! »
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! »
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! »
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.
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Dans le récit évangélique de la crucifixion du Sauveur, la description du triomphe que...  Lire la suite

Dans le récit évangélique de la crucifixion du Sauveur, la description du triomphe que vivent tous ceux qui haïssaient Jésus pendant Sa vie terrestre fait une impression particulière. Et à ceux qui L'aimaient, il ne reste qu'à s'affliger et pleurer. Bien sûr, c'est un triomphe apparent; il ne fait que faire ressortir plus vivement ce qui arrivera très bientôt, trois jours plus tard, lorsque tout reprendra sa place. Mais ces trois jours doivent encore passer, il faut les vivre, et pourtant personne, pas même parmi les disciples les plus proches de Jésus, n'attendait la Résurrection. Ces jours étaient d'autant plus lourds que le triomphe des forces du mal n'était pas une convention ni une mise en scène; il était aussi réel que la mort même de Jésus sur la croix. Au fond, ici, au pied de la croix, deux réalités, deux mondes, se sont touchés: le grand monde de Dieu et le petit monde limité de ceux qui s'opposent à Dieu, séparé de lui. Mais pour ceux qui se trouvent dans ce petit monde, il paraît toujours être la seule réalité. Et dans cette réalité, c'est précisément le mal qui triomphe, et il triomphe aussi réellement que ce petit monde lui-même est réel. Physiquement, le grand monde de Dieu et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu peuvent se trouver dans le même espace et dans le même temps; ceux qui leur appartiennent peuvent se voir et se parler. Mais spirituellement, ce sont deux mondes différents, et au jour du Jugement dernier, la différence entre eux, auparavant visible seulement à quelques-uns, devient évidente pour chacun: le grand monde de Dieu devient ce Royaume dont parle Jésus, et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu devient les ténèbres extérieures de la parabole évangélique. Dans les ténèbres extérieures triomphe la mort; dans le Royaume, la vie. Et la victoire des ténèbres, qui paraît si réelle dans le petit monde, se révèle être leur véritable et totale défaite dans le grand monde de Dieu au jour de la Résurrection. Quant au monde dans lequel vivre, chacun le décide pour lui-même, comme l'ont décidé ceux qui, le jour de la mort du Sauveur, se tenaient au pied de la croix.

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Pour Mc 15:16-39
16 Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte.
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la lui mettent.
18 Et ils se mirent à le saluer : « Salut, roi des Juifs ! »
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements.
Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. »
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [
28 ].
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! »
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! »
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! »
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
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La mort du Christ sur la croix paraît à beaucoup une énigme. Elle est en effet mystérieuse, et si aujourd'hui elle ne nous semble plus telle, c'est seulement parce que les récits évangéliques nous sont devenus familiers. Si familiers que nous ne réfléchissons plus à leur mystère et percevons tout ce qui y est décrit comme...  Lire la suite

La mort du Christ sur la croix paraît à beaucoup une énigme. Elle est en effet mystérieuse, et si aujourd'hui elle ne nous semble plus telle, c'est seulement parce que les récits évangéliques nous sont devenus familiers. Si familiers que nous ne réfléchissons plus à leur mystère et percevons tout ce qui y est décrit comme connu de tous et allant de soi. En réalité, la mort de Jésus est un événement absolument incroyable. Non pas la mort sur la croix: là, tout s'explique justement par la péché de l'humanité déchue; mais le fait que la mort soit devenue pour lui une réalité.

Il ne s'agit même pas du fait qu'il est le Dieu-homme: la plénitude divine en lui pouvait se cacher, devenir pour lui-même inconsciente, et lui seul sait ce qu'il a vécu en cet instant. L'état d'abandon de Dieu nous est familier et même, en un certain sens, habituel; notre nature abîmée par le péché s'est adaptée à une existence aussi anormale pour elle. Mais on ne peut rien dire de tel de lui: il est né et a grandi en ayant conscience en lui de la plénitude divine, et en être privé fut pour lui une épreuve que nous sommes tout simplement incapables d'imaginer. Il s'agit aussi du fait que, pour la nature humaine en général, et particulièrement pour la nature humaine transfigurée, telle qu'est la nature humaine du Sauveur, la mort est un phénomène contre nature. Elle nous paraît naturelle, et en un certain sens elle l'est effectivement pour nous, mais seulement au sens où, pour un toxicomane par exemple, la présence dans son organisme de la drogue qui le tue est «naturelle». Pour une nature humaine normale, la mort est quelque chose de contre nature; pour une nature transfigurée, elle est franchement impossible.

Comment donc le Sauveur a-t-il pu mourir, même du point de vue de sa propre humanité? La mort, pour lui, ne pouvait manifestement devenir une réalité que si... que si lui-même, de manière absolument volontaire, en accomplissant la volonté du Père, avait consenti et s'était résolu à y entrer. À entrer en contact avec elle. À la rendre volontairement, pour lui-même et pour sa propre existence, aussi réelle qu'elle l'est pour nous indépendamment de notre volonté. À le faire pour nous, parce qu'autrement même la plénitude de la vie du Royaume qu'il nous a apportée serait restée incompatible avec notre nature déchue. La plénitude divine devait être apportée au monde non simplement dans une nature humaine: elle devait entrer dans le monde revêtue d'une nature humaine mortelle, absolument identique à la nôtre dans notre état présent.

La différence tenait seulement à ceci: notre mortalité s'est révélée être la conséquence involontaire d'un péché commis volontairement, tandis que sa mortalité était un état temporaire qu'il avait volontairement pris sur lui, sans aucun lien avec aucun péché. En ce sens, la mort de Jésus fut vraiment absolument volontaire: sans aucune contrainte ni nécessité, il a accepté d'entrer dans un état totalement contre nature pour lui et absolument étranger à lui. Ce qui le mouvait alors n'était plus la nécessité ni l'inéluctabilité, mais l'amour: pour le Père et pour ceux qu'il veut sauver.

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Pour Mc 15:19-21
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage.
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements.
Ils le mènent dehors afin de le crucifier.
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.
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Selon la lettre du verdict judiciaire, le Christ n'avait été condamné qu'à la crucifixion. Mais les hommes trouvent trop souvent que les souffrances « légales » ne suffisent pas...  Lire la suite

Selon la lettre du verdict judiciaire, le Christ n'avait été condamné qu'à la crucifixion. Mais les hommes trouvent trop souvent que les souffrances « légales » ne suffisent pas. Les uns sont possédés par la haine, les autres sont excités par l'ardeur de la traque. Et voici que, du côté des soldats qui se divertissent, puis de la foule qui regarde, commencent des moqueries et des tourments supplémentaires avant la mort. En ce long jour interminable, ils ne se sont pas achevés, et depuis vingt siècles nous continuons d'infliger au Seigneur des blessures en plus de celles mentionnées dans les pages de l'Évangile.

Ce même jour, il revint à Simon de Cyrène de porter un peu la croix, et d'alléger ainsi un tout petit peu le chemin de croix. Le Christ ne force personne à porter Sa croix ; Il appelle chacun de nous à porter la sienne, qui n'est pas comparable à la Sienne. Nous cherchons déjà à éviter cela, mais il peut arriver qu'en nous dérobant au port de notre propre croix, nous refusions au Christ d'alléger Son fardeau.

Et il sera bon que nous le voyions assez tôt, non pas avec le centurion qui comprit Qui avait été crucifié quand l'exécution avait déjà eu lieu.

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Pour Mc 15:22-41
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. »
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [
28 ].
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! »
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! »
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! »
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
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Aujourd’hui sont lus deux textes qui frappent, à première vue, par la divergence des pensées. La Deuxième lettre de Jean peut être appelée...  Lire la suite

Aujourd’hui sont lus deux textes qui frappent, à première vue, par la divergence des pensées. La Deuxième lettre de Jean peut être appelée une lettre d’un pasteur à ses amis, dans laquelle il les bénit et les informe de sa venue. Dans le texte évangélique, nous lisons le récit de l’exécution et de la mort du Christ. Et, après avoir lu ces textes, il semble qu’après une telle exécution du maître, un groupe de personnes continue son œuvre, parle de ce dont il parlait, se souvient de lui. Mais il n’en est pas ainsi. Jésus avant sa mort : « Mon Dieu, Mon Dieu ! Pourquoi M’as-tu abandonné ? ». Et comme en réponse aux paroles du Christ, s’adressant à la famille des chrétiens, l’apôtre écrit : « celui qui demeure dans l’enseignement du Christ a le Père et le Fils ». C’est pour nous une indication que, en suivant le Christ, nous ne sommes pas seuls sur ce chemin. Les doutes et les peurs peuvent nous tourmenter, ainsi que le sentiment d’abandon et de désarroi, mais nous sommes gardés et conduits par le Christ. La mort du Christ nous a annoncé la Résurrection d’entre les morts et le salut du monde par Son sacrifice, par la Communion. Et en suivant le Christ, nous devons nous souvenir de Son sacrifice et communier à Ses Saints Mystères. Le Carême est un temps de prière constante et de marche sur le chemin du repentir. Par le Carême, l’Église aide le chrétien sur ce chemin. Mais le chemin du repentir passe toujours par la Communion, sans condamnation, avec un cœur pur et dans l’humilité. Parcourons le chemin de ceux qui L’ont suivi en Galilée, qui sont venus à Jérusalem et sont devenus les témoins muets et souffrants de l’exécution. Et approchons des jours lumineux de Pâques dans la prière et dans une participation particulière aux œuvres du Christ.

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Pour Mc 15:22-41
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
26 L’inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : « Le roi des Juifs. »
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche [
28 ].
29 Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! »
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même !
32 Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient.
33 Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur la terre entière jusqu’à la neuvième heure.
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : « Élôï, Élôï, lema sabachthani », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
35 Certains des assistants disaient en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Élie ! »
36 Quelqu’un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire en disant : « Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! »
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira.
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas.
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
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Si muet que soit l’effort pour surmonter sa propre douleur et sa souffrance, tout homme cherche malgré tout à mettre ses expériences...  Lire la suite

Si muet que soit l’effort pour surmonter sa propre douleur et sa souffrance, tout homme cherche malgré tout à mettre ses expériences en mots. La philosophie connaît un problème appelé théodicée. Il pose la question de savoir comment le Dieu souverainement bon a pu permettre la souffrance et le mal. Chacun l’aborde à sa manière : l’un se souvient de Leibniz et de ses paroles selon lesquelles le Seigneur a créé le meilleur des mondes possibles, un autre d’Ivan Karamazov, un autre encore de Job. Nous remplaçons souvent par leurs paroles notre propre refus de la souffrance. Pourtant, il subsiste toujours le sentiment que cette question ne peut recevoir de réponse positive, qu’elle est absolument insoluble. Beaucoup tournent alors leur regard vers la Croix. Il est impossible de comprendre pourquoi de petits enfants tombent malades et meurent, mais il est possible de comprendre que le Seigneur a partagé leur souffrance : Il S’est Lui-même livré comme objet au mal, et désormais le mal n’est plus le mal. Car le plus terrible et le seul véritable mal est l’absence de Dieu, le shéol ; or Dieu est présent dans la souffrance, elle n’est donc plus le même mal, puisqu’Il y souffre avec nous. La seule pensée que mes souffrances sont partagées par le Christ est le plus grand bonheur. On se rappelle le dicton : « Avec celui que l’on aime, même une cabane est un paradis » ; de même, avec Dieu, le mal n’est pas le mal.

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Pour Mc 15:22-25
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
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Aujourd'hui nous nous tenons devant notre Seigneur déchiré, et, comme une tragique résonance de tout ce qui se déroule, les heures sonnent la troisième, la sixième et la neuvième heure. Avez-vous remarqué comme parfois les heures sonnent douloureusement, quand...  Lire la suite

Aujourd'hui nous nous tenons devant notre Seigneur déchiré, et, comme une tragique résonance de tout ce qui se déroule, les heures sonnent la troisième, la sixième et la neuvième heure. Avez-vous remarqué comme parfois les heures sonnent douloureusement, quand nous attendons quelqu'un ? Même lorsque nous n'attendons déjà plus, mais que nous restons simplement assis, pétrifiés, comme hors de ce monde, soudain les heures peuvent sonner avec tant de gravité, d'effroi, mais aussi de sobriété. Et il est si remarquable que nous ayons ces prières des Heures. Tournons-nous maintenant vers elles. Et essayons de revivre encore une fois la troisième, la sixième, la neuvième...

Mais voilà que la troisième heure, en réalité, parle d'autre chose : elle parle de la Pentecôte, et non du clouage à la croix. « Seigneur, toi qui, à la troisième heure, as envoyé ton très saint Esprit à tes apôtres, ne nous le retire pas, ô Bon, mais renouvelle-nous, nous qui te prions. » Pourquoi ? Pourquoi soudain une telle rupture dans la logique de construction du texte liturgique ? Mais, bien sûr, nous nous souvenons : « ...ils ne sont pas ivres, comme vous le pensez, car il n'est encore que la troisième heure... » (Ac 2,15) Certains trouveront cette circonstance insignifiante, une coïncidence fortuite ; d'autres y verront une falsification consciente au service de la prédication de « leur » vérité ; d'autres diront que l'évangéliste Luc a symboliquement rattaché l'événement de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres au moment du commencement de l'exécution, comme symbole du commencement de la prédication de la Parole de Dieu dans le monde. Mais peut-être n'avons-nous besoin ni de l'un, ni de l'autre, ni du troisième raisonnement. Il nous faut simplement nous tenir devant les événements qui se produisent et crier : « Ne me rejette pas loin de ta face, et ne retire pas de moi ton Esprit Saint ».

« Toi qui, à la neuvième heure, as goûté la mort dans la chair pour nous, fais mourir les pensées de notre chair, Christ Dieu, et sauve-nous. » Fais mourir, car « pour moi, le monde est crucifié, et moi pour le monde » (Ga 6,14). On interprète souvent ces paroles de manière traditionnelle ainsi : je suis mort pour le monde, et le monde est mort pour moi. Mais si l'apôtre Paul avait voulu dire cela, il l'aurait dit ainsi ; or il a dit « crucifié »...

Lorsque notre Seigneur a été crucifié, le monde a changé à tel point qu'il est désormais impossible de vivre dans un monde où le Seigneur n'est pas crucifié. Et bien que beaucoup vivent ainsi, nous vivons autrement, et c'est pourquoi nous aussi, nous sommes crucifiés. Avec lui.

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Pour Mc 15:22-25
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas.
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun.
25 C’était la troisième heure quand ils le crucifièrent.
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Lorsque les pharisiens exigèrent que le Christ fasse taire les enfants qui Le célébraient à Son entrée à Jérusalem...  Lire la suite

Lorsque les pharisiens exigèrent que le Christ fasse taire le peuple qui criait à Son entrée à Jérusalem : « Hosanna au Fils de David », le Seigneur leur répondit : « s’ils se taisent, les pierres crieront ». Aujourd’hui, peu avant le début du Grand Carême, nous lisons le récit de ce jour décisif de l’histoire où les voix humaines se turent et où les pierres crièrent. Les ténèbres qui couvrirent toute la terre de la sixième à la neuvième heure et le tremblement de terre nous révèlent que ce qui s’accomplit au Golgotha concerne toute la création. Le voile déchiré dans le Temple devient le signe de l’abaissement sans limites de Dieu pour nous. Pendant tout le temps qui suivra, nous nous préparerons à revivre cet événement dans notre cœur.

Nous avons l’habitude de penser que Pâques est une fête joyeuse, faite de gâteaux pascals et de cadeaux. Cela est vrai, bien sûr. Mais l’Église ancienne appelait fête de la Pâque précisément le jour de la Crucifixion, et la Résurrection était célébrée avec elle le même jour. La forme même de cette célébration était le jeûne, un recueillement dans la prière au jour de la mort de Jésus Christ. À l’origine, ce jeûne durait un ou deux jours, et ce n’est qu’à partir de l’an 330 que le jeûne de quarante jours entra dans les usages. Ainsi, d’une manière générale, le Grand Carême n’est pas tant une préparation à la célébration de Pâques. Il est plutôt lui-même la célébration de l’événement central de notre vie : la mort et la résurrection de Jésus Christ.

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Pour Mc 15:39
39 Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »
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Qu'est-ce qui a tant frappé ce centurion dans la mort du Seigneur Jésus? Car un centurion, c'est un soldat qui avait vu bien des morts et des supplices au cours de sa vie... Nous ne pouvons que le deviner...  Lire la suite

Qu'est-ce qui a tant frappé ce centurion dans la mort du Seigneur Jésus? Car un centurion, c'est un soldat qui avait vu bien des morts et des supplices au cours de sa vie... Nous ne pouvons que le deviner.

Trois évangélistes témoignent des ténèbres qui couvrirent la terre pendant l'exécution; Matthieu parle d'un tremblement de terre au moment de la mort du Christ. Peut-être ces phénomènes naturels devinrent-ils des signes pour le centurion, car dans la religion gréco-romaine «olympienne», les dieux immortels réagissent souvent ainsi à la mort de leurs enfants mortels. C'est ainsi que Matthieu et Luc comprennent sans doute la réaction du centurion. Marc, lui, dit que c'est précisément la mort elle-même, la manière dont Jésus est mort, qui fut pour le centurion le signe du caractère hors du commun de ce Condamné.

La mort sur la croix est terrible et douloureuse. Un crucifié meurt très lentement, s'étouffant peu à peu et perdant ses forces. Au moment de mourir, il ne lui reste plus de force même pour inspirer, encore moins pour crier. Le centurion l'avait sans doute vu bien des fois. Mais ce Crucifié meurt de façon inattendue et rapide, avant même qu'on ait eu le temps de Lui briser les jambes, comme si Celui qui a pouvoir sur les temps de la vie et de la mort Lui avait manifesté Son amour jusque dans la mort. Jésus meurt en remettant Son esprit entre les mains du Père, et le centurion entend ces paroles. Enfin, Son cri avant la mort témoigne, comme l'expliquent des médecins modernes, que le Christ ne meurt pas d'asphyxie, mais d'une rupture du coeur: selon les représentations du centurion romain, non pas d'une mort honteuse, mais d'une mort noble.

Nous ne savons pas si c'est ainsi ou non. Mais l'important est que la contemplation de la croix du Christ ait touché le coeur même d'un païen endurci et nullement sentimental. Ne perdons-nous pas cette capacité de répondre du coeur à la souffrance du Sauveur? Car c'est seulement en étant crucifiés avec Lui que nous pouvons aussi ressusciter avec Lui...

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Pour Mc 15:40-47
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé,
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée ; beaucoup d’autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.
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À l'heure des souffrances, se trouvèrent tout près ceux qui, d'ordinaire, ne manifestaient pas une activité particulière et ne se mettaient pas en vue. Ce sont les femmes silencieuses...  Lire la suite

À l'heure des souffrances, se trouvèrent tout près ceux qui, d'ordinaire, ne manifestaient pas une activité particulière et ne se mettaient pas en vue. Ce sont les femmes silencieuses qui servaient le Christ et les apôtres de leurs biens, c'est Joseph d'Arimathie, qui avait longtemps caché son statut de disciple, mais qui rejeta alors la prudence. Joseph, qui n'eut pas peur d'aller demander à Pilate le Corps du Condamné, eut aussi ce jour-là l'occasion de servir Jésus avec ses biens : un morceau de tissu et un tombeau. Mais avant tout, tous ceux qui ensevelirent le Seigneur Le servirent par leur fidélité et leur fermeté inattendue.

Dans les moments décisifs, quand les questions de vie et de mort se posent avec acuité, la foi se prouve non par des théories, et les débats problématiques passent au second plan. Ce qui devient principal, ce sont les actes simples, remplis d'un courage discret et d'un amour sans paroles.

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Pour Mc 15:42-43
42 Déjà le soir était venu et comme c’était la Préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
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Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène...  Lire la suite

Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène, par exemple, Joseph d’Arimathie, mentionné par l’évangéliste. On ne sait presque rien de lui, sinon qu’il était un homme de très haut rang. Que représentait Jésus pour lui ? Quelles étaient ses relations avec Lui ? Sans doute un disciple secret, comme les autres évangélistes le disent aussi de lui ; mais que signifiait être Son disciple secret ? Soutenir dans une situation où aucun des disciples visibles ne peut rien faire, utiliser sa position pour que l’impossible devienne possible ? Oui, bien sûr, cela aussi. Mais l’essentiel, c’est la disponibilité.

Être un disciple visible est, en un certain sens, plus simple. Jésus dit bien sûr à tous les disciples et à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il faut veiller toujours, que le relâchement spirituel et le chemin vers le Royaume sont incompatibles. Pourtant, ceux qui sont constamment auprès de Lui ont, en un certain sens, plus de facilité. Ils voient le Maître de leurs propres yeux ; pour eux, Il est réel absolument à chaque instant de leur vie. Les disciples secrets communiquaient sans doute avec Lui beaucoup moins souvent ; Il apparaissait pour eux et disparaissait, et l’on ne pouvait jamais dire avec certitude quand Il apparaîtrait la prochaine fois.

Les apôtres ont vécu quelque chose de semblable pendant la Cène, lorsqu’ils ont compris que Jésus allait les laisser pour un temps. Ils ne savaient pas où Il se préparait à aller, ils ne comprenaient pas vraiment le Maître et ne pouvaient pas imaginer ce qu’ils allaient vivre très bientôt ; mais ils comprenaient qu’en tout cas, maintenant, ils resteraient pour quelque temps (et pour un temps tout à fait indéterminé) seuls : ils ne verraient pas le Maître, n’entendraient pas Sa voix, ne sauraient pas où Il est ni ce qu’Il fait, et ne sauraient pas ce qu’Il exigerait d’eux à Son retour.

Cette situation rappelle beaucoup celle de tout chrétien aujourd’hui. Nous vivons à l’époque du Royaume qui vient, mais quand elle s’achèvera, nul ne le sait, sauf le Père. Nous ne pouvons ici calculer aucun délai, même approximativement ; il ne nous reste qu’à vivre avec la conscience que, n’importe quel jour, tout peut s’achever et le Sauveur peut revenir.

On ne peut pas se préparer à ce jour au sens où nous nous préparons à tel ou tel événement de notre monde. Les événements de notre monde, nous pouvons d’ordinaire nous les représenter au moins d’une certaine façon ; nous pouvons, au moins, essayer de réfléchir et de calculer ce dont nous pourrions avoir besoin (que ce calcul se révèle heureux et adéquat est une autre question).

Quant au Royaume et au retour du Messie, nous ne pouvons ici ni nous représenter quoi que ce soit ni calculer quoi que ce soit. Il ne reste que la disponibilité comme état spirituel intérieur, impliquant cette même vigueur spirituelle dont Jésus parlait comme d’une nécessité et que Ses disciples secrets devaient constamment maintenir : dans l’attente de l’apparition inattendue du Maître et avec la disposition intérieure à faire ce qu’il est absolument impossible de se représenter à l’avance.

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Pour Mc 15:43-47
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.
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Ce n'est pas sans raison que l'on appelle ce jour la « journée des femmes » chrétienne. Les lectures d'aujourd'hui nous montrent très clairement pourquoi...  Lire la suite

Ce n'est pas sans raison que l'on appelle ce jour la « journée des femmes » chrétienne. Les lectures d'aujourd'hui nous montrent très clairement pourquoi. En regardant l'histoire biblique, on voit d'ailleurs que le rôle de la femme dans le christianisme prenait une importance bien plus grande que ne le permettaient les normes sociales en vigueur. La figure féminine la plus importante du christianisme est sans doute Marie, la Mère de Dieu. Elle est devenue la plus parfaite de tous les êtres humains : elle a su dire « oui » à Dieu au point qu'Il a pu s'incarner en elle. Viennent ensuite précisément celles dont nous lisons l'histoire aujourd'hui : les femmes myrrhophores. On ne sait pas exactement combien elles étaient — les récits des évangélistes diffèrent —, mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel est que ce sont des femmes, celles qui, peut-être, à la différence des apôtres, n'ont plus rien à perdre puisqu'on leur a déjà enlevé leur Seigneur, qui viennent au tombeau et qui reçoivent les premières l'annonce de la Résurrection. Le Seigneur voit la profondeur de l'âme féminine mieux que nous tous, mieux que tous les psychologues et autres spécialistes. Et Il veut que ce soit de cette profondeur même que se répande dans le monde la joyeuse nouvelle : le Christ est ressuscité ! Le Seigneur ne confie pas cela aux hommes. Pourquoi ? Il le sait mieux que nous. Cela réfute entièrement la théorie selon laquelle le christianisme pratiquerait une discrimination envers les femmes. Le Seigneur a Lui-même déterminé la vocation de chacun ; Il a Lui-même mis chaque chose à sa place. Quant à ce qui arrive lorsqu'on déplace involontairement ce qu'Il a disposé, le passage des Actes nous l'explique fort bien. Le fait que les premiers chrétiens aient oublié les veuves pauvres devient l'un des signes du « refroidissement » et de l'extinction progressive de l'amour qui existait dans l'Église. Souvenons-nous donc de nos mères, de nos sœurs, de nos épouses et de nos filles. Rendons grâce à Dieu pour elles !

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Pour Mc 15:43
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
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Aujourd'hui nous lisons dans l'Évangile l'une des manifestations de la véritable grandeur humaine. La fidélité et l'amour qui animaient Joseph d'Arimathie sont vraiment dignes de toute louange et d'imitation. Lorsque toute espérance...  Lire la suite

Aujourd'hui nous lisons dans l'Évangile l'une des manifestations de la véritable grandeur humaine. La fidélité et l'amour qui animaient Joseph d'Arimathie sont vraiment dignes de toute louange et d'imitation. Lorsque toute espérance avait cessé, lorsque Jésus mourut sur la Croix et que tout était fini, c'est précisément à ce moment-là qu'il resta des hommes qui Lui étaient fidèles.

Demeurer près du Dieu crucifié n'est pas facile. Il est encore plus difficile de pleurer Sa mort. Qu'ont vécu, à quoi ont pensé Joseph d'Arimathie, Nicodème, Marie Madeleine, le Grand Samedi, lorsque le Seigneur demeurait corporellement au tombeau ? Et comment Joseph s'est-il résolu à entrer chez Pilate pour demander le Corps du Christ, méprisant les lois de l'impureté rituelle (ce matin-là, les grands prêtres n'entrèrent pas chez le païen Pilate), méprisant aussi le danger d'être accusé de complicité dans l'affaire du Condamné ? Ils traversent jusqu'au bout l'horreur du vendredi et du samedi et demeurent avec Celui qui a péri et avec Sa Mère. Être avec Dieu jusqu'au bout, partout où Il va. Et lorsqu'Il descend aux enfers, là où les hommes ne peuvent pas aller avec Lui, ils pleurent et L'attendent sur la terre.

Et cette attente ne demeure pas vaine.

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Pour Mc 14:43-15:1
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
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Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car...  Lire la suite

Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car nous l'aimons plus que tout au monde. En parlant ainsi, nous montrons que nous ne savons pas ce qu'est l'amour. Il semble que, si quelqu'un veut comprendre les paroles de la première épître de Jean (1 Jn 4,8), selon lesquelles Dieu est amour, il lui faut d'abord réfléchir à ce que Pierre a ressenti et vécu aux minutes du reniement et durant les trois jours qui ont suivi. Pourquoi en est-il ainsi ?

Qu'y a-t-il de plus terrible pour nous lorsque nous aimons ? Le plus terrible, c'est que la personne aimée meure. Et lorsqu'elle meurt, littéralement aussitôt après que sa vie s'est éteinte, nous commençons à comprendre combien de choses nous n'avons pas faites pour elle, que nous aurions pu faire, mais qu'il est désormais impossible de faire, car elle n'est plus là. On ne peut plus aller vers elle, l'embrasser et implorer son pardon pour tout le mal qui a existé, et pour tout le bien qui n'a pas existé.

Qu'a vécu Pierre, qui ne sait pas encore la Résurrection ? Une douleur sauvage du repentir et l'impossibilité de demander pardon. Et, si l'on y pense, son reniement n'est guère meilleur que la trahison de Judas. Mais Judas ne supporte pas le sentiment de culpabilité, tandis que Pierre le supporte. Quelle est la différence ? Peut-être qu'en comprenant cette différence, nous comprendrons ce qu'est l'amour.

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Pour Mc 13:31-14:2
31 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
32 « Quant à la date de ce jour, ou à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne que le Père.
33 « Soyez sur vos gardes, veillez, car vous ne savez pas quand ce sera le moment.
34 Il en sera comme d’un homme parti en voyage : il a quitté sa maison, donné pouvoir à ses serviteurs, à chacun sa tâche, et au portier il a recommandé de veiller.
35 Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin,
36 de peur que, venant à l’improviste, il ne vous trouve endormis.
37 Et ce que je vous dis à vous, je le dis à tous : veillez ! »
1 La Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.
2 Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. »
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Pourquoi donc Jésus ne répond-il pas à cette question si brûlante sur les temps et les moments ? Dieu cache-t-il spécialement...  Lire la suite

Pourquoi donc Jésus ne répond-il pas à cette question si brûlante sur les temps et les moments ? Dieu cache-t-il spécialement aux hommes un fait si important ? En effet, si nous connaissions exactement la date du triomphe à venir du Royaume… D’ailleurs, dire de façon univoque ce que chacun de nous ferait dans ce cas n’est pas si simple. On ne peut même pas être sûr que tous prendraient une telle révélation au sérieux. Et pourtant, comme on le sait, être averti, c’est être armé ; quant à la manière de recevoir l’avertissement, chacun la décide pour lui-même. En tout cas, pour ceux qui prennent la vie spirituelle au sérieux, la situation serait nettement simplifiée : ils n’auraient pas à demeurer dans un état de tension spirituelle continue (et peut-être pas seulement spirituelle), attendant chaque jour l’événement principal de leur vie. De plus, Jésus lui-même dit que même lui ne connaît pas les temps de son propre retour. Pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être ne s’agit-il pas du fait qu’on nous cache quelque chose, mais du fait que les délais ne sont pas fixés ? Car l’histoire du Royaume est avant tout l’histoire de ceux qui y vivent et en témoignent, l’histoire de la justice chrétienne, déterminée non seulement par la volonté de Dieu, mais aussi par le choix des hommes que Dieu appelle. Dès lors, il apparaît inévitablement que le moment du retour du Messie et du triomphe du Royaume dépend non seulement de Dieu, mais aussi de nous.

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Pour Mc 15:43-16:8
43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.
44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps.
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé.
3 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? »
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande.
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur.
6 Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis.
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. »
8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur...
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La première réaction des femmes à la nouvelle de la Résurrection est frappante : la peur. Une telle réaction serait compréhensible et...  Lire la suite

La première réaction des femmes à la nouvelle de la Résurrection est frappante : la peur. Une telle réaction serait compréhensible et prévisible s’il s’agissait des ennemis du Ressuscité. Mais il s’agit ici de disciples dévouées que la nouvelle de la vie de leur Maître aurait, semble-t-il, dû seulement réjouir. Or elles sont au contraire si effrayées qu’elles craignent même de raconter aux autres ce qu’elles ont vu et entendu. Que se passe-t-il donc ? On pourrait bien sûr tout expliquer par le caractère inhabituel et, surtout, inattendu des événements. En réalité, aucun des disciples de Jésus ne s’attendait à Sa résurrection, bien qu’Il leur en eût parlé plus d’une fois. Il est difficile de dire à quoi les femmes venues au tombeau associaient la nouvelle que leur Maître n’était plus là, qu’Il était ressuscité. Peut-être se souvenaient-elles de quelque légende populaire sur les ombres des morts sortant des tombeaux. Plus tard, les apôtres eux-mêmes, en voyant Jésus ressuscité, pensèrent d’abord voir un fantôme, une ombre sortie du tombeau. Mais une autre explication est possible : les femmes décidèrent réellement que le dernier jour était arrivé, ce jour même du Jugement que précéderait la résurrection des morts, lesquels ressuscitent précisément pour comparaître devant Dieu. Une telle conception de la résurrection générale au jour du Jugement était alors largement répandue et communément admise dans la Synagogue ; les femmes venues au tombeau ne pouvaient évidemment l’ignorer. Peut-être s’attendaient-elles à un Jugement prochain pour elles-mêmes et pour tous ceux qui vivent sur la terre. Une telle perspective ne pouvait manquer de susciter une sainte crainte et, en même temps, la peur naturelle de l’homme déchu devant son propre péché. Aucun des disciples de Jésus ne pouvait encore savoir que la résurrection de leur Maître n’était que le commencement d’un processus qui, à l’échelle terrestre, s’étendrait sur plus d’un millénaire. Et les femmes gardent le silence, craignant de parler de ce qui, pensent-elles, les attend.

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Pour Mc 14:43-15:1
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : « Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. »
45 Et aussitôt arrivé, il s’approcha de lui en disant : « Rabbi », et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
47 Alors l’un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.
48 S’adressant à eux, Jésus leur dit : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »
50 Et, l’abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit ;
52 mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l’avait suivi de loin jusqu’à l’intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :
58 « Nous l’avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d’homme et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. »
59 Et sur cela même leurs dépositions n’étaient pas d’accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? »
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Béni ? » —
62 « Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? » Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : « Fais le prophète ! » Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. »
68 Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l’ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! »
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es ; et d’ailleurs tu es Galiléen. »
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots.
1 Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
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Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car...  Lire la suite

Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car nous l'aimons plus que tout au monde. En parlant ainsi, nous montrons que nous ne savons pas ce qu'est l'amour. Il semble que, si quelqu'un veut comprendre les paroles de la première épître de Jean (1 Jn 4,8), selon lesquelles Dieu est amour, il lui faut d'abord réfléchir à ce que Pierre a ressenti et vécu aux minutes du reniement et durant les trois jours qui ont suivi. Pourquoi en est-il ainsi ?

Qu'y a-t-il de plus terrible pour nous lorsque nous aimons ? Le plus terrible, c'est que la personne aimée meure. Et lorsqu'elle meurt, littéralement aussitôt après que sa vie s'est éteinte, nous commençons à comprendre combien de choses nous n'avons pas faites pour elle, que nous aurions pu faire, mais qu'il est désormais impossible de faire, car elle n'est plus là. On ne peut plus aller vers elle, l'embrasser et implorer son pardon pour tout le mal qui a existé, et pour tout le bien qui n'a pas existé.

Qu'a vécu Pierre, qui ne sait pas encore la Résurrection ? Une douleur sauvage du repentir et l'impossibilité de demander pardon. Et, si l'on y pense, son reniement n'est guère meilleur que la trahison de Judas. Mais Judas ne supporte pas le sentiment de culpabilité, tandis que Pierre le supporte. Quelle est la différence ? Peut-être qu'en comprenant cette différence, nous comprendrons ce qu'est l'amour.

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Lectures du  5 avril 2009

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